l'antre des Cuspna

Je voudrais mourir si cela ne vaudrait mieux que de ramper, de s'avilir et se prostituer
 
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 le sang et le marbre

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Drumgray

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MessageSujet: le sang et le marbre   Jeu 6 Nov - 10:23

La journée s'annonçait fraiche. Le soleil n'arrivait pas à se relever des ses errances de la veille, et la nuit faisait son possible pour rester maitresse des lieux. Une nappe de brume s'étirait sur cet endroit reculé, se faufilait entre les arbres, déposait des perles froides sur chaque extrémité végétale. La nature elle même semblait suspendue, en ce petit matin d'hiver. Seuls se faisaient entendre là une chouette en retard, là une fouine chanceuse...

Dans ce décor froid, une trainée noire arriva perturber cette néanmoins harmonie. La corneille avait fait un long voyage, mais il lui semblait qu'elle arrivait enfin à son but. Elle savait qu'elle n'aurait le repos qu'une fois la mission accomplie, et de retour à son maitre. Alors elle hâta le vol pour finir devant une masure, perdue dans les bois... aucun sentier visible, aucun indice de vie alentour, maic c'était bien là qu'elle devait finir.

Le volatile se posa avec légèreté sur les maigres herbes qui se tenaient encore devant la porte. Comme si elle avait grande habitude, elle arracha le petit rouleau qui se trouvait attaché à l'une de ses pattes et le glissa de bec de maitre dans l'interstice de la porte et de son chambranle. L'affaire faite, la corneille s'envola vers le plus haut des sapins, le plus décharné, aussi. Puis, comme si un appel se fit entendre, elle se lança dans le vide et reprit son vol, vers le sud
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Vamp

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Sam 8 Nov - 11:59

Il faisait froid. La jeune femme à demi-endormie ramena les draps sur son épaule. Une partie de son visage disparaissait sur l’oreiller, allongée sur le côté, les jambes légèrement repliées vers elle. Vamp soupira, enveloppée d’une délicieuse chaleur. Sans trop y croire, elle tendit le bras devant elle, tâtonnant. Elle fut surprise lorsque ses doigts se posèrent sur le bras gauche de l’homme qui était allongé à ses côtés. Généralement, il était déjà levé lorsqu’elle se réveillait. Elle ouvrit les yeux, clignant plusieurs fois des paupières et se glissa vers Lin. Sa joue se posa contre son torse nu, alors que son bras enlaçait son ventre. Elle referma les yeux. Il sentait bon la terre, les arbres et… la bière. Elle sourit silencieusement. Le souffle régulier du jeune homme qui venait caresser son front lui apprit qu’il dormait encore.

Son sourire s’élargit et elle rouvrit les yeux. A présent parfaitement réveillée, elle roula sur le ventre, se plaçant au dessus du jeune barbu. Elle enroula ses jambes autour des siennes pour le maîtriser lorsqu’il se réveillerait et ses mains se posèrent de chaque côtés de ses épaules. Elle se pencha vers lui mais hésita. L’idée qu’il se fâche ou qu’elle se prenne un coup lui vint à l’esprit. Mais c’était bien trop tentant. Elle se mordit la lèvre inférieure et se pencha vers le jeune homme. Elle plongea son visage dans son cou et y frotta son nez, comme pour s’y moucher tout en imitant le grognement d’un animal affamé venu lui grignoter un bout de chaire, lui bavouillant dans le cou. Elle sentit le corps de raidir sous elle et se redresser. Vamp se laissa retomber sur le dos et se mit à rire. Le résultat était encore mieux que ce qu’elle avait imaginé. Elle se mit sur le côté, dos à Lin, partie dans un rire qu’elle parvenait plus ou moins à contrôler.

C’est alors que son regard tomba sur le parchemin qu’elle venait de recevoir. Elle plissa le front et se leva. Le froid vint lui caresser les mollets et elle frissonna. C’était étrange, elle n’avait vu aucun pigeon à la fenêtre… Elle ramassa la lettre et s’empressa de retourner sous les draps, glissant ses pieds à présent froids contre les mollets de Lin, souriante. Dépliant le parchemin, elle le lit en silence, l’expression de son visage indéchiffrable.

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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Jeu 4 Déc - 7:10

Quelques jours plus tard

Le froid s'installait inexorablement depuis quelques jours et la végétation s'était endormie pour un long moment. Même la plupart des animaux avaient un comportement plus... nuancé. Seul un éclair roux brisa l'immobilisme ambiant de la forêt. Mais l'écureuil ne tarda pas à rejoindre son nid, creusé dans le tronc d'un grand châtaignier. Les seuls bruits qui se faisaient entendre étaient ceux des sabots d'une énorme masse noire. La bête marchait au pas, et sur un tapis de feuilles mortes et humides, mais chaque fois un bruit sourd faisait sonner la terre. Et les cliquetis de son harnachement semblaient répondre aux tintements de l'épée du cavalier contre les cuivres de la selle.

Drumgray cherchait un indice. La corneille savait où elle allait, lui non. IL n'était jamais venu dans cette forêt, même du temps où il vivait à Murat. Son aversion pour les loups et l'idée de rencontrer ce curieux homme qui faisait tant parler en taverne ne l'avaient pas enchanté. Aujourd'hui encore, il ne se sentait pas à l'aise. Non qu'il avait peur, mais cette forêt ne ressemblait à rien de ce qu'il connaissait, et ses sens étaient perturbés. Lui qui avait apprit à sentir une présence, lui qui avait l'oreille fine et des réflexes certains, il lui fallait, ici, développer des trésors de concentration. Et cette corneille avait filé droit, laissant Drumgray et Arthémise avancer sur les sentiers camouflés par la nature elle même. Parfois ils bifurquaient, parfois ils continuaient tout droit, mais toujours ils avaient l'impression de s'enfoncer encore davantage dans un endroit sombre.

Drumgray tentait de se remémorer les consignes de Vampirette, mais il n'arriva qu'à s'embrouiller encore un peu plus. Alors qu'il était définitivement perdu, au milieu de ces sapins maigres et inquiétants, la corneille réapparut et vint se poser sur une branche basse, poussant un cri qui déchira le silence sylvestre. Drumgray voulut croire qu'elle avait trouvé la cabane, et se mit en tête qu'elle le guiderait. L'oiseau prit son élan sur cette branche qui oscilla grandement, sous son poids, et il s'envola droit devant. Puis il revint, comme pour s'assurer que le cavalier et sa monture le suivaient. A chaque fois, un cri net. Drumgray tacha de la faire taire, car il voulait rester aussi discret que possible, et ainsi préserver ses carotides en fonction. Il n'était tout de même pas entré dans ce lieu pour y rester ! Alors qu'il laissait avancer Arthémise, Drumgray balayait les bas côtés du regard. Il ne voyait rien, rien du tout : à croire que cette forêt ne voulait rien lui céder... Pourtant, la lumière trouva son chemin et ils finirent par déboucher sur une petite clairière, dans laquelle se tenait une sorte de chaumière, discrète, complètement intégrée à son environnement.

Drumgray resta en selle, observant la lisière en pivotant lentement sur sa selle. Rien d'inquiétant, rien de rassurant. Il donna doucement du talon, et Arthémise avança jusqu'à la porte.
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Vamp

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Ven 5 Déc - 11:11

Vamp observait sa future victime de ses yeux noirs, étudiant chacun de ses gestes, tentant de trouver une faille. La proie ne se doutait visiblement de rien. Le sourire de la jeune femme s’élargit. Rien de mieux qu’une partie de chasse matinale. Elle se déplaça silencieusement, ses pieds nus effleurant le bois, elle contourna sa proie. Les pupilles noires de la pâle jeune femme étudièrent la bête. Très bon choix que voilà. Elle sourit. Vamp avait tout calculé, cela ne pouvait se passer que comme elle l’avait imaginé. La future victime leva alors la tête et se déplaça sur le côté. C’était le moment. Le cœur battant plus fort qu’à l’accoutumé, la jeune femme traversa la pièce en courant, enlaçant Lin à la taille, elle le fit basculer sur la couche. La minette qui somnolait tranquillement sur le dessus de lit eu tout juste le temps de sauter à terre en sifflant, manquant de se faire écraser par les deux corps. Tombant à demi sur Lin, le souffle court, Vamp se redressa. Juste vêtue d’une chemise à Lin, visiblement trop grande pour elle et une épaule dénudée, la jeune femme se hissa sur lui, tentant de le maîtriser. La chasse se révéla être plus accrue qu’elle ne l’avait pensé, Vamp commençait à perdre du terrain. C’est à ce moment que Chanda grogna et gratta à la porte. Toujours aux prises avec le barbu, Vamp bougonna.

- Chanda, t’es gentil, mais j’suis un peu… Hey !

La jeune femme enroula ses jambes autour de celles de Lin, tentant de le maîtriser, ses mains s’enroulant autour de ses poignets. Penchée sur le jeune homme, ses cheveux noirs tombant vers son visage, la jeune femme affichait un sourire triomphant.

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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Ven 5 Déc - 12:12

Arthémise reniflait. Elle descendait la tête en direction de la petite porte, puis la relevait. Drumgray ne l'avait jamais encore vu ainsi, si intriguée, si curieuse. Il lui flatta le col, fermement, comme pour lui dire de se détendre. Mais elle répondit par un hennissement qui surprit Drumgray, tant il était puissant. Drumgray passa sa jambe droite par dessus la croupe du monstre noir et mit pied à terre. Passant devant elle, il la caressa à nouveau.

