l'antre des Cuspna

Je voudrais mourir si cela ne vaudrait mieux que de ramper, de s'avilir et se prostituer
 
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 Le temps d'un voyage...

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Volkodlak

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Lun 15 Juin - 6:45

Adossé contre un mur de chaux, l’homme regardait la foule s’amasser autour de la place centrale. Ses traits disparaissaient sous sa capuche rapiécée qui était relevée, masquant son visage. Ses ongles se posèrent sur sa joue, grattant la peau où une barbe de trois jours lui mangeait le visage. Par habitude, il caressa avec soin ses favoris, un sourire de contentement aux lèvres. Ses doigts grattant la peau de sa joue se trouvèrent bientôt à gratter sa nuque. Depuis combien de temps n’avait-il pas prit un bon bain ? Il préférait ne pas s’en rappeler ni imaginer l’odeur qui devait se dégager de ses vêtements. Vêtu d’une cape brune déchirée aux extrémités, il ne portait qu’une paire de braies simple ainsi qu’une chemise. Il n’était visiblement pas armé. Visiblement du moins. L’homme aux épaules carrées étouffa un bâillement et étira doucement ses bras, faisant craquer les jointures. Trois jours de marches, cela commençait à faire beaucoup, même pour un « animal » de son espèce. Un léger rire rauque s’éleva, s’amusant de ses propres pensées.

Une explosion lui fit relever ses yeux bleus. Il ne savait pas exactement ce qu’il se passait au centre de ce village, mais cela avait l’air pour le moins attractif… et bruyant. Il se détacha avec paresse du mur sur lequel il s’était attardé et s’avança d’un pas lent vers la foule de villageois. Personne ne faisant attention à lui et lui même ne faisait pas attention aux gens qui l’entourait. La scène qui se passait sous ses yeux ne l’intéressait pas plus que le crottin de cheval sous la semelle de sa botte. Ce type était vraiment mauvais. D’un œil critique, il observa les faits et gestes de l’homme avant de grimacer. Pouah… Même lui aurait fait mieux. Il jeta un regard panoramique sur les gens qui l’entouraient, sentant un dédain méprisant monter en lui en voyant tout ces gens se divertir avec si peu. Un visage pourtant se détacha de la masse. Un visage blanc. Trop blanc peut être. L’homme se redressa et se décala, bousculant un homme pour avoir une meilleure vue sur la jeune femme qui semblait hypnotisée par la scène. Le regard bleu de l’homme se posa sur les traits de la jeune femme pâle. C’était trop… Ressemblant pour ne pas être elle. Et puis quelle autre idiote qu’elle pouvait encore sourire à son âge, face à des choses aussi grossières ? Le regard de l’homme se plissa alors qu’une grande excitation s’emparait de lui. Pas ici. Pas devant tant de monde.

Une dizaine de minutes plus tard, un homme s’approcha d’elle. L’homme encapuchonné plissa les yeux et étudia le jeune barbu. Ca, ce n’était pas prévu… Les yeux bleus de l’homme étudièrent le jeune homme avec le même soin qu’ils avaient étudié la jeune femme. Il n’était pas plus vieux que lui. Par contre, côté barbe, ce gringalet avait des efforts à faire. Il glissa ses doigts le long de ses favoris avec orgueil et suivit le couple du regard. Il attendrait qu’ils sortent du village et leur couperait la route.
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Vamp

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Ven 19 Juin - 16:17

La bouche entrouverte, Vamp ne prit que peu attention aux paroles du jeune homme. Il était hors de question de manquer une miette au spectacle. Elle hocha distraitement la tête mais releva les yeux sur lui au sentir de ses lèvres sur son front. Le magicien, c’était le magicien. Mais son homme, c’était son homme. Un étrange sourire aux lèvres, elle le suivit du regard, ses yeux s’appropriant le dos et les « formes » du jeune homme. Une explosion cependant, la tira de sa contemplation et elle s’empressa de reporter son attention sur la scène.

- Il s’est passé quoi ? J’ai raté quoi ? Hein ?

L’homme à qui elle s’adressait lui lança un regard étrange où l’étonnement se mêlait au dédain. La jeune femme leva un sourcil et haussa les épaules. Ils comprennent rien les gens de toute façon. Son regard noir glissa sur la scène, avide de découvrir d’autres tours. La musique l’entraînait. L’ambiance l’attirait. Les couleurs la faisaient sourire. Enjouée, un sourire figé sur les lèvres, la jeune femme ne perdait pas une miette du spectacle. Elle était complètement déconnectée du monde. Il n’y avait personne autour d’elle, sauf cet homme. Son regard adoucit détaillait les moindres gestes, le moindre détail. Paradoxalement, elle ne voyait pas les défauts qui sautaient pourtant aux yeux. Elle ne voyait pas non plus l’homme encapuchonné dans la foule qui la détaillait.

Bientôt, trop tôt à son goût, une sensation de picotement effleura son cou. Grognant, elle tenta de chasser le Barbu d’un mouvement de bras, agacée d’être dérangée. Elle se décala, essayant de regarder tranquillement le spectacle sans être dérangée. Elle lui répondit, sans se retourner.


- Ben ouai, j’ai bien vu que t’étais de retour ! Namé… Pis j’veux pas y aller ! C’est pas finit ! Encore quelques minutes Lin, s’il te plait, aller !

La jeune femme se retourna et lui fit les yeux doux l’espace d’un instant, juste le temps d’apercevoir la sucette en question. Ah beh s’il mettait une sucette en jeu. Une moue sur le visage, la jeune femme était en plein dilemme intérieur. Elle releva les yeux sur le jeune homme et se sentit flancher face à son sourire. Il commençait à connaître les faiblesses de la jeune femme. Pas bon pour elle ça. Vamp haussa les épaules et se détacha de la foule.

- Bon, bon…

Elle lui prit la sucette des mains et l’enfourna dans sa bouche. Le goût sucré de la friandise se répandit contre sa langue, faisant vibrer sa gourmandise. Un sourire de contentement s’afficha sur le visage blanc et elle suçota la sucette avec soin. Son sac à l’épaule, elle glissa sa main dans celle de Lin, fière d’être aux bras du Barbu devant tout le monde, sa sucette fièrement relevée vers le haut. Cependant, après avoir passé les portes de la ville, Chanda trottant à leurs côtés, la main de la jeune femme quitta bientôt celle de Lin. Après ce qu’elle venait de voir, il était inconcevable qu’elle reste sans mots dire. La jeune femme se tourna, marchant à reculons face au jeune homme.

- Non mais t’as vu un peu ça ! C’était… Waouh !

Surexcitée, ses mains décrivirent un large arc de cercle dans l’air, son visage exprimant une joie simple et naturelle.

- Il était drôlement fort le monsieur ! T’as vu hein ! Même que les fumées elles avaient pleins de couleurs !

Les yeux grands ouverts, la jeune femme revivaient pratiquement ce qu’elle venait de voir. Reculant toujours, elle ne voyait pas la silhouette encapuchonnée qui était plantée dans son dos, à quelques mètres. Vamp se rapprochait de l’homme, inconsciemment. Elle hocha la tête et releva les yeux sur le jeune homme à barbe.

- Et toi, tu sais en faire de la magie

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Lin
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Dim 21 Juin - 13:31

Lin se demandait si elle allait le suivre. Le saltimbanque avait recueilli toute son attention et le barbu commençait à douter du pouvoir de la sucette face à celui de la magie. A vrai dire, il ne comprenait pas réellement l'intérêt du Cadavre pour cet homme aux tours foireux qui s'exhibait devant des gosses morveux de moins de dix ans et il aurait donné vraiment plus cher qu'une simple sucette pour s'éloigner de cet endroit qu'il ne trouvait pas à son goût. Ceci dit, il ne pouvait arracher la jeune femme à sa contemplation sans rien lui donner en échange et la sucrerie avait été la seule possibilité à laquelle il avait pu penser. Il l'accompagna pourtant d'un charmant sourire, désireux d'appuyer ses chances. Après tout, autant se servir de ce qui marche.
Il étouffa un soupir de soulagement en la voyant le suivre et il lui emboîta le pas, suivant sa trace.

Le jeune homme avait les yeux fixés sur sa compagne, les sourcils levés, tentant de s'intéresser à ce qu'elle racontait. Elle lui réexpliquait tout le spectacle, du moment où il était parti au moment où il était revenu. Elle leva les bras au-dessus de sa tête, imitant les gestes spectaculaires du saltimbanques, mimant les différents effets qu'il avait utilisé pour illusionner les gamins. Lin se prit à sourire, sa tête s'activant de haut en bas. il feintait de s'intéresser à tous ses faits et gestes, et parfois même, il émettait des sons étonnés. En réalité, le résumé du spectacle ne l'intéressait pas plus que le spectacle en lui-même et il finit par perdre son regard autour de lui.

C'est la capuche qui le fit tiquer. Une silhouette encapuchonnée se tenait devant lui, à quelques mètres derrière Vamp. Elle ne bougeait pas. Immobile, elle se tenait là, comme si elle avait prévu leur passage. Le barbu continua d'avancer, ses yeux balayant la distance séparant le dos de sa compagne et le buste de cette silhouette, conscient que plus ils avançaient, plus elle raccourcissait. Il fronça les sourcils, pas vraiment rassuré par cette présence. Son regard la détailla, observateur et le barbu étouffa un juron. Un homme. S'il était comme ces brigands qui les avaient attaqués, il ferait mieux de se méfier.
Se redressant, il reporta son attention sur Vamp et lui fit signe de s'arrêter.


Tourne toi ... Je crois qu'on a un obstacle ...

Il releva les yeux sur l'homme, tendu. Il ne savait pas de qui il s'agissait et de ses intentions. Jusqu'à l'obtention du contraire, il décida de rester impassible et froid, calme et placide. En condition pour réagir au mieux, et au plus vite.
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Vamp

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Sam 27 Juin - 7:03

Le front plissé, Vamp scrutait le jeune barbu. Pourquoi il était pas impressionné ? Elle continuait de reculer, butant parfois sur quelques pierres. Ses yeux noirs étudiaient le visage du jeune homme. Elle commençait à le connaître et n’était pas aussi aveugle pour voir qu’il n’écoutait pas ce qu’elle disait. La jeune femme fronça les sourcils et jeta un coup d’œil à Chanda, qui trottinait aux côtés de Lin. Lui non plus ne l’écoutait pas. Elle reporta son attention sur son compagnon et plissa les yeux.

- Namé dis-le si j’t’ennuie surtout !

Elle lui lança un regard noir, peu amène et se retourna, vexée dans son orgueil.

- J’aurai dut rester voir la fin du spectacle… Et ta sucette elle est même pas bonne…

La jeune femme alla se gratouiller la nuque, boudeuse. Elle n’accorda tout simplement pas un regard au jeune homme. Non mais fallait pas la prendre pour une idiote ! Restant à bonne distance de lui, elle leva cependant les yeux à ses paroles.

Une silhouette se dressait sur le chemin, juste devant eux. A sa posture, il ne laissait aucun doute qu’elle les attendait. Vamp fronça légèrement les sourcils, une impression de déjà-vu la prenant. Une sorte de flash. Visiblement, c’était un homme, un voyageur. Il se tenait droit, parfaitement immobile et pourtant… Vamp n’était pas sur ses gardes. La posture de l’homme avait pourtant de quoi être menaçante et révélait un danger potentiel, mais la pâle jeune femme ne ressentait pas le besoin de se mettre en garde face à lui. Ce n’était cependant pas rassurant. La jeune femme garda la même distance qui la séparait de Lin.

C’était… Familier. Cette posture, ses bras pendant le long de son corps, la position de ses pieds. Il y avait quelque chose. Une sensation étrange s’empara de la jeune femme. Elle le connaissait. Elle le voyait, troublé, confus dans ses souvenirs, ne voyant que le corps et non le visage. A ce souvenir s’additionna un voix et quelques paroles. C’est alors que l’homme en question amorça un mouvement, sa tête se relevant légèrement vers Vamp.

Elle ne voyait que ses lèvres et son menton, mais cela lui suffit. Un vide se fit en elle. Surprise, ses yeux s’agrandirent légèrement. Le sol aurait put s’ouvrir sous ses pieds, elle n’aurait pas bougé. Ses lèvres s’entrouvrirent d’étonnement. Plus rien n’existait autour d’elle excepté cet homme.

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Volkodlak

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Lun 29 Juin - 8:17

Immobile, il observait le couple s’approcher de lui. L’excitation montait en lui au fur et à mesure que le dos de la jeune femme s’avançait à son encontre. Il n’avait vu son visage que de loin. Il ferma un instant son poing, détendant ses doigts doucement. Il avait l’impression qu’elle avançait vers lui au ralentit. L’homme humecta un instant ses lèvres sèches. Il la voulait. Il voulait la voir, la toucher. Comprendre aussi. Une brise s’éleva, fraîche, s’engouffrant dans sa cape brune. Ses membres étaient tendus par l’attente. Le voyageur n’accorda même pas un regard au jeune homme qui accompagnait la femme. Cela devait être un valet, un serviteur, un jouet entre les mains blanches de la jeune femme. Il ne lui était d’aucune importance. Il savait qu’elle ne s’attachait que très peu aux gens et ce gringalet avec ses trois poils sous le menton ne devait pas être d’une importance capitale pour elle.

Son regard bleu n’était posé que sur la jeune femme. Elle se retourna enfin et son regard croisa le sien, bien que celui du voyageur soit caché par la capuche de sa vieille cape. Il ne fit pas un geste, et attendit que le couple s’arrête à quelques mètres de lui. L’homme détailla la pâle jeune femme, une étrange sensation naissant en lui. Elle n’avait pas changé et il était sûr de ne pas se tromper de personne. Cette peau. Ses grands yeux noirs, parfois froids, parfois rieurs. Apparemment, elle avait plus de mal à le reconnaître que lui. Il la laissa le détailler, amusé intérieurement. Le temps semblait s’être arrêté.

