l'antre des Cuspna

Je voudrais mourir si cela ne vaudrait mieux que de ramper, de s'avilir et se prostituer
 
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 Lorsque le passé emprisonne une âme

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Vamp

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MessageSujet: Lorsque le passé emprisonne une âme   Lun 1 Sep - 10:24

Le soleil était déjà haut dans le ciel. La foret semblait paisible, seul le craquement des branches venait perturber le silence de ce paradis de verdure. Vamp marchait doucement, Chandalen à ses côtés, reniflant tout ce qui lui était à porté de museau. Elle baissa les yeux et observa le louveteau avec douceur. Comme fidèle compagnon, elle n'avait pas trouvé mieux. Elle se réprimanda silencieusement. Il était injuste d'avoir cette pensée et après tout, c'était elle-même qui avait besoin de cette solitude. Rire et paraître enjouée en taverne comme si sa vie était un modèle de bonheur commençait à lui peser. Tout ces sourires hypocrites... La jeune femme grimaça, un dégoût de plus en plus amer pour la populace.

Remplissant ses poumons d'air et ses narines d'odeurs boisées, elle soupira.


T'approche pas trop de l'eau mon cœur, je ne me mouillerai pas pour venir te chercher...

Elle observa Chanda continué de renifler en direction de l'eau. Haussant les épaules, elle se replongea dans ses pensées. Ce qu'il lui fallait c'était une présence sans hypocrisie dans les yeux et sans jugement. Alta. Oui bien sure, pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt. Et puis dame Eighy serait peut être là. Cette femme intriguait Vamp. Simple et naturelle. Elle avait voulu plus d'une fois s'inviter chez eux avec un panier de pommes, mais même la curiosité de mieux connaître cette femme ne l'avait pas décidée. Elle tourna sur elle même et observa les environs.

Alors la maison d'Alta c'est par là. Non par là. Euh...

Marmonnant toute seule, elle siffla Chanda et s'engagea dans les bois, s'affirmant qu'elle arriverait bien à se repérer. Enveloppée dans sa cape malgré la chaleur, elle déboucha dans une clairière. La jeune femme s'arrêta net face à l'immense chêne qui la toisait. La silhouette élancée s'approcha, et posa sa main à plat sur l'écorce. Elle sourit. Lin allait aimer. Observant autour d'elle, elle se dit que c'était sans doute le meilleur endroit pour leur future cabane d'amoureux. Lin, les arbres, les étoiles et elle... Que demander de plus ?

Elle releva brusquement la tête. Quelque chose n'allait pas dans cette clairière. La respiration se faisant plus profonde, elle se concentra, immobile, attentive aux moindre sons et aux odeurs. Une présence. Un homme. Retourne-toi. Maintenant !
La jeune femme fit volte face, sa lame brillant sous les rayons du soleil, prête à se défendre. Mais une pierre l'atteignit à la tempe et elle s'effondra à terre, immobile
.
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Serguei



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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Mar 2 Sep - 10:28

Le corps s’effondra sur le sol. Il sourit, dévoilant des dents blanches et régulières.

Eh bien, eh bien, la jeune louve semble s’être fait attraper…

L’homme s’avança vers le corps de la jeune femme, mais une douleur au mollet le stoppa dans son élan. Ses yeux gris et froids se posèrent sur le louveteau qui accompagnait la femme. Cette espèce de taupe ne l’impressionnait pas le moins du monde. Il le prit par la peau du cou et le projeta violemment contre le tronc d’un arbre. Un craquement d’os élargit son sourire. La cage thoracique sans doute… Ou mieux, sa nuque.

Il se mit à jurer en voyant le sang de sa jambe disparaître dans l’herbe. Serrant le poing, il reporta son attention sur le corps allongé à terre. L’homme s’agenouilla et tourna le visage de la femme vers lui. C’était bien elle, avec cette pâleur écœurante. Une haine et un profond dégoût pour elle s’empara de lui. La prenant sans ménagement sur son épaule, il s’enfonça dans les ténèbres de la foret.
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Vamp

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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Mer 3 Sep - 14:04

Le froid parcourait ses membres. Allongée à même le sol, Vamp n’ouvrit pas tout de suite les yeux. Elle laissa ses sens parcourir la pièce, mais aucune odeur ne lui était connue, et les bruits environnant ne l’informaient que de la proximité de la foret. Le sol rugueux de la cabane lui rapait la joue et elle finit par ouvrir les yeux. Les formes incertaines qui dansaient devant elle ne lui permettaient que de reconnaître le pied d’une chaise. Elle referma les yeux. Cette douleur à la tête. Roulant sur le dos, elle les rouvrit. La fenêtre qui lui faisait face ne lui montrait qu’un paysage forestier et la lueur rosée du soleil qui se couche.

S’agrippant à une couche de paille, elle se releva et tenta de s’orienter. Maudissant les images qui dansaient devant elle, Vamp prit sa tête entre ses mains et se massa doucement les tempes. Cela ne devait être qu’une promenade en foret. Elle ne devait même pas se trouver là. Elle avait froid, ses bras blancs étaient nus. Perplexe elle regarda autour d’elle et aperçu sa cape plus loin, déchirée et en lambeaux. Son cœur se serrant à la vue du présent de Khel ainsi déchiré, elle tendit la main et la fit glisser vers elle. Ses doigts courrant sur le tissu râpé et déchiré, elle plissa le front. Ce n’était pas l’œuvre d’un animal, mais celle d’une dague maniée par une fureur sauvage. S’arrachant à ses pensées, elle leva la tête. La pièce avait certes quelque chose de bourru, de grossier, mais la propreté méticuleuse du lieu intrigua la jeune femme. Un malaise s’empara d’elle et elle tenta de se relever. Sortir d’ici avant que la nuit ne tombe. Rentrer chez elle et se glisser dans ses draps, près de son homme à barbe.

Alors qu’elle se remettait sur ses jambes, une voix s’éleva. Chaude, presque rassurante avec un léger accent. Le visage blanc de la jeune femme se tourna vers le coin d’ombre d’où s’élevait la voix. Elle se redressa, droite, faisant face à l’homme qui approchait lentement d’elle. Elle n’avait pas peur. Elle n’avait peur d’aucun homme, ça n’allait pas changer aujourd’hui. Son regard glissa vers le visage de l’inconnu à présent éclairé. Elle ne le reconnut pas, mais son regard la glaça. Ses yeux gris. Ce regard. Elle connaissait ses yeux. Ils hantaient ses nuits. Une foule de souvenirs remonta en elle. Puis elle comprit.


- Non…

A cet instant, Vamp sut qu’elle ne rentrerait pas chez elle cette nuit là.

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Serguei



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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Ven 5 Sep - 12:44

Le dos appuyé contre le bois de la cabane, il observa la jeune femme. Il avait attendu patiemment que son « hôte » se réveille. Ce qu’il avait prévu pour elle n’avait aucun intérêt si elle n’était pas consciente. Son menton imberbe posé sur ses doigts, il l’observa reprendre conscience. Elle semblait déboussolée. Elle ne se doutait sans doute pas de ce qu’il l’attendait. Une bouffée de désir animale, un désir de violence à l’égard de cette femme s’empara de lui. Cette créature de Satan allait payer. Voyant qu’elle était debout, il se leva à son tour.

- Eh bien… Où croyez vous aller comme ça ?

Alors qu’elle se retourna vers lui, il s’approcha, son regard attiré vers ses yeux malgré tous les avertissements. Les hommes de son village lui avaient assuré qu’elle hypnotisait ses proies par son regard, et que la dernière image que voyait ses pauvres victimes était les flammes de l’enfer brûler au fond de ses ténèbres. Il se noya un instant dans les deux puits sans fond. Une expression de haine se dessina sur les traits de l’homme. Elle le narguait du regard avec sa fierté, sa supériorité. Elle parla. Ses lèvres bougèrent à peine et il vit une ombre passer devant ses yeux. Fille du Diable. Il se sentit alors invincible sur elle, son maître, il en était sur, venait de l’abandonner.

D’un mouvement brusque, il la prit à la gorge et serra. Ses doigts blancs s’enroulèrent autour du de ses doigts dans l’espoir de lui faire lâcher prise. Il ne voyait toujours pas de peur dans ses yeux. Hors de lui, il la projeta à terre violemment. Se penchant à ses cotés, il lui caressa les cheveux et lui chuchota d’une voix douce :


- Tu as tué ma sœur. Ma petite sœur. Je suis désolé, mais je vais devoir te rendre la pareille.

