l'antre des Cuspna

Je voudrais mourir si cela ne vaudrait mieux que de ramper, de s'avilir et se prostituer
 
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 Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs

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Lin
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Mar 27 Jan - 21:01

S'il l'avait su avant même de s'avancer dans l'embrasure de cette porte, son corps le lui rappelait avec une vivacité qui dépassait sa raison, en proie à un trouble grandissant. Il aimait ce jeu. Bien plus que par le désir brut de sentir ce corps laiteux nu entre ses mains, il était mu par l'implacable envie de l'amener au-delà des verrous que la bienséance imposait. Il voulait malmener ses nerfs, aiguiser ses sens et renverser sa conscience. Toutes les frontières qui maintenaient son esprit alerte devaient être brouillées, effacées, diluées. Tous les remparts qui empêchaient sa raison de flancher devaient s'incliner, ployer, s'effondrer. Un unique désir animait son corps à mesure qu'il évoluait contre elle, l'impérieuse nécessité de voir s'évanouir ses résistances et s'alanguir entre ses mains cette sculpture de glace qu'il allait sciemment pousser à l'abandon.

Ses doigts se resserrèrent inconsciemment contre la peau qu'elle avait dénudée, leurs confrères aussi peu détendus entre ceux de la jeune femme. Il n'était pas le seul à poursuivre cette finalité si désirable. L'angle de son cou dégagé du rideau noir qui en empêchait l'accès n'était que preuve de ce qu'elle se défendait avec au moins autant d'agilité qu'il l'assaillait. La naissance de sa nuque n'était plus qu'effleurée par les quelques mèches sombres et il pouvait désormais apercevoir la ligne de son épaule qui courait se jeter dans la vallée de sa manche, chute dissimulée qui ne faisait qu'éveiller les sens du jeune homme.

Son souffle fut interrompu un instant par la déglutition qu'il ne put éviter à sa gorge alors qu'il découvrait la sienne, juste sous la ligne de sa mâchoire. Cette peau diaphane l'avait toujours attiré mais il semblait que son attraction fut décuplée maintenant que son accès y était restreint. Il le sentait dans chaque fibre qui composait sa chair, il avait soif de ce contact. Une soif qui asséchait ses membres, les faisant trembler face à cet oasis aussi réel qu'inaccessible. Un éclair de lucidité fusa alors dans la brume envieuse qui recouvrait la conscience du barbu. Lui refuser son corps était le meilleur moyen de le tenir sous son emprise. Moins il le possédait, plus il le voulait. L'angle de sa bouche s'étira plus finement alors que son sourire s'étendait à ses traits. Cette femme le connaissait sur le bout des doigts.

Les siens relâchèrent la pression qu'ils exerçaient sur l'épiderme nu pour se faire plus légers, presque caressants. Ils glissèrent jusqu'au creux de sa taille, à l'opposé de la courbe où ils s'étaient immiscés et attirèrent cette hanche dans un arc de cercle qu'ils lui firent parcourir avec une lenteur calculée. La paume qui emprisonnait les doigts blancs maintint sa fermeté sur la main féminine alors que le corps de Vamp était forcé à se retourner face à celui du jeune homme. Son bras se trouva alors replié dans son dos, entravé volontairement. Le sourire qui flottait sur les traits de Lin s'ancra plus profondément sur son visage quand ses yeux trouvèrent les siens. Elle était face à lui, un bras prisonnier dans son dos et un buste qui trahissait son souffle plus ample.


Tu oublies que tes yeux te trahissent.

Il aurait voulu que sa voix ne laisse pas tant paraître le désir qui manquait d'inonder son torse. Basse, elle ne s'élevait que dans un murmure rauque mais le tremblement de retenue qui s'entendait sous le souffle court qu'il ne parvenait pas à régulariser révélait l'émotion qui saturait ses membres. Il la désirait terriblement.

D'un genou autoritaire, il fit pression entre ceux dissimulés par l'épais tissu noir de braies inadaptées à leur propriétaire et glissa sa jambe entre les cuisses de la jeune femme. Plus l'envie s'amoncelait entre ses côtés, plus son corps prenait d'assise contre le sien. Il se redressa juste un peu trop pour rester à sa hauteur, gagnant ces quelques centimètres qui lui rappelaient qu'il la dépassait. Son torse se rapprocha dangereusement de son buste. S'il entrait au contact de cette chemise, il savait que le brasier prendrait instantanément. Il ne dut son salut qu'à ses lèvres, plus gourmandes, qui inclinèrent sa nuque et sa colonne vertébrale jusqu'à venir se loger au creux du cou aussi clair que l'aube. Le goût de l'épiderme blanc l'électrisa, lui arrachant un tressaillement incontrôlé. Sa bouche traça un long sillon jusqu'à la naissance de sa poitrine, arrêtée par les quelques boutons qui osaient maintenir le tissu fermé sur son corps. Ses mâchoires se contractèrent, laissant saillir les masséters qui roulaient sous la peau tendue de ses joues. Malgré lui, ses lèvres se desserrèrent juste assez pour laisser échapper le filet de paroles qu'il expulsa dans un souffle.


Tiens-tu vraiment à cette chemise ?

Son souffle était court, rauque d'un désir contenu, ses mains légèrement tremblantes et son corps brûlant. Il n'existait plus rien autour de lui que ce corps à l'attraction irrésistible. Le lieu où ils se trouvaient n'avait plus d'importance et il était imperméable à la dangerosité de ce qu'ils faisaient. Il le savait, il marchait sur une corde raide. Son corps n'était qu'une pâture sèche, prête à prendre feu à la moindre étincelle. A chaque mouvement, il jouait à entrechoquer deux pierres l'une contre l'autre. Elles finiraient bien par donner cet éclat incendiaire. De ses mains caressantes, de ses lèvres gourmandes, de ses gestes mesurés, il tentait de dévier le vent pour que l'incendie se déclare de l'autre côté. Mais l'évidence qu'il tentait d'occulter était pourtant bien réelle. Si le feu prenait, il se consumerait aussi instantanément qu'il l'aurait déclenché.
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Vamp

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Mer 28 Jan - 18:19

Une étincelle s'alluma dans le regard sombre de la jeune femme. Tout le comportement de Lin la réclamait. Elle sentait l'intensité de son désir à travers les quelques centimètres qui séparaient leurs deux corps. Elle ressentait aussi à la perfection les mains fermes du barbu sur sa taille. La situation était dangereuse, tant pour lui que pour elle. Mais la jeune brune avait déjà goûté la frustration une fois entre ces murs, au profit de la raison et de la sécurité. Restée une nouvelle fois raisonnable alors que son corps criait avidement sa soif était trop attendre d'elle.

Vamp savait toujours ce qu'elle voulait. Elle n'était pas des femmes qui minaudaient ou qui changeaient d'avis comme de bas. Et ce qu'elle voulait à l'instant même, c'était Lin, nu entre ses cuisses.

Elle ne recula ni ne protesta. Elle était dans le jeu, elle voulait gagner. Et elle fit face, du défi animant ses iris alors que ses dents mordaient l'intérieure de sa lèvre pour s'empêcher de se jeter sur lui. Un sourcil ironiquement arqué, elle feintait un sang-froid parfait et impeccable. Vamp était droite, fière, noble. Qu'il approche donc, elle l'attendait.

Mais il était séduisant. Impeccablement vêtu, élégant et suintant l'assurance et la force. Il la dominait du haut de sa haute taille, les épaules implacables et droites. Elle n'avait pas besoin de le dévorer du regard pour se rappeler de son corps nu qui ondulait contre elle dans l'obscurité de la réserve. Cette nuit là, il l'avait dominée. C'était à elle de jouer.

Vamp voulait le faire craquer. Elle voulait le pousser aux limites de la raison, elle voulait l'envelopper d'un désir si insoutenable qu'il ne prendrait pas la peine de fermer la porte avant de l'avoir assouvi. Elle voulait lui arracher un soupir rauque de plaisir qui viendrait mourir dans le creux de son épaule pâle.

Il n'était pas question de romantisme. C'était bien plus profond que cela, ancré dans la moelle de Vamp, primaire et insensé.

Mais elle était, une nouvelle fois, trop sûre d'elle. La fourberie de Lin et de son genou l'ébranla assez pour que sa main emprisonnée force pour se libérer. C'était... machiavélique. Délicieusement machiavélique. Un sourire effleura le coin de ses lèvres. Il agissait alors qu'elle n'avait encore fait le moindre mouvement.

Elle allait répliquer mais sa belle assurance vola en éclat. Les lèvres du jeune homme eurent un effet immédiat sur sa peau. Vamp s'oublia, l'espace de quelques secondes. Son corps s'arqua instinctivement, cherchant l'union et la bouche de Lin. Sa tête s'inclina sur le côté alors que ses yeux se fermaient de délice. Ce n'était pas tant les baisers du barbu sur sa peau qui la bouleversaient mais le désir qu'elle comprenait à travers le souffle rauque de son homme.