Enfin, elle sembla le reconnaître. Elle semblait…surprise ? Qui de eux deux ne l’aurait pas été ? Il était calme, mais seulement après avoir supporter et digérer le choc. Il s’approcha du jeune couple, n’ayant d’yeux que pour la jeune femme. Un sourire étira ses lèvres, alors que ses doigts recouverts de terre se glissaient dans la chevelure noire de la jeune femme.


- Vamp…

Il se pencha vers elle, ses mains encadrant son visage et approcha ses lèvres des siennes, rapprochant son corps de celui de la jeune femme.
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Lin
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Mar 30 Juin - 6:27

Le barbu s'arrêta, à quelques mètres du dos de Vamp. Ses yeux scrutaient la personne qui leur faisait face. C'était un homme, indéniablement. La position de son corps et sa stature ne laissait envisager aucune autre possibilité et son menton relevé laissait apparaître une légère ombre grisée sur son menton. Preuve définitive que cette personne dont Lin se méfiait était du même sexe que lui. Il ne savait pas exactement ce qui le gênait le plus chez ce voyageur. Le fait qu'il soit caché par une cape miteuse ? Ou bien son attitude, sûr de lui ? Cette assurance suffisante qui le faisait se tenir parfaitement droit, sans bouger d'un iota, comme s'il les attendait depuis quelques temps déjà. Le jeune homme ne pouvait s'empêcher de détailler les moindres parcelles de cet homme, l'auscultant de regards. Il ne lui plaisait pas, tout comme les brigands ne lui avaient pas plu. Mais il y avait ici quelque chose d'autre. Cet homme était seul. Il ne pouvait pas les attaquer. Ce n'était certainement pas son but d'ailleurs. Mais alors que cherchait-il ?

Lin referma ses dents sur la peau de sa joue. La situation commençait fortement à lui déplaire. Il s'était attendu à un mouvement de recul chez sa compagne, ou tout du moins une attitude défensive face à l'intrus. Rien pourtant ne fut plus clair que la surprise qui avait pris possession de la jeune femme. Une profonde surprise. Elle était entre les deux hommes, tournée vers le voyageur et complètement tétanisée. Elle ne bougeait pas. Le barbu devinait qu'elle avait les yeux fixés sur l'homme, immobile. Qu'est-ce qu'il se passait donc ici ? C'était censé être un inconnu. Un voyageur seul qui leur barrait la route. Il fallait s'en méfier, tout au moins se questionner. Et seuls un profond étonnement et un arrêt net dans tous mouvements avaient secoués le Cadavre. Ca ne se passait pas normalement. Il y avait un morceau qui échappait à Lin, et cette partie obscure de la rencontre le mettait mal à l'aise. Une impression d'être mis à part comme un simple spectateur sans importance. Une personne qu'on ne remarque pas, qui n'importe pas. Peut-être était-ce ce qu'il était pour le voyageur après tout, mais le silence et l'immobilité de Vamp lui laissait une mauvaise impression.

Commençant à sentir une tension envahir ses muscles, il se força à soupirer, tentant d'évacuer l'angoisse qui l'enserrait. Ne pas comprendre était pire que tout pour le barbu et la situation présentait toutes les formes d'incompréhension possibles. Il était oublié, l'homme semblait connu de sa compagne, elle-même connue de l'homme et le jeune homme ne savait rien du lien qu'il pouvait y avoir entre eux.
L'incertitude prenait forme dans le torse de Lin, au fur et à mesure que l'autre homme s'avançait vers sa compagne. Il se contraignit au calme, sa joue furieusement attaquée par ses dents. Vamp ne bougeait toujours pas et l'homme approchait. Le barbu restait en place, sentant son corps se tendre petit à petit, ses membres saturant. Il n'y avait rien à faire. Le voyageur continuait d'approcher et le Cadavre restait immobile, aucune réaction ne l'agitant. Ce n'était pas possible qu'elle se laisse approcher de la sorte sans rien dire. Ca n'avait pas de sens. Elle qui répugnait tant aux contacts d'inconnus ... Cela renforça la pensée du jeune barbu. L'homme encapuchonné n'était pas un inconnu. Idée qui perfora sournoisement son esprit quand les mains crasseuses se glissèrent entre les mèches brunes de la jeune femme. Loin d'être un inconnu.

A la vue de cet homme prenant ses aises avec sa compagne Lin relâcha les barrières qu'il s'était imposé. Comment rester sans broncher à regarder un autre passer ses mains là où lui-même le faisait ? Il déglutit, clignant plusieurs fois des yeux. C'était impossible. L'homme n'était pas en train de ...
Résolu, Lin céda au mouvement interne qui le poussait contre ce voyageur et s'approcha du couple sans aménité. La paume de sa main vint s'écraser contre le front encapuchonné et il repoussa l'homme sans aucune gêne, porté par un entrelacs d'angoisse et de colère. Il le fit reculer jusqu'à ce que ses mains quittent le visage blafard et serra les dents, incapable de retourner sagement à sa place. Il aurait voulu l'incendier, peut être même le frapper. Mais cet homme était connu de Vamp, et si le barbu voulait connaître son identité, il fallait qu'il le garde conscient, et en bon état. Il s'interposa entre les deux et croisa les bras, le regard mauvais. Il l'avait fixé sur l'homme sans vergogne, la mâchoire contractée. Vraiment pire que tout de ne pas savoir. Surtout vu l'attitude de ce voyageur.


Chaleureux accueil ... Si vous pouviez maintenant expliquer qui vous êtes et ce que vous voulez, peut être serais-je plus apte à vous laisser approcher cette jeune femme ...

Il grogna, ayant du mal à contenir la colère froide qui le maintenait campé sur ses positions face à cet homme qu'il n'aimait déjà pas.

Et certainement pas de la manière dont vous l'avez fait ... Je risquerais d'être brutal. Enlevez cette capuche que je vois sur qui je vais taper.
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Volkodlak

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Mar 30 Juin - 14:09

Elle était là, entre ses mains. Ses deux orbes noires le fixaient avec incompréhension. Ses mèches noires glissaient docilement entre les doigts du voyageur. Tant d’années de recherches, et il la trouvait là, par hasard, un matin d’hiver. Ses lèvres se rapprochaient, jusqu’à sentir le souffle de la jeune femme contre les siennes. Il allait les toucher, les goûter, lorsqu’une force inconnue le poussa vers l’arrière. Sous l’effet de la surprise, il ne put que reculer. Ses mains quittèrent le visage blanc et les mèches noires, il ne sentit plus le souffle de la jeune femme contre ses lèvres.

Le voyageur releva les yeux sur l’homme qui le séparait désormais de Vamp. Il se redressa et observa le perturbateur. Il semblait légèrement plus grand que lui, mais plus mince aussi, ses épaules à lui étaient plus carrées, plus résistantes. Il laissa son regard bleu étudier le jeune barbu, avant de venir à son visage. Il semblait fâché le p’tiot. Le regard marron du Barbu en question s’était durci, révélant la colère que l’homme devait couver au fond de lui. Pas le moins du monde déstabilisé, il prit une position très décontractée. Ce n’était pas un semblant de barbu qui allait lui faire peur.


- Allons allons, couché mon mignon, tu seras gentil… Je n’ai pas besoin de ton approbation pour approcher cette dame, et ton utilité ici est très limité, tu es donc prié de baisser d’un ton et de baisser des babines…

Le ton de l’homme était naturel, pas le moins du monde agressif. Ce gringalet l’amusait autant qu’il l’irritait. Il n’avait rien à faire là, rien à faire aux côtés de Vamp et rien à faire dans la scène.

Il baissa néanmoins la capuche de sa cape miteuse, dévoilant des traits plutôt jeunes. La peau légèrement tannée par le soleil, la première chose que l’on remarquait chez cet homme était ces yeux bleus. D’un bleu très clair, trop peut être. Ses yeux étaient très expressifs, de même que les traits de son visage, où de parfaits favoris couleurs de bois s’aventuraient de part et d’autre de son visage. Une barbe de trois jours mangeait son menton. Ses cheveux retombaient sur son front et sa nuque en désordre, accentuant le charme de l’homme. C’était un bel homme sans nul doute.


- Je me nomme Fenrir surnommé Volkodlak ou dans votre langage, le « Loup-garou »… Ami du cul-poudré qui se trouve derrière toi… Quand au fait de me frapper…

Un sourire moqueur s’afficha et il le jaugea de bas en haut, un rire sarcastique s’échappant de sa gorge.

- Sois sérieux, tu fais pas le poids… Il serait dommage de retrouver une si « belle » barbe dans la poussière…

Le ton était sarcastique, il n’y avait aucun doute là dessus. Fenrir se moquait pas mal de l’homme, ce qu’il voulait, s’était retrouver Vamp dans ses bras.

- Aller mon mignon, t’es bien gentil, mais je voudrais pas te faire de mal… Ce serait dommage...
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Vamp

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Jeu 2 Juil - 9:20

Pleine d’incompréhension, Vamp observa l’homme s’approcher sans réagir. Ses yeux noirs toujours écarquillés par la surprise, fouillaient le peu que la capuche miteuse laissait entrevoir. Un indice, c’est tout ce qu’elle cherchait. Un indice pour s’assurer de la véritable identité de l’homme qui était face à elle. C’était tout simplement impossible, cela ne pouvait être lui. Les doigts de l’homme se glissèrent dans ses cheveux mais la jeune femme ne broncha pas. Il n’y avait pas les signes de dégoût qui hérissaient sa peau. Son corps lui même reconnaissait l’homme. Pourquoi continuait-elle à douter ? Droite, complètement déconnectée du monde réel, elle voyait les lèvres de l’homme s’approcher de son visage sans réagir. Elle sentit bientôt son souffle contre son menton et son visage. Ses propres lèvres s’entrouvrirent, mais quelque chose s’interposa entre elle et l’homme.

Ce n’est qu’à ce moment que Vamp se rappela de la présence de Lin derrière elle. Son regard se posa un bref instant sur la nuque du jeune barbu, avant de revenir sur la silhouette encapuchonnée. Elle ne suivit pas ce que Lin dit à l’homme, bien trop occupée à percer le tissu miteux. La jeune femme n’eut pas à attendre longtemps pour avoir la confirmation de ce qu’elle pensait.


Valachis. Douze ans plus tôt. Elle est dehors, assise dans la terre, dos contre un mur de pierre. Les yeux pleins de larmes, elle sanglote bruyamment. Son front est posé contre ses genoux qui sont repliés contre sa poitrine. Elle vient de se faire de nouveau humiliée par Elle. Les larmes recouvrent ses joues pâles. Elle renifle. Puis sans prévenir, elle sent un regard peser sur elle. Elle redresse la tête, sur la défensive. Un garçon la regarde, interloqué. Il a de grands yeux bleus qui la fixent. Les vêtements qu’il porte sont miteux et il porte un seau d’eau dans ses bras. Il doit avoir juste quelques années de plus qu’elle.

- Ben pourquoi tu pleures ?

- Laisse moi tranquille…

- D’accord… Mais pourquoi tu pleures ?

Son front se plisse et elle le regarde, agressive.

- Fous moi la paix ! S’pèse de pouilleux !

- Pouilleux peut être… Mais moi j’ai pas une grosse larve verte qui me coule du nez…

Elle écarquille les yeux et le frappe à la joue sans ménagements. Il chancelle un instant sous le choc et la regarde, avant de lui en coller une à son tour. La bouche grande ouverte, surprise, elle le regarde, sa joue brûlante rougissant peu à peu.

- Hey ! Mais t’as pas le droit de me frapper !

- Tu m’as bien frappé…

- Ben oui mais j’suis une fille moi ! On tape pas les filles !

- Une fille ? T’es sûre ? C’est quoi ton nom ?

- Je parle pas à un pouilleux comme toi qui tape les filles…

- Tu bougonnes, je comprends pas ce que tu dis… C’est Pouilleuse ton nom ? Ils sont pas très sympa tes parents… Moi c’est Fenrir …

- Mais j’me fous de comment tu t’appelles !

Inséparables depuis lors.


Le visage de la jeune femme reflétait une étrange expression. Un léger pli apparut entre les sourcils noirs. Les traits de Vamp s’étaient adoucis. Le coin de ses lèvres s’étira peu à peu, faisant naître un sourire qui ne lui était pas familier. Elle semblait transformée par la simple silhouette qui se trouvait face à elle. Qu’une personne lui fasse un tel effet révélait le lien qui pouvait l’unir à cet homme. Son sourire s’élargit, se faisant plus franc. Les traits ainsi adoucis, elle aurait presque paru humaine. La pâle jeune femme se précipita, dépassant Lin et se jeta dans les bras du voyageur, enfouissant son visage dans le creux de sa cape. Ses bras blancs enroulés autour du cou de l’homme, elle se serra contre lui, heureuse comme jamais. Elle n’avait rien suivit du dialogue entre les deux hommes.

- Fenrir ! Tu… tu… tu pues…

Son nez blanc se fronça et elle se recula quelque peu, gardant ses mains sur les bras de l’homme.

- Tu pues le chien mouillé… Etonnant tu m’diras…

Son regard noir le dévisagea, avant de se glisser le long de son corps. Celui ci avait changé. Bien changé. Silencieuse, la jeune femme observa la stature de son ami, ses épaules carrées, son torse. Il ne ressemblait pas vraiment à l’adolescent gringalet et rachitique qu’elle avait quitté quelques années plus tôt.

- Tu as… changé…

Elle releva les yeux sur lui. Son visage avait gardé les mêmes traits. Ses yeux bleus qui la regardaient en ce moment même, rieurs. La mâchoire carrée et ces même lèvres. Un détail cependant, attira son attention. Les favoris, ça, c’était nouveau. La jeune femme écarquilla les yeux et sourit, tendant la main pour effleurer ses joues, mais ne finit pas son geste, le faisant mourir par un geste maladroit, feintant de remettre une de ses mèches noires derrière son oreille.

Le jeune loup gronda, son museau tombant vers le sol, les oreilles dressées vers l’arrière. Il fixait l’inconnu de ses yeux, un son sourd s’élevant de sa gorge. Chandalen s’avança et alla se poster près du jeune barbu, posant son museau contre le mollet de Lin sans quitter Fenrir des yeux. A croire que le loup venait de choisir son camp.