Nous sommes arrivés, Arthémise. Tout semble bien calme, alors cesse ton tintamarre, je te prie ! Je ne suis pas sur d'être au bon endroit, mais nous devrions être vite fixés.

Drumgray attacha sa jument solidement de peur d'avoir à lui courir après. La cabane n'avait pas d'anneau d'écurie, aussi Drumgray improvisa de la maintenir à l'aide d'une branche épaisse. Les lanières de cuirs serrèrent doucement le bras végétal, et Arthémise ne chercha pas à trouver la faille du système, ce qui rassura un peu son cavalier. Mais il fallait maintenant s'annoncer. Mais comment faire ? Et si il s'était trompé du tout au tout ? Drumgray se demandait si Vampirette avait vraiment besoin de sa présence autant que lui de la sienne. Peut-être allait-il faire remonter des rancoeurs par sa visite. Pourtant, elle avait bien dit qu'elle serait ravie de le recevoir... A nouveau Drumgray recommençait à se demander ce qu'il fallait qu'il fasse pour que tout aille pour le mieux, lui qui avait fait tant de mal autour de lui. Lui, il savait gérer à peu près les blessures infligées par son comportement parfois rigide envers les autres. Il leva la main pour frapper, mais attendit encore un peu...
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Lin
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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Mer 10 Déc - 11:26

Lin n'avait pas vu Vamp qui le regardait comme un animal à chasser. Il leva donc la tête sans se douter de rien, et alors qu'il amorçait un mouvement de côté, il se sentit projeté vers l'arrière.
Le choc le fit basculer sur la couche, où son dos s'écrasa mollement. Fermant les yeux à l'impact de sa tête contre l'oreiller qui traînait là, il ne comprit d'abord rien.
Pourquoi diable se retrouvait-il étendu sur leur lit ? Qu'est qui l'avait percuté ainsi ?
Il tenta de se relever, rouvrant les yeux, mais les mains de Vamp entourèrent fermement ses poignets. Il leva le regard sur la jeune femme qui trônait, visiblement ravie, sur son bide.
Vamp dans toute sa splendeur. Les cheveux en bataille, une chemise à lui sur les épaules, ou plutôt sur une épaule, un sourire sur les lèvres, elle avait l'air de s'amuser follement.
Certainement plus que le barbu. Coincé entre elle et le matelas, ses tentatives pour lui faire lâcher prise n'étaient pas très efficaces. Il tenta de se débattre, gigotant dans tous les sens, retirant vivement ses bras vers son corps, mais la jeune femme avait une poigne plus solide qu'il ne l'aurait cru.
Il essaya donc de se libérer en mettant à profit ses jambes. Les étirant l'air de rien, il tenta de rouler sur le côté, voulant la faire tomber sur la couche. Seulement, Vamp avait apparemment tout prévu. Ses jambes virent bloquer celles du jeune homme qui se retrouva quelque peu immobilisé sur le lit.
Il laissa retomber sa tête sur l'oreiller et la regarda, soupirant.
Toujours l'air aussi fier, Vamp trônait.
Lin esquissa un sourire en la voyant se pencher au-dessus de lui et avança son visage vers le sien. Ecartant légèrement les lèvres, il attrapa le bout de son nez entre ses dents et l'attira vers lui.


Pire qu'un bourreau ma parole ! Je ne peux même pas me lever sans me faire attaquer ...

Il relâcha son nez et remonta lentement sa jambe le long de la sienne, effleurant sa peau, un sourire sur les lèvres.
Elle avait sorti les armes, il jouerait avec les siennes. Il planta son regard dans le sien et lui fit un charmant sourire, continuant de dégager doucement sa jambe.
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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Jeu 11 Déc - 6:55

Drumgray baissa la main. Il ne comprenait pas bien ce que ses sens lui transmettaient. Il recula un peu de la porte et fit le point, mentalement. Vampirette vivait dans la forêt, il en était convaincu. Mais c'était bien sa seule certitude ce matin. IL se retourna pour regarder alentour, mais la forêt était toujours là, silencieuse. Plus il y pensait, et plus il avait l'impression d'être un intrus dans cette partie du monde. Non pas qu'il se sente à l'aise en société, mais de là à choisir un tel endroit...

Arthémise était toujours intéressée par la porte. Par ce qui se trouvait derrière, à vrai dire. On eut dit qu'un animal cherchait à creuser... Drumgray avait entendu autre chose. Un tumulte sourd, des mouvements... Une seconde certitude lui vint : il n'était plus seul dans cet endroit. Mais qu'est ce que cale pouvait bien signifier ? Il repensait aux histoires qui courraient dans Murat du temps où il y vivait, à cet homme qui, disait-on, vivait reclus dans la forêt, avec pour seul compagnie celle d'un énorme loup noir. Drumgray n'avait jamais réellement prêté d'attention à ces commérages. Pourtant, combien de fois lui avait-on dit avoir entendu hurler un loup, mais un loup pas comme les autres...

Drumgray leva la main et balaya l'espace d'un revers, pour signifier que tout ceci ne rimait rien. Il s'avança à nouveau vers la porte, avec l'intention de se faire connaitre. Au pire, la cabane était vide, et seul un renard s'y trouvait, occupé à manger un reste de lièvre... Ou alors, un sanglier le chargerait sitôt la porte ouverte, contrarié d'avoir été surpris de la sorte ! Et au mieux, un être humain lui dirait où trouver la femme qu'il cherche. D'une main leste, il frappa trois coups secs sur la porte un peu branlante et s'écarta un peu, une main prête à tirer l'épée.

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Vamp

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Lun 15 Déc - 17:07

Le nez blanc de Vamp se fronça, et la jeune femme tenta de se dégager des dents de Lin. Elle rit légèrement et son regard alla se noyer dans celui du barbu. La souffle court, son sourire se figea un moment, avant de disparaître. Elle sentit sa jambe remonter le long de la sienne, frottant contre sa peau nue. Libérant les poignets du jeune homme, Vamp s’allongea sur son corps, appuyée sur ses coudes. Ses yeux noirs observèrent silencieusement les traits de son amant et elle s’avança. Son nez effleura sa pommette, alors que ses lèvres se posèrent sur sa joue. Elle se laissa emporter par l’odeur de l’homme, appréciant le goût de sa peau. Puis ses lèvres cherchèrent le contacte des siennes, promesse de douceur. Elles finirent par se trouver, et Vamp embrassa Lin. Douce et câline, le comportement de la jeune femme contrastait avec celui qu’elle avait eu quelques temps plus tôt. Elle se retrouva sur le dos, elle ne sut trop comment, Lin au-dessus de son corps. Les cheveux noirs étalés sur l’oreiller, d’une docilité surprenante, elle se laissa aller aux baisers du jeune barbu. Les mains se glissèrent sous les tissus, caressèrent, titillant, s’égarant.

Chandalen grogna et posa son museau froid et humide contre la porte de bois. Sa patte gratta le sol et un second grognement sourd s’éleva. Une présence intruse se trouvait derrière la porte. Ennemie ou non, elle l’agaçait. Prise d’un frisson qui lui remonta le long de la nuque, Vamp pesta contre l’animal.


- Chanda…

Lin se battait honorablement, à renfort de lèvres et de caresses. Lesquelles Vamp répondait sans se faire prier. Elle appréciait l’intimité du moment, mais aussi le fait que Lin s’occupe d’elle et rien que d’elle. Avec une certaine fierté, elle reprit possession de ses lèvres, doucement. Une grondement sourd lui fit rouvrir les yeux d’exaspération. Marmonnant de fureur, elle glissa des bras de Lin et se leva.

- Espèce de bâtard !! Fils de loup cocufié avec une taupe !!

… suivit de quelques insultes bien à elle. Chanda grogna de plus belle et ses griffes laissèrent des marques dans le bois de la porte, son museau collé au sol. Vamp ouvrit la porte à la volée. Le louveteau se précipita dehors avant que le pieds de la jeune femme ne l’atteigne. Chandalen renifla un court instant l’intrus et entreprit à lui mâchouiller soigneusement les bottes. Vamp quant à elle cligna des yeux, les lèvres entrouvertes de surprise. Droite dans l’encadrement de la porte, la chemise entrouverte lui tombait mi-cuisses et les cheveux en bataille, elle observait son visiteur. Elle ne s’attendait pas spécialement à la visite de Drum aujourd’hui. Un sourire franc et sincère éclaira son visage.

- Drum ! Je…

Une bourrasque de vent lui rappela sa tenue et la jeune femme écarquilla les yeux. Son premier reflex fut de fermer la porte au nez de Drum. Elle observa le panneau de bois, une grimace sur le visage.

- Oh lala…

Elle se tourna vers l’intérieur de la pièce et prit la première paire de braies qui lui tomba sous la main. Vamp les enfila à la va-vite et reboutonna correctement sa chemise, les joues roses. Merveilleux accueil, cela ne faisait aucun doute. Attachant ses cheveux en une queue de cheval pour paraître plus ou moins bien coiffée, elle rouvrit la porte.

- Je vous en prie… Rentrez…


Elle avisa sa main posée sur la garde de son épée et releva les yeux sur les siens, un sourire moqueur aux lèvres.

- Ne restez pas dehors… Les loups ont faims en cette saison…

Elle se décala sur le côté, l’invitant à entrer dans leur nid.