Ce sont ses paroles qui la sauvèrent de l'abandon. Vamp rouvrit les yeux, sa voix répondant à la question chuchoté par un même murmure, et un mouvement souple de la tête écarta son cou des lèvres perfides.

- Tu poses trop de questions. Depuis quand t'es-tu mué en amant décent et tempéré... ?

La provocation ne s'arrêta pas là. La jeune brune avança son visage, gardant le regard de Lin sous la tutelle de ses yeux veloutés d'obscurité scintillante. Elle ne le toucha pas. Ni son corps, ni sa main ou son nez n'entrèrent en contact direct avec l'épiderme de Lin. Aucun frôlement ou caresse ne l'encouragea. En équilibre sur la pointe de ses pieds pour mieux atteindre le creux de son oreille, le murmure franchit ses lèvres dans un souffle.

- Serais-tu devenu sage... ou pudique ?

Elle avait parfaitement lu dans ses yeux que la plus infime des étincelles déclencherait un brasier dans le torse de Lin. Avec une délicatesse de louve, Vamp pinça subtilement la chair tendre des lèvres du jeune homme du bout de la canine avant que sa langue caressante n'en effleure la marque laissée.

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Lin
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Lun 2 Fév - 16:20

Il avait la sensation d'être pris au milieu d'une tornade. Le bruit sourd qu'imposait le battement de son sang à ses tempes atténuait tous les bruits extérieurs pour ne lui laisser entendre que son propre désir. Brûlant. Croissant. Et particulièrement exigeant. L'impassibilité de la brune lui mordait les nerfs et le poussait lentement contre ses propres limites. Il la désirait si ardemment que c'en était presque douloureux. Il était possédé par cette envie sans fin qu'elle prenait un malin plaisir à ressasser sous ses yeux. Son corps, loin de s'alanguir comme il l'avait cru, s'éloignait du sien avec une distance si infime qu'elle n'était que torture. Vamp ne cédait pas. Elle luttait. Avec des armes bien choisies et terriblement efficaces. Plus ses hanches échappaient à ses mains, plus l'évidence s'imposait à lui. Il cèderait le premier.

Il n'entendit pas les mots que formèrent les lèvres qu'il dévorait du regard. Seul le ton flotta jusqu'à ses tympans, jusqu'à venir lui pincer l'ego. Elle était superbe, drapée dans une fierté qu'il devinait pourtant factice. Elle le harponnait sans vergogne et retournait contre lui tous les subterfuges qu'il avait mis en place. Sa jambe n'était plus pionnière clamant sa propriété entre les siennes mais bien otage des cruelles tentatrices de la brune. Ses mains ne happaient plus que le vide que sa taille avait laissé juste au-devant de lui et la peau qu'il avait sous les lèvres venait de se soustraire à sa bouche. La frustration était maximale. Si intense qu'elle arracha un grognement à la gorge du jeune homme. Aussi bref que spontané, il brisa la litanie incessante de son pouls et ramena Lin à l'irrésistible réalité qui se mouvait sous ses yeux.

Le pincement de sa dent sur sa lèvre fut ressenti avec une force décuplée et il sentit se rompre en lui le filet qui l'empêchait de sombrer dans l'irréversible. Penché au-dessus du gouffre, il était exalté par la perspective qui s'ouvrait avec la disparition de ses dernières résistances. La caresse de sa langue eut l'effet d'une paume frappant entre ses omoplates, le projetant dans l'abîme.

Aussi instantanément que son esprit sombra dans l'épaisse obscurité d'un désir dense, son corps s'avança du pas qui le séparait du sien, intolérable. Ses mains s'emparèrent des pans de la chemise trop longtemps maintenus côte à côte par une série de boutons insolente et s'écartèrent aussi vivement que la tension de ses muscles le leur imposa. Le tissu craqua avant de céder dans un bruit net de déchirure, suivi de près par quelques éclats mats de la chute des petits ronds nacrés sur le sol. Les yeux qu'il planta dans les siens n'exprimaient aucune forme d'excuse. Ils étaient assombris par l'insoutenable brasier qui avait fait partir en fumée toute bienséance et l'ombre d'un sourire satisfait passa dans ses prunelles, une seconde avant que son corps ne plaque le sien contre le mur, juste sous l'étagère qu'elle n'atteignait pas.

Il n'y avait plus aucune trace de la lenteur mesurée qu'il s'était imposé pour tenter de faire flancher la brune. Ses gestes suintaient l'envie et son corps hurlait le désir qu'il ne pouvait contenir. De quelques mouvements brefs, il dénuda les jambes blanches qu'il avait tant fantasmées et s'emplit les paumes de ses cuisses dans un soupir de soulagement. Cet épiderme cessait de se dérober sous des tissus,  daignait enfin abreuver son corps de son contact. Il n'eut pas le temps de songer qu'il devrait le quitter pour se délester des vêtements qui le gênaient aux entournures, la jeune femme avait devancé ses pensées. L'empressement qu'il perçut gonfla son torse d'une fierté mêlée de plaisir, faisant pression sur la poitrine de Vamp.

Son corps tout entier entrait au contact du sien. Ses mains, ses épaules, son torse, ses jambes et jusqu'à son front, toutes les parcelles de lui trouvaient leurs homologues chez elle, les pressaient, les caressaient, les embrassaient. La frénésie qui faisait agir ses membres ne se calmait pas au contact de la brune, elle n'était qu'amplifiée par celle qui semblait exister chez elle. Leurs corps se mouvaient dans une danse primitive où aucun code n'avait sa place, simplement menés par l'ampleur de leur désir. Si un bras usait de force, une jambe répliquait d'emprise. Leurs membres se mêlaient étroitement, leurs mains s'égaraient, titillant, agaçant l'autre. Lin n'était plus qu'une masse vivante tendue vers l'objet de son désir et c'est avec autant de force que de besoin qu'il s'empara d'elle, son bassin autoritaire venu se mouler à la forme du sien.

Il ne laissa s'écouler qu'une seconde avant de reprendre ses droits sur les profondeurs de la jeune femme. Une seconde où le brouahaha de ses tempes se fondit avec celui de leurs souffles courts. Une seconde pendant laquelle ses pupilles se dilatèrent, fichées dans les puits d'obscurité qui leur faisaient face. La sensation qui se déversa dans ses veines pendant cette seconde était bien plus puissante que ce qu'il aurait su exprimer et il laissa inconsciemment son regard trahir ce que ses mots n'auraient su dire.

La seconde d'après, l'un de ses bras se glissait autour de la taille de Vamp pour la maintenir au plus près de lui alors que l'autre le soutenait contre le mur. La sensation qui l'avait empli ne le quittait pas et il s'avançait en elle avec la force qu'elle distillait à ses membres. Sa bouche goûta son épiderme sur chaque parcelle qui s'offrait à lui et ses dents laissèrent leurs trace sur la ligne de son épaule, presque malgré lui. Il sentait les bras de la jeune femme autour de lui, ses mains qui agrippaient son épiderme, ses ongles qui y traçaient sans doute leurs sillons et, loin de s'en trouver importunés, y puisait l'ardeur qu'il lui faisait ressentir à chacun de ses mouvements.

La peau du barbu se recouvrait petit à petit d'une pellicule de sueur qui scellait leurs peaux et son souffle se saccadait à mesure qu'il heurtait le plaisir  pour en repousser les limites. Si ses forces physiques s'amenuisaient petit à petit, celle de son désir ne faiblissait pas. Viscéralement attaché à elle, il avait abaissé tout rempart de raison pour lui laisser voir les sens profonds qui le guidaient, presque animal. Il s'emparait intégralement de Vamp, jusqu'à la posséder entièrement.
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Ven 6 Fév - 16:13

Lorsque Lin la relâcha, la jeune femme se sentît démunie. Sa longue jambe blanche libéra la taille du barbu pour retrouver son appui sur le sol mais, chancelante, Vamp dut se retenir à l'une de ces épaules pour ne pas chuter. Le toucher encore quelques secondes, du bout des doigts, avant de devoir le laisser partir de nouveau... Elle ne voulait quitter ni son étreinte, ni son corps, ni son attention.

Contre le mur de cette réserve, sous cette étagère bien trop haute, Lin venait de la marquer. Il l'avait furieusement possédée avec une autorité et une domination que la jeune brune n'avait pas encore totalement assimilé. Ce dont elle était parfaitement consciente, c'est qu'elle était viscéralement à lui.

L'odeur de Lin recouvrait sa peau. La plus infime surface de son épiderme était imprégnée de l'essence du jeune barbu. Et elle adorait ça.