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Ven 3 Juil - 8:29

Lin observait celui qui lui faisait face. Il s'agissait bien d'un homme, comme il avait pu le deviner au travers de sa posture. Il était plutôt grand, quoi que mince et ses épaules s'étendaient de part et d'autre de lui, lui conférant une attitude assurée. Certainement preuve d'une grande confiance en lui. Le barbu releva les yeux le long du visage juvénile qui le regardait en retour, ses pupilles tombant sur un bleu ciel. Il avait des yeux clairs, contrastant largement dans son visage. Habitué aux yeux sombres de sa compagne, Lin fronça les sourcils. Ces yeux lui rappelaient les yeux du Nord. Ceux des gens qui peuplaient Antwerpen ou Calais. Tous blonds, tous les yeux bleus. Il n'avait cependant jamais ressenti aucune gêne à se balader avec des yeux différents de ceux qui l'entouraient à cette époque. Lui ne voyait que du bleu autour de lui et si les gens voyaient une différence, il n'y prenait pas garde. Pourquoi s'offusquer de ce que l'on ne voit pas ?

Lin s'ébroua légèrement, sorti de ses pensées par les paroles de l'homme. Fenrir ... Il se disait ami du cul-poudré. Cul-poudré ? Il devait en effet être un grand ami pour pouvoir parler d'elle comme ça sans qu'elle ne bronche. Intrigué, le barbu suivit ce que cet homme racontait. Loup-garou. Il aurait vraiment tout entendu. Il avait souvent entendu des légendes sur les loups-garous qui sortaient à la pleine lune et qui, sous l'effet de l'astre laiteux, déchiraient leurs habits d'un coup sec, un long hurlement sorti des tréfonds de leur gorge glaçant les villageois du bourg voisin à l'endroit élu par ces monstres pour jouir d'une pleine liberté de mouvement une fois leur corps revêtu d'une fourrure épaisse et leur visage allongé d'un museau meurtrier. Combien de fois avait-il joué à hurler du fond de sa chambre quand la pleine lune arrivait, ravi de voir les visages affolés de ses plus jeunes camarades le lendemain ?
Un léger sourire étira les lèvres du jeune homme. Il s'agissait donc d'un ami de Vamp, prétentieux et fier de la légende qui entourait son surnom. Lin le laissa placidement finir de débiter ce qu'il avait à dire. Certes, il était sarcastique et ses mots ne laissaient pas le jeune barbu indifférent. S'il s'était écouté, il aurait grogné depuis longtemps. Mais il se contraignit au calme, pensant qu'il vaudrait mieux jouer d'une insensibilité chronique aux paroles acerbes de l'autre, plutôt que de se laisser envahir par le sentiment de haine qui aurait dû pointer à la vue de cet homme enlaçant sa compagne.

Ce fut au prix d'un réel effort que Lin parvint à se montrer impassible. Il n'avait encore jamais vu la jeune femme se jeter au cou de quelqu'un et sa joie lui fit serrer les dents. Il avait de plus en plus de mal à comprendre ce qu'était Fenrir pour elle et les réactions de Vamp étaient totalement contradictoires d'avec ce qu'il avait l'habitude de la voir faire. Il allait falloir qu'il soit patient s'il voulait tout comprendre, ce qui risquait d'être chose difficile. Prenant sur lui, il inspira profondément et se redressa. Rester placide, insensible.
Il sursauta pourtant en sentant le museau froid de Chanda contre son mollet. Baissant les yeux vers lui, il sourit légèrement. Peut être que l'animal n'avait pas tort tout le temps finalement. Il s'accroupit et lui caressa la tête, gratouillant derrière ses oreilles comme avec un chiot. Au moins, il n'était plus seul à ne pas pouvoir encadrer ce Volklodalk.


Surnommé le loup-garou ... C'est mignon. Ca donne un petit côté enfantin à votre personne. Vous essayez bien de vous en détacher par ces favoris sur vos joues mais bon, on sent l'enfant qui sommeille en vous. Un vrai gamin. C'est adorable ...

Lin se redressa, lâchant le jeune loup et leva les yeux sur l'homme.

Et ce côté arrogant de bagarreur sûr ... J'aime beaucoup, c'est puéril à souhait. Et vos expressions ... Un régal de juvénilité ! "Mon Mignon", on sent l'habitué du surnom.

Le barbu hocha la tête pour lui-même. Il allait vraiment lui falloir de la patience pour supporter celui qui lui faisait face. Il allait falloir qu'il sache rester calme et ne laisser suinter qu'un simple rejet dans ses paroles. Travail finaud, surtout pour un barbu. Il lui fit un sourire hypocrite et se détourna, engageant le louveteau sur ses pas. Sans se retourner, il ajouta.

Quand vos effusions et vos babillages auront cessé, peut-être pourrons nous aviser de ce que l'on fera. N'ayez crainte, j'ai prévu les arrêts lange, au cas où la route se ferait longue et que vous n'ayez pu vous retenir.

Il attrapa son sac et le jeta sur une épaule, rajustant la sangle à la bonne hauteur. Il pensait déjà à les éviter quand il leva le nez vers le ciel. Le meilleur moyen de ne pas s'irriter de les voir ensemble était de ne pas les voir tout court. Les yeux au ciel, il chercha la position du soleil pour reprendre la route.
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Sam 4 Juil - 10:02

Le jeune homme réceptionna Vamp comme il put. Il sourit, ses bras se refermant sur le corps de la jeune femme, l’emprisonnant contre lui. Il serra son corps contre le sien, empli d’une sensation de calme. La jeune femme était légèrement plus petite que lui, aussi se contenta t-il d’embrasser sa tempe. Il la serra contre lui avec tendresse, une expression de douceur sur le visage. Les bras enlacés à la jeune femme, il leva des yeux pleins de provocation au jeune barbu, avant d’effleurer ses cheveux du bout des lèvres, sans le quitter des yeux. Fenrir était loin d’être aveugle… Les paroles de son amie le fit sourire et il la relâcha. Ses yeux pétillants de malice se posèrent sur ceux de la jeune femme. Cinq années d’absence, et tout ce qu’elle trouvait à dire, c’est qu’il puait. Elle n’avait pas tord cela dit.

Un sourire amusé accroché aux lèvres, il se laissa reluquer par la jeune femme sans broncher, savourant les différentes expressions qui passaient sur le visage de Vamp. Volk releva les yeux sur le jeune barbu, un étrange sourire aux lèvres, ravi de se faire ainsi détaillé par Vamp sous les yeux du Barbu. Les paroles de la jeune femme accentuèrent son sourire.


- Mais je suis ravi de te plaire…

Il lui fit un pichenette sur le bout du nez et releva les yeux sur le jeune barbu qui était accroupit près du loup. Ses yeux se plissèrent. Il délaissa un instant la jeune femme pour planter son regard sur l’homme qui l’accompagnait.

- Mignon en effet… Cependant, je me demande qui est le plus puéril de nous deux… Celui qui porte le surnom ou celui qui s’en moque alors qu’il n’en connaît même pas l’origine… Quand au côté bagarreur… Il va falloir me rappeler qui des deux à voulu « taper » l’autre en premier…

Il baissa les yeux, reportant son attention sur Vamp et lui sourit. Il se recula légèrement et laissa son regard glisser sur les courbes de la jeune femme, un léger sourire aux lèvres.

- Mmh… Tu as changé aussi… Tu es bien plus appétissante… Toujours cette paire de fesses dis moi…

Taquin, mais aussi provocateur envers le barbu, il glissa son bras autour de la taille de la jeune femme et lui tapa une fesse, un large sourire s’affichant sur son visage.
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Dim 5 Juil - 10:35

C’est le ton de Lin qui sortit Vamp de sa torpeur. Son front se plissa et elle se retourna, observant le jeune barbu, un sourcil levé. Son visage ne décelait rien des sentiments que pouvaient avoir le jeune homme. Son comportement pourtant titillait la jeune femme. Elle mit un instant de côté la joie de revoir Fenrir et s’intéressa de plus près à l’humeur du jeune barbu. Une sonnette d’alarme retentissait dans sa tête, mais elle ne parvenait pas à en trouver la source. Volk n’avait fait que se présenter, rien de plus. Pourquoi réagir ainsi ? Cela ne ressemblait pas à Lin.

Vamp haussa un sourcil, regardant le dos du jeune homme tout en croisant les bras.


- Dis… C’est pas très sympa ce que tu viens de dire… Si tu as un problème avec son surnom, c’est à moi qu’il faut s’adresser, j’en suis la source…

Le regard de Vamp s’était légèrement durcit. Elle aimait quand Lin cassait les gens en taverne, mais là, il n’y avait pas lieu d’être cassant. Fenrir était un ami et de plus, il n’avait rien fait pour s’attirer les foudres du Barbu. Le bras de Fenrir s’enroulant autour de sa taille la tira de sa contemplation et elle sourit en se retournant vers lui. Elle ressentit un certain orgueil féminin à ses paroles, et ne put s’empêcher de relever le menton. La jeune femme ne put s’empêcher de glousser de plaisir et leva les yeux sur lui.

- Appétissante, vraiment ? C’est bien le seul compliment que tu m’aies jamais fait…

Un étrange sourire aux lèvres, elle l’enlaça une seconde fois, cherchant la sensation qu’elle avait toujours eu à sa proximité. Les paroles de Lin l’arrachèrent cependant aux bras de Fenrir.

- Quoi ? Mais il est hors de question qu’on reprenne la route ! On va se trouver un coin où on va pouvoir s’installer tranquillement…

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Dim 12 Juil - 17:45

S'installer tranquillement ? Il n'en était absolument pas question ! Ils n'allaient tout de même pas s'immobiliser ici alors qu'ils avaient prévu de repartir après l'incendie de cette auberge. Eh quoi ? Le barbu avait réussi à la faire partir, et au prix d'une sucette et de pas mal de patience. Ce Fenrir n'allait pas les stopper là alors qu'ils auraient dû reprendre la route.
Lin serra les dents aux paroles de la jeune femme. Collée au jeune homme aux favoris, elle souriait béatement, son visage relevé vers lui dans un air d'adoration totale. Le barbu se détourna en la voyant l'enlacer de nouveau et fit mine de s'intéresser à son sac, le jeune loup à ses côtés. La bête n'était finalement pas si mal. Il avait bien pensé que cet accès de jalousie contre le poilu n'avait pas lieu d'être, mais que par principe, il était. Changeant sa pensée, il attira le loup à lui et lui frotta le museau, ses mains s'égarant dans son pelage. Après tout, ce n'était pas un mauvais compagnon de route, et là, il avait fait preuve de jugeotte.

Enfonçant ses mains dans son sac, Lin sortit une carte usée par le temps et s'installa en tailleur à même le sol. Ses yeux tombèrent sur les lignes de couleur qui parsemaient le vieux parchemin et un sourire lui vint aux lèvres. Il se souvenait de comment il avait appris à se repérer sur une carte. La petite étoile en haut à gauche et ses quatre lettres significatives. Ses fils colorés qui s'entrecoupaient, se suivaient, se séparaient et s'embrassaient de nouveau. Les pâtés de différentes nuances, annonciateurs de prés, de champs, de montagnes ou de lacs. Aujourd'hui, tous ces détails avaient un sens et il savait désormais comment s'orienter correctement et les coins à éviter ou conseillés. Les croix l'indiquaient d'ailleurs très bien.
Il releva la tête et regarda autour de lui, dubitatif. Ils pouvaient toujours s'installer ici, en attendant le lendemain matin. Une nuit de sommeil serait la bienvenue après la tourmente de l'incendie. Oui, mais une nuit avec ce Fenrir ... C'était peut-être le prix à payer. Le barbu haussa les épaules à son propre raisonnement et se releva, empoignant son sac. S'ils devaient prendre place ici, ils le feraient près des arbres. Lin était prêt à accepter l'étranger parmi eux, mais il ne fallait pas pousser.

Déposant son sac au pied d'un centenaire, il s'y adossa et observa la carte, se coupant des deux autres. Il ne voulait pas les voir. Il ne voulait pas les entendre. Qu'aurait-il appris de plus ? Que cet homme était un ami de Vamp et qu'il comptait voyager avec eux ? Qu'elle allait le faire s'installer à côté de chez eux ? Qu'ils ne se lâcheraient plus ? Balivernes, il ne voulait rien entendre de tel. Il préférait sa petite vie loin de tous. Pourquoi s'embêter avec des gens en plus ? Il soupira. C'était bien leur veine d'être tombé sur lui. C'était bien sa veine. Il n'avait jamais vu Vamp aussi heureuse de voir un congénère. Il ne comprenait pas ce qu'il pouvait avoir de si extraordinaire. Tentant de se raisonner, il déglutit et roula sa carte. Il n'avait pas l'esprit à lire ça pour le moment. Relevant les yeux, il tomba sur les deux compères.


Puisque vous voulez vous installer, on se mettra là. Les arbres sont à proximité, la terre est sèche, le village pas loin. Si les vivres manquent, on pourra se ravitailler. Si la sécurité manque, on utilisera la forêt. S'il flotte, on montera dans les arbres. Des objections ? Non, aucune ? Parfait, alors installez-vous.

Se détournant aussitôt ses injonctions données, Lin prit place contre l'arbre qu'il s'était attribué. Il ne voulait pas avoir affaire à cet homme. D'aucune manière que ce soit. Vamp refusait qu'il soit cassant envers lui, il ne le serait pas. Mais qu'elle n'essaie pas de les concilier. L'ignorer serait la meilleure solution. Quant à Vamp ...
Lin grogna et farfouilla dans son sac. Il prit sa veste et la passa sur ses épaules, se calant à son aise contre l'écorce. Il siffla le jeune loup, appréciant la chaleur dispensé par l'animal et lui flatta la tête sans y prendre garde. Paré pour une nuit de veille, il se frotta le nez.