Puis il la frappa. Au premier coup, sa lèvre éclata. Le second coup l’atteignit sous l’œil. Et il ne vit plus rien sauf la rage qui lui dictait de continuer. Il frappait. Encore. Sans interruption. Sorcière. Elle s’effondra enfin, sa joue baignant dans le sang. Il frotta ses jointure bleuies et douloureuse en la regardant.

- Oh non… Tu as mis du sang partout.

La laissant choire sur le sol, il alla chercher un seau d’eau et un torchon, puis se mit à frotter méticuleusement le sol. Ignorant les crachas de sang de la femme qui s’étouffait, il prenait soin de n’oublier aucune trace. Satisfait, il posa les yeux sur elle et s’assit à ses cotés, lui tapotant les joues pour s’assurer qu’elle était bien consciente.

- Aller ma belle, debout.

Il la fit asseoir sur le bord de la couche et posa son pied gauche sur une chaise.

- C’est juste une petite précaution, au cas où tu aimerais me fausser compagnie.

Posant ses deux mains sur son genoux, il appuya dessus. Le craquement des os fut un enchantement à ses oreilles.

- Maintenant repose toi un peu. Je te parlerai de ma sœur plus tard.
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Vamp

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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Mer 10 Sep - 11:55

Complètement soumise à ce regard gris si douloureux, elle ne fit pas un geste lorsqu’elle sentit l’étau se refermer sur sa gorge. A quoi bon se battre, elle n’avait là que ce qu’elle avait toujours mérité. Alors que les épais doigts lui comprimaient la trachée, le cauchemar refit surface et le visage de l’homme disparu.

Il fait nuit. Une chaude nuit d’été. Le léger souffle de vent est lourd. Ses pas sont silencieux, comme les coussinets d’un chat qui part à la chasse. Elle enjambe la fenêtre et reste silencieuse. Son regard parcourt la pièce. Une chambre. Un petit corps enveloppé dans une couverture malgré la moiteur de la nuit. Elle tend la main vers ce corps.

Heurtant violemment le sol, ses sens la ramenèrent au présent. Suffoquant, la respiration sifflante, elle tenta de reprendre son souffle. Une main sur sa gorge, le front moite, la jeune femme leva les yeux. Il faisait nuit. Une nuit sans nuages, le ciel devait être magnifiquement étoilé. Une voix à son oreille la sortit de son escapade nocturne.

Sa petite sœur…

Puis les coups vinrent enfin. Etrangement, ils arrivèrent tard, elle les attendait plus tôt. Vamp ne fit pas un geste pour se défendre. Résignée, elle laissa les coups l’atteindre au visage. Ce regard… Elle encaissa, pas un gémissement de douleur ne franchit ses lèvres. Ne jamais montrer sa souffrance. Ne jamais laisser croire qu’on a mal. Ne jamais laisser croire à son agresseur que l’on est faible. Les sentiments sont une faiblesse
.

« Une Brâncusi ne connaît pas la douleur ma fille. Tu es la fierté de la famille. Tue ou meurs, mais ne reviens jamais avec un échec sur les épaules. Ne donne pas la satisfaction à tes ennemis de te voir souffrir ». L’humidité. La cave. L’obscurité. Le silence.

Sa tête heurta le sol, les coups avaient cessé. Un goût salé s’étalait sur ses lèvres. Son propre sang. D’un revers de poignet, elle essuya son nez qui suintait de rouge. Elle posa les mains sur le sol et tenta de s’asseoir malgré la douleur, des échardes de bois se logeant sous la peau de ses doigts. Sonnée et à demi inconsciente, elle se laissa retomber sur le dos. Jamais elle ne s’était sentie aussi faible et impuissante. Etait cela la mort ? L’impuissance face à une fin déjà toute tracée ? La jeune femme n’avait pas conscience de ce qui se passait autour d’elle, habitée par un épais brouillard. Elle sentit l’homme lui tapoter les joues. Se retrouvant assise sur la couche de paille, elle faisait face à son propre visage que lui reflétait la vitre éclairée. Le sang qu’elle avait essuyé de son nez avait laissé une longue traîné rouge sur sa joue blanchâtre. Sa lèvre ouverte était enflée et son œil gauche entouré de marques violacées.

Une douleur au genou lui arracha un cri. La violence du geste fit vibrer tout son corps. La douleur. Elle se laissa tomber sur le dos, son sang tachant les draps grossiers mais immaculés. Il lui parlait mais elle ne l’écoutait pas, ne l’entendait pas. Elle se concentra sur la douleur que lui criait son corps. Soudain un sentiment d’écœurement prit possession d’elle. Elle était méprisable. Elle était là, à attendre sagement la mort. Egoiste. C’était trop facile. Elle avait tué, c’est vrai, mais Lin et Khel avaient besoin d’elle. Elle se devait de les protéger. Vivre dans la douleur et la culpabilité était le prix à payer. Et puis son enfant n’avait pas à payer pour les erreurs de sa mère.

Une fureur sans nom s’empara de la jeune femme. En voulant la faire disparaître, l’homme allait faire souffrir ceux qu’elle aimait. Ses pupilles se remirent à briller d’une lueur qui n’envisageait rien de bon.

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Serguei



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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Sam 13 Sep - 8:31

L’homme recula légèrement, prit de court par le regard que lui lançait la femme, mais la haine reprit ben vite le dessus. Il alluma une seconde bougie et s’assit face à elle.

- Alors tu ne veux pas dormir ?

Il observa le visage de la jeune femme. Son regard se posa sur la goutte de sang qui s’échappait d’une de ses arcades et roulait le long de sa joue, traçant un sillon pourpre. Son regard se troubla. Il n’aimait pas la vue du sang mais cette femme devait payer. Il le fallait… Ca faisait mal. Trop mal. Mais qu’importe, Il allait l’aider, comme toujours.

- J’ai eu du mal à te retrouver tu sais… Tu en as fait du chemin. On est bien loin de chez nous pas vrai ?

Il avança une main et lui caressa doucement les cheveux. C’était chaud et doux. Il sourit.

- Tu n’es pas très bavarde. Installe toi, mets toi à l’aise, je vais te raconter.

Mais par où commencer ? Se grattant le nez du bout d’un ongle, il réfléchissait quand une petite voix vint chuchoter à son oreille. Oui… Le garçon. Là où ça faisait mal. La briser.

- C’est Hize qui m’a conduit jusqu’à toi. Gentil garçon… Dommage, dommage… Quel gâchis…

Il baissa les yeux et observa ses mains devant lui. Elles étaient pleines de sang, du sang de ce garçon. Il referma les yeux puis les rouvris. Rien. Il soupira.

- Mais si… Hize… Je suis persuadé que tu vois de qui il s’agit. Dommage, dommage… Un gentil garçon.

Il ne se souvenait plus de ce qu’il s’était passé. Il avait retrouvé le garçon dans une taverne miteuse à faire les poches aux clients. L’amenant dans une ruelle déserte par la peau du cou, il avait ensuite laissé l’Autre faire le travail. Ce n’était pas lui, pas de sa faute, il n’y était pour rien. Il n’avait rien fait, il avait juste trouvé le garçon.

- Il a finit par avouer que tu était partie vers l’Ouest. Tu vois il t’a trahie…

Il avança sa main et lui caressa de nouveau les cheveux, doucement.

- Pauvre petite fille… Que tu es seule…
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Vamp

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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Dim 14 Sep - 9:56

La jeune femme se redressa sur la couche de paille. Son épaule lui fait mal. Fuir, trouver une issue, se battre. Il n’était plus question d’attendre tranquillement la mort et de laisser cet homme gagner. Combattre. Il avança une main et ses doigts se glissèrent dans ses cheveux ébène. Elle se raidit et observa son visage. Il n’y avait même pas cinq années de différence entre eux. Elle détourna le regard, incapable de faire face à ses yeux gris. Vamp ne voulait qu’une chose, sauver son enfant. Seul quelques mètres la séparaient de la porte de bois. Un nom pourtant, la tira de ses pensées. Hize ? Non… Un vide emplit le cœur de la jeune femme et elle sombra.

Valachis. Une nuit d’hiver. La puanteur. Le froid. Elle sent une main lui caresser la joue et ouvre les yeux. Il fait noir. Elle est nue sous la couverture qui lui gratte la peau. Il fait si sombre. Elle tourne la tête, observant le petit homme qui lui caresse la joue.

- Wow ! T’es réveillée ça y est ?