Lin était viril. Délicieusement puissant. Et c'était son homme.

La jeune brune reprit son équilibre sur ses deux jambes et relâcha à regret l'épaule qu'elle avait mordue un peu plus tôt. Son amant avait réussi à colorer ses pommettes d'un rouge délicat et elle passa une main dans ses cheveux noirs pour les ramener en arrière. Les yeux clos, elle appuya sa tête contre le mur de pierre, laissant à sa poitrine le temps de se calmer et de se gonfler d'air.

Vamp lui avait rendu chacun de ses mouvements et chacune de ses morsures. Elle ressentait la marque des doigts du barbu lorsqu'il avait agrippé ses hanches et l'arôme de sa peau caressait encore ses lèvres. Si elle était parvenue à le faire frissonner, lui avait réussi à lui arracher des gémissements de plaisir qu'elle avait plus ou moins réussi à étouffer dans le creux de son épaule. Entièrement soudée au corps de Lin, elle s'était furieusement accrochée à sa taille, à ses cheveux et à sa nuque, empoignant la chair avec une possessivité de louve.

Elle avait lutté pour prendre le dessus. Ses ongles griffant la peau rosé du jeune homme avaient supplanté des mouvements secs de hanche qui tentaient de reprendre leur domination. Elle avait soif de lui.

Et puis elle avait perdu sa combativité. À mesure que Lin prenait le dessus sur elle, Vamp se faisait plus languissante. Elle se laissa embrasser et dévorer, cambrée autour de la taille du jeune homme, domptée par les frissons qu'il faisait naître en elle et sur son corps. Les muscles de Lin la supportaient pendant qu'elle s'abandonnait, le dos laiteux ondulant à la rencontre du plaisir. Son front avait fini par s'appuyer contre l'épaule du jeune homme alors que son corps se soumettait, brûlant et frissonnant.

Vamp rouvrit les yeux pour observer son homme se rhabiller. Il y a quelques années, c'était l'une des choses qu'elle adorait faire. Lin se réveillait toujours avant elle pour aller travailler aux champs et la jeune brune avait toujours pris un soin tout particulier à épier son corps nu se recouvrir peu à peu de couches de tissu. Mais cette fois là, malgré sa nostalgie, fut différente.

D'une impulsion, elle s'arracha du mur et retira des mains de Lin la chemise qu'il commençait à défroisser. Elle pinça les lèvres pour empêcher le sourire malicieux de s'étirer mais ses yeux sombres parlaient d'eux même.

- Une petite minute encore... Juste une petite minute...

Laissant choir la chemise dans son dos, Vamp passa câlinement ses bras autour du cou qu'elle avait mordu un peu plus tôt. À demi-nue, elle resserra avec taquinerie son corps contre celui à demi vêtu de Lin.

Sous un comportement léger se cachait une angoisse bien pesante. En aucun cas Vamp ne voulait le laisser sortir dans ce couloir feutré. Si leur union ne pouvait être qualifiée de romantique, elle savait qu'ils s'étaient retrouvés dans ce petit espace. Et délicieusement bien retrouvés... Retourner dans ce couloir c'était s'éloigner de Lin.

- Reste encore une petite minute. Si on ferme la porte, on nous verra pas... 'teuplaît, Lin... Juste une minute...

Sa bouche trouva la sienne, langoureuse et fondante comme un filet de miel. La tendresse de Vamp effleura les lèvres du jeune homme avec la sincérité d'une innocence qui jetait le doute sur leur sauvage étreinte vieille de quelques minutes. Irraisonnablement amoureuse, elle l'embrassait comme une petite fille embrasse son premier aimé.

Cela n'arrivait qu'avec Lin. La froideur dont la jeune femme se flattait fondait à son contact. Elle n'en avait que vaguement conscience, mais toute l'attention, la tendresse et l'amour qu'elle refusait au monde, elle en enveloppait voluptueusement le jeune barbu.

Vamp l'embrassa longuement. Très longuement. Sa main remonta le long de sa nuque, ses ongles y jouant délicatement. Malgré l'intensité de ce qu'il venait de se passer, la jeune brune sentait la sensualité que la langue de Lin éveillait couler dans ses veines et éveiller une ardeur nouvelle. Un peu brusque, elle le poussa involontairement contre le mur, sa bouche s'affirmant avec plus d'autorité.

- Mmh bon, peut être un peu plus qu'une minute. Je veux pas qu'tu t'en ailles... Reste encore un peu...

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Lin
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Mar 10 Fév - 9:40

Il haussa les sourcils malgré lui. S'il avait eu encore quelque once de raison pour réfléchir aux réactions qu'il aurait attendues, jamais il n'aurait songé à celle-ci. La jeune femme n'était pas du genre pot de colle et d'aussi loin qu'il se souvienne, elle avait plus tendance à le charrier ou à s'endormir après un tel moment qu'à se montrer aussi débordante d'affection. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il sentait ses bras autour de son cou et il ne put résister à passer les siens autour de sa taille. Ce n'était pas une réaction attendue mais elle était totalement appréciée.

Le corps à demi-nu de la jeune femme reposait contre celui qu'il n'avait pas eu le temps de vêtir entièrement, prenant appui contre le mur voisin à celui qui avait reçu le dos de la brune. Le tissu malmené de sa chemise reposait sur ses épaules et cachait le bas de son dos où les mains du barbu traçaient des cercles incohérents, toutes à leur plaisir de ressentir l'épiderme encore brûlant sous leurs paumes. Son long manteau noir pesait sur l'ensemble, fournissant une excuse presque acceptable au jeune homme pour ne pas retirer ses doigts du creux de ses reins.

Pourtant, il savait qu'ils ne pouvaient pas rester ainsi. Cet état languissant légitime ne devait pas prendre le pas sur ce qu'ils faisaient ici et bien qu'il fut tentant de s'abandonner à l'engourdissement caractéristique qui menaçaient leurs membres et leurs esprits, ils se devaient de se secouer pour retourner à ce qui les attendait au-dehors. A nouveau. Un soupir intérieur souffla sur l'enthousiasme de Lin alors qu'il se redressait contre la surface plane. Retourner voir l'autre abruti alors que Vamp fondait entre ses bras était la pire torture qu'on pouvait lui infliger. Il pesta silencieusement contre toutes les forces qui se liguaient contre la sérénité qu'il ressentait presque, ici, entre quatre murs, dans un calme absolu et la chaleur qui irradiait de ce corps laiteux. D'un geste d'épaule, il se détacha du mur en emmenant la jeune femme dans son mouvement.


Vamp, je suis incorruptible.

Il étouffa le sourire qui menaçait de trahir ce que son ton masquait et entreprit de garder un visage sérieux alors qu'il récupérait la chemise qu'elle avait laissée tomber au sol derrière elle en venant l'appuyer contre ce mur. Le dos courbé, visage face au sol, il se morigéna alors qu'il était hors de sa vue. Jouer les gros bras était la seule solution pour ne pas se laisser emporter par la tentation que représentait la jeune femme. D'un regard, il épia ses chevilles et la courbe de son mollet jusqu'à la naissance de son genou dont le creux à lui seul pouvait le faire frissonner. Elle était terriblement attirante et dangereusement proche. Il déglutit en se redressant pour essayer de garder sa contenance et se retourna, un air vaguement amusé comme seul témoin de ce qui l'agitait véritablement.

Il prit alors conscience que Vamp n'était absolument pas présentable. Dans son élan, il avait fait craqué les coutures de sa chemise et volé en éclat la barrière de boutons qui permettait de la maintenir fermée. Il jeta un oeil à la chemise qu'il s'apprêtait à enfiler et sourit cette fois pour de bon. L'idée lui plaisait énormément. Il s'approcha d'elle avec une assurance non feinte et la débarrassa des quelques couches de tissu qui barraient encore l'accès à son épiderme. Son sourire s'élargit alors qu'il inclinait la tête, un air gourmand sur les traits. Ce corps nu était divinement tentant. S'il s'écoutait, il savait qu'il serait resté là jusqu'à pouvoir y goûter à nouveau. Il s'ébroua dans un accès de conscience et défroissa sa propre chemise pour calmer le flot d'images qui se déversait dans sa boîte crânienne. Il se sentait sur un fil et chaque regard à cette peau immaculée était comme une bourrasque prête à le désarçonner. Pour garder le cap, il se força à se concentrer sur le tissu de sa chemise.


Lève les bras belle brune, tu vas attraper froid.

Il attendit qu'elle s'exécute pour la lui enfiler par la tête et recouvrit son buste du tissu qu'il déroulait sur elle. Un sourire satisfait ponctua son geste et il récupéra le vêtement déchiré qui venait de se faire remplacer.

Ca te va comme un gant.