Je prends le premier tour.
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Mer 15 Juil - 9:30

Le ciel était d’un blanc grisâtre. Le vent froid venait fouetter le visage de la jeune femme. Il n’allait pas tarder à neiger, à sa grande joie. Mais le temps n’était pas le seul à être froid. Le regard sombre de la jeune femme était posé sur Lin, cherchant à comprendre le comportement inhabituel de son compagnon. Tout d'eux n’avaient jamais été très sociaux, mais Lin n’avait jamais réagit ainsi face à un inconnu, en tout cas pas à son souvenir. Une main blanche posée sur le bras de son ami d’enfance, Vamp observait silencieusement le jeune homme. Fenrir et elle auraient très bien put ne pas être là, cela n’aurait pas changé grand chose. Il s’était emmuré dans son monde avec Chanda.

Vamp reporta son attention sur l’homme qu’elle venait de retrouver. Un pâle sourire fit face au regard interrogateur du jeune homme.


- Je te présente Linclon…Mon compagnon… Hum…

Au fond d’elle, Vamp était déçue que Fenrir découvre Lin ainsi. Le comportement du jeune homme l’ennuyait plus qu’elle ne le laissait apercevoir. Il douchait froidement la joie qu’elle avait eu de retrouver Volk. Fidèle à elle-même, elle haussa les épaules. Si il ne voulait pas venir se joindre à eux, c’était son problème, pas le sien. Envoyant le jeune homme et son comportement au diable, elle leva les yeux sur l’homme aux favoris qui la regardait. Son regard s’adoucit.

- Tu restes avec nous cette nuit hein ! T’as des trucs à me raconter, espèce de clébard miteux… On a bien cinq ans de retard ! Il est juste peut être un peu…

Elle jeta un coup d’œil au Barbu assit contre un arbre.

- … tôt pour commencer à monter la garde… Tu m’aides à préparer le camp ?

Ils préparèrent le camp tout en se cherchant mutuellement. Il suffisait qu’un des deux se glissent derrière l’autre pour lui enfoncer son index dans le flanc que l’autre répliquait par une tape derrière la nuque. Deux grands enfants qui se retrouvaient et reprenaient leur jeu, comme si aucun espace temps ne les avait séparés. Le rire de Vamp s’élevait de temps en temps, répondant au sourire de son ami. La jeune femme prit soin de dresser le camp à proximité de Lin, assez proche pour qu’il puisse entendre leur conversation et pouvoir participer à celle-ci. Elle voulait vraiment qu’il connaisse Fenrir et dans un sens, partager son enfance avec lui. Une dizaine de minutes plus tard, un bon feu crépitait au centre du demi cercle que formait les voyageurs. Un vent froid tentait de balayer les flammes dansantes. La jeune femme frissonna et ramena son col sur son visage, couvrant ses traits et ses oreilles. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine, tentant de se faire la plus petite possible, ses bras ramenés contre elle. Un biscuit sec à moitié mangé dans une main, ses yeux noirs étaient rivés sur le visage de l’homme qui lui faisait face. La jeune femme était adossée contre un arbre tout jeune et dénudé de ses feuilles. Tout était tranquille, d’une tranquillité qui annonçait l’arrivée de la neige. C’est cependant avec impatience que la jeune femme se redressa.

- Ben alors !! Tu m’racontes oui ??!!

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Volkodlak

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Dim 19 Juil - 13:35

Le regard bleu délavé de l’homme se fixait sur le Barbu. Etrange spécimen que voilà. Un pli d’incompréhension barrant son front, Fenrir étudiait l’homme qui s’isolait de son plein gré. Un bras fermement refermé sur la taille de son amie, il observait le comportement de l’étranger. Il fut plus qu’étonné quand Vamp lui apprit l’identité de l’homme. Surpris, il baissa ses yeux bleus sur le visage blafard de la jeune femme. Son compagnon ? Depuis quand Vamp s’embarrassait-elle d’un homme ? Un étrange sourire étira ses lèvres charnues. Si Vamp s’encombrait d’un barbu dont le comportement laissait fortement à désirer, celui la ne ferait sans doute pas long feu… Tout comme les autres.

Il baissa les yeux sur Vamp, avant de lui sourire.


- Je ne compte pas t’abandonner avant longtemps…

Avec la tendresse d’un frère, il l’attira à lui et la serra de nouveau contre lui. Il avait du mal à croire qu’elle était bien là, bien présente dans ses bras. Pourtant rien ne lui laissait croire à une vision ou à un esprit mal intentionné. Il sentait l’odeur de la jeune femme. Il touchait sa peau pâle. Non, elle était bien là, c’était bien elle. Ses bras se resserrèrent autour du corps de femme qu’il avait entre les mains, comme pour l’empêcher de disparaître aussi soudainement qu’il y a quelques années. Il respira profondément, avant de la relâcher au bout de quelques minutes. Il baissa les yeux sur la jeune femme et hocha la tête à ses paroles.

Il aida la jeune femme à dresser le camp. Il remarqua avec amertume qu’elle s’était rapprochée du Barbu. Passant machinalement ses doigts brunis le long de ses favoris, il se questionna sur la présence de l’homme auprès de Vamp. Lui jetant de fréquents coups d’œil alors qu’il aidait Vamp, le jeune homme tentait de comprendre pourquoi son amie s’embarrassait de ce paysan. A première vue, il était plutôt maigrelet, et n’avait aucune classe. Il n’était pas spécialement beau, surtout avec sa barbe de deux jours qui se débattait dans tout les sens. Quelle négligence vraiment… Ses habits ne laissaient en rien penser à un noble. Il voyait mal Vamp s’intéresser à un homme si celui ci était négligé, pauvre et maigrichon. Il aurait éventuellement put être un garde du corps que la jeune femme aurait payé pour la protéger durant son voyage. Bien qu’il doutait que Vamp eusse besoin de protection. Et puis vu la musculature évidente qu’arborait l’homme, il doutait que Vamp l’aurait choisit pour sa protection. Peut être était ce l’inverse. Cet homme était tout simplement un noble qui cherchant la protection de quelqu’un, avait décidé de payer les services de la jeune femme pour sa protection sous la couverture d’un piètre paysan en voyage avec sa compagne. Cette version là était plus probable que les autres. Oui, cela devait être ça.

Une dizaine de minute plus tard, le jeune homme aux favoris était assit près du feu, une poire bien verte dans la main. Son regard bleu amusé était posé sur la jeune femme toute recroquevillée sur elle même. Vamp avait toujours été frileuse. Par chez eux, être frileux était dangereux. Sa frilosité en avait fait une enfant fragile. Il se rappelait lui frictionner sans cesse les bras et les extrémités, comme les orteils ou les doigts, pour éviter les engelures et les amputations. Courbé sur lui même, ses bras reposant sur ses genoux pliés, Fenrir était dans ses pensées. La présence de Vamp faisant remonter en lui tout un tas de souvenirs qui avaient hibernés au fond de lui. La voix de la jeune femme brisa le silence qui s’était installé entre le trio. Impatiente, comme toujours… L’homme éclata de rire. D’un rire franc, harmonieux et pour le moins agréable.


- Ca va, ca va… Je m’incline devant tant d’impatience ma Douce…

L’homme se redressa, se préparant à un long récit de ces cinq dernières années. Il s’allongea à demi, ses jambes étirées devant lui, ses bras le soutenant. Son regard se perdit dans les yeux noirs de son ancienne compagne de jeu.

- Je suppose que je dois commencer mon récit au moment où tu es partie… Où tu t’es enfuie sans rien dire… Pas un mot, pas une lettre… Rien…

Le ton était quelque peu réprobateur. Il ne pouvait pas ne pas être amère après cela.

- Je t’ai cherché pendant bien un mois… J’ai tout fait… La forêt… Le village entier… J’ai payé des gens pour des informations à ton sujet que je connaissais déjà… Il m’a fallut plus de trois semaines avant d’osé passer par les égouts pour rejoindre le château… Je suis donc entré par les caves, en espérant t’y découvrir en « bonne état », comme toutes les fois où tu as séjourné à la cave… Qu’elle a été ma surprise en découvrant le corps d’une autre femme au teint blanc, morte aux bas des marches. Tu l’a salement amochée… Je l’ai à peine reconnue… J’ai cherché chaque recoin de la cave, mais je n’ai trouvé aucune trace de toi… Je ne savais pas vraiment si je devais en être soulagé ou non…

Son regard bleu avait quitté celui de la jeune femme pour se porter sur les flammes, les observant danser. Il porta la poire qu’il tenait à la main à sa bouche et croqua dedans. Le crissement de ses dents sur le fruit retentit, suivi du goût sucré du fruit dans sa bouche.

- J’ai abandonné les recherches après ça… Je me doutais au fond de moi que tu étais partie, même si je n’avais pas très envie d’y croire. La bande de Nikolaï m’est tombée dessus en sachant que tu avais disparu. J’ai passé une sale nuit ce jour là… Après ça, j’ai été m’exiler dans la capital, loin du village. De toute façon, rien ne me retenait plus au village… Là bas, j’ai réussi à dégoter un inventeur.

Le visage de l’homme s’illumina soudain d’un sourire.

- Tu te rends compte un peu ? Un inventeur ! Et un vrai ! Un vrai de vrai… Le mieux dans tout ça, c’est qu’il m’a accepté comme apprenti ! Si tu avais put voir ma fierté… J’ai dut rester deux ans avec lui… Non un peu plus de deux années. J’ai appris avec lui, mais je lui faisais surtout le ménage et je le nourrissais… Faut dire, vu la poussière qu’il accumulait dans ce taudis… C’était une chance pour moi de le dégoter… Les inventeurs comme lui se cachent, rares sont ceux qui n’ont pas l’Inquisition sur le dos… J’ai donc appris quelques petites choses intéressantes… Le soir, j’avais la possibilité de lire tout ses cours d’étudiant qu’il avait gardés, en échange de mes services. L’accumulation de connaissance que j’ai put avoir… Malheureusement, quelques semaines après m’avoir réellement pris sous son aile, mon maître tomba malade. Une salopris de maladie. Je crois qu’il avait réellement de l’affection pour moi, tout comme j’en avais pour lui. Le point positif dans tout cela, c’est qu’il ne mit pas longtemps pour trépasser.

Fenrir grimaça. Il avait réellement aimé le vieil homme. Le seul avec Vamp à s’être autant inquiété pour lui. Sa mort avait été une déchirure pour le jeune homme.

- Il m’avait légué quelques affaires à lui, ainsi que tout ses cours… Je dus partir, abandonner l’endroit où j’avais vécu durant plus de deux ans…

Il haussa les épaules.

- Je partis donc, sur les routes. Marcher sans m’arrêter. Voyager et apprendre. Apprendre, toujours plus… Je ne sais pas exactement combien de pays j’ai put traverser avant d’arriver ici… Je sais seulement que cela m’a prit environ trois ans… Il n’y a que là où j’ai fais un effort pour apprendre la langue… J’ai encore quelques lacunes… J’ai traversé une bonne partie du pays, où j’ai accumulé encore une bonne partie de connaissances. Je travaille sur un projet là… Pour être sincère, je t’avais rayée de ma vie. Je n’avais plus aucun espoir de te retrouver… Il faut dire que je n’imaginais pas le monde si grand… Enfin… Pas si grand apparemment…

Un sourire chaleureux éclaira le visage de l’homme. Sourire qui lui était caractéristique. Il finit sa pomme tranquillement. La nuit avait reprit ses droits. Une nuit froide. Une nuit d’hiver. Il croisa ses bras sur son torse, réchauffant ses mains. Son regard bleu croisa une nouvelle fois les prunelles sombres de son amie.

- A ton tour maintenant… Je t’écoute…
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Mer 22 Juil - 9:29

Son rire s’éleva dans la nuit, léger, chaleureux. Le rire de Fenrir. Il avait fait sourire Vamp la première fois qu’elle l’avait entendu. Le rire d’un gamin qui est tout simplement heureux de sa vie. Un rire innocent, qui fait chaud au cœur. La pâle jeune femme se surprit à sourire, comme avant. Il était bon de le revoir, de l’entendre rire de nouveau. Elle resserra les pans de la couverture dans laquelle elle s’était enveloppée et se prépara au récit du jeune homme. Une histoire au coin du feu. La jeune femme sourit.

Ses paroles étaient mordantes, pleines de reproches. Mais la jeune femme ne releva pas. Après tout, il avait raison, elle l’avait bien abandonné. Et elle n’avait aucunes excuses. Elle se tut, laissant l’homme parler. Elle parlerait plus tard… Au fond d’elle, elle était touchée par ses paroles. Ainsi il l’avait cherchée. Après tout, quoi de plus surprenant, elle aurait fait la même chose. Un certain malaise s’empara de la pâle jeune femme. Elle imaginait Fenrir, la chercher dans tout le village, l’anxiété au ventre. Tout ça pour elle. Au fond, elle ne méritait pas tant d’attention. Son visage resta de marbre à l’évocation de la morte dans les caves, mais un léger tressaillement au coin des lèvres révélait une certaine satisfaction.

Les caves… La pierre dure et froide, rugueuse sous ses doigts blancs. Cette humidité qui semblait lui coller à la peau. Et cette odeur de moisissure qui vous emprisonne les narines, jusqu’à ce que la nausée vous passe. Cette froideur… Et tout ces yeux qui la regardent. Aujourd’hui encore, la jeune femme ne put réprimer un frisson qui lui longea la nuque à ce souvenir.

Ses yeux noirs se posèrent subitement sur le voyageur. La bande de Nikolaï ? La jeune femme écarquilla les yeux. Cette bande de lâches avait attaqué Fenrir durant son absence ? Elle fronça les sourcils avant d’esquisser un léger sourire. Très bon pour son orgueil ça. Ainsi au fond d’eux ils la craignaient… Quoi de plus agréable à entendre ?