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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Jeu 18 Déc - 6:53

L'oreille attentive, Drumgray était légèrement en retrait, et sur le côté. Sa main se crispa un peu sur son épée, malgré lui. Non qu'il craignait de devoir affronter un sanglier, quoi que cette idée ne l'enchantait guère, mais les bruits qui passaient la porte avaient changés. En plus des grattements, Drumgray entendit un cri de rage, vindicatif, à son encontre. Du moins le pensa-t-il... Une femme, c'était clair, vivait ici, mais qui pouvait donc avoir cette langue si dure sinon une recluse ? Une sorcière, peut-être ...

Drumgray se dit que c'était bien sa veine. Aristote jouait encore avec lui. La main était prête, et son coeur également. Peut-être qu'enfin le temps de payer était venu. Quand la porte s'ouvrit, d'un coup, une ombre se jeta sur ses bottes, et le coeur de Drumgray s'emballa. Puis dans le même temps, une femme à demi nue se trouva devant lui. Assurément ce n'était pas une sorcière ! Un léger sourire finit par se lire sur le visage de Drumgray. Il relâcha la pression de sa main et son épée reprit sa position de repos. La situation était gênante : un sanglier aurait été bien accueilli, et une sorcière aurait pu être passé par le fer... Mais pas Vampirette ! Au moment où il allait ouvrir la bouche, la porte se referma !

Drumgray adopta une position moins agressive, et posa sa main sur la garde de l'épée, en affectant un air faussement décontracté. D'autant que l'animal continuait de lui manger le cuir du talon de sa botte droite. Il s'apprêtait à lui lancer un avertissement du bout du pied quand la porte s'ouvrit à nouveau. Vampirette était vêtue, cette fois, et visiblement contente de le voir. Drumgray entra à son invitation, car le froid était mordant, et il ne voulait pas qu'il s'engouffre dans la cabane.

Bonjour, Vampirette... Pardonnez cette intrusion matinale. Vampirette referma derrière lui. Mais si vous amis sont en vadrouille, je préfère entrer !

Drumgray entra plus avant dans la pièce, et se figea peu après. Quel imbécile ! Il venait de comprendre qu'il avait interrompu une discussion... Un homme était couché, sur un lit en désorde total, et visiblement il était disposé à tout, sauf à de la visite de courtoisie. Drumgray fit demi-tour vivement et posa la main sur la bobinette, prêt à sortir au plus vite, et cacher sa honte.

Pardon ! Mille excuses ! Je suis navré d'arriver ainsi... Je vous laisse et... Je ne voulais pas...
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Lin
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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Lun 22 Déc - 8:41

Lin n'avait guère eu le temps de reprendre entièrement ses esprits et d'analyser la situation qui s'offrait à lui. Alors qu'il s'amusait avec les émotions de la jeune femme au teint de cadavre, Chanda s'étais mis à grogner sourdement et Vamp s'était levée.
Déjà que Lin n'aimait pas l'hippopotame nain ... Il n'aurait rien fallu de plus pour que ce sentiment soit confirmé.
Seulement, après que la jeune femme soit levée, le barbu n'avait plus rien suivi.
Insultes fusant, porte ouverte et aussitôt claquée, homme à l'épée bien aiguisée introduit dans la cabane qui tentait déjà de ressortir. Pas mal d'événements, peu de temps écoulé et un Lin totalement ahuri.

Se redressant sur les coudes, il leva la tête vers l'intrus, un sourcil levé. Ce sieur avait l'impression de déranger ...
Mais non pas du tout ... Qu'allait-il s'imaginer là ? Il ne faisait qu'interrompre une partie d'un jeu bien spécifique ...
Esquissant un léger sourire, Lin se releva complètement, posant ses pieds à plat sur le sol. Plutôt frais d'ailleurs, il faudrait qu'il pense à mettre un bout de tissu aux abords du lit. Il se leva et épousseta ses braies, reniflant exagérément.


Bonjour ...

Il leva les yeux sur l'homme, le scrutant calmement. Mauvaise habitude qu'il avait prise avec sa soeur. Dévisager les gens n'est pas poli, Linclon, baisse les yeux et passe ton chemin. Secouant la tête, le jeune homme chassa cette idée d'une main et reporta son attention sur le sieur. Il n'avait pas l'air bien vieux ... Pas couard non plus ...
Il baissa les yeux sur l'épée, en observa le tranchant. Pouvait être redoutable s'il savait s'en servir. Lin plissa les yeux et continua de détailler le sieur, sans une once de gêne. Après tout, il était chez lui ... non ?


Vous ne comptez pas partir si vite messire ? Je ne sais même pas votre nom ... Il serait malvenu de quitter un lieu sans s'être présenté avant, ne pensez-vous pas ?

Le barbu releva la tête et posa son regard sur le visage de l'homme, lui souriant plus ou moins. Il n'avait aucune idée de qui pouvait être cet homme et le fait qu'il s'immisce ainsi dans leur habitation ne lui plaisait que moyennement. Cependant, Vamp l'avait accueilli chaleureusement et il ne pouvait omettre qu'il puisse être un ami à elle.
Il se détourna et alla farfouiller sur les étagères, tâtonnant pour trouver de quoi boire.


Vous boirez bien quelque chose non ? Il y a de quoi faire par ici ... Vamp aime bien avoir de quoi recevoir ...

Un sourire moqueur naquit sur ses lèvres et il empoigna une bouteille, se retournant vers les deux compères. Vamp aime bien avoir de quoi recevoir ... Comme si Vamp recevait du monde à tout-va, à toutes heures ...
Le jeune barbu haussa les épaules et les regarda tour à tour.


Alors, qui prend quoi ?
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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Mer 24 Déc - 7:27

Que faire ? Vampirette regardait Drumgray, un sourire moqueur sur les lèvres, et le barbu hirsute en faisait de même. Il était en effet grotesque de vouloir s'en aller alors même qu'en entrant, il avait mis en terme, momentané sans doute, à un échange dont les mots ne sont que peu utiles. Il finit par regarder l'homme lui aussi. Ils s'étaient déjà croisé en taverne, et l'image d'un jeune homme courtois bien que franc lui revint. Drumgray s'avança donc un peu plus avant dans la pièce pour marquer son intention de ne pas fuir.

Non, bien sur. Je suis Drumgray d'Albignac... ancien citoyen de Murat, et ami de Vampirette. Du moins je le pense, mais sait-on réellement le fond des choses !

Drumgray se tourna vers Vampirette et s'inclina avec respect, quoiqu'en laissant passer la pointe de sa langue entre ses dents, hommage à cette grimace qui lui avait plu dès la première rencontre. Puis, de nouveau face à l'homme, il fit un léger mouvement de cape de manière à cacher cette lame qui n'avait plus aucune raison d'être, ici même. Pendant qu'il s'affairait, fouillant les étagères et faisant tomber ça et là quelques vestiges vides, à la recherche d'un flacon plein, Drumgray lui sourit.

Je n'avais pas l'intention de vous déranger... je ne pensais pas trouver un homme ici, à vrai dire ! Mais puisque vous proposez, je ne suis pas contre un verre de goutte. Il sera bienvenu et aidera à réchauffer ma carcasse... Mais dites moi, est-ce bien vous avec qui j'ai bu une chope, lors de mon dernier passage à Murat ?

Drumgray ôta sa cape et la posa sur un siège, et déboucla le ceinturon qui portait sa lame pour la poser debout, contre le dossier. La surprise de l'entrée était passée, et il se sentait à son aise, contre toute attente.... Ce fut tout naturellement qu'il prit le verre tendu par l'homme dont le nom ne lui revenait pas, et qu'il attendit que tous soient servis.
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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Ven 26 Déc - 14:56

Vamp referma la porte derrière l’homme. Elle avait à peine eu le temps de se retourner, qu’il voulait déjà repartir. La jeune femme haussa les sourcils. Bon d’accord, l’endroit était dans un luxueux désordre, elle s’accordait à le dire, mais tout de même. Quelques paires de vraies traînaient dans un coin et le lit n’était, bien sûr, pas fait. Mais on avait vu bien pire. Ce n’est que lorsqu’elle vit son homme, allongé sur le lit, dans l’exact position où elle l’avait laissé, qu’elle comprit que Drum avait compris. Bon, c’est vrai, il dérangeait, mais Vamp ne se formalisait pas de grand chose.

La pâle jeune femme se tenait légèrement en retrait derrière Drum et, le front plissé, observait le comportement de Lin. Elle ne l’avait jamais vu détailler un homme ainsi. Observer les gens en taverne était une chose, mais scruter fixement un homme dans un silence pesant en était une autre. Elle tenta de prendre un air sévère et ses yeux noirs se plantèrent dans ceux du jeune barbu. Un malaise s’empara d’elle, lorsque l’idée qu’il pouvait ne pas apprécier la présence d’inconnus chez eux s’offrit à elle. Après tout, c’était chez eux, et s’ils vivaient si reclus de tous, c’était aussi pour se retrouver ensemble. La voix du barbu s’éleva, la sortant de ses pensées et un léger sourire apparut au coin de ses lèvres. Le ton de sa voix n’était pas froid, il n’avait pas l’air fâché.

Drum se présenta, avec toute la courtoisie non pompeuse qui le caractérisait.
Ami de Vampirette… Mmh oui, il pouvait le dire. Le pourquoi, ça, c’était un mystère. Elle s’était attachée à lui avec une facilité et une rapidité qui ne lui était pas coutumière. Etait ce le fait qu’il ait tenté de la faire sourire en taverne ?
Sait on réellement les choses… La jeune femme sourit.