Il enfila alors la chemise malmenée de Vamp, prenant soin de rentrer les pans usés dans ses braies. Il recouvrit le tout de sa veste impeccable qu'il ferma sur son torse, tira un peu sur les manches pour laisser apparaître un liseret blanc à ses poignets, ajusta son col et épousseta ses épaules. Il hocha la tête comme pour approuver.

A croire que c'est fait pour.

Vamp portait des habits masculins à cause de sa haute taille et même si les manches étaient un peu courtes pour Lin à cause du tissu perdu aux épaules, le vêtement tombait suffisamment proprement pour que l'illusion soit parfaite. Une fois la veste refermée, il était impossible de faire la différence, les quelques boutons du col déjà défaits n'ayant pas été expulsés par les ardeurs du jeune barbu.

Rassuré de voir que l'échange était indécelable, il reprit le contrôle de lui-même et carra les épaules en conséquence.


J'ai un jeune perdreau à éduquer.

L'idée de retourner aux côtés du dindon qu'on lui avait refourgué le mettait en rogne plus assurément que n'importe quel conflit à gérer et il allait grogner quelques inepties à son propos quand une évidence s'imposa à lui.

L'imbécile qu'il avait sur les bras n'était dû qu'à la mauvaise humeur de Vamp quand elle était entrée. Elle lui avait refilé son fardeau sans une once de gêne. L'angle de ses yeux se plissa légèrement, presque accusateurs. Le sourire qu'il tentait d'étouffer un peu plus tôt ourla ses lèvres plus diaboliquement et il s'approcha d'elle avec plus d'assurance encore. Il fallait qu'il lui rende la monnaie de sa pièce.


Et je crois que tu as de la cire à attraper.

Leste, il se déplaça jusqu'aux étagères qui avaient abrité leurs ardeurs et étendit son bras jusqu'à la plus haute d'entre elles. Mais au lieu de s'emparer des bâtons de cire pour les tendre à la jeune femme, il les repoussa sournoisement jusqu'à ce qu'ils butent contre le mur, hors de portée de Vamp. A moins qu'elle ne s'équipe d'une chaise. Monnaie sonnante et trébuchante. Il rajusta sa veste sur ses épaules et déposa un léger baiser sur le front de la brune.

Bonne journée, petite peste.

Il lui décocha un sourire triomphant avant de disparaître dans le couloir, dans le même silence que celui qui l'avait annoncé.
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Vamp

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Lun 16 Fév - 16:27

Une étincelle de fierté brilla dans les yeux sombres de la jeune femme. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas porté l'une des chemises de Lin et elle n'avait pas eu à attendre qu'il ait le dos tourné pour lui en chaparder une. Il était en train de la vêtir lui-même...

Rien n'échappa au regard attentif de Vamp. Des gestes de son amant au frémissement de ses cils. Ces détails s'ancrèrent dans le creux de sa poitrine. Le jeune barbu était attentionné et doux. Une tendresse qui contrastait délicieusement avec les griffures qu'il avait imprimées dans le creux de ses reins. La brûlure qui picotait délicatement l'épiderme de la jeune femme le lui rappelait. Instinctivement, Vamp se rapprocha de lui. Elle était friande de ce contraste qui oscillait sans cesse entre protection et avidité. Elle voulait fondre sa bouche contre la sienne et trouver sa langue avant qu'il ne dise quoi que ce soit.

Mais la réalité de leur situation se fraya un chemin jusqu'à la raison de la jeune brune. Lin agissait sagement et l'évidence de ses gestes acheva de convaincre Vamp de ne pas se jeter sur ses lèvres. Il était rare qu'elle soit raisonnable lorsqu'il était question de Lin et de son corps, mais sa sécurité était, pour Vamp, plus importante que tout.

Elle se détourna donc après un énorme effort de volonté et entreprit de boutonner soigneusement chacun des boutons de son manteau jusqu'au col rigide. Elle releva tout juste les yeux pour être témoin de l'expression machiavélique de Lin. Il était irraisonnablement désirable. Vamp aurait dû se méfier en le voyant faire sa tête de moutard préparant un sale coup. Mais elle ne peut qu'entrouvrir les lèvres sous une nouvelle vague de désir.

Toute ivre de son désir et de son amour, la jeune brune mit une longue minute avant de comprendre ce qu'il venait de faire. Un léger sourire grenadine aux lèvres, c'est son instinct qui accolada son cerveau pour le faire reprendre racine avec la réalité de l'instant. Vamp cligna des yeux avant de s'étouffer d'indignation.

Regagnant de la hauteur, sa colonne vertébrale retrouva sa fière rigidité et ses pommettes leur orgueil.

- Je m'en sortais à la perfection bien avant ton arrivée.

Le ton était acerbe et hautain, mais la manœuvre de Lin ne l'empêcha pas de consumer son fessier du regard alors qu'il reprenait son poste. Et puis... il avait dit qu'elle était belle.

Sa bouche pesta contre lui mais ses lèvres souriaient. C'était vrai ça, qu'elle était plutôt jolie.

Ses yeux sombres se levèrent un court instant sur le haut de l'étagère. Une chaise ? Un... tabouret ? Vamp sentit les poils de ses bras se hérisser d'orgueil. Hors de question.

Elle gonfla ses poumons d'air avant de quitter la pièce. Avec un calme plein de froideur et de rigidité, la jeune femme retraversa le couloir feutré, insensible aux rires de moineaux qui s'élevaient du hall principal. Avec une précision presque militaire, elle s'immobilisa parfaitement entre son collègue et Lin, le menton droit et le regard planté sur l'insupportable bavard. Son visage était lisse de toute émotion et personne n'aurait pu imaginer que ces épaules si droites s'étaient ployées de délice sous les lèvres de l'homme qui gardait les lieux. Homme qui se trouvait à quelques mètres d'elle et qu'elle ignora avec la même perfection.

Lin ne devait voir d'elle que l'angle tranchant de sa mâchoire dont le parallèle franc répondait au col d'ébène de son manteau. Mais pas un frémissement, pas une inspiration trop profonde ne trahit une quelconque reconnaissance. Elle était de glace. Assez pour geler les futures paroles de son partenaire dans le fond de sa gorge avant même qu'elles ne prennent forme.

- Ils ont besoin de cire pour sceller un contrat. La porte au fond du second couloir. Pas un mot ni un regard à quiconque. Pas même une pensée. Maintenant.

Sa main gantée de cuir s'éleva à l'instant même où l'homme amorçait un infime mouvement pour obéir. Ses yeux étaient déjà trop nourris de questions. La voix de Vamp s'éleva de nouveau, légère. Trop légère.

- Il ne s'agirait pas de contrarier une femme comme moi, cela serait regrettable, n'est ce pas ? Tout à fait et profondément regrettable.

Elle attendit que l'imbécile la dépasse prudemment pour saluer Lin d'un regard où le triomphe rendait ses prunelles éclatantes. Vamp inclina très légèrement la tête, comme pour prendre poliment congé d'un collègue qu'elle respectait, alors que ses lèvres articulaient sur un ton faussement anodin.

- Et sans avoir eu à utiliser mes poings... On effleure la perfection, n'est-ce pas ?

Un minuscule clin d'oeil honora le jeune homme de toute son ironie. Vamp, triomphante et superbe.


***

Deux jours plus tard, la porte de la taverne s'ouvrit sur la longue silhouette altière. Elle était seule mais personne ne fit attention à cette nouvelle présence. La nuit était bien trop avancée pour regorger encore de curieux. Et puis ici, tous étaient collègues ou acolytes.

Vamp n'avait pas pour habitude de fréquenter les repères de la main d'oeuvre de Valentin. Mais elle avait vraiment besoin d'un verre... et de ne pas tomber sur Lin. Deux jours qu'elle évitait soigneusement le jeune homme. Et pour cause...

L'endroit puait. D'une odeur âcre qui prenait à la gorge et s'incrustait dans les tissus de l'oesophage en vous donnant l'impression d'avaler ce que vous respiriez. Le sol collait et la bière était d'une qualité plus que médiocre. Pourtant l'atmosphère était chaleureuse et bonne enfant. Homme comme femme avaient le même employeur, personne ne craignait de se faire dérober sa bourse et on savait que l'on pouvait finir ivre mort sous une table sans se réveiller la gorge tranchée. Aucune méfiance ne germait entre les troupes.

La jeune encapuchonnée creva la foule sans le moindre incident, le visage caché mais les traits grimaçants. Trop de monde, trop de bruit et trop d'odeur pour elle. Vamp n'allait pas s'y éterniser. Elle atteignit le comptoir avec le prodige de n'être entrée en contact avec aucun corps étranger dans la foule et se réfugia au bout de celui-ci, le mur à sa gauche et le reste de la pièce à sa droite.

- Un verre d'eau de vie.