Le nez sale. Des dents irrégulières. Ce sourire.

- Tu sais que t’as une peau drôlement jolie ! Elle est comme la neige… C’est dommage les marques sur ton dos.

Elle lève un sourcil. Il l’a vu nue. Il rougit.

- Je… j’étais obligé. Tes vêtements étaient trempés de neige. Mais j’ai fermé les yeux et j’ai rien vu, j’te jure !

Elle sourit et tend le bras, lui caresse sa joue sale du bout des doigts.

- Ah non ! Fais pas ça ! Manquerait plus que je tombe amoureux de toi !


Hize. La jeune femme leva des yeux brillant vers l’homme. Il avait tué Hize. Non. Elle avait tué Hize. Il était mort par sa faute. Ce si beau sourire. Les mains de Vamp se mirent à trembler.

- Vamp pourquoi tu pars ?

- Je suis obligée Hize, je peux pas rester…

- Mais… on peut vivre ensemble toi et moi, non ?


Elle sert sa ceinture et se retourne pour lui sourire. Il fait la moue. Elle rit et passe une main dans ses cheveux couleur paille pour l’agacer. Il râle.

- Attends !

Il disparaît. Elle secoue la tête et se frotte le menton avec la paume de sa main. L’emmener avec elle. Non. Trop dangereux.. Il revient, les joues rouges, tout penaud, se dandinant d’un pied sur l’autre.

- Eh bien quoi ?

Il lui tend timidement une fleur. Elle entrouvre les lèvres, surprise. La fleur est fanée, toute fripée. Elle déglutit. Sa gorge se serre. Qu’est ce qui lui arrive ? Cette sensation… Elle tombe à genoux et le sert brutalement contre elle. Il pleure en silence. Une de ses larmes roule le long de son cou blanc. Il renifle et se dégage.

- Tiens tu sais quoi ? Tu vas emmener Chandalen avec toi. Il te protégera jusqu’à quand j’ s’rai grand. Personne te fera de mal et t’auras plus de marques dans le dos. Et pis tu m’oublieras pas comme ça !

T’oublier… jamais…


La douleur revient. Vamp gémit. Elle voulait fuir. La bête noire approchait. Non va t-en ! Disparaît ! Il lui caresse les cheveux, toujours avec cette douceur. Seule… Seule comme Hize, allongé dans la neige sur le dos, les entrailles à l’air, le regard vide des morts implorant les dieux célestes. La fureur. La bête se rapproche. Elle rugit, menaçante. Le sang de son petit homme tachant la neige. La jeune femme prit sa tête entre ses mains et cria.

Elle prit le poignet de l’homme et l’attira brutalement vers elle, le frappant au visage avec son coude. Une première fois, puis une seconde. Avec sang froid, elle laissa tomber le corps à terre et se leva vers la sortie. Mais sa jambe gauche la trahit et se déroba. La jeune femme s’effondra sur sa jambe cassée. Elle laissa échapper un cri de douleur, son corps chutant dans un bruit sourd contre le sol. Haletante, elle entendait déjà l’homme grogner et se relever derrière elle.

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Lin
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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Dim 14 Sep - 11:55

Ca s'était passé un soir.
Il était revenu de la taverne où il avait bu quelques bières, et s'attendait à trouver la maisonnette illuminée par une bougie ou un feu, emplie de petits bruits familiers.
Il poussa la porte sans un bruit, s'engagea dans l'embrasure avant de s'arrêter, sourcils froncés. Déjà, pas de lumière ... Ca commençait mal.
Une moue dubitative sur le visage, il referma le battant de bois et s'avança jusqu'au lit, tâtant la couche froide. Mais où étaient passées les présences familières de la chaumière ?
Se retournant pour observer la petite pièce, il s'aperçut que rien n'avait bougé. Le fauteuil était à sa place, les bûches étaient toujours aussi rangées et le tapis arborait son tissu coloré sans une once de poils le recouvrant ...
Se doutant de plus en plus de ce qui l'attendait dans la pièce annexe, il avança d'un pas mou jusqu'à la petite porte et la poussa du bout du pied, pas le moins du monde surpris par l'absence de mouvements.
Vamp n'était pas là, et ni la minette ni Chanda n'avaient l'air décidés à pointer leur nez dans le silence de la maison.
S'asseyant à regrets sur le rebord de la fenêtre, il observa la nuit reprendre petit à petit ses droits sur le village. Réfléchissant à une possibilité qui expliquerait pourquoi la jeune femme n'était pas rentrée, le barbu laissa sa tête aller contre le montant des carreaux, s'assoupissant, les yeux dans le vague de la nuit tombante.
Bientôt, un noir d'encre remplaça le bleu sombre qui avait envahi le ciel et Lin sombra dans le sommeil.

[...]

Une semaine de plus avait passé ... Une semaine de plus à rentrer le soir, épuisé, et toujours cette foutue maison vide. Qui allait enfin lui expliquer où était passée sa compagne ?
Ca faisait pas mal de temps déjà, qu'elle avait disparue, ni vue ni entendue par qui que ce soit ... Il n'avait pas compté, il s'était fait peur la première fois qu'il avait songé à tout ce temps passé sans la revoir ... A vrai dire, des jours, des semaines, des mois ... Au final, c'était la même chose, elle n'était pas là et il ne trouvait rien d'intéressant qui pourrait aider, point.
Mais ce jour-là, alors qu'il sortait pour continuer ses recherches infructueuses, il s'engagea sur un chemin tracé hors de la ville et s'enfonça dans un petit bosquet.
Même après avoir remarqué que ce n'était pas la bonne orientation, il ne quitta pas le sentier, trop heureux de revoir des feuillus. Ca faisait longtemps qu'il n'en avait pas vu ... Depuis qu'elle avait disparue en fait ... Trop longtemps ...
Un soupir à fendre l'âme lui échappa et il ne chercha pas à retenir ses pas, qui finirent par l'amener dans un cul-de-sac, bouché par un entrelas de ronces sauvages, lui barrant le chemin.


Non mais c'est pas possible ça ! Encore une emmerde, comme si j'en avais pas assez ... Peux même plus être dans les bois sans avoir droit à une idiotie ...
Si même les arbres s'y mettent, il me reste quoi avec moi ?

La mâchoire serrée, il reprit en sens inverse, grommelant contre tout et tous. C'est ainsi qu'il ne vit pas le piaf lui arriver dessus. Un espèce de grand machin coloré, un bec aiguisé et des serres vachement tranchantes qui lui arrivait dessus ...
Trop occupé à donner de grands coups rageurs dans les pierres qui avaient le malheur de se trouver sur sa route, il ne perçut qu'au dernier moment le froissement d'ailes accompagné d'un cri perçant qui venait de l'oiseau et n'eut que le temps de fendre l'air d'un bras, geste totalement inutile étant donné que l'animal était déjà posé sur une branche. Il se releva, et foudroya le volatile du regard, s'époussetant.


Pff ... Ca doit être Selloc toi ... Qu'est ce que tu viens faire ici ? Je t'ai pas sonné que je sache, surtout qu'on se connait pas toi et moi, alors tes manières de piaf à l'attaque, tu te les gardes, on est pas potes, compris ?

Réalisant qu'il parlait à un oiseau, il se frappa le front du plat de la main et soupira, se disant qu'il devenait fou.
Alors qu'il allait repartir en abandonnant l'oiseau sur sa branche, il se rappela que Selloc était le poulet volant de Khelanor ...
Si Selloc était par là, Khelanor devait être dans les parages.
L'infime espoir qu'il ait eu plus d'informations que lui sur la disparition de Vamp, il se remit en route et appela de toute ses forces le nom du colosse.


Khel ! Oh le colosse ! Ramène tes miches le mastodonte ! Faut qu'on cause ! Et rappelle ton piaf à toi avant que je le bouffe, j'ai faim et il ferait un bon casse-croûte !

Il l'aperçut au détour d'un chemin perpendiculaire, qui scrutait l'herbe avec attention. Il le héla et s'approcha de lui, le saluant d'une claque dans le dos, rangeant ses manières pour une prochaine fois.

Pour une fois, content de te voir mon vieux, faut qu'on cause comme je te le disais, ya deux trois petites choses sur lesquelles j'aurais besoin de ton aide, et tu peux pas refuser. C'est pas pour moi, c'est pour Vamp.
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Khelanor

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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Mar 16 Sep - 2:33

Penché au dessus de l'herbe qui bruissait sous une petite brise, Khelanor cherchait, il essaillait de trouver une piste puis soudain il entendit une voix familière qui le hélais, il tourna sa tête et sourit en voyant Linclon approcher.