- Hélas mon ami, à notre époque, nous ne sommes plus sûr de rien. Regardez vous par exemple. Qui vous dit que je suis celle que vous croyez ? Malgré tout, vous voilà dans une cabane qui vous est inconnue, enfoncée profondément dans une forêt plutôt vaste, et face à deux potentiels ennemis qui eux, connaissent parfaitement les moindres recoins de cette forêt…

Les yeux brillant d’amusement, elle s’approcha de lui, se penchant sur l’homme en un chuchotement.

- Prenez garde à vous… On ne sait jamais…

Elle le contourna en souriant, passant près de Lin et s’occupa de ramener soigneusement la couette sur leur couche. Se retournant, elle vit Drum s’incliner devant elle, non sans une certaine grimace. Ecarquillant les yeux puis les plissant, Vamp la lui rendit, tentant par la même occasion, d’étouffer le sourire naissant au coin de ses lèvres. Se rapprochant des étagères pour aider Lin, elle glissa sa main le long du dos du barbu, caresse furtive, avant de s’agenouiller, fouillant. Restant attentive à la conversation des deux hommes, elle déballait tous les paquets qui lui tombaient sous la main, les posant sur ses genoux, à la recherche de quelque chose de bien précis. Elle s’étouffa à demi lorsqu’elle entendit Lin se moquer d’elle implicitement et lui pinça le mollet.

Marmonnant indistinctement pour elle-même, elle continua ses recherches.

Elle écarquilla les yeux en écoutant les paroles de Drum et les joues roses, se releva d’un bloc, un paquet d’amandes et de noisettes dans un bras et une boîte de gâteaux secs dans l’autre. Plissant les yeux, elle le regarda.


- Comment ça, vous ne pensiez pas « trouver un homme ici » ? Ca sous-entend quoi ??

Bougonne, elle disposa les amandes et les noisettes dans un bol et ouvrit la boîte de gâteaux, découvrant avec ravissement qu’elle était déjà entamée. Elle était pourtant persuadée de ne pas l’avoir ouverte celle là. Une moue sur le visage, elle poussa quand même la boîte au centre de la table. Au point où ils en étaient côté accueil…

- Mmh je vais prendre un lait sucré. Mais je vais le faire moi, tu ne mets jamais assez de sucre.

Vamp lui fit une grimace et prépara son lait avant de s’adosser contre le mur.

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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Dim 28 Déc - 6:42

"Prenez garde à vous...". Les mots résonnaient encore longtemps après avoir été prononcés dans la tête de Drumgray. Des mots qui avaient eu beaucoup de sens, il y a longtemps. Prendre garde, ne jamais la baisser et être prêt à tout, envisageant souvent le pire, ce fut le quotidien d'un homme blessé plus qu'à son tour. Mais depuis sa disparition forcée, il avait ouvert les yeux sur les réalités humaines et faisait son possible pour ne plus se laisser bercer d'illusions. Vampirette lui parait avec douceur, malgré le ton très reconnaissable de sa personne. Drumgray eut envie de répondre à la provocation, mais ne le fit pas. Comme si quelque chose l'en empêchait. Il se contenta de sourire et profita de ce moment rare.

Mon étonnement semble vous surprendre, Vampirette ! Je ne sous-entend rien quand je pensais vous trouver seule... Il me semblait juste me souvenir...

Drumgray vit passer le visage de Khelanor devant lui et se souvint de cette relation qui existait entre les deux compagnons. Il n'avait pas oublié les excès de taverne, les chevilles malmenées, les regards échangés... De même qu'il se souvenait bien du départ de cet homme intéressant. Aussi, en cherchant à trouver Vampirette, il ne s'attendait évidemment pas à trouver quelqu'un d'autre. Pendant que Vampirette le regardait, adossée nonchalamment contre la cloison, et que l'homme cherchait de quoi se rincer le gosier, Drumgray avisa un tabouret. Il s'en approcha et le tira vers la table. Les cuivres de sa ceinture cognèrent contre son épée quand il s'assit, et ses éperons de campagne, sans molette, se choquèrent alors qu'il croisa les jambes. Il avait envie de poser des foules de questions, mais il s'en garda bien. Après tout, il n'était pas venu pour une enquête, mais bien pour saluer cette amie qui n'avait pas tant changée. Il but une bonne rasade d'eau de vie, après avoir engamé un biscuit un peu mou.

Mais seul compte ce qui est, à vrai dire. Et votre visage ne saurait me tromper, à moins que vous ayez des talents réprouvés par notre Eglise ! Mais si cela était, je dois avouer que je commencerai par vous, Messire, pour repousser le plus longtemps le moment de vous quitter, tous les deux, et vous laisser... reposer !

Drumgray souriait. Il finit son verre d'un trait, et souriait !

Mais assez d'amabilités, pour l'heure. Oserais-je demander comment la vie vous traite ? Vous et votre compagnon ?
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Lin
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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Lun 29 Déc - 6:48

Lin retira vivement son mollet en sentant les doigts de le jeune femme se resserrer sur sa peau en un rapide pincement. Il plissa les yeux devant lui et sourit en coin. Il aurait sa revanche, n'importe quand que ce fut, mais il ne comptait pas laisser passer une occasion pareille de la chercher.
Il observa la scène qui se déroulait devant d'un air calme, enregistrant sans vraiment y faire attention les détails inutiles.
La boîte déjà entamée ... Bien de Vamp ça ... Gourmande va ... Le cliquetis des chausses de l'homme au croisement des ses jambes ... des éperons ... pas de molettes ... De l'eau de vie ... Eau de vie ? Hm ...
Le barbu croisa les bras, un sourire éclairant son visage. Cet homme buvait de l'eau de vie sans sourciller, ils allaient peut être s'entendre ...

Tirant une chaise bancale en face de Drum, Lin s'installa, s'appuyant contre le dossier par habitude, les jambes étalées sous la table. Il se mit à tapoter la table du bout des doigts, écoutant ce que l'homme avait à dire. Apparemment, il n'avait aucune idée de la présence d'un barbu dans la chaumière de la jeune femme au teint cadavérique lorsqu'il se décida à venir. Il paraissait étonné ... Lin pensa qu'il avait encore du rater un épisode, pour changer. Cependant, l'image du colosse s'imposa à lui quand il croisa le regard de l'homme assis en face de lui. Khel, la montagne de muscles ... C'est peut être lui qu'il s'attendait à trouver ... Pourtant, c'était déjà il y a ... combien ? Hm ... Quelques mois songea-t-il.
Le jeune homme se passa la main dans la courte barbe qui ornait son menton et reporta son attention sur le moment présent.

Il détailla les traits de l'homme pendant un court instant, laissant à sa mémoire le temps de faire resurgir les souvenirs appropriés. Mais oui ! Il s'agissait bien de l'homme de Murat, le brun ... Comment s'appelait cette femme avec lui ? Nal ... Nol ... hm ... Nolanna non ?
Il hocha lentement la tête pour lui même, se souvenant de leur rencontre et finit par sourire largement.


Je pense que vous êtes bien l'homme avec qui je m'étais retrouvé en taverne, de passage à Murat. Une bonne petite chope ... Il y avait quelques autres personnes, dont les noms m'échappent plus ou moins, j'ai souvenir d'une brune ... Un peu flou toutefois.

Il haussa les épaules d'un air résigné. Il finirait pas se souvenir, un de ces jours. Il piocha une noisette et l'envoya dans les airs, ouvrant la bouche pour la rattraper avant de croquer dedans, les yeux toujours posés sur l'homme, avec cependant beaucoup moins d'insistance qu'au début. Après tout, ils avaient bu une chopine ensemble, et il était un ami de Vamp. Différent de la visite précédente, son attitude le serait aussi.
Il tourna la tête vers Vamp et avala la petite boule marron avant d'ouvrir la bouche.


Je crois que la question t'est destinée ... Sa Majesté est requise pour déblatérer de la vie qu'elle mène avec un pigeon ...

Un sourire moqueur aux lèvres, il se retourna vers Drumgray et fit un geste de la main vers Vamp, prenant des airs cérémonieux, tenant sa revanche.

Nous attendons que Sa Majesté soit décidée à prendre la parole, alors j'annoncerais qu'elle va parler, elle parlera et je clorais son discours par un tonitruant "Sa Majesté a parlé !"
Vous comprenez ... Elle doit prendre ses aises avant de s'exprimer, une Grande Dame comme elle ...

S'attendant à recevoir quelque tape sur la nuque, Lin se leva et alla s'adosser au mur, laissant sa chaise libre, faisant mine de la céder à la jeune femme, cachant son sourire derrière sa main, le déguisant en un bâillement bien mal imité.
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Vamp

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Jeu 1 Jan - 14:40

La jeune femme adossée au mur écoutait distraitement les hommes discuter. Elle louchait avec gourmandise sur la boîte de gâteaux qui se pavanait sous son nez. Cette boîte la provoquait ! En plein duel meurtrier avec les gâteaux secs, elle releva brusquement la tête en comprenant que Lin s’adressait à elle. Devant son sourire typiquement Linclonesque et son ton pompeux, elle comprit bien vite qu’il se moquait d’elle. Elle plissa les yeux et le suivit du regard quand il s’éloigna lâchement d’elle, pour aller s’adosser au mur. Ce qu’elle pouvait aimer ce pigeon.