C'était bien le moins pour laver l'orgueil de la jeune brune. En témoignait la corolle sombre qui ourlait sa pommette si blanche. Une dentelle bleuâtre ourlée de rouge que mariait parfaitement son menton tuméfié et sa lèvre inférieure délicatement fendue d'une plaie carmin.

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Jeu 19 Fév - 12:26

Elle était beaucoup trop rigide. La ligne de ses épaules n'ondulait pas et la courbe  de chacune d'elle ne frémissait pas. Il y avait une telle fixité dans ce buste que Lin ne s'y trompa pas. Elle luttait. Une infime lueur éclaira les pupilles du jeune homme qui dévoraient la brune. Ce stalagmitisme n'était que pure façade. Le bloc de glace n'était en réalité qu'un bout de guimauve caché sous une montagne de neige. Il ne sut pas vraiment s'il s'en trouva fier ou soulagé. Sans doute un peu des deux. Une étrange chaleur s'invita au creux de son ventre et il feignit de rajuster les manches de sa veste à la longueur de ses bras pour camoufler l'émotion qui grandissait en lui. Cette femme était redoutablement troublante.

Il lui avait fallu une demi-seconde de trop pour détourner les yeux de la pâleur cadavérique qui fustigeait l'insupportable nouveau venu mais il n'y songea même pas. Les yeux fixés sur la porte d'entrée comme pour en scruter les passants, il ne voyait rien d'autre que l'image de ce blanc tranchant sur le noir profond d'un col haut monté. La ligne de l'un qui venait souligner l'autre et l'harmonie sensuelle de ces contours. S'ils n'avaient pas été au beau milieu du hall, il aurait brisé la ligne parfaite du tissu pour venir goûter à l'épiderme qu'il ne recouvrait que trop. Ses lèvres auraient arrondi le paysage et ses mains auraient fait ployé ses hanches. Sa nuque aurait sans doute été soumise à quelques degrés de plus. Et ses épaules auraient fini par frémir.

Prenant pour justification l'entrée d'une fille venue relever une collègue, Lin s'autorisa un mince sourire à ses pensées. Il n'y avait que Vamp pour le détourner ainsi de ses obligations. En près de quatre ans d'absence, rien n'avait jamais égaré ses esprits. Si une mission lui était confiée, il assurait à raison qu'elle serait menée à bien. Aucun argent, aucun parfum pour lui faire changer de cap. Et en quelques semaines à peine, elle le conduisait à des folies qu'il n'aurait même jamais imaginées au milieu d'un travail. Mettre en péril sa couverture pour retrouver ses bras. Attirer l'attention pour préserver sa peau. Il le savait, il aurait pu faire voler en éclat son double-jeu pour évincer définitivement le grand brun qui passait bien trop de temps avec elle à son goût. Elle valait toutes les folies qu'il n'avait jamais supposées.

Il tourna le regard vers le visage de Vamp au moment où ses yeux tombaient sur le sien. L'éclat de fierté mutine qu'il y vit acheva de lui mordre le ventre. A cet instant, il sentit l'ensemble de ses résistances tomber. La dangereuse inclinaison de son torse en direction de la jeune femme n'était que trahison du mouvement qu'il voulait faire. L'attraper pour la serrer contre lui. Chaviré par la masse sentimentale qui venait de lui heurter l'arrière du coeur, il était sur le point de s'abandonner à un geste bien trop intime et complice pour le lieu. Il aimait cette femme comme il n'avait jamais aimé personne et il voulait le lui dire. Maintenant. Tout de suite.

Il ne dut son salut qu'aux talons de la brune et au tour qu'ils lui firent effectuer. Avant que son corps n'obéisse aux injonctions de son palpitant, elle avait disparu dans le couloir d'où elle était venue, aussi évanescente qu'attirante. Il eut grand peine à avaler la salive qui coinçait au niveau de sa gorge et il se fit violence pour enfoncer nonchalamment ses mains dans ses poches. Son torse était bien trop bruyant pour un homme qui n'avait pas fait d'exercice et ses pommettes un peu trop colorées. Sans savoir qu'il venait de tomber amoureux comme au premier jour, il reporta son attention parasitée sur la porte d'entrée, sans aucune efficacité. La journée promettait d'être interminable.



***


Accoudé au comptoir poisseux de ce lieu qu'il commençait à connaître par coeur, Lin pestait intérieurement contre Vamp. Il avait passé deux jours à essayer de la trouver. Pour finir ce que son corps avait amorcé dans ce bordel ou pour essayer de lui exprimer le fatras qui lui servait de coeur ces derniers temps, peu importait. Il avait besoin de la voir. Il s'était retrouvé tout seul face à des émotions qu'il n'avait plus éprouvées depuis longtemps et il n'y avait qu'elle qui aurait pu lui être d'un secours certain.

Mais cette gringalette ne s'était pas montrée depuis plus de quarante-huit heures et la patience du jeune homme commençait à s'effriter. Il avait dû la croiser une unique fois, quand elle avait passé la porte du bordel dans un sens ou dans l'autre mais elle ne s'était nullement arrêtée, n'avait même pas levé les yeux vers lui. Elle était fuyante, engoncée sous une tonne de tissu d'où il ne devinait qu'à peine le bout de son nez. Le reste de son visage disparaissait dans l'obscurité et cela faisait désormais deux jours qu'il ne l'avait pas à proprement parler vue.

Il leva la main pour commander à nouveau un bon verre d'alcool, petit frère des multiples déjà ingurgités. Les mauvaises habitudes ont la vie dure.


Remets-moi un …

Un verre d'eau de vie ? Il n'avait pas eu le temps d'élever la voix qu'une autre avait coupé son élan. La patience rongée du jeune homme par les jours écoulés et les verres vidés ne lui permit pas de prendre sur lui. Il plissa les yeux, l'air mauvais et pivota d'un quart de tour pour dévisager celui qui se permettait de telles familiarités avec l'ordre de passage.

Hé, p'tit bâtard !

Il venait de se redresser pour faire état de sa plus haute taille et sa main vint heurter l'épaule de l'encapuchonnée. Les codes qu'il utilisait étaient ceux connus de toutes les petites frappes à travers les royaumes. Il était plus grand, plus fort. Il allait remettre à la place l'avorton qui se cachait sous son tissu. Sauf que son ardeur fut douchée alors que la capuche glissait doucement par le tremblement imposé par l'impact de son coup de main. La couleur tranchante qui apparut saisit ses pupilles et il dut s'astreindre à un effort incommensurable pour ne pas perdre la hargne de son attitude en reconnaissant Vamp.


On n'est pas chez ta mère ici. Y'a un ordre, tu le respectes.

Le ton agressif qu'il se força à employer était suffisamment convaincant pour que personne ne lève les yeux. Une altercation d'employés assoiffés, ce n'était ni une première, ni une dernière. Il se rassit en faisant face au tavernier à qui il adressa un signe pour signifier son agacement toujours aussi subtilement prétendu. Sa main intercepta le verre qui allait être servi à la brune, dans un vieux réflexe qu'il n'était pas parvenu à maîtriser. Pour l'ensemble de la salle, ce n'était que le dominant qui venait de récupérer ce qui lui revenait de droit. Pour lui, c'était une barrière empêchant la jeune femme de boire. Il détestait qu'elle ingurgite de l'alcool fort. Depuis toujours. Et aujourd'hui n'était visiblement pas un jour différent.

Pourtant, bien plus que l'alcool, un détail l'avait chiffonné quand ses yeux avaient reconnu le visage blanc. Il n'était plus immaculé. Une tâche sombre avait élu domicile près d'un oeil et une entaille rutilante ornait sa lèvre. Les méninges de Lin étaient déjà en marche alors qu'il buvait machinalement une gorgée du breuvage commandé. Il fallait qu'il trouve un moyen de sortir d'ici avec elle. Ne serait-ce que pour savoir ce qui lui était arrivé.
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Ven 20 Fév - 5:41

Vamp ne réagit pas tout de suite, tout simplement parce que jamais elle n'aurait pu imaginer qu'on puisse s'adresser à elle en ces termes. C'était tout à fait stupide. De toutes les âmes présentes dans cette taverne, qu'elle en soit fière ou non, Vamp n'était sûrement pas la bâtarde officielle et encore moins une bâtarde tout court. Si vidée qu'elle était cette nuit là contre le comptoir, elle aurait pu laisser l'incident sans suite et se commander un nouveau verre avec un stoïcisme tout nordique. Mais l'attouchement physique eut sur elle un effet immédiat.

Qu'avaient-ils donc tous à vouloir poser leur main sur elle ces temps-ci ? Elle se redressa pour frapper. La peau glacée par ce contact intrusif pâlissait dangereusement de fureur.