- Pour une fois, content de te voir mon vieux, faut qu'on cause comme je te le disais, ya deux trois petites choses sur lesquelles j'aurais besoin de ton aide, et tu peux pas refuser. C'est pas pour moi, c'est pour Vamp.

Khelanor se releva et regarda dans le ciel, apercevant Selloc qui cherchait lui aussi depuis les airs. Son regard se reposa ensuite sur Linclon.

- Oui je sais, j'ai bien recu ta lettre, c'est justement la raison pour laquelle je suis revenu... Je t'assure Lin que je n'aurais de repos que lorsque nous l'aurons retrouver...

Khelanor se retourna ensuite et traca une ligne dans l'écorce d'un arbre puis leva la tête vers le ciel et siffla de toute ses forces, appellant le faucon près de lui. Celui ci vint se poser sur une branche à coter des deux hommes et regardait Khel avec attention, ce dernier s'adressa au faucon

- di jy clnidan my vunêd ah ahdean tabiec mac yenc ad ce di ybbanluec xiuexia la cued di s'yjandec, lusbnec?

La bête poussa un petit cri et s'envola de nouveau dans le ciel, faisant trembler les feuilles de la branche où il s'était posé. Khel fit signe à Lin de le suivre et ils se mirent à chercher pendant de longues minutes dans la forêt jusqu'à ce qu'ils entende un cri de faucon à quelques lieux d'où ils se trouvaient. Khel courra à toute vitesse vers l'endroit d'où provenait le cri, suivi de près par Lin. Quand ils arrivèrent à l'endroit ils virent Selloc posé sur une branche avec sa silhouette majestueuse et son bec qui pointait vers le sol. Khel regarda par où il lui indiquait et appercu Chanda sur le sol, couché contre un arbre. Il s'approcha de lui et essailla de voir comment il allait

- Chanda! lève toi boule de poil ont a besoin de toi! C'est pas le temps de faire la sieste je t'en pris!

Khel flatta légèrement l'animal et remarqua qu'il avait quelque côtes cassé, un frisson d'effroi parcoura le corps de Khel en pensant à ce qui avait pu arriver à Vamp, il se ressaisi et flatta la tête de Chanda doucement. Khel se retourna ensuite vers Lin, son regard devenant noir.

- Je te promet Lin que lorsqu'ont aura trouver celui ou celle qui a fait sa, il a intêret à avoir de bonne jambes.....
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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Lun 22 Sep - 16:03

Quelques jours plus tard

La jeune femme était étendue sur le sol. Elle entendait l’homme s’affairer et nettoyer le sol méticuleusement. Sa respiration sifflait et sa gorge lui brûlait. Elle ne bougea pas. N’ouvrit pas les yeux. A quoi bon ? La même pièce, le même homme, les même souffrances. Vamp était dans un coin de la pièce. Petit amas de chaire, d’os et de sang. Roulée en boule, elle ne se battait plus. Elle repensa à la vie qu’elle avait menée après son dernier meurtre. Son arrivée en Savoie. La rencontre de Dan. Son Dan. Les Savoyards et leur chaleur, leur amitié. Le goût de la bière. Puis la découverte de l’amour et de l’amitié. Cet attachement réciproque que l’on peut avoir pour une personne. Etrange sentiment. Plutôt agréable, bien que contraire à son éducation…

« Je ne t’ai pas donné la vie pour être une sentimentale ma fille ! Et puis pour avoir des sentiments il faut être humain. Regarde toi. Tu n’es rien de plus qu’un monstre. Maintenant sois gentille et laisse ta mère se reposer ».
Elle observe la grande femme brune qui se glisse dans ses draps et lui tourne le dos. Elle doit avoir raison. Mère a toujours raison. La fillette baisse la tête et part se réfugier dans les ténèbres de la cave, serrant le corps sans vie de son chiot contre elle.


La rencontre de Xi. Sa Xi. Puis de Toucoule. La naissance de Mathéo. L’impression de faire partie d’une famille. L’arrivée à Murat. Murat aimée et haït. La découverte de la douleur avec la mort de Dan. Sa noyade dans la folie après ça. Puis par une journée printanière, l’arrivée d’un colosse en taverne. Khel. Son Khel. Son protecteur. Quelque pas de danse et il lui offre un enfant. La découverte d’Alta et de ses bisous frontaux qui la faisaient rougir de fierté. Et Lui. Leur rencontre fortuite un soir en taverne. Ce sourire perpétuellement ironique accroché à ses lèvres. La douceur de sa barbe. Cette barbe…

… Elle observe de ses yeux noirs l’homme qui semble pensif devant la fenêtre. S’approche timidement et glisse ses doigts blancs dans sa main puissante.

- Dis papa, ça va pas ?

Il se tourne et baisse les yeux. Lui sourit, faisant mouvoir sa barbe comme si elle était vivante. Puis doucement, la soulève du sol et la porte contre lui. Elle glisse son bras frêle autour de son cou, n’attendant qu’une chose. Il rit devant son impatience dissimulée et va chatouiller son cou avec sa barbe couleur de paille. Son rire enfantin se répercute dans les couloirs de pierres…


… Lin. Cette attirance. Cette force incontrôlable qui la poussait dans ses bras. Ce désir de contact. Ce besoin de le toucher.

Une gifle la ramena au présent. Elle avait à peine ouvert les yeux que l’homme l’avait déjà remise sur ses pieds, se souciant peu de sa jambe et l’assit sur la couche de paille. In capable de se tenir droite, elle se laissa faire et atterrit sur la couche comme une poupée de chiffons. Sa jambe avait augmenté de volume, elle avait les doigts bleuis de froid et les mèches de ses cheveux étaient collés de sang sec. La jeune femme ouvrit les yeux et regarda par dessus l’épaule de l’homme. Hize était là. Il lui souriait de ses dents irrégulières et lui tendit une main sale. Elle plissa le front. Le visage de la Mort avait prit l’apparence d’Hize pour venir la chercher. Mais l’image du garçon disparut et celle d’un faucon la remplaça. Vamp le reconnut tout de suite. Selloc. Le cœur de Vamp rata un battement, mais elle se refroidit bien vite. Le désespoir et la douleur lui faisait perdre la tête.

Elle se tourna vers l’homme et lui fit face, le menton fièrement relevé, ses yeux noirs plantés dans ceux de l’homme.


- Tu vas encore te contenter de me frapper ? Comme les jours précédents ? Tu veux pas changer un peu, dis ? Faire ce que feront les autre hommes. Tu sais, comme me violer. Oh je vois… Tu ne sais pas comment ça marche hein ? Ne t’inquiète pas, ça restera entre nous, et je ne me moquerai pas…

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Serguei



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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Mer 1 Oct - 11:24

Son poing atteignit la créature de Satan au menton. Le corps retomba sur la couche et ne bougea plus. L’homme se redressa de toute sa hauteur, la fureur tirant ses traits. Il ne voulait qu’une chose la faire souffrir, mais il ne voyait toujours pas l’ombre de la peur sur son visage. Ces paroles avaient reveillé en lui son instinct de mâle et il regarda le corps immobile avec un regard nouveau. Ses yeux caressèrent silencieusement les courbes de la jeune femme. La tentation et le désir s’empara de lui. Il ferma les yeux. Pas encore. Pas tout de suite. Il fallait d’abord la faire souffrir. Avant tout il voulait voir la peur marquer ses traits et surtout effacer ce sourire moqueur et sarcastique de ses lèvres. A croire qu’elle désirait mourir. Il finit par rouvrir les yeux. Elle était de nouveau consciente. Toujours ce regard provocateur. Il tenta de se calmer et respira profondément. Cela faisait trois ans qu’il désirait voir cette… cette chose en sa possession.