Se tournant vers Drum, elle esquissa un sourire.


- Vous m’excusez un instant…

La pâle jeune femme se détacha du mur et se planta devant Lin, dos à Drum. Droite, elle le toisa du regard, le défiant et prit son verre. Elle ne savait pas ce qu’il y avait dedans, mais se doutait, connaissant Lin, que ce n’était pas de l’eau. Vamp savait qu’il n’aimait pas la voir boire de l’alcool fort, et c’est avec un regard de défis qu’elle but le verre cul sec, avant de le lui rendre. Le liquide lui brûla la gorge et elle le sentit nettement couler en elle, mais la jeune femme ne cilla pas, bien que ses joues se colorèrent et son regard se planta dans celui du barbu. Stoïque, elle le regarda de bas en haut, le provoquant et secoua la tête avant de se retourner vers Drum.

Elle sourit à l’homme et prit place sur la chaise bancale. Ce liquide la brûlait vive, et elle se demanda même si elle allait pouvoir parler correctement.


- Hum… Alors… La vie…

Sa voix était légèrement plus rauque que la normale, elle grimaça et s’assit en tailleur sur sa chaise.

- Va falloir remonter loin… Attendez… Ah oui, alors… J’étais donc la compagne de Khel, je ne sais pas si vous vous souvenez de lui, dans mes souvenirs, vous vous entendiez plutôt bien.

Elle piocha un gâteau sec et le grignota pensivement.

- J’attendais un enfant de lui, mais un soir en taverne, j’ai rencontré le barbu que vous voyez derrière mon dos. Je vous fais grâce de toute la romance, la séduction et les gamelles, mais il a disons… glissé sa barbe le long de mon cou et j’ai craqué. Il a dont été décidé que nous resterions tous les trois à Murat, pour que Khel puisse voir son enfant grandir. Mais il a été charmé par une jeune fille et est partit de Murat. Je ne l’ai plus revu depuis.

Vamp continua sur le même ton, tentant de se détacher de son histoire, combattant les images qui s’imposaient.

- Entre temps, un de mes compatriote m’a séquestrée, se vengeant de mon passé et a retiré l’enfant que je portais, de mon ventre.

Elle se redressa légèrement sur sa chaise.

- Et puis maintenant, nous vivons tout les quatre, reclus dans la forêt, loin de Murat et de ses habitants. Et… en ce qui me concerne, j’ai tout ce qu’il me faut pour être heureuse.

Elle sourit, cependant plus pâle qu’à l’accoutumé. Raconter tout ça avait fait réapparaître pas mal de choses qu’elle aurait aimé oublier. Les bras de Lin lui manquaient à ce moment précis mais elle se contenta de boire une gorgée de lait et observa Drum dans les yeux.

- Et vous mon ami ? Allez-vous enfin éclairer d’explications votre sombre disparition ? Ou bien avez vous des questions à me poser ?

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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Ven 2 Jan - 6:46

Les deux compères n'avaient de cesse de se défier, chacun à sa manière : un mot, une posture... mais il semblait que chacun y trouvait plus que son compte. Le jeune barbu était tout à son sarcasme quant Vampirette lui déroba son verre et le but d'un trait. S'il buvait la même gnôle que Drumgray, il était évident que certaines rougeurs ne quitterait pas si facilement le visage de Vampirette. Drumgray souriait sans rien dire. IL se contenta de sourire au barbu et de hocher la tête. Alors qu'elle était invitée à répondre à Drumgray, ce dernier observait l'un et l'autre. L'homme avait changé de comportement à son égard, et Vampirette était dans son élément... Drumgray essuya quelques miettes qui s'étaient posées sur ses sombres braies, et écouta Vampirette avec attention et intérêt.


Les nouvelles étaient surprenantes, pour le moins. Khelanor n'était plus... Un enfant n'était plus... la vie continuait... Drumgray en avait oublié un instant l'eau de vie, mais l'immense tristesse qui l'envahit alors à ce récit lui fit lever la main et porter le verre à ses lèvres. IL ne lui fallut pas plus de temps qu'un clignement d'oeil pour envoyer le contenu au fond de sa gorge et reposer le verre vide sur la petite table, à côté des gâteaux. Drumgray voulait parler, mais rien ne sortait de sa bouche. Comment en était-on arrivé là ? Et qui était ce "compatriote" ? Pourquoi tant de vilénie ?

Vampirette, bien entendu que j'ai des questions... Comment se fait-il que l'on ai pu vous faire subir si dur châtiment ? Quel est cet homme qui fut capable de se conduire ainsi ?

Drumgray se frottait le menton, tentant de modérer ses propos, car finalement, il ne savait absolument rien de Vampirette. Mais qu'un homme puisse se conduire comme le dernier des sauvages, il ne pouvait comprendre, et encore moins accepter. Non que lui-même n'ai pas eu une humeur, mais toujours face à un adversaire capable de rendre coup pour coup ! Mais une femme... une mère !

Khelanor avait mon estime, Vampirette, de même que vous, Messire, bien que je ne vous connaisse qu'un verre à la main. Alors quand vous me dites que la vie trouve une autre voix, je peux le comprendre, et pour cause... Mais qu'on arrache la vie, cela me dépasse !

L'oeil noir de Drumgray était plongé dans ceux de Vampirette, et son esprit tentait de démêler le malheur passé du bonheur présent. Elle aussi semblait secouée par ces révélations, et Drumgray s'en voulait d'avoir chercher à en savoir plus. Mais le mal était fait, et il n'avait pas l'intention de faire volte face. Vampirette oscillait au rythme du tabouret qui n'était pas d'aplomb. Drumgray tendit sa main pour saisir celle de Vampirette. Blanche et froide.

Promettez moi, néanmoins, de me rappeler à l'ordre si j'outrepasse mes droits avec mes questions ! Entendu ? Quant à vous, messire, votre verre étant aussi vide que le mien, peut-être pourrions nous les remplir à nouveau et nous refaire une santé...

Drumgray lacha la main de Vampirette et sourit au jeune barbu.
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Lin
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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Sam 10 Jan - 17:14

Lin avait regardé Vamp vider le contenu de son verre sans broncher, intériorisant son agacement.
Les dents serrées, il fixait la jeune femme, soutenant son regard durement, n'ayant pas le moins du monde l'idée de quoi que ce fut de sympathique à ce moment-là. Elle allait se brûler le gosier avec cette eau de vie; les couleurs qui parèrent son visage en furent le reflet. Devenue toute rouge, elle le défia du regard avant de se détourner. Le barbu n'avait toujours pas bougé, ses maxillaires sous tension commençaient à le lancer et c'est avec un soupir qu'il détendit ses mâchoire quand il vit le dos de Vamp.
Le provoquer, grande spécialité de la femme au teint de cadavre. Il essayait de rester impassible et y arrivait avec plus ou moins de mal selon les situations. L'alcool fort était un des sujets plutôt sensibles qui irritaient le jeune barbu, elle devait sans aucun doute le savoir. Il prit cependant le parti du silence, la laissant se rasseoir en face de Drum. De toute façon, il aurait mainte et mainte occasion de lui rendre la monnaie de sa pièce.
Fort de cette conviction, il se détendit et écouta leur conversation avec attention, se remémorant les événements au fur et à mesure du récit de Vamp, revoyant le visage de son "compatriote" quand il l'avait poignardé ... Il secoua la tête, s'interdisant toute émotion superflue et détourna le regard des deux compères, allant se fixer sur le lit.
Un léger sourire étira ses lèvres à la vue des draps défaits, repensant aux batailles que le matelas avait déjà supporté. Quand ce n'était pas l'un, c'était l'autre. Elle avait résisté vaillamment cette couche ...

Il s'ébroua et tourna la tête vers l'homme brun assis en face de Vamp. Il se remémorait maintenant parfaitement leur rencontre dans cette taverne et la chope qu'ils avaient partagée. Un homme droit selon ses souvenirs. Il n'avait pas eu le temps de s'attarder plus longtemps mais il avait eu la sensation que cet homme-là pouvait être quelqu'un à revoir sans animosité. Sa présence ici prouvait et confirmait ses premières pensées.
Il sourit à Drum et se détacha du mur, allant chercher la bouteille d'eau de vie, empoignant celle de lait au passage et revint vers eux.


Sieur, j'imagine que l'eau de vie pour vous sera la boisson prioritaire, me trompé-je ?
Quant à vous, cher Cadavre, je vous servirais un liquide aussi laiteux que votre peau, pour que vous restiez dans cette splendeur que vous me disiez il n'y a pas si longtemps ne pas vouloir perdre.

Il versa le contenu de la bouteille translucide dans le verre du messire à l'épée et remplit celui de Vamp avec du lait, lui tapotant la tête du plat de la main, comme un père à son enfant. Un sourire moqueur naquit sur ses lèvres et il releva la tête vers Drum.

C'est une bonne petite quand elle veut vous savez.