À cet instant, Vamp n'avait envie que de fuir cette civilisation. Retourner dans la forêt, se réfugier dans une petite cabane loin des hommes, du bruit et des tavernes. Par deux fois en deux jours on s'était permis de s'approprier son corps. Ses nerfs étaient tendus et, elle le sentait, ancré dans les recoins tortueux de ses intestin, elle n'allait pas tarder à craquer. Elle avait urgemment besoin de quiétude et d'une sérieuse carence d'humanité.

Elle allait frapper. Le regard noisette qu'elle rencontra gela ses intentions. Une fois encore, Vamp n'était pas une comédienne et il était rare qu'elle parvienne à rester indifférente devant ces yeux-là. Par sa simple présence, Lin lui arrachait le plus souvent un sourire discret au coin des lèvres. Et elle aurait souri, aux yeux de tous ses collègues présents, si la douleur de son visage n'avait pas figé au maximum le moindre tiraillement de ses muscles. Seul l'élancement douloureux empêcha ses traits de s'adoucirent. Sa peau garda la rigidité du marbre.

Vamp laissa le jeune barbu lui ôter son verre sans la moindre réaction, bien trop surprise pour réagir. Jamais, elle n'aurait imaginé le trouver dans cet endroit. Elle en oublia les marques sur son visage, raisons pour lesquelles la jeune femme avait si soigneusement évité Lin ces derniers jours. Un pli contrarié se creusa entre ses sourcils noirs. Non, ça n'allait pas. Pas du tout.

- Certains feraient bien d'y retourner, chez leur mère. Il leur reste visiblement beaucoup à apprendre.

Vamp ne plaisantait pas. D'un geste leste et rapide, elle déroba le verre qui lui était dû et le finit d'un simple mouvement de poignet. C'était de la pure provocation. Depuis le début de leur rencontre, elle savait que Lin n'aimait pas la voir boire. Mais le ton qu'il venait d'employer avec elle n'avait rien arrangé à son humeur irritée. Elle replaça le verre dans la main du jeune homme avec une attention et une minutie pleine de défi avant de se tourner vers le tenancier.

- Le charmant jeune homme m'invite.

Vamp se détacha du comptoir sans un regard de plus à son amant et sortit.



La jeune brune s'était appuyée contre le mur de l'auberge qui faisait face à la taverne, patientant depuis une petite dizaine de minutes. En quittant l'établissement, son bras avait effleuré l'épaule de Lin en une invitation silencieuse. Il la connaissait assez pour savoir qu'elle ne touchait jamais quelqu'un par accident. Surtout pas lui...

C'était une nuit sans lune, sombre et froide. Les rues étaient désertes et seul le ronronnement de la taverne agitée lui parvenait. L'atmosphère de cette obscurité enveloppait Vamp d'un calme familier et rassurant. D'un mouvement devenu réflexe ces deux derniers jours, elle tapota distraitement sa lèvre fendue, imperturbable à la légère douleur qui y pulsait.

Du coin de l'oeil, elle devina la silhouette de Lin qui se détachait dans l'encadrement de la porte. Sans le moindre mouvement de reconnaissance, la jeune brune s'engagea dans une ruelle qui se terminait par un cul-de-sac, attendant patiemment qu'il la rejoigne. Son regard sombre lui tomba aussitôt dessus.

- Joli comportement, toutes mes félicitations.

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Sam 21 Fév - 16:50

Rassure-toi, le tien concourt dans la même catégorie.

Il venait de s'arrêter à sa hauteur, au milieu de la ruelle qu'elle avait empruntée quelques minutes avant lui. Dans l'obscurité ambiante, elle ne pouvait distinguer qu'un léger mouvement sous ses sourcils et la ligne de sa silhouette, à peine plus sombre que le décor environnant. Il faisait trop sombre pour lui permettre d'en voir plus et lui-même se trouvait handicapé par le manque de clarté. Il ne parvenait pas à la dévisager comme il l'aurait voulu et il fut contraint de plisser les yeux pour essayer de déterminer quel contour était celui de son nez et lequel était celui de sa lèvre tuméfiée.

Il l'avait nettement vue alors qu'elle levait le visage pour descendre son verre. L'éclat vermillon tranchait avec le violacé autour, le creux avec la tuméfaction qu'il coupait. Habitué des bagarres, Lin n'avait eu aucun mal à faire le tour des marques qui ornaient le visage d'habitude immaculé et à déterminer leur provenance. Elle s'était battue. Ou plutôt, s'était faite battre. Le soupir qui avait soufflé sur les reliques des émotions du jeune homme n'avait eu pour écho que la porte qui claquait sur le dos de Vamp. Elle était sortie avant même qu'il ait pu esquissé le moindre regard réprobateur. Et il n'avait pu que suivre, avec un intervalle de temps raisonnable pour ne pas être soumis à des associations dérangeantes dans la tête de ses collègues.

Planté au milieu de l'étroite ruelle terminée en cul de sac, il enfonça ses mains dans ses poches pour les soustraire au mordant du froid qui les enveloppait. Une brume blanchâtre, grisonnée par la nuit, s'élevait entre eux au rythme de leurs respirations. Un silence s'installa avant qu'il ne se décide à le rompre.


L'alcool ne t'aidera pas à oublier que tu t'es faite refaire le portrait. Soit tu le régurgites, soit tu m'expliques.

Il n'y avait pas l'ombre d'une menace dans le ton qu'il avait employé. On aurait presque pu y déceler une légère ironie, comme une proposition dont on sait d'avance ce qui va en résulter. Elle était bien trop fière pour s'abaisser à rendre ce que son estomac avait reçu quelques minutes plus tôt et il ne doutait pas qu'elle lève le voile sur l'origine de ses blessures. Pourquoi sinon l'avoir invité à la suivre au-dehors ?

La main qu'il avait senti effleurer son épaule n'était pas anodine. La jeune femme était suffisamment asociale pour qu'il se doute qu'un contact de sa propre iniative signifie quelque chose. Au vu de son attitude, il n'attendait pas de marque de tendresse particulière. Ce ne pouvait qu'être une invitation. Et comme il n'y avait aucun intérêt à se retrouver au milieu d'un froid polaire pour se taire, il savait qu'elle parlerait.

Pourtant, il y avait une nette réprobation sous-jacente à ses mots. Il avait toujours eu en horreur l'image de la brune en train de boire et elle venait de se descendre un verre d'eau de vie, alcool puissant s'il en était. S'il savait qu'elle n'avait pas dû apprécier qu'il intercepte son verre, il doutait qu'elle ait pu le faire simplement par goût de la boisson. Et à cette évidence ne pouvait répondre qu'un seule idée. Elle le provoquait. Ouvertement et sur un terrain qu'elle savait sensible.

Il jeta un oeil par-dessus son épaule pour s'assurer qu'ils étaient parfaitement seuls et s'avança d'un pas vers la fine silhouette de la jeune femme. L'une de ses mains s'appropria sa taille sans attendre d'autorisation alors que l'autre repliait ses doigts sous son menton. D'un geste ferme, il lui redressa le visage pour s'en octroyer une meilleure vue. Vifs, ses yeux parcouraient les traits abîmés avec la concision nécessaire au soin mais il n'en dit mot, se contentant de faire l'inventaire de ce qui nécessiterait son intervention. Calme mais assurée, sa voix s'éleva à nouveau, un ton plus bas maintenant qu'il la maintenait plus proche de lui.


Et n'essaie pas d'inventer une excuse pour ne pas répondre. Je risquerai de m'énerver. Tu sais que ça n'est pas une bonne idée, n'est-ce pas ?

Il lui sourit légèrement, avec une proximité qui trahissait sa satisfaction de la tenir entre ses bras. Mais son corps ne perdit pas la rigidité qu'il lui avait imprimée et si ses mots laissaient entendre qu'il n'était pas dans une colère sans nom, une chose était évidente. Elle ne s'en tirerait pas sans s'être expliquée.
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Lun 23 Fév - 5:58

Vamp plissa les yeux. Elle n'aimait pas du tout les termes que le barbu employait. Ni la familiarité avec laquelle il s'appropriait et sa taille et son visage. Caractériel, son orgueil grogna, les crocs dévoilés. Premièrement, elle pouvait bien boire ce qu'elle voulait. Pourquoi ce qui était visiblement bon pour lui ne l'était pas pour elle ? Royale hypocrisie. Deuxièmement... Eh quoi ? Qu'il s'énerve donc, elle était loin d'avoir peur de lui.

La jeune brune allait impulsivement mais le plus sincèrement du monde l'éconduire avec une sécheresse toute aristocratique. Une femme comme elle ne se faisait pas « refaire le portrait ». Et puis on ne lui parlait pas sur ce ton. Elle s'apprêtait à le renvoyer dans sa taverne moisie... mais le sourire qu'elle rencontra gela ses intentions.