Tout avait commencé un soir d ‘hiver. La neige épaisse avait recouvert les chemins de terre. Il n’était pas dans la chaumière familiale cette nuit là. S’il avait été là, il aurait put sauver sa petite sœur, il le savait. Mais il avait préféré passer la nuit dans les bras de la tavernière du village. Ce n’est qu’au petit matin qu’il vit une masse de personne devant le seuil de la maison. Laissant tomber ses affaires dans la neige, il s’était précipité, bousculant les villageois qui silencieux, le laissèrent passer en baissant les yeux. Le spectacle pathétique de sa mère pleurant dans un coin sombre de la chaumière soutenue par quelques voisines et le visage grave de son père hantait toujours ses nuits. Ne prenant pas garde aux avertissements, il poussa la porte de la chambre de sa jeune sœur. Elle était là. Sur son lit, petit corps de chaire et de sang dépourvu de vie. Endielle… Puis la douleur. La douleur et la fureur aveugle. Son père le retint. On ne s’attaque pas à la famille Brâncusi. Le jeune homme s’enfuit alors dans la foret. Il y resta deux mois. Peut être trois. Il ne se rappelait plus. Il voulait trouver la force, le courage d’aller se venger. Il savait qui avait fait cela. Tout le monde le savait. Cette femme ne vivait que de sang. Puis un soir, Il apparut. Il se montra enfin, bien qu’il fut toujours là, tapit au fond de lui. Il puisait sa force dans cet être et dans sa soif de vengeance. On disait cette femme immortelle. Les anciens la connaissaient depuis trois générations. Serguei avait prit sa décision au début de l’automne, où les arbres revêtaient leur manteau coloré. Il s’était retrouvé un matin, devant la grille noire du château. Tout était silencieux. Un silence lourd et oppressant. les Carpates imposantes déchiraient le ciel gris de leurs dents acérées et jouaient le rôle de gardiennes de l’austère demeure. Il poussa la grille qui s’ouvrit docilement à sa grande surprise et se dirigea vers l’imposant domaine. Ses pieds pataugeaient dans la boue et il pénétra dans l’antre. L’immensité du hall lui tourna la tête et il tenta de s’orienter. Ce calme plat le mettait mal à l’aise et la froideur du château s’infiltrait sous les couches de tissus, telle la peste cherchant de nouvelles victimes. Les tapis épais étouffaient les pas du jeune homme et il visita le château. Il ne tardât pas à découvrir que celui ci était désert. Rageusement, il descendit à la cave et s’arrêta net devant le spectacle qui lui faisait face. Dans un coin de la cave aux parois humides, une couche à même le sol avait été déposée. Quelques objets l’entouraient. Un miroir sale et ébréché, un petit flacon d’huile odorante non entamé, une brosse à cheveux, quelques morceaux de bougie, quelque pages avec des signes que Serguei ne comprit pas et dans un coin, à la tête du « lit », des ossements blancs, parfaitement nettoyés. A la vue du crâne, il se dit que c’était sans doute un chat… ou bien un chien de petite taille. Frustré, il se retourna et observa le reste de la pièce. Alors il le vit. Le cadavre, allongé dans un coin qui lui tournait le dos. Les battements de son cœur s’accélèrent. Quelqu’un l’avait devancé. La silhouette du mort était celle d’une femme, sans aucun doute. Ses longs cheveux noirs s’étalaient sur le sol de pierre froide et ses bras blancs étaient habillés de velours rouge. Poussant le cadavre du pied, il le retourna sur le dos et s’agenouilla. Le coté droit du visage disparaissait sous une plaque de sang sec. Il sut cependant que ce n’était pas la femme qu’il cherchait. Celle ci était trop âgée et le bout de ses doigts était doux, sans écorchures, elle était donc restée à l’abris dans le château durant quelque temps. Il était parti du château sans se retourner et pista la femme qui lui avait enlevé Endielle. Sa trace l’amena à Hize. Puis il arriva en Savoie et avait finit par la trouver à Murat.

Il reporta son attention sur la femme. Voilà longtemps qu’il n’avait pas touché de chaire chaude. Il posa un genou sur la couche, de chaque côtés du corps de la femme, une main écrasant sa trachée pour la dissuader de tout mouvements et se pencha. Il sentit la femme se raidir. Il sourit et glissa sa main sous son chemisier. Malgré ce qu’il l’attendait, elle le défiait toujours du regard. Il ne craignait rien, elle était trop faible pour être un danger pour lui et la fièvre brûlait son front. Il ne lui avait donné que le strict minimum pour la garder en vie. Il la savait donc incapable de se tenir debout. Sa main explorait la peau brûlante quand il sentit une bosse sous ses doigts au niveau du ventre. Ses yeux s’agrandirent de surprise. Comment était il passé à côté de cela ? Il lui sourit et tendit la main vers sa dague, tout en déchirant le tissus. Un bon moyen de la faire souffrir… Son sourire s’élargit et il avança la lame vers le bas du ventre, traçant de léger sillons rouges dans la peau blanche, passant et repassant par le même chemin, débordant à côté pour son plaisir, l’enfonçant à chaque fois un peu plus, prenant son temps. Alors, enfin, il vit la peur passer dans les yeux de la jeune femme, et la jouissance prit possession de tout son être.
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Khelanor

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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Sam 4 Oct - 20:11

Le vent agitait la forêt, les feuilles dans les arbres semblais siffler des mots, quelque chose n'allait pas et Khel le sentait. Il donna une gourde d'eau à Lin et se pencha au sol, pris une poignée de terre, la sentit et la lanca au loin. Il porta ensuite son regard vers le ciel, semblant attendre un signe quelconque, en vain, il fronça les sourcils et continua d'avancer de plus en plus profondément dans la forêt. Il s'adressa à Lin sans se retourner.

Il faut faire vite, j'ai un mauvais préssentiment... le vent, les arbres... ils me parlent... pressons le pas, je veux la retrouver le plus vite possible... espèrons que Selloc aura plus de chance que nous...

Khel augmenta la cadence de marche et ne s'arrêtait que pour faire de petite marques, avec sa dague, sur certain arbres afin de ne pas tourner en rond. Khel semblait nerveux, il serrait la poigner de sa dague fortement et son regard semblait fouiller la forêt à une vitesse folle. Il était rare de le voir dans un tel état, cela n'était arriver qu'une seule autre fois auparavant... Soudain ils entendirent un cri de faucon au loin, Khel ouvrit grand les yeux et reconnu immédiatement ce cri et partit à la course sans même attendre Lin. Il se dirigea vers le cri à tout vitesse, évitant de peu les arbres sur son passage et ignorant les branches qui lui fouettaient le visage. Pendant sa course il dégaina une de ses épées, redoutant le pire quand il arriverait jusqu'à Selloc. Une certaine rage semblait prendre possession de lui, anticipant le pire dès scénario. Il fini par déboucher dans une petite clairière où il voyait au loin une cabane et il aperçut aussi Selloc perché à une branche qui agita ses ailes majestueuse pour attirer son attention. Khel se précipita vers Selloc et vit Lin qui sortait lui aussi de la forêt, essoufflé par la course. Khel s'approcha de la cabane, tentant d'écouter à l'intérieur sans grand succès, il attendit que Lin arrive à ses côtés et lui murmura

Je vais entrer en premier, tu me suis derrière et toi tu sécurise Vamp. Moi je vais m'occuper de n'importe quoi qui pourrait se trouver à l'intérieur avec elle... surtout je veux que tu évacue Vamp le plus vite possible, ensuite elle et toi vous partez à l'auberge, moi je vais rester derrière et m'assurer que tout est sécuritaire pour nous... t'es prêt?.... go!

Quand il eut fini de lui parler, il s'essuya le front afin de voir clair puis approcha de la porte rapidement avant de la défoncer d'un coup de pied solide, il pénétra ensuite à l'intérieur de la cabane, aggripant solidement son épée à deux mains, prêt à tout pour la sauver....
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Lin
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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Lun 6 Oct - 13:59

Ca faisait au moins huit bonnes heures qu'ils étaient dans cette foutue forêt, une espèce de densité sombre, d'entrelacs de ronces et de racines, un labyrinthe sans fin ...
Lin suivait Khelanor sans un mot, écoutant les bruits alentours sans remarquer le moindre bruissement distinct des autres, commençant à songer que le colosse se fichait de lui en lui expliquant comment la nature parlait.
Ecoute, qu'il disait, écoute la nature et sache prêter oreille à ce que les feuilles te chuchotent ...
Le barbu en avait ras-le-bol d'écouter trembloter des ramures d'arbres, s'entrechoquer des caillasses qui roulaient le long de pentes trop abruptes pour elles ou encore de devoir faire attention à la moindre herbe foulée.
Il s'en fichait pas mal de ce bosquet touffu et de ce dont il pouvait regorger, son seul but était de retrouver Vamp ... Et le plus vite serait le mieux.
Ce n'était pas le fait que les cimes des arbres se rejoignent et empêchent les rayons du soleil de filtrer à travers l'épais tapis qu'elles formaient qui angoissait Lin, ni même le fait que les ronces lui arrachaient les mollets à chaque pas et que sa peau allait finir en lambeau, c'était cette absence de bruits qui le prenait à la gorge. Un silence lourd et oppressant, avec pour seul compagnon le léger bruissement des feuilles quand une bise avait l'audace de s'aventurer dans la densité du sous-bois.
Pourquoi n'y avait-il pas de chants d'oiseaux comme dans les histoires ?
Pourquoi est-ce que les ombres dans cette verdure paraissaient beaucoup plus effrayantes qu'en plein soleil ?
Et pourquoi un simple craquement de branches devenait dans l'esprit du jeune homme un cri de souffrance ?