La suite de l’histoire ne l’étonna que peu. Fenrir avait toujours été passionné par tout ce qui était technique et autres inventions. Un jour, il lui avait expliquer durant un bon quart d’heure en usant de patience, le fonctionnement de l’ascenseur qui permettait de monter et de descendre les plats de la cuisine à la salle où l’on dînait. Il dut s’y prendre à deux fois avant que à la jeune femme ne parvienne enfin à comprendre. Et comprendre c’est beaucoup dire, disons que Vamp lui avait affirmé qu’elle avait compris, simplement pour qu’il lui fiche la paix avec tout ses rouages. Un léger sourire étira ses lèvres. C’était tout Fenrir ça. Son optimisme la fit sourire. Elle était heureuse qu’il est put trouver un peu de calme, loin du village natale. Malgré les faits, elle ne pouvait empêcher la vague de culpabilité de s’emparer d’elle. Après tout, ils étaient inséparables, et elle l’avait abandonner. Vamp était heureuse qu’il est put trouver un foyer où quelqu’un avait put remplacer son attention. L’absence de femme dans son récit ne l’avait pas étonnée. Fenrir ne s’était jamais intéressé aux femmes –ni aux hommes.

Une légère moue sur le visage, Vamp se redressa légèrement. C’était à son tour de parler. Par où commencer ? Son regard quitta le visage du jeune homme pour se poser sur une des nombreuses pierres qui encerclaient le feu.



- Mmh… Et bien c’était un soir d’hiver… Un peu après Noël...

Sa voix s’éleva, remplaçant celle de Fenrir. La jeune femme raconta comment elle s’était retrouvée à la cave. Par rébellion. En ayant assez d’être un jouet, un outil dans les mains de sa mère, elle avait finit par ouvrir les yeux. La mort de son père avait endurcit la jeune femme. Elle ne voulait plus plier devant sa génitrice. Le seul fait d’être de la même chair que cette femme la hérissait, la faisant grincer des dents. En percevant la rébellion de sa fille, la mère de Vamp avait tout simplement décidé de lui faire passer un petit séjour dans la cave.

- J’y suis restée deux semaines… Une semaine de plus, et tu m’aurais trouvée dans la cave…

Deux semaines. Deux semaines où la jeune femme était restée dans le noir le plus complet. Un rai de lumière apparaissait de temps à autres, le temps qu’on lui glisse de quoi manger. Ce seul rai était ce qui la rattachait au monde extérieur. Une simple lumière, qui n’avait rien de matériel. Elle se rappelait très bien un soir, avoir collé sa joue contre la pierre froide, espérant entendre un murmure, un bruit, quelque chose… Mais rien n’avait filtré l’épaisseur du mur de pierre. Et puis ces yeux horrible qui la fixaient. Ces choses poilues qui lui filaient entre les jambes. Elle frappait dans ses mains et hurlait pour qu’ils ne s’approchent pas. Quoi de plus affriolant que de sentir un museau humide contre sa nuque lors de son sommeil. Cette odeur de pourriture. Et puis un soir, sa mère était descendu la voir. Gracieuse, ses pieds effleuraient à peine les marches de pierres. Une discussion s’ensuivit. Suivit d’une dispute. Et Vamp avait attaqué. Hors de question de rester dans cet endroit une seconde de plus. Elle allait en perdre la tête. La jeune femme savait que si elle ne tentait pas sa chance maintenant, elle n’en aurait jamais plus l’occasion. Elle avait attendu que sa mère se détourne pour lui sauter à la gorge. Elles avaient chuté dans les escaliers. Bien que plutôt frêle à l’époque, Vamp avait eu le dessus. Misant sur la surprise et sur la chute, elle n’avait laissé aucune chance à sa génitrice. Pourquoi faire ? Elle voulait la tuer, lui laisser une chance n’était pas dans ses projets. Ses doigts blancs s’étaient enroulés dans la chevelure noire de sa mère et Vamp avait frappé. Tapant son front contre le rebord des marches pierreuses, la jeune femme tua sa mère avec sang froid, totalement consciente de son geste. Au bout de quelques minutes, elle relâcha la tête de celle qui avait été sa mère avec négligence et se releva. Chancelante, la jeune femme au teint de mort avait remonté les marches avec difficulté, s’appuyant contre le mur pour se soutenir. Sans un regard pour le cadavre qui gisait au pas des marches, elle pénétra dans la réserve et referma la porte derrière elle. La lumière l’aveugla un instant, et elle dut attendre quelques minutes avant de s’accoutumer à la luminosité. Elle s’était adossée un instant à la porte de bois, fermant les yeux. Le manque de nourriture et le combat l’avait épuisée. Prenant sur elle, elle traversa la demeure familiale, se repérant dans le manoir sans problème. Elle avait croisé tout un tas de serviteurs, valets et femmes de chambres. Aucun n’avaient eu l’imprudence de se mettre sur son chemin. Probablement le sang et la matière grise qui tâchaient sa chemise avaient-ils dissuader les plus téméraire. A peine dix minutes après le meurtre, elle avait quitté le manoir, s’enfonçant dans l’épaisse forêt, dos aux Carpates. Le sol recouvert d’une épaisse couche de neige entravait sa marche. Elle s’enfonçait dans la neige, ses jambes et ses cuisses disparaissant dans la poudre blanche pour n’en ressortir qu’avec grande difficulté. Le trajet avait été pénible. La jeune femme était frigorifiée. Elle se rappelait avoir lutté pour mettre le plus de distance possible entre elle et le village. Puis chuté. Complètement vidée de ses forces, la jeune femme s’était effondrée d’épuisement. Allongée dans la neige, elle avait sombrée, pour ne se réveiller que quelques jours plus tard, dans une chambre d’auberge miteuse. Elle se souvenait parfaitement de la chaleur, de la rugosité des draps, et de se visage juvénile aux dents proéminentes penché sur elle. Elle raconta aux deux hommes sa rencontré avec Hize. Petit garçonnet qui avait prit soin d’elle, la soignant et lui apportant une affection dont elle n’était pas coutumière. Il avait été aux petits soins pour elle, soignant ses engelures. La jeune femme s’était prise d’affection pour ce petit homme qui l’avait aidé, alors que rien ne l’y obligeait. Au bout de deux semaines à peine, elle avait dut le quitter. Il n’y avait pas assez de distance entre elle et le village. La jeune femme avait donc reprit la route, en compagnie d’un jeune loup, présent d’Hize. Le jeune chiot s’était avéré être un compagnon de route idéal. Le voyage aurait été beaucoup plus pénible dans la solitude, et Chandalen l’avait distraite de la monotonie. Il avait prit l’habitude de venir de rouler en boule contre son cou la nuit, lui apportant plus de chaleur et de réconfort qu’une vraie personne, elle n’en avait jamais douté. Elle avait donc passé deux ans sur les routes, à arpenter différent pays, différent paysage, dormant dans la forêt ou dans de vieilles fermes. Pour finalement atterrir en Savoie.

Elle continua son récit, ravivant son histoire. La Savoie, Xi, Toucoule et Dan… Puis la Guyenne et Murat… La grossesse et Sergueï… Lin…


-… et voilà !

Un faible sourire étira les lèvres de la jeune femme. Tout ceci avait amener des souvenirs tantôt joyeux, tantôt morbides en elle. A ce stade, elle ne savait pas réellement comment réagir, ni comment se sentir. Tout était trop confus. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle se sentait épuisée, et qu’elle n’avait envie que d’une chose…aller s’endormir contre Lin.

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Dim 26 Juil - 18:00

Lin s'était installé contre le tronc d'un arbre, faisant fi des écorces qui lui égratignaient la colonne vertébrale à chacun de ses mouvements, passant délibérément les quelques fibres qui tissaient sa chemise. Il s'était assis ici pour être à l'écart des deux autres. Pour les laisser tranquilles ? Ou pour éviter d'avoir à les voir ? Il l'utilisait l'une des solutions comme excuse, l'autre n'étant que la simple vérité que trahissait son attitude. Mais après tout, comment aurait-il pu en être autrement ? Il n'était pas fondamentalement jaloux, mais ces temps-ci, l'irritation le gagnait plus facilement. Inquiétude du spectacle des routes ? Ou attachement irraisonné ?

Il ne réfléchit pas plus longtemps à ce qu'il pouvait penser. Les deux compères s'étaient lancés dans leurs histoires respectives, et malgré tous ses efforts pour ne pas écouter ce qui ne le regardait peut-être pas, Lin finit par prêter l'oreille aux paroles déversées dans les flammes, s'échappant d'entre les lèvres des deux amis. La vie de Fenrir fut ainsi révélée en partie aux oreilles du jeune homme, le laissant dubitatif. Il avait cherché Vamp pendant longtemps et avait apparemment souffert de ne plus l'avoir avec lui. C'est ce qui transparaissait au travers de ses paroles, les reproches suintant dans les intonations utilisées. En même temps, qui aurait pu lui reprocher de s'être senti abandonné au départ non-annoncé de la jeune femme ? Levant les yeux, le barbu posa son regard sur l'homme qui lui avait valu un accès d'animosité. Peut-être n'était-il pas tant que ça un rival, comme il l'avait d'abord cru. Son attitude première n'avait laissé entrevoir que des questions auxquelles il n'avait réponse, mais son histoire ainsi étalée le révélait sous d'autres facettes que Lin ne pouvait faire semblant d'ignorer à présent. Il se passa une main dans la barbe, le regard toujours rivé sur celui qu'il y a peu il appelait l'inconnu.
Il allait falloir qu'il révise la vision qu'il avait de lui et qu'il soit capable de revenir sur son attitude, quitte à perdre la face. Il valait certainement mieux ça que de rester sur une mauvaise impression, image erronée de la réalité.

Soupirant à son propre comportement, Lin amorça un lent mouvement de mâchoire, ses molaires se refermant sur la peau de sa joue. Aussi rustre avait-il été, ils étaient tout de même venu s'installer près de lui. Etait-ce involontaire de la part des compères qui n'avaient pas cherché à s'isoler ? Ou bien une initiative raisonnée pour ne pas le laisser à part ? Sans pouvoir répondre à ses interrogations, Lin prêta attention au récit de sa compagne.

Il apprit ainsi qu'elle avait tué sa mère, de sang-froid apparemment. Il n'avait rien à dire sur ce qu'il entendait. Ce qui se passait en lui ne regardait que lui et c'est un visage impassible qu'il montrait aux deux autres. A quoi bon laisser entrevoir ce qui l'assaillait ? Il aurait amplement le temps de laisser s'écouler ses sentiments d'une manière ou d'une autre, tout à fait détournée. L'heure n'était pas à lui, mais à eux, et il comptait bien le respecter.
Il déglutit et laissa sa tête retomber contre le tronc. Un soupir mourut dans sa gorge, n'interrompant pas le récit de la jeune femme au teint cadavérique. Sa vie n'avait en effet pas tout d'un conte de fée. Finalement, tout ne se passait pas comme les livres le racontaient sur les nobles, quoi que pouvaient en dire les images qui accompagnaient les textes. La princesse dans sa tour d'argent était ici une gamine à la peau blanche enfermée dans une cave. Différence radicale qui fit réfléchir le barbu. Il releva des yeux concentrés sur le profil qui se dessinait à la lueur des flammes, se sentant envahir d'un profond sentiment de respect pour celle dont il n'apercevait qu'une partie des traits. Il n'avait pas dû être évident de se débrouiller ainsi après avoir vécu ce qu'elle avait pu vivre.

Lin se redressa imperceptiblement, prenant soin de ne faire aucun bruit. Les histoires achevées, il lui fallut un temps pour finir de tout assimiler. L'un comme l'autre avaient des histoires compliquées où le sang se battait avec la solitude et la tristesse. Il ne pouvait rien ajouter, il ne le voulait pas. Pourquoi parler alors que tout avait été dit ?
Prenant sur lui, Lin se leva, époussetant ses braies. Silencieux, il sortit une couverture de son sac et la tendit à Fenrir sans rien ajouter. La nuit risquait d'être fraîche. Il ne savait s'il allait l'accepter, mais peu lui importait. Le geste était plus une façon de cesser le combat que de réellement l'aider.
Posant la couverture face aux jambes croisées de l'homme, le barbu le regarda d'un oeil impassible. Quoi qu'arborant une façade lisse, son esprit avait changé de vision.
Il ne lui dit cependant rien et se redressa, retournant de l'autre côté du feu. Il hésita un instant, debout entre son sac et la jeune femme. Il ne savait que faire. Il pouvait décider de passer la nuit seule, achevant de s'isoler comme il en avait d'abord l'intention, ou bien passer la nuit avec sa compagne, comme il en avait l'habitude. Hochant silencieusement la tête, il se glissa dans le dos de la jeune femme et passa ses bras autour d'elle, son menton se logeant dans son cou par habitude.
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Mar 4 Aoû - 8:43

La tête lourde, la jeune femme sentait le sommeil insister. Son histoire se mêlait aux paroles de Fenrir, formant une purée de différents récits dans la tête de la jeune femme. Elle adressa un de ses rares sourires à son ami et s’étira doucement avant de rajouter du bois sur le feu. Le vent était frais, elle ne serait pas étonnée de découvrir de la neige le lendemain. Resserrant sa couverture autour d’elle, Vamp tourna légèrement la tête, attirée par le mouvement qu’elle perçut du coin de l’œil. La jeune femme au teint blanc le suivit du regard, ne perdant pas une miette de ses faits et gestes. Le comportement antérieur du jeune homme lui avait échappé durant son récit, mais lui revenait à présent. Elle ne l’avait jamais vu ainsi. Jamais aussi distant, jamais aussi… froid peut être ? Du moins jamais sans raison apparente. Elle tenta de se mettre à sa place afin de comprendre son attitude. Que c’était-il passé qui avait put lui échapper ?