Vamp cligna des yeux, comme si elle sortait tout juste d'un rêve. Comme si une autre personne venait de s'installer dans le siège de sa conscience. Son regard changea. Elle était injuste. Pire, elle cherchait le conflit, l'éclat et la lutte avec Lin. Elle ne désirait que déclencher l'orage pour avoir une très bonne excuse qui justifierait ses futurs hurlements. La jeune brune déglutit alors que son regard perdait de son tranchant. Ce comportement ne lui ressemblait absolument pas.

Honteuses, ses joues prirent une couleur rosée caractéristique. Il était inutile de tourner autour du pot, elle s'était prise une bonne raclée. Une raclée magistrale, royale, sans nom. Une raclée qui avait décalé son orgueil de ses rails. Éviter Lin se révélait maintenant puéril et l'attaquer verbalement stupide. En fait, à y réfléchir, il jouait à la perfection son rôle de compagnon. D'homme. D'amoureux. Son amoureux à elle. Il exigeait des explications sur son absence... Comme un amoureux s'inquiéterait pour elle.

Sans consulter ni le jeune homme, ni même le moindre raisonnement, ses doigts blancs encadrèrent d'une caresse les joues barbues, précédant d'une demi seconde ses lèvres. Son étreinte s'éternisa une longue minute. Vamp ne se blottit pas sensuellement contre lui et son baiser n'avait rien d'avide. Elle n'était pas dans la séduction. Elle épousait ses lèvres avec une tendresse toute veloutée et sa langue câline touchait celle du barbu d'un mouvement soyeux et intime. Un petit message d'amour envoyé.

Calmée, son nez glissa avec douceur contre celui du jeune homme alors qu'un sourire simple étirait les lèvres de Vamp.

- Dommage... Tu serais surpris de savoir l'effet que cela me fait, de te voir en colère. Cette mâchoire serrée, ses yeux assassins... J'en frissonne de délice.

Un clin d'oeil moqueur bénit le sarcasme flagrant de la jeune brune avant qu'elle ne reprenne son sérieux. Sans détour, Vamp expliqua la situation de ces deux derniers jours et l'origine des marques qui souillaient son visage.

La main qui relevait son menton était froide et, inconsciemment, elle l'enveloppa de ses doigts tièdes. Bien que la jeune brune soit une femme particulièrement frileuse – et austère – son corps gardait toujours une température plus élevée que la moyenne. Et Vamp ne plaisantait jamais avec le froid. Son geste, spontané, tenait plus du réflexe que de la tendresse. Elle ne réfléchit pas. Lin avait froid. Ses paumes enveloppèrent soigneusement l'unique main glacée pendant que ses pouces y traçaient des figures erratiques.

- Valentin s'est fait pas mal d'ennemis en étendant son territoire ces dernières semaines. Tes compatriotes ne sont pas réellement heureux d'avoir vu leur gagne-pain chapardé par un inconnu débarqué de nulle part. Et bien entendu, nous le représentons, lui et son autorité. Ils nous sont tombés dessus il y a deux jours.

Vamp grimaça. Même si se confier à Lin était plus simple qu'elle ne l'avait d'abord pensé, lui avouer sa dérouillée n'était pas aussi aisé. Elle dut étouffer les grognements de son orgueil pour continuer son récit.

- Ils étaient six. Et très, très énervés.

Un léger moment d'hésitation la trahit. Du bout des lèvres, elle lui expliqua comment elle s'était retrouvée au sol. Comment des bottes inconnues l'avaient frappée dans les côtés et dans l'os de la hanche. Ca n'avait duré que quelques secondes, pas plus.

- Il s'est vite avéré que mon collègue de substitution disait vrai. Il a en effet tué un homme. En fait, c'est un vrai dément. Il leur a fichu une peur bleue. Je crois que je lui dois l'intégralité de mes côtes.

Vamp passa sous silence l'état dans lequel était son corps sous le long manteau noir. Elle se doutait que Lin arriverait à ses propres conclusions et elle n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet.

- Mmh... C'est stupide... mais je t'ai évité ces deux derniers jours parce que je ne voulais pas que tu me vois dans cet état là. Mais c'est la seule raison, promis, je suis toujours aussi folle de toi et j'ai toujours envie de toi. Et pour de vrai.

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Mar 24 Fév - 6:22

A te comporter comme ça, tu ne risques pas de me voir en colère. Opération ratée.

Délicieusement enveloppé par les attentions de la jeune femme, Lin avait perdu le fil des récriminations qu'il avait à son encontre. Ses lèvres avaient troublé la rigidité de sa nuque, son sourire avait fait fondre ses reproches et ses mains chaleureuses autour de sa paume avaient fait volé en éclat son intransigeance.  En sortant de cette taverne, il était sûr de ses griefs et de leur légitimité. Elle n'avait pas à le provoquer ainsi. Surtout quand elle l'évitait depuis deux jours. Mais maintenant qu'elle était là, si proche qu'il sentait son souffle contre sa gorge, son esprit flanchait. Elle n'était pas si fautive que ça, finalement.

Pourtant, bien qu'envahi d'une tendresse incongrue à son encontre, il ne perdit rien de ses mots et un léger sourire narquois établit domicile sur ses lèvres. Les petites frappes du quartier lui avaient mis une trempe mémorable. Les yeux de Lin parcoururent le visage blanc avec un éclairage nouveau et il les plissa alors que son sourire s'élargissait. Et elle avait été sauvée par cette insupportable pipelette qui lui servait de collègue. Ce lourdaud à la langue haut pendue lui avait sauvé les côtes. Il ne put retenir la raillerie qui lui brûlait les lèvres et ne chercha pas à camoufler le léger rire qui montait dans sa gorge.


Tu lui as dit merci, j'espère.

Les pupilles du jeune homme brillaient d'incrédulité et d'un amusement franc. Ce n'était pas de la moquerie malveillante ou du mépris rieur. Il était sincèrement surpris que Vamp ait pu être secourue par cet être qu'il avait jugé incapable et l'absurdité de la situation le prenait aux côtes. Il savait comme l'orgueil de la jeune femme était douillet et imaginer le visage qu'elle avait dû arborer en se retrouvant face à celui qui lui avait sauvé la mise déclenchait l'hilarité chez Lin. Il était un peu comme un adolescent compatissant pour un ami s'étant écorché la main mais goguenard au vu de la situation.

Il lui fallut quelques secondes pour admettre les faits, secouant la tête malgré tout. Ce devait être douloureux. Tant physiquement que moralement. Reprenant son sérieux, un vague sourire teintant ses traits, il se passa une main dans la barbe qui commençait à nouveau à ronger ses joues. Il fallait qu'il la soigne. Si elle s'était effectivement pris la raclée qu'elle évoquait, elle nécessitait quelques soins, au moins pour apaiser la douleur. Il allait l'enjoindre à la suivre quand ses derniers mots heurtèrent sa conscience. Stoppé net dans son mouvement, il reporta une attention troublée sur elle, les lèvres entrouvertes. Il ne s'attendait absolument pas à de telles paroles. Secoué, il se redressa pour essayer de garder contenance et s'ébouriffa les cheveux. C'était trop d'un coup, il ne l'assimilerait pas en un seul morceau. Il usa donc de détours pour réussir à parvenir à son but.


Tu seras ravie de savoir que je compte à nouveau m'occuper de tes hanches alors.

Le sourire un peu perturbé qu'il lui lança dénotait tout de même la plaisanterie sous ses mots. Mais il était aussi nettement visible qu'il n'était pas insensible à ce qu'elle venait de lui dire. Il lui tendit la main pour l'approcher de lui et ses lèvres vinrent embrasser son front, comme par habitude.

Et moi je te déteste pour de faux.

Incapable de prononcer des mots qu'il n'avait plus utilisés depuis des lustres, il s'appuyait sur des alternatives pour abaisser la pression dans son torse. Il avait conscience qu'ils se libèreraient d'eux-mêmes un jour. Quelques jours plus tôt au milieu de ce hall, ils avaient été à deux doigts de résonner dans un lieu totalement inadéquat. Il ne savait pas ce qui lui fallait ou ce qui lui manquait mais il ne comptait pas leur faire violence.

Il la relâcha maladroitement et évita soigneusement son regard. Il avait l'impression d'être vulnérable, sensation qu'il n'avait pas éprouvée depuis des années. Il se dandina un instant d'un pied sur l'autre avant de se racler la gorge et de se redresser pour feindre l'assurance.


On fait comme pour chez toi. Tu passes par la rue parallèle à la mienne et tu bifurques à gauche. T'arriveras chez moi par l'arrière et tu pourras faire ton entrée par la fenêtre. Je sais que t'en rêves depuis l'autre jour.