Lin s'éloigna alors de la table, se radossant au mur, emplissant son verre de la même gnôle que Drum et le vida d'un trait, appréciant de sentir le feu de la boisson lui traverser la gorge, gardant la bouteille enserrée entre ses doigts.
Chercher Vamp et la pousser jusqu'à un certain point. L'amusement prit possession de ses traits et il se contenta de sourire, ravi.
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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Mar 13 Jan - 13:05

Drumgray se frotta le menton en souriant. Le jeune homme s'était visiblement détendu, autant qu'il pouvait en juger. Le compagnon de Vamp avait quelque chose de sauvage dans son comportement, mais comment n'aurait-il pu l'être, connaissant Vamp ? Il fallait bien être en mesure et de supporter les assauts et de riposter. Drumgray sourit en pensant au caractère trempé de Vamp, bien qu'il loua sa bonne étoile de n'en avoir fait que peu de frais ! Le jeune barbu semblait fait du même sang que sa camarade : froid comme l'autel d'une chapelle, cynique comme un moine défroqué, mais aussi joueur qu'un jeune canidé, bien qu'aussi discret qu'une chouette... De toute évidence, les deux jeunes gens s'entendaient de la sorte !

Comme vous y allez, messire. Si nous devions avoir une échelle de notation, je ne mettrai pas en bonne place l'eau de vie. Cela dit, il est amusant de constater que ce matin me porte davantage vers le distillat que le lait !

Il accepta volontiers que son verre fut rempli à nouveau et sourit en entendant la nouvelle saillie dirigée vers Vamp.

Il fut un temps où je ne refusais pas une bonne chope, sans avoir à me discipliner. Il me souviens même d'avoir créer une confrérie, un jour que j'étais particulièrement en paix avec cette terre. Mais je mentionne des faits qui vous semble probablement aussi important que la taille de la vigne sur les coteaux champenois...

Le jeune homme continuait ses attaques visant Vamp. Son paternalisme n'allait pas tarder à exaspérer Vamp et il attendait cela avec visiblement la plus grande joie. Après qu'il eut bu d'un trait sa gnôle, il afficha un sourire radieux. Drumgray en fit donc de même, et sentit la progression du breuvage du fond de sa bouche au tréfonds de son être. Son sourire néanmoins se fit moins prononcé, car malgré l'assurance de la bonté de Vamp comme soulignée par le barbu, Drumgray n'arrivait pas à sortir ces images sanglantes de son esprit. Il comprenait un peu mieux la jeune femme...
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Vamp

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Jeu 5 Fév - 11:45

Vamp était droite sur sa chaise bancale. Son pied nu caressait machinalement le ventre de la chatte qui ronronnait à ses pieds. Elle écouta les paroles de Drum ainsi que ses questions avec une apparence indifférente. Cependant, un sauvage combat se déchaînait au fond de la jeune femme. Que répondre aux questions de l’homme ? Des mensonges ? Des réponses évasives ? Un silence obstiné ? Ou un regard noir ? Non. Elle tenait à Drum et l’on ne se comporte pas ainsi avec les gens que l’on aime. Mais répondre aux interrogations de l’homme engendrait le fait de replonger dans les faits. Replonger dans l’horreur.

La pâle jeune femme sentit la main de Drum recouvrir la sienne et se raidit. Peu de gens dans son entourage étaient autorisés à la toucher. On avait souillé son âme, et elle s’était jurée de garder le peu qu’il lui restait intouchable, du moins quand elle le refusait. Son besoin de contact était aussi puissant que sa répugnance et son agressivité à l’idée d’être touchée par des inconnus. Lin et Alta. Etrangement, durant leur statut d’inconnu, Vamp avait dés le début recherché le contact. Alta tout d’abord, lors de sa rencontre dans une taverne murataise. Elle avait touché sa main du bout des doigts, intriguée par sa blancheur qui faisait concurrence à la sienne. A son départ, elle avait même eu le courage de l’embrasser gauchement sur la joue. N’était elle pas emplie de fierté lorsque l’homme au teint d’albâtre lui embrassait le front ? Début de l’été, avec la rencontre de Lin en soirée. Inexplicable. Cette attirance qui la poussait, ce désir de contact qui devint un besoin, presque une obsession. Du premier jour comme aujourd’hui, Vamp désirait Lin. Elle voulait que ses caresses ne soient que pour elle (et surtout pas pour la chatte). Que son attention ne soit dirigée que vers elle. Elle était emplie d’une vanité qui la faisait elle même sourire. L’affection que Vamp avait pour Drum était sincère et lorsqu’elle croisa le regard de celui ci, elle comprit qu’il n’avait à son égard que de la compassion. Aussi ne retira elle pas sa main et lui adressa un léger sourire.

Drum se retourna vers Lin et une conversation entre les deux hommes s’ensuivit. Vamp ne suivit pas l’échange, enfouie dans ses pensées. Elle n’émergea que lorsqu’elle sentit Lin lui tapoter paternellement la tête. Ecarquillant les yeux, à la fois par son geste mais aussi par ses paroles, elle le suivit des yeux, l’air peu amène. Elle se contenta de lui envoyer, cinglante.


- Va donc cuver plus loin et laisse les grands parler.

Fulminant, Vamp accentua inconsciemment la pression de son pied sur le ventre de la chatte et se prit un bon coup de griffes sur les orteils. Pestant, elle envoya la chatte bouler plus loin sans ménagement du plat du pied. Cette dernière cracha dans sa direction avant de trottiner tranquillement vers Lin, la queue haute, et d’aller se frotter à ses mollets. Vamp plissa les yeux, lui promettant d’un regard qu’elle la transformerait bientôt en une paire de pantoufles. Elle grogna, avant de se retourner vers Drum, enserrant son verre entre ses mains. Vamp prit alors la parole, lentement.

- Vos questions ne me dérangent pas Drum… Si c’était le cas, vous ne seriez déjà plus ici…

Elle lui adressa un léger sourire, avant de reprendre
.

- Vous savez, mon passé n’a pas la blancheur de la neige. J’ai fais des choses qui m’emplissent de honte et qui m’empêchent d’avoir des nuits complètes. J’ai fais beaucoup de mal, beaucoup de choses horribles.

Un cri déchirant s’éleva au fond de la jeune femme, le cri d’une mère. Vamp déglutit et carra les épaules.

- J’ai fui ce passé comme j’ai pu, mais celui ci m’a rattrapée et m’a trouvée.

Il la frappe. Pauvre petite fille… Le goût du sang, la douleur, les odeurs. Que tu es seule…

- Ce passé m’a punie, punie de ce que j’avais fait. Il m’a arrachée mon enfant, un être innocent, qui a payé par ma faute.

Il lui lacère le ventre. La peur, le désespoir.

- J’ai tué mon propre enfant Drum. Cet homme ne recherchait que la vengeance.

S’en était trop pour Vamp. Fragilisée, la jeune femme se leva et alla déposer son verre dans le bac d’eau de la vaisselle. La douleur sourde lui nouait le ventre. Elle ne ressemblait pas à Vamp, mais plus à une âme perdue, brisée. Lin. Vamp leva les yeux et croisa le regard du jeune barbu. Déglutissant, elle s’avança timidement et se glissa un instant dans ses bras. Il n’y avait là plus aucune trace de fierté qu’elle arborait quotidiennement et qui la caractérisait. Elle n’était plus prédateur, mais proie. La frêle jeune femme se serra contre Lin, tentant de se reprendre.

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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Ven 6 Fév - 6:47

A l'évidence, Vampirette faisait son possible pour conserver la main. Non pas celle de Drumgray, qui n'était pas resté en contact bien longtemps, mais celle de sa raison, de sa volonté de ne pas se laisser embarquer dans des propos qu'elle ne maitriserait pas. La maitrise, voilà bien une caractéristique qui avait, au sens de Drumgray, toujours caractérisé Vampirette. Mais ce matin, devant le visage d 'une jeune femme qui luttait avec il ne savait quels démons, Drumgray ressenti la honte. Qui était-il pour demander ce qui ne le concernait pas ? Qui croyait-il avoir en face de lui, pour continuer à vouloir forcer l'intimité ?

Il écouta avec grand attention les mots de Vampirette, et ne put faire autrement que de sentir l'émoi qu'avait causé sa curiosité. Les verres ne bougeaient plus, les bouches ne servaient plus qu'à évoquer l'inécoutable... Une jeunesse volée, une enfance sacrifiée, deux vies brisées... Vampirette s'agrippait à son verre, et curieusement son contenu dégagea un odeur plus forte. Sans doute que les mains de Vampirette faisait monter la température de l'alcool, le rendant ainsi plus volatile. Elle finit par le lâcher pour se réfugier dans les bras du jeune barbu. Drumgray repoussa son propre verre et prit une profonde inspiration.

Je ne crois pas un instant, Vampirette, que vous soyez aussi noire que vous le dites. Mais je sens le trouble de votre passé. Pourtant, rien ne me fera changer d'avis vous concernant.

Vampirette s'offrait aux regards de Drumgray, telle qu'elle était réellement, nue et sans artifice. Une profonde tristesse passa sur le cœur de Drumgray, mais elle laissa la place rapidement à l'assurance définitive que cette femme, celle-là même qui se peignait comme un monstre, celle-là même qu'il avait apprécié dès la première rencontre, l'assurance qu'elle méritait vraiment son amitié. Il regardait cette fragile porcelaine, enfouie dans un écrin blond qui malgré les apparences serait toujours là pour cette femme, quoi qu'il en coûte.

D'ailleurs, malgré les aventures qui nous ont séparés n moment, je n'ai jamais cessé de vous porter mon amitié. Et histoire de passer pour l'orgueil même, vous savez le poids que j'accorde à cette faiblesse humaine !