Il est vrai que l’entrée de Fenrir laissait à désirer. Lin avait put se méprendre sur ce début de baiser. Oui certes… Mais Vamp avait mit rapidement les choses au clair en dévoilant l’identité du loup lunaire au jeune barbu. Non ? Alors quoi ? Il ne lui avait même pas parlé, que Lin s’en allait déjà en grognant. On ne pouvait pas détester quelqu’un aussi vite ? Quoi que… Mais Fenrir n’avait rien de détestable. Lin n’avait même pas prit la peine de se présenter. Cela ne lui ressemblait absolument pas. La jeune femme avait l’impression d’être face à un inconnu. Il était rare que Lin boude, de eux deux, c’était le plus souvent elle la boudeuse, il fallait bien l’avouer. Vamp ne comprenait rien à rien. La jalousie peut être ? Mais Lin n’était pas jaloux. Placide, toujours d’un grand sang froid. Il lui avait dit lui-même, il n’était pas un homme jaloux. Non, la jalousie était à écarter. Peut être était-ce elle ? Elle avait put dire ou fait quelque chose qui avait irrité le jeune homme ? Une moue s’afficha sur le visage de la jeune femme.

Le geste de Lin sortit la jeune femme de ses pensées. Un pli se dessina entre ses sourcils noirs. Alors là, elle ne comprenait plus rien. Mais alors, vraiment rien. Masquant tant bien que mal sa surprise, elle leva les yeux sur le jeune homme qui semblait hésiter. Silencieuse, elle ne fit pas un geste, ne dit pas un mot. Un sourire étira ses lèvres quand elle comprit son intention et elle s’allongea aussitôt sur le flanc, se reculant un peu plus pour venir se pelotonner dans ses bras. La chaleur du jeune homme l’enveloppait entièrement, et la jeune femme se sentait parfaitement en sécurité. Elle ferma les yeux, savourant la douce chaleur qui l’enveloppait. Cependant, le comportement du jeune homme était trop incongru pour que Vamp parvienne à s’endormir malgré la fatigue. Les doigts blancs de la jeune femme s’égarèrent contre le dos de sa main, attendant patiemment que Fenrir s’éloigne pour se débarrasser de la poussière des routes. Ses doigts s’entrelacèrent aux siens et la jeune femme lutta contre l’envie de se retourner. Il serait sans doute plus facile de ne pas lui faire directement face.

Sa voix s’éleva, tout juste un murmure.


- Dis… Pourquoi tu boudes ?

Elle ajouta avec un peu plus de légèreté.

- Et ne mens pas… Ne va pas me prendre pour une idiote Lin… Je risquerai de mal le prendre…

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Dim 9 Aoû - 15:54

Lin regarda l'homme se lever. Apparemment, la couverture qu'il lui avait tendue ne serait d'aucune utilité et il avait l'air plus décidé à s'éloigner du camp qu'à s'y établir. Le barbu se demande un instant s'il n'était pas allé trop loin un peu plus tôt. Après tout, il ne pouvait rien reprocher de plus à l'homme que d'avoir essayé d'embrasser sa compagne. Faisant la moue, Lin se passa une main sur la nuque. Il allait falloir qu'il fasse profil bas pour compenser l'agressivité dont il avait fait preuve de manière excessive à l'encontre de cet ami de la jeune femme.

Il n'eut pas le temps de réfléchir à comment estomper la mauvaise impression qu'il n'avait pas dû manquer de faire. Vamp le tira de ses pensées, sa question interrompant net toute tentative de résolution du problème qu'il avait créé tout seul.
Bouder ? Lin fronça les sourcils. Il était vrai qu'il était loin d'être avenant. Il n'avait pas eu l'occasion de s'entretenir avec elle de ce qu'il avait pu penser de Fenrir et l'occasion lui était donnée. Il ne pouvait pas refuser de lui en parler, et encore moins essayer d'esquiver. La jeune femme avait l'air décidée à entendre la vérité. Encore fallait-il que lui soit prêt à la donner.

Inspirant profondément, Lin se passa une main dans la barbe et déglutit, cherchant ses mots. Il aurait voulu pouvoir lui en parler comme ça lui venait, mais il doutait que les formes que prenait l'histoire dans sa tête ne soient une très bonne manière de lui expliquer ce qu'il ressentait vis-à-vis de son ami d'enfance. Prenant soin de réfléchir avant de parler, le barbu commença à dire ce qu'il pensait.


Je boude pas tu sais ... C'est pas ça. Seulement ... Fenrir là ... Fin ... Ton ami à ce que j'ai compris ...

Le jeune homme avait du mal à s'exprimer clairement. Attaquant sa joue sans ménagement, il essaya d'ordonner les idées qui lui venaient, tentant de donner du sens à ce qu'il ressentait.

Je suis sûr que c'est quelqu'un de bien, son histoire, le fait que ce soit un de tes amis, tout ça, ça me laisse penser que c'est quelqu'un de bien. Mais j'ai du mal à l'accepter. Pas qu'il ne le mérite pas, ça n'a rien à voir, vu ce qu'il a vécu, il doit certainement le mériter. C'est juste que ... C'est peut-être idiot, mais il a failli t'embrasser ... Et puis ...

Se sentant rougir, Lin se recula légèrement du feu, cachant son visage dans l'ombre de la nuit les entourant, ses doigts croisés commençant à s'agiter, se triturant les uns les autres, certains craquant sous la tension.

Va pas croire que c'est de la jalousie. C'en est pas, c'est encore autre chose. Je sais pas comment ça s'appelle. Mais d'habitude, tu te laisses pas approcher, par personne. Je t'ai jamais vue te laisser faire aussi facilement. Il a suffit que tu le vois pour que tu sois complètement déconnectée de ce qui t'entourait à ce moment-là. T'as plus rien suivi d'autre que lui. Ya eu je sais pas quoi qui c'est passé et t'as plus rien fait. J'ai compris que c'était un ami d'enfance à toi et que tu l'avais pas vu depuis je ne sais combien de temps. Je peux bien comprendre que ça fasse un choc de le revoir comme ça, au beau milieu d'une route.

Le barbu déglutit, se demandant comment continuer. Maintenant qu'il était lancé, il se devait d'aller jusqu'au bout de son explication, jusqu'au bout de ce qu'il avait pu ressentir ou croire.

Mais de là à tout faire à l'inverse de ce que tu fais d'habitude, je t'avoue que j'ai un peu de mal. Tu vois, c'est pas tant le fait qu'il ait failli t'embrasser. Je sais que dit comme ça ça fait vraiment je m'en foutiste. Mais c'est pas ce qui me dérange le plus. Ce qui me fait réagir comme ça, c'est ton manque de réactivité. Le fait que t'aies absolument rien fait. Il aurait pu faire n'importe quoi, t'aurais pas bougé. Je peux pas l'affirmer, mais si j'avais rien fait, t'aurais fini contre ses lèvres. Je sais pas ce que je dois en penser. Je doute pas de toi, mais je comprends pas. Tu me dis que c'est un ami, très bien, c'est que c'est un ami. Mais on embrasse pas ses amis aux dernières nouvelles. Seulement, je peux pas douter de ce que tu me dis, j'en suis incapable. C'est donc un ami, un grand ami, mais un ami. Alors quand il est à deux doigts de t'embrasser et que tu ne fais rien, je réagis. Mais même avec ça, ça n'a absolument rien changé. T'étais toujours autant dans ton monde, en contradiction totale d'avec ce que tu es d'habitude, la personne que j'ai l'habitude de voir. Mais comme je doute toujours pas de toi, il faut bien que j'ai quelque chose à quoi me raccrocher. Alors je doute de la seule personne dont je peux douter. Fenrir ici. C'est peut-être idiot oui, mais c'est comme ça. On m'enlève tous mes repères, on me laisse une seule prise et je devrais ne pas la prendre, laisser passer et m'écraser sur un mur d'incompréhension. Eh bien je ne peux pas.

Lin regardait avec obstination le sol entre ses jambes, ses doigts s'attaquant au bas de ses braies, tirant sur le tissu, le froissant entre ses paumes.

Je boude pas, je suis pas jaloux et je te mens pas. Je suis juste perdu. J'ai trop de questions et pas de réponses. Je m'étais attendu à tout sauf à ça en voyant ce gars au milieu de notre chemin. Je t'ai jamais vue comme ça et j'ai aucun moyen de trouver une explication à pourquoi t'as rien fait. Et comme je refuse de douter de toi, j'avance pas. Du coup, c'est Fenrir qui prend tout. Déjà qu'il avait pas l'air d'avoir une haute opinion de moi, qu'est-ce que ça a dû être par la suite ...

Il soupira, incapable de mieux et releva la tête, non sans appréhension. Maintenant qu'il avait expliqué ce qu'il avait pu ressentir ou croire, il fallait qu'il attende. Quoi, il ne le savait pas trop. Peut être une réaction de la part de la jeune femme. Ou juste un geste. Qu'elle se lève ou qu'elle reste. Il n'en savait rien, mais il attendait.
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Mar 25 Aoû - 11:29

Un pli creusé entre ses sourcils noirs, Vamp observait le jeune homme sans ciller. Elle s'était détachée de lui pour pouvoir lui faire face, ne perdant pas une miette de ses explications. Assise en tailleur, ses coudes posés sur ses genoux, elle écouta les explications du jeune barbu. Une bonne dizaine de sentiments s'élevèrent en elle. Elle perçut nettement la joue malmenée par la mâchoire du jeune barbu. Vamp commençait à connaître ses petites habitudes. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme. Elle l'écouta parler alors que ses yeux détaillaient ses traits, sans timidité rien. Cet homme était à elle, elle pouvait donc l'envelopper de son regard sans aucun remord. Et puis, même si cela n'avait pas été le cas, elle l'aurait fait quand même. Son regard se glissa donc le long de ce visage, effleurant ses arcades avant de descendre à ses pommettes. Elle aimait les faire rougir, bien que généralement, c'était plus elle qui flanchait côté rougeur que le jeune homme. La principale source de ses rougeurs était généralement les yeux marrons du jeune homme. Allez savoir pourquoi... Son regard sombre se glissa enfin sur les lèvres rosées de Lin qui se mouvaient, formant les mots qui s'élevaient aux oreilles de la jeune femme brune. Vamp pinça les siennes. L'attraction de ces lèvres insistait sur la faiblesse de la jeune femme. Grrr...

La jeune femme au teint de mort se redressa, prenant plus d'attention aux paroles du jeune homme.

Ses lèvres s'entrouvrirent sous la surprise, avant de s'étirer lentement en un sourire unique. Ce voyage ancrait de plus en plus l'affection qu'elle avait pour cet homme. Le seul à arriver à la faire fondre ainsi. Vamp inclina la tête sur le côté tout en l'écoutant, ses mèches noires glissant contre sa nuque avant de se balancer lentement dans le vide. Elle attendit qu'il relève la tête à la fin de son récit pour glisser une main à son genou, l'autre à sa nuque et de joindre sa bouche à la sienne avec envie. Elle laissa ses lèvres jouer sur celles du jeune barbu. Après tout, elles en avaient plus que l'habitude. C'était cette attraction qui la rendait totallement soumise au jeune homme. Une attraction irrésistible. C'était idiot, elle qui s'était toujours dite femme forte et libre, sans aucune chaîne et encore moins d'homme. Comme quoi, rien n'est impossible. Elle accentua la pression de ses lèvres contre la bouche tentatrice du jeune barbu, le forçant à s'allonger en arrière. Elle se redressa, posant ses paumes contre la terre froide et dure que la neige n'allait pas tarder à recouvrir, de par et d'autre de son visage. Il aurait été tellement simple de le déshabiller entièrement et de... Moui, m'enfin là, elle lui devait quand même quelques explications. Elle détacha ses lèvres des siennes à regret, avant d'y retourner malgré elle, y déposant de légers baisers. Un soupire s'échappa de ses lèvres, et la jeune femme finit par se redresser, penchée sur le visage du jeune barbu. Ses yeux noirs trouvèrent les siens.


- Tu sais... Fenrir est la première personne à s'être occupé de moi... Pas seulement le premier garçon, mais aussi la première personne... Et puis il m'a sauvée plus d'une fois... Donc oui, c'est quelqu'un de bien... Quand au fait de m'embrasser...

Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de la jeune feme. Après tout, il n'était pas censé savoir.

- Dans ma région, quand on croise un ami, pour le saluer, on l'embrasse sur les lèvres... Fenrir n'allait pas m' "embrasser" comme tu le pensais... On se contente juste de toucher nos lèvres... Comme ça...

Appuyant ses propos avec un peu de pratique, elle alla profiter une énième fois des lèvres de Lin.

- Tu vois ? Par contre, si tu parles de "embrasser comme il faut", j'avoue, Fenrir a été le premier garçon que j'ai embrassé... Attends que je me souvienne...

Valachis. Début de printemps.

Assise au bord d'une rivière, aux côtés de Fenrir, sans surprise. Un sourire radieux aux lèvres, ses pieds effleurant l'eau claire du cours. Tournant la tête vers son compagnon de jeu, elle surprend son regard bleu posé sur elle.

- Mmh... ?

- Rien...

- Ben si, dis moi !

- Non rien...

- Fenriiiiir... Mon p'tit loup... Dis moi... S'teuplait...

Elle tente de l'amadouer par son regard. Grand moment de reflexion.

- Je regardais ta poitrine... T'as les seins qui grandissent...

Elle se redresse, très fière.

- Ben oui ! Je deviens une femme moi !

- Mouai...

- Quoi mouai ?

- J'ai du mal à t'imaginer en robe avec un corset...

- Ben regarde la boulangère, elle en porte pas de corset, j'suis pas obligée...

- Normal, la boulangère, elle est toujours à moitié nue...

-Comment tu sais ça toi ?

- Je le sais, c'est tout...

- Mmh...

- Vamp ?

- Oui ?

- Tu m'embrasses ?

- Je t'embrasse ?

- Ben oui, tu sais, comme les grands...

Intense moment de reflexion. Embrasser comme les grands, elle a aucune idée de ce que ça peut être. Au château on voit rien de tout ça, c'est pas comme chez Fenrir, dans les tavernes et tout. Par contre, elle est grande elle. Ben oui, elle a grandit d'une bonne dizaine de centimètres en quelques mois, et même que maintenant, elle a des seins ! Donc c'est une grande.

- Ben bien sûr !

Il la regarde un moment avant de s'approcher d'elle. Sa main sèche se glisse sous ses cheveux. Elle voit ses lèvres s'avancer vers les siennes. Jusque là, rien d'anormal. C'est après que ça se gâte. Elle écarquille les yeux et se détache prestement de sa bouche.