Il retient in extremis le sursaut qui lui vint lorsque Khel lui donna une gourde. Il était décidé à rester impassible jusqu'au bout, à ne pas montrer quelques émotions que ce soit. Si jamais il devait avoir peur, ça ne serait qu'au cas où il serait arrivé quelque chose de grave ... ce dont il ne doutait malheureusement pas.

Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas le mastodonte lui faire part de ses impressions. Aussi, l'étonnement le saisit quand il vit Khel détaler entre les buissons.
Réagissant avec le retard de celui qui réintègre la réalité avec difficulté, il s'élança à sa poursuite au travers des enchevêtrements de verdure qui lui barraient le passage.
S'écorchant les mains contre les branches basses, les genoux et jambes brûlées par les épines des ronces et les pieds douloureux sur les pierres qui affleuraient, Lin suivait l'ombre fulgurante qui le précédait, non sans peine.
Le combat contre cette forêt et ses racines commençait à lui taper sur les nerfs, d'autant plus qu'il avait perdu toute notion de repères devant l'absence de contraste dans ces sous-bois.
C'est irrité qu'il déboucha dans la clairière, le souffle court.
Il observa la maisonnette un instant, la détaillant, désirant la graver dans sa mémoire, et serra les dents avant de s'approcher de Khelanor, en évitant les brindilles craquantes qui lui tendaient leurs ramures.

Cette fois-ci attentif aux paroles du géant, Lin sentit son agacement, sa frustration et son énervement refaire surface, après avoir été terrés pendant des heures.
L'angoisse qui précédemment l'avait fait sursauter au craquement d'une brindille se transforma en colère noire, retranchée dans son corps, prête à exploser sur quiconque aurait le malheur de ne pas être de son côté.
Le quoi que ce soit qui se trouvait là dedans prenait peu à peu forme dans l'esprit du jeune homme et une haine pour cet être se déversa dans les veines du barbu, lui faisant bouillonner le sang.
Qui que ce soit, quelle que soit la forme qu'il aura, Lin était prêt à en découdre.
Une fois Vamp en sécurité, il n'aurait de cesse de chasser cet homme ...
... Si Khel ne l'avait pas déjà tué.
La violence du coup de pied dans la porte et le bruit sourd qui en résultat ramenèrent Lin à la réalité.
Il voulait en découdre ?
Qu'à cela ne tienne ... La boucherie était ouverte ...
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Serguei



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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Mar 7 Oct - 14:02

Serguei tourna la tête, sa dague toujours en main. La jeune femme était allongée sur la couche, inconsciente depuis plusieurs minutes déjà. Son bas ventre ensanglanté ruisselait sur les draps blancs. La main tachée de sang et le regard froid, l’homme se retrouva face aux deux « visiteurs ». Un courant d’air froid s’engouffra dans la pièce par la porte grande ouverte, ébouriffant ses cheveux dorés. Il détailla un moment les deux hommes qui venaient le déranger dans sa boucherie. Le premier était immense, une épée à la main. Le second, légèrement plus âgé, et portait une courte barbe, mais quelque chose dans son regard brillait, et mettait l’homme mal à l’aise. Un silence de mort envahit la pièce, digne des cimetières les plus peuplés. Il semblait que même les oiseaux avaient cessé leur chant.

L’idée que les deux hommes voulaient eux aussi se venger de la jeune femme lui vint, mais s’évanouie aussitôt quand il vit le museau humide du louveteau apparaître derrière le mollet d’un des deux hommes.

Puis tout se déroula très vite. L’homme à barbe se précipita vers le corps étendu alors que le colosse s’avançait vers lui, épée en main. Serguei plissa les yeux, la fureur brûlant le sang qui coulait dans ses veines. Ils allaient la lui voler. Jamais. Non, elle n’avait pas assez souffert. Il s’interposa entre l’homme et le corps. Son regard se posa sur les yeux du barbu et d’un geste vif, poignarda son épaule. La lame s’enfonça dans la chaire, déchirant le muscle avant d’heurter l’os. La haine dictait à présent ses gestes.
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Lin
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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Sam 11 Oct - 14:24

Il était rentré à la suite de Khelanor.
Le colosse lui cachait le visage du tyran de son imposante masse et Lin rageait de ne pas le voir de face aussi vite qu'il l'aurait voulu. Cet homme avait osé toucher à Vamp et il ne pouvait même pas lui cracher dessus directement.
Il fut obligé de se décaler pour voir le faciès déformé par la rage de cet être vil.
Il ne s'attarda pas dans la contemplation de l'homme et se tourna vers la pièce.
Trop peu meublée pour être habitée souvent ... Et trop propre pour être saine.
Si cet homme aimait la douleur, il n'en laissait aucune trace. Il préférait sans doute finir en nettoyant, histoire d'avoir un plan de travail net pour la prochaine victime.
Il cherchait un corps des yeux, mais rien d'humain ne semblait prêt à se montrer.
Il avait l'impression de bouger au ralenti, de voir trop lentement. Il n'avait toujours pas vu Vamp, combien de temps avait-il passé à la chercher ? 8 heures ... et là, maintenant qu'il l'avait trouvé ... Il était incapable de la voir.
C'en est là de ses tergiversations qu'il la vit. Elle était juste là, à quelques pas, étendue sur une couche maculée de sang séché.
Il prit alors conscience qu'un laps de temps beaucoup plus court qu'il ne l'aurait cru s'était écoulé. Khel avait à peine fait quelques pas et l'homme continuait de les regarder d'un air hargneux.
Le barbu se précipita sur le corps, mettant à profit l'étonnement du tyran.
Sa lenteur imaginée avait cependant un lien avec la réalité. Le blondinet eut le temps de s'interposer et le jeune homme à barbe sentit une douleur lui déchirer l'épaule.
La dague du sadique venait de s'y ficher avec une violence inouïe, lacérant son muscle, avant de buter sur l'os.
Une douleur ardente irradia de la chair malmenée et Lin fut envahi d'une vague de souffrance qui se transforma en haine en voyant l'homme qui lui faisait face sourire.
Il s'empêcha de crier, décidant que la lave qui traversait ses veines servirait à tuer cet être.
Il porta sa main à la blessure béante qui lui ouvrait l'épaule et releva des yeux emplis de fureur sur le tortionnaire de Vamp.
Si Khel ne réagissait pas, Lin s'en chargerait ...
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Khelanor

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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Jeu 23 Oct - 3:00

Khel venait de pénétrer à l'intérieur de la cabane, épée en main il entra rapidement et d'un coup d'oeil rapide évalua le terrain sur lequel il venait de pénétrer comme il faisait toujours quand il s'appraitait à combattre. La sueur perlait sur son crâne chauve, il l'essuya d'un rapide coup de manche avant de voir l'homme et quelque secondes après, Vamp. Ce ne fut pas long pour que la rage commence à bouillonner dans les veines du colosse qui aggripais maintenant son épée solidement à une main. Le temps qu'il analyse toute les éventualités de combat, Lin c'était déja avancé vers Vamp. Khel apercut aussitot le mouvement de l'homme pour s'interposer

Lin! Attenti...!

Mais malheureusement il ne réagit pas asser vite et vit l'homme enfoncer sa dague dans l'épaule de Lin. Aussitot Khel se précipita à la vitesse de l'éclair sur l'homme et le poussa violament contre le mur derrière lui, lui faisant lacher prise à la dague. Khel se tourna vers Lin et avec un regard injecté de sang lui dit.

Qu'est-ce que tu attend?! Prend Vamp et dégage d'ici!!!....Tout suite!!!

Il se retourna ensuite vers l'homme qui s'était relevé, Khel serra les dents puis ferma les yeux un instant, il trembla un peu puis réouvrit les yeux et planta son épée dans le plancher, un léger sourire ce dessina sur ses lèvres, sourire qui ne lui était pas familié....