Drumgray lui fit un sourire, puis reprit son verre et le leva lentement vers ses lèvres.
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Lin
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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Dim 15 Fév - 7:22

Il avait écouté le récit de Vamp sans rien dire, perdant son sourire moqueur. Elle ressassait son passé avec autant de détachement qu'elle le pouvait, du moins c'est ce qu'en pensait le barbu. Il se demanda un moment comment se pouvait-il qu'elle reste si calme alors que les mots qui franchissaient ses lèvres étaient si meurtris.
Le regard du jeune homme parcourut les murs de la petite cabane, se posant partout sauf sur la jeune femme. Si elle arrivait à rester stoïque, lui avait plus de mal à se détacher du souvenir qui lui restait en mémoire.
Sur cette couche, faible à n'en plus finir ...
Le regard assassin et cruel de son bourreau ...
Il s'ébroua et se ressaisit, se redressant contre le mur. La jeune femme se leva et croisa le regard de Lin alors qu'elle posait son verre dans le bac d'eau froide. Elle avait sur les traits une douleur sourde, reflet de ce qu'elle avait exprimé plus tôt.
Peut être n'était-elle finalement pas restée si reculée vis à vis de ses souvenirs ...

Lin glissa un bras autour des épaules de la jeune femme, la serrant contre lui. C'est tout naturellement que ses lèvres vinrent trouver le front de Vamp. Il avait pris l'habitude de ce geste au tout début. Il n'avait jamais su pourquoi, mais embrasser son front l'avait toujours empli d'un calme paisible. Dès que ses lèvres entraient en contact avec la peau blanche du haut de son crâne, le barbu se sentait apaisé. Certainement pour lui une marque de tendresse qu'il n'oserait jamais avouer.
Passant son bras libre dans le dos de la jeune femme, il l'enlaça complètement, dans une attitude protectrice.
Le barbu n'avait plus trace de cette ironie qu'il arborait plus tôt dans l'après-midi. Vamp avait besoin de soutien, pas de moquerie et Lin l'avait bien compris.

Relevant la tête, il s'adressa à Drum.


Si l'amitié est une faiblesse humaine, je pense que bon nombre d'entre nous sont des avortons chétifs !

Il lui sourit et fit un geste de main vers la bouteille restée posée sur la table.

N'hésitez pas à vous resservir, cette gnôle est une des meilleures que j'ai trouvé en chemin, autant en faire profiter un ami, n'est-ce pas ? Quitte à être faible, autant l'être dans la joie et la bonne humeur, agrémentée de quelques gouttes d'une bonne liqueur.

Se disant, il se pencha légèrement et se versa un verre.

Aux humains et à leur faiblesse amicale !
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Vamp

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Mar 17 Fév - 13:21

Vamp avait trouvé refuge dans les bras de l’homme qu’elle aimait. Elle sentit le bras de Lin se glisser derrière ses épaules. La jeune femme avait les yeux fermés et se refusait à les ouvrir. Elle avait fait du mal et devait assumer pleinement la punition. Assumer d’entendre le raisonnement des cris dans sa tête qui la réveillait en sursaut chaque nuit. Assumer les images qui tapissaient ses paupières closes chaque fois qu’elle fermait les yeux. Assumer son futur pour un passé qu’elle n’avait pas choisit. Les lèvres de Lin se posèrent sur le front de la jeune femme et ses pensées s’envolèrent. Vamp ne put s’empêcher de sourire face à ce geste. Il l’avait fait rougir la première fois et continuait de la faire sourire niaisement à chaque fois. Elle se demanda un instant si ce n’était pas ce simple geste qui l’avait persuadée quelques semaines après leur rencontre, qu’elle le voulait à ses côtés pour un long moment. Un très long moment.

Lin avait finit par l’enlacer complètement. Elle se savait en sécurité dans ses bras, c’était une des raisons pour laquelle elle dormait complètement enlacée au jeune homme. La pâle jeune femme n’entendit que faiblement la discussion entre les deux hommes. Elle se sermonna alors sévèrement, vestige de son enfance. Elle était faible. Faible de se montrer ainsi. Faible d’étaler ses sentiments à la vue de tous. Vamp déglutit et reprit le masque. Elle se détacha doucement des bras de Lin, presque à regret et s’appuya contre le baquet à vaisselle. Rien sur son visage ne laissait deviner ce qu’il venait de se passer au fond de la jeune femme. Stoïque, le front lisse, et les traits indéchiffrables, elle regardait Drum.


- La véritable amitié n’est que trop rare pour la laisser passer. Les avortons chétifs ne sont donc pas si nombreux. Rien n’est plus dangereux que quelqu’un qui vous tend la main en vous affirmant être votre ami.

Vamp adressa à Drum ce léger sourire réservé qui la caractérisait. Ses yeux noirs brillants, elle observa l’homme. Vamp s’adossa avec désinvolture contre le mur, près de Lin, prenant inconsciemment la même posture que le jeune homme.

- Assez parlé… Maintenant, si vous voulez sortir de cette cabane entier messire, vous allez être dans l’obligation de tout me raconter. Pourquoi cette disparition et pourquoi votre présence en ces lieux.

Ses yeux brillaient de malice, mais c’est un peu plus sérieusement qu’elle souffla à l’adresse de son visiteur.

- Vous pouvez me demander n’importe quoi Drum. J’accepterai. Je veux que vous le sachiez, je vous aiderai ou me batterai à vos côtés.

Ses yeux brillaient toujours de la même malice, malice presque juvénile, mais la jeune femme était bien sérieuse. Elle venait ouvertement d’illustrer une déclaration d’amitié…à sa manière.

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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Jeu 19 Fév - 11:47

Drumgray s'était attendu à tout... Se perdre dans cette forêt qu'il ne goutait que peu. Tomber sur un homme noir et si blanc, pourtant. Fuir un loup tout aussi noir que le cœur d'un assassin. Jusqu'à imaginer se prendre une porte, crânement refermée sur son nez. Mais là, il fallait qu'il soit totalement ignorant des comportements humains ! Mais qu'est ce qui l'étonnait le plus ? Que Vampirette se fasse femme et non démon ? Que le barbu parle d'amitié ? Ou pire, qu'il se sente si tant à l'aise en ce matin là, malgré une douleur aiguë bien masquée ? Drumgray se frotta le menton, et observa les deux amants. Plus de chicanes, juste l'assurance que l'un est là pour l'autre. Drumgray finit par sourire et allonger une jambe, reposant le poids de celle-ci sur la pointe sans fioriture de son éperon.
Drumgray accepta le verre proposé par Linclon. Il avait donc senti...


Messire Linclon, je bois volontiers à cette faiblesse qui ne s'exprime qu'entre gens de bonne composition. Et pour vous rejoindre sur votre propos, vous permettrez que je vous fasse honneur, à mon tour.

Drumgray fouilla dans sa besace de cuir usée par les intempéries et les cavalcades. Il en sortit une petite bouteille sur laquelle on pouvait voir comme un rapace, à défaut de voir ce qu'elle contenait. Il ôta le bouchon à l'aide de ses dents, tout en souriant aux propos de Vampirette. La blanche femme avait finit par reprendre son aplomb et sa morgue, si charmante ! Et bien que le sourire lancé à son endroit lui laissa un léger gout de déception - sachant comme sa langue savait être insolente ! - il se réjouit sans le montrer de cette marque d'affection.

Des menaces ? Voilà qui est intéressant !

Drumgray cracha le bouchon sur la table. Il prit soin de vider son verre avec plaisir, et offrir à son tour l'eau de vie qu'il ne sortait jamais qu'en présence de personnes estimables. La dernière goutte remplit le verre de Vampirette alors qu'elle lui murmurait à l'oreille des mots d'une telle force que Drumgray crut ne pas pouvoir terminer la tournée proprement. Mais rien ne trahit son émotion, sinon une légère chaleur sur les joues, facilement imputable à la gnôle du jeune barbu.

Mais, non, Vampirette, vous n'aurez pas l'occasion de me désosser. Vous avez gagné le droit d'entendre mon histoire... Ne serait-ce que pour avoir le temps de gouter à ce petite merveille. Un peu rude, je dois l'avouer, bien que hors d'age, mais la brulure passée, vous découvrirez un monde ample et accueillant...

Drumgray reprit une posture moins cavalière et se redressa un peu, une main faisant tournoyer l'alcool brun dans le verre. L'autre main était négligemment posée sur sa cuisse.

Ma disparition, alors. Il serait plus juste de parler de fuite ! De la honte d'un homme qui fit l'impensable... Je ne crois pas avoir besoin de vous rappeler Alenya et Ginie...

Drumgray s'arrêta un bref instant, un sourire gêné sur les lèvres.

Et bien, j'ai quitté Murat un soir, pour me rendre vers la Bourgogne, afin de parfaire mes connaissances auprès du Père qui m'avait confié les plants de vigne. Entre Murat et Polignac, je suis tombé sur Marzac. Devant le parvis de la petite chapelle. Yrieix de Marzac, mon ami, mon frère... Il avait épousé Ginie. Mais cette rencontre ne fut pas aussi heureuse qu'on pouvait le croire.

Drumgray but son verre d'un trait. Et la main qui se tenait sagement sur sa cuisse glissa lentement pour finir dans le dos, au niveau de la ceinture, comme agrippé à quelque chose. Son visage avait perdu la douceur qu'il avait affecté jusqu'à là. Elle laissait place à une sorte de douleur, voire de répugnance contenue à peine masquée par un sourire tendu.