- BWWEUUAAAH


Vamp sourit à ce souvenir. Pauvre Fenrir. Son premier baiser manquait de romantisme.

- Fenrir avait plus le rôle du grand frère. J'ai une confiance aveugle en lui. Donc oui, je me serais laissé "embrasser", que tu sois là ou non... Je n'ai pas réagit, c'est comme si il était venu me faire la bise... Rien de plus... J'aime Fenrir, et il m'aime... Je l'embrasse, c'est vrai... Mais pas comme je t'embrasse... Tu ne m'as jamais vu comme ça, c'est juste... Personne n'a encore prit l'affection que j'avais pour Fenrir... Tu n'as donc pas put me voir réagir ainsi... Quand à Fenrir... Tu l'as cherché... Avoue... Il n'a fait que répondre à ton comportement...

Elle ne lui en voulait plus. Après tout, c'était aussi un peu de sa faute. Elle s'était entièrement vouée à Fenrir, sans même une explication au jeune homme à barbe. En se mettant à sa place, elle imaginait parfaitement sa propre réaction, et en un sens, le jeune homme l'impressionait plutôt par son calme. Souriante, elle releva les yeux sur le jeune homme, toujours penchée sur lui.

- Tu as d'autre question ?

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Lun 31 Aoû - 7:12

Lin fut d'abord surpris par la réaction de la jeune femme. Ses lèvres pressées contre les siennes lui firent écarquiller les yeux, perturbé par ce revirement de comportement aussi inattendu qu'incongru. Comment avait-elle pu changer d'opinion en aussi peu de temps ? Quoi qu'elle n'ait rien dit, elle n'avait l'air nullement préoccupée par le rejet ostensible de Fenrir par Lin et inversement. Bien au contraire, le barbu avait eu l'impression qu'elle se rangeait du côté de son ami d'enfance subitement retrouvé. Remettant à plus tard cette question, il profita de l'avoir contre lui, lui rendant son baiser sans se faire prier. Après tout, pourquoi rater une occasion de goûter ses lèvres ?

S'allongeant à l'impulsion donnée par la jeune femme, il rouvrit les yeux alors que sa bouche quittait la sienne, levant un regard étonné sur elle, restant sagement muet, lui laissant la parole. Il allait enfin avoir les réponses aux interrogations qu'il n'avait pas manqué de voir s'insinuer en lui. Il se releva sur ses coudes, écoutant attentivement ce qu'elle avait à dire, laissant à son visage le soin de laisser transparaître ce qu'il ressentait. Ce fut d'abord la surprise qui apparut sur ses traits. Le barbu n'avait nullement connaissance de coutumes exigeant un contact de lèvres pour saluer une personne de son entourage mais le peu de pays qu'il avait vu ne lui permettait pas de juger cette tradition. Les gens vivant là-bas faisait bien ce qu'il voulait. Pourquoi pas les lèvres à la place des joues ? Malgré tout, il ne put s'empêcher de faire la moue, imaginant sa compagne embrasser chaque personne qu'elle rencontrait, une certaine jalousie le faisant grimacer.

Son visage ne perdit rien de ses traits contractés à la suite de son récit. Savoir que Fenrir, l'homme qui se tenait non loin de là actuellement, était le premier qu'elle avait réellement embrassé ne lui convenait que peu. Il ne s'expliquait pas pourquoi, mais il devenait de plus en plus possessif envers la jeune femme et n'appréciait que peu de rencontrer ce qu'il qualifiait de conquête, tout du moins de plus qu'ami.
Il haussa tout de même les épaules, se disant que lui même n'était pas arrivé tout blanc face à elle et qu'il n'avait rien à dire sur ce qu'elle avait fait ou pu faire dans un passé lointain ou proche. Après tout, il s'agissait de sa vie, elle en avait fait ce qu'elle voulait, ça ne le regardait pas.

Il consentit à détendre son visage lorsqu'il entendit le reste de son histoire et parvint même à lui donner une nuance penaude. Il ne se pensait pas réellement en tort lorsqu'il avait cherché Fenrir, voyant plus une réaction aux paroles méprisantes de l'homme aux favoris. Il avait conscience de sa condition de paysan, mais qu'on le lui rappelle de manière si brutale ne lui convenait pas tant que ça. Haussant les épaules, il marmonna une vague phrase de protestation avant de laisser tomber. Il était bien plus intéressé par le sourire de la jeune femme que par ce qu'il avait pu dire à Fenrir.

Se décollant légèrement du sol, il approcha son visage du sien et frotta son nez contre le sien, ses coudes le maintenant au-dessus du sol. Des questions ? Il ne s'en posait plus aucune. Maintenant qu'il était fixé sur la vraie place qu'elle donnait à l'homme au surnom de loup-garou, il se sentait rassuré.
Se passant une main dans la barbe, il lui rendit son sourire.


Juste une alors ... Je peux dormir avec toi cette nuit ?
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Vamp

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Mer 16 Sep - 6:43

Penchée vers le jeune homme, quelques unes de ses mèches noires dansant tranquillement dans le vide, Vamp ne put s'empêcher de sourire en sentant le nez de son compagnon au contact du sien. Lin avait cette particularité, ce talent, de la calmer instantanément et de lui apporter un apaisement qu'elle avait trop de fois recherché sans le trouver. Bien qu'elle fut ravie de la présence de Fenrir, le loup garou s'effaça bientôt de son esprit pour se concentrer entièrement sur le jeune homme à barbe. Rien ne remplacerait Fenrir, mais Lin, c'était Lin.

Le vent s'éleva doucement, calmement. Vent froid et sec, annonciateur de l'hiver. Il se glissa entre les mèches noires de la jeune femme, les faisant onduler doucement, avant de s'engouffrer sous sa chemise, caressant la peau blanche à l'en hérisser de frilosité. Vamp se redressa, plissant le front. Il était vrai qu'elle aimait l'hiver, son calme, sa sérénité, mais elle l'aimait encore plus quand elle était chez elle et au chaud. Le froid ne lui disait trop rien. Quoi que... Un sourire bien à elle étira un moment ses lèvres alors que son regard obscur était posé sur le jeune homme allongé sous elle.


- Ben oui que tu vas dormir avec moi ! C'est quoi cette question ? Et puis bon, il va faire très très froid ce soir, donc bon, va falloir rester au chaud contre moi hein... Je voudrais surtout pas que t'attrapes froid... Tout le monde sait comme tu peux être frileux... Donc bon, je vais te faire plaisir, tu vas venir contre moi, je vais te réchauffer...

La jeune femme se détacha de Lin, ayant dit ces paroles d'un ton tout à fait naturel et détaché. Elle rapporta une bonne dizaine de couverture, y emmitouflant le jeune homme comme un enfant, avant de venir se glisser contre lui. Elle s'allongea face à lui, de façon à ce que son visage vienne prendre sa place dans le cou du jeune homme. Comme à son habitude, elle frotta le bout de son nez contre la peau masculine, grognant pour lui signaler qu'elle attendait son câlin du soir.

Lentement, au rythme de la tombée de la nuit, l'esprit de la jeune femme se déconnecta avec le monde réel, sans un mot de plus pour le jeune barbu. En l'espace de quelques secondes, elle sombra dans l'inconscience réparatrice des rêves après avoir marmonner quelques bouts de phrases où seuls « froid » et « neige » étaient compréhensibles. Inconsciemment, elle se resserra contre le corps du Barbu, en oubliant de le prévenir à propos de Fenrir.

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Volkodlak

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Sam 10 Oct - 7:18

L 'homme aux favoris s'était agenouillé au bord de l'eau. D'une apparence calme, ses yeux bleus détaillaient ses propres traits qui se reflétaient sur la surface ridée du petit cours d'eau. Avait-il beaucoup changé ces dernières années ? Il en doutait. Vamp ne l'avait-elle pas reconnu ? Un sourire fit tressaillir la commissure de ses lèvres. Vamp... Elle n'avait pas changé... Enfin presque. Un pli se dessina entre les sourcils bruns du jeune homme. Il fallait étudier ça de plus près.

Fenrir aimait Vamp. Comme un frère aime une soeur. Il connaissait la jeune femme par coeur, ses moindres mimiques, ses petites habitudes exaspérantes, ses sautes d'humeurs. Il savait quoi dire et quoi ne pas dire. Ce qu'on pouvait faire avec elle et ce que l'on ne pouvait pas. La jeune femme était une part de lui. La perdre aussi brutalement avait été un déchirement pour lui. Visiblement pas pour elle. Il était conscient que Vamp l'aimait, qu'à sa simple demande, elle serait là pour l'aider. Il savait aussi qu'il avait toute sa confiance. Mais la jeune femme au teint blanc n'était pas ce genre de femme à s'égarer dans ses sentiments. Au contraire, elle les rejetait. Conditionnée à tuer, on apprend pas à aimer. Cet état d'esprit ne le dérangeait pas. Il savait qu'il avait de la chance d'avoir ne serait-ce que l'attention de la jeune femme. Elle l'aimait à sa façon. Ce soir, il avait retrouvé la Vamp qu'il connaissait depuis toujours. Du moins, il le croyait. Quelque chose dans le comportement de la jeune femme avait changé. Ce n'était pas vraiment descriptible. Quelque chose dans ses yeux, quand elle regardait cet homme n'existait pas avant. Ni cette attention. Elle lui avait jeté de fréquents coups d'oeil durant la soirée. Cela ne lui ressemblait absolument pas. Volk commençait à croire que la jeune femme était bien avec cet homme parce qu'elle l'aimait. C'était totalement incompréhensible venant de la jeune noble.

Le jeune voyageur soupira et plongea ses mains sèches dans l'eau glacée du cours qui ruisselait à ses pieds. Il fit ses ablations en silence, se repassant les actions et discussions de la soirée. Renonçant à se raser, il se releva, déterminé. Si Vamp aimait cet homme, il ne pouvait pas repartir sans être persuadé que cet amour était réciproque. Si tel n'était pas le cas, il ferait tout pour briser ce couple. Hors de question de voir son amie d'enfance souffrir pour un jeunot mal rasé. Faisant craquer ses jointures, il s'engagea vers le camp où il avait laissé le couple.

Il trouva les deux voyageurs enlacés l'un à l'autre, Vamp endormie dans les bras du jeune homme à barbe. Fenrir gonfla ses poumons d'air, avant de poser son regard délavé sur le compagnon de son amie. Il le gratifia de l'un de ses sourires mystiques et s'avança vers le foyer avant de s'asseoir sur la terre durcie par le froid. Le jeune voyageur s'enveloppa dans la couverture que lui avait donné avec tant de bonté l'homme à barbe. Le Slave ne brisa pas le silence de la nuit, occupé à regarder la forme blottie dans les bras de Lin. Un hululement pourtant le tira de ses pensées et il reporta son attention sur le jeune barbu. Sa voix s'éleva, calme et profonde.


- Lin donc...

Ses doigts brunis s'enfouirent dans ses favoris qui remontaient à ses joues, grattant la peau.

- Je me demande bien pourquoi Vamp vous a choisi... Vous n'avez rien d'exceptionnel au premier regard... C'est le moins que l'on puisse dire... Sauf peut être de vouloir frapper le premier qui s'approche un peu trop de votre compagne ?
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Lin
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Mar 13 Oct - 16:45

Lin était installé à même le sol, la jeune femme entre ses bras. Les yeux rivés sur elle, il se prit à sourire, ses doigts s'égarant sur la nuque blanche. Elle avait réclamé son câlin du soir comme le réclamerait un enfant, et il n'avait pas pu lui refuser. Il avait abdiquer comme abdiquerait n'importe qui à sa place. A vrai dire, il n'avait même pas pensé à résister. A quoi bon ? Il était tout aussi ravi qu'elle d'avoir l'occasion de la chouchouter. Et puis, pourquoi se priver de ce qu'il aimait ? Se penchant sur elle, il posa ses lèvres sur la tempe de la jeune femme en un geste tendre, calmé par sa présence. Les questions qu'il s'était posée s'envolèrent pour laisser place à un apaisement rarement ressenti. La jeune femme entre ses bras et les arbres dans son dos lui firent même oublier Fenrir.

Cependant, le répit de son esprit ne fut que de courte durée. Alors qu'il somnolait, un bruissement dans les buissons derrière lui lui fit relever les yeux. L'homme aux favoris entrait dans le cercle de chaleur du feu et allait s'installer en face d'eux. Lin se passa une main sur le visage. N'étant pas endormi, il se devait de faire bonne figure face à l'homme, voire même de lui parler si jamais cela se présentait. Il avait compris ce qu'il représentait pour Vamp, mais cela ne l'empêchait pas de voir encore son arrivée sur ses routes, ses mains sur la peau blanche, ses lèvres qui ... Chassant ses souvenirs d'un mouvement de tête, le barbu déglutit et releva la tête, bien réveillé. Il allait devoir chasser ces réminiscences s'il voulait pouvoir regarder cet homme sans avoir un regard glacé à chaque fois.

Il se frictionna rapidement le visage et posa un regard calme au-dessus des flammes, ses yeux trouvant le visage de l'homme. Le grand ami de Vamp. Ce qu'ils avaient vécu devait dépasser la simple amitié que l'on peut lier avec des inconnus rencontrés au hasard des tavernes. Sinon, la jeune femme ne serait pas tant attachée à cet homme. Hochant légèrement la tête, il garda ses yeux posés sur Fenrir, le détaillant comme il détaillait les gens qu'il rencontrait ou avait tout simplement en face de lui. Les favoris de l'homme mangeaient ses joues, lui donnant un air plus animal que Lin ne l'avait d'abord remarqué. Il ne s'attarda pourtant pas au visage de l'homme. Celui-ci venait d'élever la voix, brisant le silence jusqu'alors entrecoupé uniquement des crépitements du feu.