Ahh... sa fait longtemps....j'imagine que c'est à toi que je dois sa?

dit t'il en regardant l'homme se diriger vers lui, une haine palpable dans le regard

Et bien je vais te remercier comme il se doit dans ce cas...

Son petit sourire ce transforma en un grand sourire sadique puis Khel fonça vers l'homme et avant même qu'il puisse réagir ses pieds ne touchais déja plus le sol, aggriper à la gorge. Le colosse lui assena un puissant coup au ventre qui lui fit cracher du sang avant de le lancer à travers la pièce. Son vol planer fini sur une armoire qui tomba en morceau à l'impact. Khel s'avança lentement vers lui, toujours le même sourire au lèvres.

Meurs pas tout suite, j'ai pas fini de m'amuser avec toi...
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Lin
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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Dim 26 Oct - 10:04

Lin était spectateur d'une scène qui se jouait devant lui.
Il avait la main plaquée contre son épaule, ouverte sous la fureur d'une dague maniée par un bourreau hargneux et ses yeux emplis de haine étaient fixés sur celui qui avait osé lever la main sur Vamp.
Il ne bougeait pas, il soutenait le regard furibard de l'homme qui venait de le blesser.

Cet homme ...
Il avait frappé sa compagne.
Il lui avait ouvert le ventre.
Il l'avait faite souffrir.
Il était là, devant lui, tremblant d'une rage contenue.

Pourtant le barbu ne bougeait pas. Il n'avait pas peur, il ne redoutait pas l'homme, il n'avait pas la moindre culpabilité à imaginer le tuer.
La douleur qui irradiait de son muscle lacéré ne l'atteignait plus, il ne ressentait rien.
Présent dans cette cabane comme il le serait à un enterrement, il ne ressentait rien.
Rien d'autre qu'un vide emplissant chaque parcelle de son corps. Rien d'autre qu'un gouffre profond creusé à même sa chair. Une sensation d'inexistence pure.
Il était là, absent de son enveloppe corporelle. Seuls ses yeux continuaient d'envoyer des éclairs, seuls les deux orbites de son visage se trouvaient bien là.
Ce vide intense, ce gouffre insoutenable, ce sentiment de mort, d'inutilité ...
Trop, c'en était trop. Il avait déjà vécu cette situation. Il l'avait ressenti maintes et maintes fois. Cette fois-ci était la fois de trop.

Le fracas de l'armoire cédant sous le poids mort du tortionnaire retentit dans le coeur du jeune homme comme un signal de détresse.
Frappé de plein fouet par les battements intenses de son sang à ses tempes, il réintégra brutalement sa personne.
Vamp.
C'était son seul objectif: Vamp en vie hors de cette chaumière aux allures de cimetière.
Portant ses doigts au manche de la dague, il l'arracha d'un coup vif, la dégageant de son épaule, étouffant un cri. Il n'avait pas le droit de se laisser aller à la douleur, quelle qu'elle soit. Physique ou mentale, elle n'atteindrait jamais les sommets connus par Vamp dans ce cabanon.
Retranchant sa douleur derrière l'aversion qu'il éprouvait pour le bourreau de la jeune femme, il s'accroupit à côté du corps inerte et passa un bras sous ses jambes le plus délicatement possible, l'autre soulevant son buste.
Il se releva tant bien que mal, portant Vamp contre lui, et jeta un coup d'oeil au combat qui se passait en face d'eux.
Khel n'avait pas l'air d'être lui-même. Les yeux injectés de sang et le ton de sa voix ne rappelaient qu'une chose à Lin ... Leur combat contre une jeune femme ...
Il n'accorda pas un regard à l'homme étalé dans les débris de l'armoire et se détourna de la scène violente, faisant face à la porte.
Le battant défoncé reposait sur le sol, vestige de leur entrée fracassante dans la chaumière du tortionnaire.
Lin ne s'attarda pas plus longtemps.
Passant le seuil comme il pouvait, enjambant les débris des gonds, il se mit à courir aussitôt que ses pieds touchèrent l'herbe.

Il courait aussi vite qu'il en était capable, s'enfonçant dans l'obscurité étouffante du sous-bois.
Ses jambes le portaient aussi loin qu'elles le pouvaient, le poussant au travers des ronces et des buissons épineux de la forêt sombre qui l'entourait. Des racines affleurantes et tortueuses, des branches basses et nues, des pierres aux bords tranchants et cassants lui rendaient la tâche plus compliquée qu'elle ne l'était déjà.
Mais ce n'était pas la nature obscure et dense qui lui faisait face qui l'empêcherait de mener à bien son objectif.
Il pressait le corps de la jeune femme, inconsciente et dans un sale état, contre son torse, ne prenant pas garde au sang qui commençait à entacher sa chemise. Il ne maîtrisait pas réellement ses pas, les laissant le guider au travers du bois touffu, l'esprit embué de souvenirs, le coeur malmené par des sentiments douloureux et les mains crispées sur la jeune femme qu'il tenait dans ses bras.
Il avait mal, il ne savait pas où il allait et n'avait aucune idée de qui aller voir une fois sorti de ce labyrinthe impossible mais ça ne le dérangeait pas.
Une seule idée tournait et retournait dans sa tête ... Emmener Vamp le plus loin possible de ce cabanon et la maintenir en vie.

Il s'arrêta aux abords d'un mince filet d'eau qui ruisselait faiblement entre les racines des arbres de cette immensité forestière. Il se laisse tomber à genoux, à bout de souffle. Il déposa le corps inerte sur le sol et se força à respirer calmement, faisant fi de ses poumons qui criaient à l'asphyxie.
Ensanglantée. C'était le seul mot qu'on pouvait imaginer à la vue de la jeune femme allongée là, faible petit être noyé sous un tissu taché de sang.
Lin retira sa propre chemise et la déchira, arrachant un long pan du linge qu'il trempa dans l'eau. Faire un garrot et la veiller, jusqu'à ce que ses jambes puissent de nouveau le porter sans trembler ... C'était tout ce dont il était capable à ce moment-là.
Il entreprit de panser les plaies les plus profondes de la jeune femme, mettant à profit sa chemise, serrant le bandage de fortune du mieux que ses bras blessés et fatigués le lui permettaient.
L'oxygène avait du mal à rallier ses cellules, ses poumons n'arrivaient pas à absorber l'air qu'il leur fallait et des points noirs valsèrent devant les yeux du jeune homme.
Il continua de panser jusqu'à ce que son corps le lâche, sombrant dans une inconscience profonde et agitée.
Il continuerait à son réveil.
S'il se réveillait à temps ...
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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Mar 28 Oct - 14:55

Elle n’entendait ni ne voyait rien. Plongée dans l’inconscience, elle ne sentit pas qu’on la souleva doucement. Elle était inerte, telle une poupée désarticulée. La jeune femme ne ressentie que la douce chaleur qui l’enveloppa. Inconsciemment, elle alla se blottir contre la source de cette chaleur. Elle perçut les battement d’un cœur contre sa joue et une respiration saccadée. Mais tout était si flou. Elle finit par s’abandonner dans le gouffre brumeux.

Quelques visages apparurent. Certains souriant, d’autre un sentiment de tristesse sur le visage. Elle tend la main pour les toucher, les soulager de cette souffrance… Mais l’image se brouille.

Vamp revint un instant à la réalité. Les yeux toujours clos, elle laissa ses autres sens l’informer sur sa situation. Les bruits lui étaient familiers… la foret, elle n’était plus dans la cabane. Mais c’était cette odeur qui la troubla. Elle la connaissait, la rassurait, lui faisant venir des images en tête qui, même inconsciente, la fit rougir.. Sa main chercha la chemise de l’homme et s’y accrocha faiblement. La main glissée sous sa cuisse dénudée et sale de sang et de poussière finit par la détendre… Elle sourit et l’inconscience emporta son esprit.

Quelques minutes ? Quelques heures plus tard ? Elle ne le savait. La jeune femme allongée sur le dos ouvrit les yeux. Les nuages passaient, paisibles. Son reflex fut de se relever, mais une douleur dans le bas ventre l’arrêta net. La respiration saccadée, elle tenta de se calmer. Elle avait enduré pire souffrance. Mais ces douleurs n’avaient pas été à la fois la cause et les conséquences de la perte d’un être qui vivait en elle, et qu’elle ne connaîtrait jamais. Et dire qu’elle commençait à s’attacher à cette petite chose et on la lui avait arraché. C’était sa punition pour un passé qu’elle n’avait pas choisit.