Il m'a reproché mon comportement avec Ginie, et je lui ai fait valoir qu'elle n'avait pas été juste envers vous... Bref, le sang étant incompatible avec la raison, nous nous sommes échauffés plus que de raison. Mais nous l'avions toujours fait quand nous étions jeunes ! J'ai commis l'erreur d'oublier que le temps passe pour tout le monde, même pour des frères d'armes.

Drumgray se mit à remuer un peu sur son siège, ne sachant quelle posture tenir. Il se souviendra toujours de ce regard, qui finalement ne comprend pas, et de cette autre, témoin de l'action. Il ferma les yeux un bref instant en baissant la tête. Il était à nouveau seul...
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Vamp

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Dim 22 Fév - 7:58

Adossée au mur aux côtés de Lin, Vamp observait Drum remplir son verre avec une certaine appréhension. Elle venait déjà de boire un verre d’eau de vie par provocation et il faut dire qu’une Vamp ivre était assez dégradant pour sa personne. De plus, elle était tout à fait consciente de l’aversion qu’avait Lin pour l’alcool fort quand cela la concernait, et elle ne voulait pas trop pousser. La jeune femme prit cependant le verre que lui tendait Drum en le remerciant d’un léger sourire. Elle observa un instant le liquide brun qui reflétait la lumière de la pièce mais ne se décida pas à le porter à ses lèvres.

Vamp se radossa au mur et écouta Drum conter son histoire, son verre à la main. A peine avait il commencé de quelques phrases, que le visage de la jeune femme s’assombrit soudain. Le nom de Ginie lui laissait souvent un mauvais goût dans la bouche. Sorte de révulsion. Vamp était parfaitement consciente, que si un jour elle croisait Ginie dans une ruelle, elle n’hésiterait pas à lui faire du mal, et ce jour là il n’y aura ni Drum ni Julius pour l’empêcher de la briser. Il n’y avait pas de mots pour qualifier cette erreur de la nature. Vamp portait une véritable haine pour les manipulatrices. Elle s’avouait elle même qu’elle manipulait parfois, mais il y avait un gouffre entre manipuler Lin pour un câlin ou un pot de miel et manipuler des villageois contre une seule et même personne. Vamp n’avait jamais oublié les paroles qu’on lui avait craché au visage après cela. Elle ne sut ce qui avait été le pire : la froide indifférence de Drum quand il la voyait ou le sourire hypocritement éclatant d’Alenya en taverne lorsqu’elles se croisaient. Pour une fois, Vamp s’était ouverte à des gens et on lui avait craché au visage. Le nom de Ginie ne lui apportait que des pensées de violence et c’est sans honte qu’elle assumait parfaitement ces pensées.

Une colère sourde au fond d’elle, la jeune femme porta machinalement le verre à ses lèvres, mais ne trempa que le bout de celles ci dans le liquide. Liquide qui brûla ses lèvres gercées par le froid, la jeune femme grimaça. Glissant prudemment le bout de sa langue sur ses lèvres, elle s’avoua que c’était un alcool de qualité, bien qu’elle ne s’y connaissait que peu. Lin devait savourer, bien plus qu’elle. Sans quitter Drum des yeux, elle tendit le bras et caressa la paume du jeune homme de l’index, avant de lui offrir discrètement son verre. Il en profiterait bien plus qu’elle et puis ainsi il n’aurait pas à grogner en la voyant boire.

Elle croisa les bras et écouta le récit de son visiteur avec impassibilité. Le comportement de Drum cependant l’alerta et son front blanc se plissa. Que c’était il passer pour que Drum réagisse ainsi ? Elle ne l’avait jamais vu dans cet état. Face à lui, elle aurait aimé le rassurer, trouver les mots, les gestes. Mais parfois, seul le fait de parler pouvait libérer et tout gestes se révélaient inutiles. Vamp resta donc silencieuse, attendant la suite de son récit.

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Drumgray

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MessageSujet: Re: le sang et le marbre   Mar 24 Fév - 6:07

A mis chemin entre la réalité de sa présence en ces lieux et la sensation enivrante de cette remémoration, Drumgray revoyait le déroulement du drame. Curieusement, le duel était partout... Lui en noir, Marzac en blanc. Lui l'introverti, Marzac le plaisant camarade de taverne. Lui minutieux, Marzac insouciant. Et depuis leur enfance partagée, il en était ainsi. Quand le jeune Béchadie jouait de la flute avec intensité, le jeune Marzac s'arrangeait pour être flamboyant. Une compétition incessante, et formatrice. Et ce soir-là, l'ultime provocation en termina de ces joutes amicalement ravageuses.

Le ton montait, Marzac ne voulant pas entendre l'indélicatesse de Ginie. IL ne voulait accepter que se femme ait pu être mauvaise. Sans employer de tels mots, Drumgray lui fit comprendre que ses mots à elle, ses comportements étaient des plus méprisants quand elle le voulait. Et de fil en aiguille, Marzac finit par sortir sa dague, pour appuyer ses ponctuations.

Yrieix, tu n'y penses pas ? Que crois-tu ? A une dernier concours de flute ? Range ça, avant qu'il soit trop tard !

Drumgray avait la voix grave, tant en ton qu'en intention. Marzac souriait comme un enfant qui ne craint pas la punition, et continuait ses gestes. Il parlait d'une voix douce et basse, comme d'habitude, mais le ton était sans équivoque.

Béchadie, ta morgue te perdras, comme toujours ! tu es incapable de sentiments et tu as tourné le dos à tes amis ! Et là, tu veux encore me donner une leçon ? Une leçon que tu vas perdre ? Mon pauvre Drum ! Tu n'as jamais eu l'avantage !

Drumgray sentait son sang. ce sang qui avait fait de lui l'homme qu'il était à Murat : d'un abord peu engageant et incapable de dire son cœur. Sa femme, son fils... Marzac savait, et souffrait de n'avoir rien pu faire, d'être arrivé trop tard. Aussi ce fut un réel soulagement de le retrouver quand il apparut à Murat. Mais ce soir, les mais d'enfances, les frères de sang se cherchaient au delà du pardon. Et ce sang que Drumgray redoutait, tant il avait souffert de la perte des deux êtres qui faisaient sa vie, avant qu'il n'en construise une autre, ce sang qu'il avait tenté de faire taire, ce sang trouva l'issue. Drumgray sortit sa dague à son tour et la pointa vers son ami.

Yrieix, pèse bien le point où nous sommes rendus. rien donc ne t'alerte ? Accepte que je me se soit mal conduit, et que Ginie en a été la source, sinon la cause. Elle et Alenya ont réussi à faire de moi un homme "fidèle", et tout ça pour qu'une pauvre fille soit humiliée ? J'ai mis du temps à me dire cela, et aujourd'hui, j'en veux à Alenya... MAis toi, faut-il vraiment que tu restes aussi borné ?

L'oeil de Marzac lançait l'envie de tuer, l'envie de faire taire Drumgray. Sa mâchoire se serrait de plus en plus rapidement. Et visiblement, il n'écoutait plus. Il s'avança sans prévenir, assuré de châtier Drumgray pour son insolence, et ce dernier lacha un cri presque sourd, tant la douleur était vive. Son flan percé saignait déjà abondamment, mais il ne le remarqua pas de suite. Seul le visage de Marzac concentrait son attention. Ses traits avaient changés. il été passé en un instant de la couleur animale à la surprise enfantine. Ses yeux clairs étaient plongés dans ceux de Drumgray. Ses jambes plièrent et les deux hommes tombèrent sur les marches blanches de la chapelle. Le sang coulait de la bouche de Marzac et des bulles de sang éclataient alors qu'il parlait de moins en moins fort, les mains agrippées à la chemise de son ami d'enfance.

Drum... Drum...

La blessure de Drumgray était profonde, mais nette. en se reculant pour comprimer la plaie, il vit sa dague plantée au niveau du coeur. Une panique le prit, et il se prit à bercer son ami en pleurant et se maudissant, une fois de plus. Marzac était des plus blancs, il n'en avait plus pour longtemps. Drumgray hurla sa rage, sa peine... son gâchis ! Si ce monde perdait Marzac, alors à quoi bon ?

Drum... Marzac était quasiment inaudible, et bien que ses yeux fussent éloquent, il ne dit rien de plus qu'une supplique. Cette plume... est à Ginie... Dis lui... le bien que je pense d'elle... Dis lui !

La dernière bulle éclata sur le visage de Drumgray qui s'était approché pour entendre les derniers mot inaudibles. Drumgray tenait son ami, perdu... Il le berçait sans s'en rendre compte, et pleurait sa douleur. C'est là qu'il crut voir le fantôme d'Yrieix, à la lisère de la forêt, le regardant de son visage blanc, et de ses yeux rouges. Drumgray lâcha la dépouille et se mit debout avec difficulté. Reculant, presque aussi épouvanté de son geste que par cette vision, il lança à son ami revenu :PADONNE MOI, YRIEIX ! PARDONNE MOI !

Drumgray releva la tête et regarda Vampirette. Il ne savait pas bien ce qu'il avait pu dire, ou pas... Si les images de son acte avaient été partagées... S'il avait raconté son méfait. Alors il finit par sourire maigrement et termina d'une voix étteinte.

Voilà, Vampirette... J'ai fui. Prenant les routes de nuits, me terrant le jour. J'étais redevenu un animal. Et c'est dans cet état que je me suis retrouvé à Lyon...

Drumgray attrapa son verre, comme par réflexe et le leva de la même manière, avant d'en boire le contenu d'un trait.
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