Les paroles de Fenrir firent déglutir Lin. Le barbu avait conscience que cet ami de Vamp ne l'appréciait certainement pas après son attitude envers lui, mais il n'avait pas imaginer jusqu'à quel point. C'est le moins qu'on puisse dire ... Quelle amabilité dans la forme ... Soupirant, le jeune barbu se passa une main dans la barbe. Rien d'exceptionnel, c'est le moins que l'on pouvait dire. Après tout, n'avait-il pas été traité de pigeon peu après sa rencontre avec le Cadavre ? Souriant à ce souvenir, Lin releva les yeux, haussant les épaules.


A vrai dire, il est vrai que je n'ai rien d'exceptionnel. Qu'est-ce qu'un paysan comme moi a à voir avec une femme comme Vamp ?

Perdant ses yeux dans le feu, Lin réalisa qu'il ne s'était jamais posé la question. Ce qu'il avait à voir avec elle ? Il lui paraissait évident d'être à ses côtés, il n'avait même pas imaginé autre chose. Il l'avait rencontrée, ça avait suffi. Mais Vamp était noble, du moins de naissance, d'éducation. Pourquoi s'intéressait-elle à un homme de sa condition ? Simple paysan, il n'avait rien d'autre à lui offrir que lui-même. Cela lui suffisait-il ?

Je crois bien que j'ai recueilli son attention à cause de ma distance. Ca doit marcher chez tout le monde pareil. Moins quelqu'un s'intéresse à vous, plus il vous intrigue. J'ai tout de même eu droit à une pomme entre les omoplates et un "Pigeon" comme simple au revoir ... Assez caractéristique maintenant que je la connais.

Le barbu s'interrompit une nouvelle fois. La connaître ? Est-ce qu'il pouvait se targuer de la connaître ? Sans aucun doute. Il avait vécu avec elle pendant plus d'un an. Est-ce que cela suffisait à la connaître ? Peut être pas chez tout le monde, mais il estimait en avoir entendu suffisamment d'elle, en avoir vécu suffisamment avec elle pour dire qu'il la connaissait.

Je n'ai rien d'exceptionnel, c'est vrai. Si on y réfléchit, la seule chose que je peux prétendre lui apporter, c'est moi. Moi, mon exaspérante manie des arbres et un caractère placide. Est-ce que cela lui suffit ? J'aime à penser que oui. Sinon pourquoi serait-elle encore là ? Elle n'est pas du genre à s'encombrer de gens qu'elle ne supporte pas.

Il se passa une main sur la nuque, son autre bras se resserrant autour des épaules de la jeune femme. Il n'avait jamais songé à leur relation comme il songeait ce soir. A vrai dire, il n'avait jamais pensé à leur relation tout court. Pourquoi penser à quelque chose d'aussi évident ?

Je suis pacifiste, j'ai horreur des bagarres et conflits inutiles. Je ne m'en serais certainement pas pris à vous si vous ne l'aviez pas approché de cette manière.

Il releva les yeux sur l'homme aux favoris, ne cherchant pas à se cacher, assumant son attitude passée.

Il paraît que la jalousie est une forme de preuve. Ca prouverait qu'on tient à la personne. Ceci dit, je n'ai pas réfléchi à cette action. Vous vous êtes approché d'elle et votre comportement m'a semblé dépassé les limites de ce que j'accepte. Vous vous seriez contenter de son front, je n'aurais rien fait. Je ne vais pas m'expliquer sur ce que je ressens pour elle, je n'estime pas vous connaître suffisamment pour vous en parler. Elle sait ce que j'éprouve, je pense qu'elle est la seule à devoir le savoir. Mais je vous dirais juste que je n'ai pas apprécié que vous vous approchiez d'elle, par pure possessivité. Maintenant, j'assume ce que j'ai fait. Je sais aussi que je me suis mépris. Une histoire de coutume inconnue pour moi ... Je vous présente donc mes excuses pour cette brutalité. Cependant, ne pensez pas que je regrette mon geste. Coutume ou non, ça ne me plaît pas.

Il se contenta d'hausser les épaules et de soupirer, ses yeux tombant sur la jeune femme. Parler autant à propos de sa relation avec la jeune femme lui avait laissé une drôle d'impression. Il ne s'en était jamais entretenu avec personne d'autre qu'elle et le regard d'un autre sur leur couple le mettait mal à l'aise. Il n'avait pas pour habitude de se dévoiler aussi facilement, mais l'homme avait touché un point sensible. Ce qu'il valait. Longue histoire qui mena les dents du jeune barbu au contact de sa joue, l'attaquant par habitude.
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Volkodlak

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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Dim 15 Nov - 11:38

Un sourcil arqué, le Loup observait le Barbu. Impassible, froid. Stoïque, le fixant de ses yeux bleus délavés. A la fois droit et courbé. Pensif et attentif. Fenrir jugeait. Il jugeait l'homme qui était face à lui. L'homme qui avait dans les bras l'une des choses les plus chères à son cœur. Il écouta attentivement les paroles du jeune homme, avec un détachement qui lui était caractéristique, modelant ses traits en une sorte de dédain et de désinvolture involontaire. Bien qu'homme de science, Fenrir avait de nombreuses fois eu affaire à la violence, que ce soit dans son enfance que dans sa vie présente. Ce dédain qui s'affichait sur son visage était loin d'être représentatif de ce que l'homme pouvait penser, mais lui apportait la plupart du temps un tas d'ennuis qu'il ne recherchait pas. A choisir, Fenrir était plus un pacifiste qu'un bagarreur, mais n'était pas naïf au point de ne pas riposter.

Les favoris tressaillirent à quelques paroles du jeune homme. Il reconnaissait bien Vamp. A croire qu'elle n'avait pas tant changer que ça. L'homme se leva, roulant ses épaules et se mit à faire des allers et venues devant le couple. Il fit mine de réfléchir, installant un silence pesant entre l'homme et lui. Réfléchir ? A quoi bon ? Il savait déjà ce qu'il pensait de Lin. En fait, il avait tout simplement envie de se dégourdir un peu les jambes. Et puis cette situation commençait à l'amuser. Visiblement, le Barbu ne savait pas vraiment à qui il avait à faire et il était hors de question que Fenrir ne profite pas de la situation. Certains codes s'étaient installés entre Vamp et lui durant leur enfance et visiblement, le Barbu ne les connaissait pas. Il glissa sa langue entre ses canines animales et posa son regard dérangeant sur le jeune barbu. Fenrir était totalement maître de son corps, aussi son regard se durcit-il sans effort. Quelque chose naissait en lui envers le jeune barbu. Jeune barbu qui finalement, n'était pas si jeune que cela. Mais la chose en question n'était rien comparée à la « tradition », aux mœurs qu'ils s'étaient imposés alors qu'ils étaient à peine âgés de 10 ans. Il devait le faire. Fenrir s'avança lentement du couple et baissa les yeux sur l'homme, un de ses sourcils sombres arqué.


-Vos explications tiennent la route... Et elles auraient put me persuader...

L'homme se frotta le menton, ses ongles raclant la peau brune et inclina la tête sur le côté.

-Malheureusement pour vous, cela ne change rien... Vous n'avez rien d'exceptionnel, vous l'avez dit vous-même... Et puis Vamp est à moi et vous n'avez encore rien prouvé, aussi...

Vif, l'homme frappa. Rien n'aurait put prévoir le geste qui suivit. Le poing atteignit le Barbu à la mâchoire sans aucune limitation de force. Fenrir savait cogner.

Vamp fut bousculée et roula sur le côté, s'étalant dans la terre. Alerte, la jeune femme se redressa aussitôt avant de s'immobiliser. Elle comprit aussitôt et ferma son visage à tout sentiments ou expressions. Un sentiment de fierté s'empara d'elle et elle eu beaucoup de mal à ne rien révéler. Fenrir prenait Lin assez au sérieux pour mettre en place la tradition. Leur tradition. La jeune femme au teint blanc se redressa, impassible, n'accordant aucun regard au jeune barbu. Il ne fallait rien fausser. Ne surtout pas influencer Lin. La jeune femme releva son menton blanc et observa Fenrir.

Le Loup ne prit même pas la peine de jeter un regard à la jeune femme. Il savait qu'elle savait et n'avait absolument rien à craindre de la part de Vamp. Il se redressa et finit sa phrase, droit.


-... prouvez le moi...
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Lin
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MessageSujet: Re: Le temps d'un voyage...   Jeu 26 Nov - 11:49

Il commençait à avoir froid. La mince chaleur dispensée par la jeune femme au teint de mort ne suffisait plus à maintenir son corps à une température normale. Son organisme commençait à basculer dans la fraîcheur dans la nuit, ralentissant tous ses sens pour l'endormir peu à peu, désireux de l'emmener dans un léthargie profonde où il trouverait un sommeil certainement plus réparateur que ce à quoi il était habitué. Il s'était passé trop de choses en trop peu de temps pour qu'il ne dorme pas bien ce soir là. Seulement, Fenrir avait décidé qu'il fallait s'expliquer sur le pourquoi du comment. Ne désirant pas aiguiser la haine qu'il pensait déceler chez l'homme aux favoris, Lin avait patiemment répondu aux questions. Après tout, que perdait-il ? Rien. Il avait une chance de s'expliquer. Il l'avait saisi. Cependant, maintenant son corps s'engourdissait et il doutait de pouvoir lutter contre le sommeil encore longtemps. A cette heure avancée de la nuit, il avait pour habitude de dormir. Pas chaque nuit, mais la plupart. Le rythme ainsi pris lui revenait et le soulagement éprouvé en apprenant la nature de l'homme en face de lui accentuait l'assoupissement qui ne manquait pas de se faire sentir.

Aussi Lin fut moins attentif qu'en temps normal. Il ne prit pas réellement garde à l'avancée de l'homme aux favoris. Cela ne signifiait rien pour Lin qu'une simple approche. Pensant qu'il voulait le dévisager de plus près, il se laissa approcher sans réagir. Si l'autre n'était pas satisfait de la réponse, il le saurait bien assez tôt. Le regard de l'homme se posa sur le barbu, dur et froid comme la lame d'une dague. Lin fronça les sourcils, perplexe. Avait-il dit quelque chose qu'il n'aurait pas dû ? Ou bien l'avait-il froissé sans y faire attention ?
Il soutint sans regard non sans s'en inquiéter. Comment devait-il prendre ce gage de froideur ? Preuve qu'il avait failli et qu'il valait mieux qu'il s'en aille ?

La voix du prétendu loup-garou s'éleva dans le froid insistant de la nuit, brisant l'obscurité du silence. Ses paroles atteignirent Lin sans détour. Elles commençaient pourtant bien. Pas amicales, certes, mais assez neutres selon ce qu'il en percevait. Pourquoi avait-il été obligé d'y opposer la suite ? Il lui rappela qu'il ne valait rien.
Grimaçant, le jeune barbu porta une main à son menton, se triturant les poils. ll savait qu'il ne valait rien, il n'avait besoin d'aucun rappel. Il soupira et passa sa main sur sa nuque avant de relever la tête, ouvrant la bouche pour répondre.

L'impact des phalanges de Fenrir sur sa mâchoire résonna le long de l'os, envoyant une onde de choc sans douceur dans la tête du barbu. Il ne put débuter aucun mot, aucun son ne s'échappa da sa gorge alors qu'il fut projeté en arrière, son corps heurtant le sol dans un bruit mat. Surpris par le coup tout autant que par la force, Lin ne réagit d'abord pas, roulant dans la terre sans s'en soucier. Il n'avait pas compris la fin de la phrase de l'homme lui faisant face, tout comme il n'avait pas compris ce que son geste signifiait. Il était clair que ce n'était en rien une invitation à la bonne entente. Alors quoi ? Ils allaient se battre comme des animaux, jusqu'à ce que l'un des deux maintienne l'autre au sol, au bord de l'agonie ?

Serrant les dents, mettant un terme à son questionnement, le barbu se redressa, s'aidant d'une main appuyée contre le chemin. Quoi qu'il attende, l'autre était sans conteste en position de force. En toute maîtrise de lui même, sur ses pieds, surplombant Lin. Celui ci se releva comme il put, reculant de quelques pas pour reprendre son équilibre. Ses yeux couleur de terre croisèrent ceux couleur d'eau. Dubitatif quant à la justification d'une telle animosité à la suite de ses dires, le jeune homme chercha Vamp des yeux. Relevée à quelques mètres de là, elle ne le regardait pas. Son regard était fixé sur Fenrir, ne semblant pas vouloir s'en détourner. Lin déglutit, commençant à sérieusement douter. Que devait-il voir dans l'alliance tacite des deux amis d'enfance ? Carrant les épaules, il décida de faire abstraction de ses incertitudes. Le prétendu loup-garou voulait se battre ? Il n'allait pas se laisser faire sans riposter. Hésitant un instant sur les coutumes de combat dans le pays de l'homme aux favoris, il finit par abandonner toute espèce de règles. Après tout, il l'avait attaqué par surprise, alors même qu'il était en infériorité du fait de sa place et de la jeune femme entre ses bras. Les règles n'avaient donc pas l'air d'exister. N'ayant pas ses poignards avec lui, il se résolut à attaquer à mains nues.
Le barbu se secoua, achevant de se séparer de la chape de brume que le sommeil avait commencé à poser sur ses yeux et observa la posture de l'homme. Ses iris suivaient ses mouvements sans faillir, cherchant inlassablement la faille, la faute d'une demi-seconde qu'il mettrait à profit.

Elle vint quelques instants plus tard, alors que le jeune homme commençait à ressentir la tension croissante dans son corps. Sans hésiter une fraction de seconde, il se jeta en avant, laissant présager un coup violent à l'abdomen. Torse courbé et poings serrés, il fusa sur son adversaire. Ce n'est qu'au dernier moment qu'il se déploya, s'esquivant sur le côté dans un mouvement vif, le tranchant de sa main s'abattant violemment sur le genou de l'homme lui faisant face.
Alors que son élan l'entraînait derrière le loup-garou présumé, Lin pivota et vint percuter sa tempe de son front. Le choc le fit lui même chanceler un instant, l'éloignant de quelques pas. Tentant de se reprendre au plus vite, le barbu plaça ses mains d'instinct pour se défendre, campé sur ses jambes.
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