L’odeur de terre la ramena à la réalité et elle tourna la tête. C’est alors qu’elle le vit. Un corps allongé à quelques pas. Le temps s’arrêta. Elle n’entendait plus le bruit de la foret, ni ne ressentait la douleur de son ventre. Elle avait reconnu cette silhouette.

Si jamais il…

Elle ferma les yeux. Les rouvrit. Il était toujours là.


- Lin…

Elle entendit à peine sa voix, faible et usée par l’étau qui l’avait serrée pendant plusieurs jours.

- Lin… S’il te plait...

La jeune femme roula lentement sur le ventre. La douleur la déchira. Serrant les dents, elle l’ignora. Il était juste là, à côté d’elle, ne bougeait pas. Impuissante. Elle était impuissante. Un cri de fureur lui déchira la gorge. Ses doigts s’enfoncèrent dans la terre. Elle parvient à le toucher. Son menton retomba sur l’herbe. Ses doigts vinrent effleurer la joue du jeune homme. Elle se ravança plus, oubliant sa faim, sa soif et sa douleur. La peur tordait son ventre en nœuds qui lui donnait la nausée. Avait elle déjà eu aussi peur ? Relevée sur un coude, elle glissa péniblement un bras sous la nuque de Lin et l’attira vers elle. Elle ne voyait que du sang, ne distinguant pas le sien de celui de son épaule blessée. La panique lui faisait perdre la tête.

- Lin… Je t’en prie… T’as pas le droit…

Elle ne ressentait rien. Ne sentait pas sa respiration, l’esprit trop embrouillé. Ne sentait pas non plus son cœur battre, trop paniquée. Elle le sentait froid, ne s’apercevant pas de sa propre froideur. Elle le crut mort et le serra plus fort contre elle, posant sa joue contre son front.

- Tu me laisses pas hein… Je fais quoi moi sans toi ?

Et Vamp pleura. Face à son impuissance et face à la mort. Les larmes roulèrent, brûlantes, salées, disparaissant dans les cheveux de l’homme qu’elle aimait. Ses lèvres trouvèrent sa tempe et l’embrassa doucement. La douleur l’emporta et elle s’écroula, l’humus se mélangeant à ses cheveux noirs. Elle serra le visage de Lin contre elle faiblement, en attitude protectrice, et finit par sombrer, ne voulant jamais se réveiller.

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Serguei



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MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Lun 3 Nov - 13:17

A l'intérieur de la cabane

Il heurta l’armoire et s’effondra sur le sol, les morceaux de bois recouvrant son corps. La douleur ne l’atteignit pas, pas plus que la peur. Il n’avait pas peur de mourir, au contraire, il allait rejoindre sa petite Endielle et pourrait enfin veiller sur elle, comme un frère se doit de veiller sur sa sœur. Seule la vengeance l’avait jusqu’alors rattaché à la vie.

Il leva ses yeux gris sur la scène qui se déroulait devant lui. L’homme à barbe qu’il avait blessé se pencha et prit délicatement le corps de la femme. Il la blottit contre son torse, de façon à ce qu’elle disparue de son champ de vision, comme s’il voulait la protéger de son regard. La fille de Satan lui échappait, mais il s’en moquait à présent. Il savait aussi que ceux de son village s’étaient trompés : cette femme était humaine, de chaire et de sang. Il connaissait la vérité, la jeune femme ayant divagué dans son inconscience fiévreuse. Etait ce réellement la vérité ou non ? Sincèrement, il s’en moquait, tout ça ne lui rendrait pas sa sœur. Il surprit le regard avec lequel le jeune homme regardait la femme. Il mit du temps à comprendre qu’il la regardait avec cette même expression que lui-même avait regardé sa sœur. L’idée qu’il pouvait alors souffrir comme lui avait souffert amena en lui une vague de culpabilité. Il présenta silencieusement ses excuses à l’homme avant de les voir disparaître, engloutis par la forêt.

Un soupire lui échappa, comme si la journée l’avait épuisé. Il passa une main sur son visage et tenta de se relever, sans grand succès. Il se laissa retomber sur le sol. L’homme parla, lui promettant souffrance. Serguei hocha tristement la tête et sortit une courte dague de sa ceinture. Certains trouveraient son geste lâche, mais il estimait avoir assez souffert durant ces trois dernières années. Il redressa la tête et porta la lame à sa gorge. Sa mère lui avait toujours dit, qu’après sa naissance il avait sourit, bien avant son premier cri. Il avait été un homme souriant tout au long de sa vie… et avait finit par perdre ce sourire.

Ses muscles se crispèrent. Un sourire apparut. Crispé, timide. La lame glissa sur sa gorge.


J’arrive petite sœur, tu ne seras plus seule.

Le sang apparut. Chaud, roulant sous sa chemise. Puis le corps s’effondra.
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Khelanor

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Date d'inscription : 28/08/2008

MessageSujet: Re: Lorsque le passé emprisonne une âme   Mer 12 Nov - 14:14

Ses muscles se crispèrent. Un sourire apparut. Crispé, timide. La lame glissa sur sa gorge.[/b][/u]

Khel assistait à ce spectacle sans broncher, un sourire sadique sur ses lèvres

même pas la force de ce battre... pitoyable...

Il s'avança lentement vers le corps, mais soudain il sembla pris d'un violent mal de tête, il posa ses mains sur ses tempes et se mit à crier puis ferma les yeux quelques instants dans un silence de mort. Il rouvrit les yeux et vit le corps qui se vidait de tout son sang, il détourna le regarde, quelque peu horrifié puis une pensé lui traversa l'esprit.

Vamp et Lin! Je dois m'assurer qu'ils vont bien!

Il sortit en trombe de la cabane et se mit à courir à toute vitesse dans la forêt, ne prenant pas garde aux branches qui lui fouettaient le visage. Il courut en suivant ce qui lui semblait être les traces de Lin transportant Vamp dans ses bras. Il courut quelques minutes puis aperçut Vamp, inconsciente, sur le corps de Lin. Il s'avança rapidement puis pris Vamp dans ses bras, elle respira, mais elle était tout de même dans un sale état et le ventre ensanglanté, Khel eut un haut-le-coeur à une idée qui lui passa par la tête, mais le moment n'était pas opportun pour penser à ça. Il s'empressa de donner quelques petites gifles au visage de Lin pour le remettre de ses esprits, celui-ci avait bien du mal à se réveiller. Khel entreprit de soigner sa blessure à l'épaule rapidement et de lui donner une mixture pour le remettre sur pied rapidement.

Une fois le barbu réveiller et sur ses jambes, ce qui prit tout de même quelque temps, ensemble ils la transportèrent jusqu'à leur maison à elle et Lin dans la forêt. Une fois là-bas, Khel s'empressa de regarder les blessures de Vamp. Il redoutait le pire quand il vit ses vêtements pleins de sang, il releva lentement sa chemise pour voir son ventre et eu un malaise profond en voyant la chair coupée de son ventre, il se dit que c'était impossible et il s'empressa d'user de toutes ses connaissances en médecine et herboristerie pour soigner les plaies profondes de Vamp ne voulant pas croire qu'il était mort.... Après quelques heures d'intervention, les blessures les plus sérieuses de Vamp étaient stabiliser, mais son ventre inquiétant toujours Khel, il essaya pendant plusieurs minutes de sentir l'enfant par tous les moyens qu'il connaissait, sans succès... Après plusieurs minutes Khel dut-ce rendre à l'évidence, ils n'étaient pas arrivés à temps pour sauver tout le monde, une tristesse monta en lui qui se transforma rapidement en rage, pas contre Serguei, mais contre lui-même, d'avoir failli à son devoir ainsi qu'un vide intérieur, comme si une partit le lui venait de s'éteindre... puis il se rendit compte qu'il pleurait au-dessus du ventre de Vamp, il reprit ses esprits et fini de soigner Vamp au mieux de ses connaissances. Une fois tous les soins donner, il expliqua, à Lin comment s'occuper d'elle, les yeux noirs et vides, il lui dit de prendre soin d'elle et d'être la pour elle, ce que lui n'avait pu faire... il regarda ensuite une dernière fois Vamp sur le lit puis détourna le regard, ce disant qu'il n'avait pas le droit de mettre les yeux sur elle à présent. Il quitta les lieux, la mine basse et des remords écrasant lui comprimant le torse, un sentiment qu'il n'avait pas vécu depuis longtemps...
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Lorsque le passé emprisonne une âme
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