Il sourit dans le vide, toujours aussi inquiet de la regarder en face. En l'espace d'une seconde, il avait tourné les talons pour rejoindre le lieu qui lui servait de maison. Sur tout le trajet, il repassa ses mots en boucle sans parvenir à s'expliquer ce qui l'avait tant bouleversé.
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Sam 28 Fév - 16:44

Enveloppée par le froid qui serpentait entre les ruelles étroites, la jeune femme marchait devant elle, d'un pas anormalement lent. D'ordinaire, la silhouette altière s'arguait d'une démarche décidée et déterminée. Mais cette nuit, l'esprit et les pensées de Vamp s'unissaient pour alanguir ses muscles. Elle était singulièrement pesante. Plus étonnant encore, cette lenteur, alors qu'il était entendu que ses pas devaient la mener chez Lin. Quelque chose clochait.

Le barbu n'avait pas eu un comportement normal. Il l'avait laissée planter là, dans cette impasse sombre, sans même attendre la moindre réponse de sa part. Quand à son langage corporel et verbal, il plongeait la jeune brune dans une perplexité psychologique qui faisait pulser un début de migraine contre ses tempes blanches. Les sentiments et comportements humains avaient toujours été un problème bermudien pour Vamp. Qu'elle connaisse Lin n'y changeait rien.

Il était parti sans un regard. Elle avait certes eu droit à un embryon de sourire, mais pas à ses yeux noisette. Et cela dérangeait la grande brune, comme une écharde glissée sous sa peau pâle. Le regard de Lin, c'était une reconnaissance, reconnaissance qu'elle n'avait pas eu. Elle avait fait une bêtise.

Laquelle ? Il n'avait pas eu l'air fâché. Ou en colère. Gêné peut-être ? Gêné. Un sourire de satisfaction étira les lèvres de Vamp. Oui, voilà, de la gêne, c'était ça. C'était tout à fait ça. Elle s'autorisa une longue minute de fierté : c'est qu'elle faisait des progrès fulgurants dans l'interprétation du comportement humain !

Mais pourquoi de la gêne ? Elle était là, il n'avait pas à être gêné de quoi que ce soit. Lin était plus volontiers joueur, taquin ou sarcastique lorsqu'elle était dans les parages. Pas gêné.

La logique psychologique de Vamp commençait à dangereusement s'essouffler, sa patience avec. Un détail pourtant, celui qui lui rappela que le comportement étrange de Lin n'avait débuté qu'une fois qu'elle eut fini de parler. Elle pâlit. Elle n'avait pas fait une bêtise, elle en avait dit une. Troublée, elle ralentit ses foulées. Aussi taciturne qu'elle pouvait l'être, elle avait réussi à troubler Lin avec quelques mots.

Vamp déglutit, une vague de malaise submergeant ses intestins. Elle n'avait articuler que ce qui s'était bousculé à ses lèvres. La pure et plus simple des vérités. Et Lin avait fui. Ses dents pincèrent l'intérieure de sa lèvre inférieure. Elle avait été trop intime. Elle s'était trop dévoilée. Elle était trop amoureuse.

Elle ne pouvait pas en vouloir au jeune barbu. Elle l'avait abandonné pendant trois longues années et osait lui dire toutes ces choses quelques mois à peine après leurs retrouvailles. Elle était stupide. Vamp finit par pincer les lèvres. Il lui fallait plus de retenue.

De la retenue, la grande brune en avait lorsqu'elle passa la fenêtre de la maisonnée. Et elle puisa en elle pour la garder lorsqu'elle fut face au jeune homme, les cheveux parfaitement ébouriffés et la barbe délicieusement tentante. Pourtant Vamp ne broncha pas. La douleur sourde de sa hanche et de ses côtes s'était sournoisement réveillée lorsqu'elle avait dû enjamber la fenêtre. Elle avait envie de se reposer.

- Tu m'expliques ce que je fais ici ?

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Mar 3 Mar - 9:03

Ses sourcils haussés trahirent sa surprise. Ce qu'elle faisait ici ? Il avait pensé être assez clair pour qu'elle comprenne qu'il allait la soigner. Il haussa les épaules en refermant la fenêtre derrière le corps laiteux, prenant soin de fermer les volets pour en occulter les carreaux. Il n'avait pas spécialement de voisins et les rares âmes qui rôdaient dans le coin étaient plus attentives aux bourses qui passaient là qu'aux êtres physiques qui les portaient. Aucune chance que quiconque ne s'intéresse à l'intérieur de chez lui mais c'était un réflexe. Surtout depuis qu'il était entre deux eaux, un pied dans le camp ennemi.

L'obscurité se referma sur la pièce, engloutissant leurs deux corps dans une absence de lumière presque dérangeante. Lin ne s'en aperçut pas, trop habitué au lugubre de l'endroit. Ce n'était pas la première fois qu'il se trouvait entre ces murs peu accueillants avec pour seule lumière l'attrait du canapé défoncé. Il n'embrasa la cheminée que lorsqu'il prit conscience qu'il aurait besoin d'y voir nettement pour soigner les plaies qu'il avait vues et celles qu'il lui restait encore à découvrir. Les flammes montèrent dans l'âtre après quelques crépitements et les ténèbres furent repoussées aussi sûrement que le froid qui engourdissait les lieux chaque journée. Il acheva de se donner l'éclairage nécessaire avec des restes de bougies hétéroclites posés sur des supports plus ou moins adaptés à l'usage.

Il était en train de s'assurer que tous ses outils étaient bien présents sur la table devant lui quand il se décida à rompre le silence qui s'était installé malgré lui.


Ca doit faire deux jours que l'autre pipelette t'as sauvé la mise. Comme je sais que les soins, c'est pas vraiment ton truc, je t'ai ramenée pour m'en occuper à ta place. Enfin …

Il interrompit ses gestes pour tourner la tête par-dessus son épaule et poser son regard sur la jeune femme.


A moins que tu ne tiennes à tes nouvelles couleurs.

Il esquissa un sourire à son encontre, les traits amusés. Vamp et la couleur étaient deux choses bien distinctes dont la miscibilité avoisinait le zéro absolu. Seules quelques situations gratifiaient la jeune femme d'un peu de rouge sur les pommettes mais elles étaient suffisamment rares pour considérer qu'elles étaient étrangères. Et le jeune homme s'en amusait visiblement.

Il acheva de préparer le matériel, en ordre pour les soins qu'il allait prodiguer à Vamp et pivota sur ses talons pour s'approcher d'elle. La ligne de ses épaules dénotait le calme qui l'habitait et la détente de tout son corps trahissait son état. Il se sentait étrangement à l'aise ici, en sa présence. Il ne réfléchissait plus depuis de longues minutes déjà et c'était avec des airs d'habitude qu'il s'avançait vers elle. Quelques années plus tôt, la même scène aurait pu se dérouler au fin fond de leur forêt.

Il leva les mains pour s'attaquer aux boutons de la chemise de la jeune brune sans même s'interroger sur le naturel de son geste. Pourtant, la réalité s'imposa à lui alors que le tissu se dérobait sous ses doigts, répondant au pas de recul que venait d'effectuer Vamp. Incrédule, Lin releva des yeux surpris vers le visage blanc.


Bah… Qu'est-ce que tu fais ?
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Mer 4 Mar - 14:50

Très droite, la jeune brune n'avait pas bougé d'un pouce. Les bras le long du corps, les pans rigides de son manteau encadrant ses hanches, elle se contentait de suivre Lin du regard. Le coin de ses lèvres s'étira discrètement alors que la pénombre s'éclaircissait lentement. Le délicat mouvement des flamme fertilisait l'imagination de Vamp et elle s'y abandonna avec délice. Oui, elle s'imaginait parfaitement les reflets dorés se refléter sur le corps nu de Lin pendant qu'il lui arracherait des frissons d'onctuosité érotique. Oh oui... les fesses de Lin... enrobées de l'ocre délicat des lumières du foyer...

Vamp était déjà loin, rêveuse et très imaginative. Cela faisait deux jours, deux longues journées qu'elle n'avait pas touché le barbu. Une éternité. Une torture physique et psychologique. L'enfer.

Mais la voix de Lin brisa le cheminement de ses désirs et l'obligea à reprendre pied avec la réalité. La soigner ? Cela ne lui avait pas effleuré l'esprit une seule seconde. Pour Vamp, lorsqu'il n'y avait pas de sang, il n'était pas question de prévenance ou de sollicitude. Mais c'était tout Lin.

En temps ordinaire, elle en aurait joué. Elle aurait geint de douleur pour qu'il soit encore plus délicat qu'il ne l'était déjà, et aurait été un peu boudeuse pour qu'il redouble d'attention avec elle. Pourtant, l'idée de devoir se dévêtir devant Lin glaça sa moelle épinière.

- Ca ira. Je n'ai pas besoin d'être soignée. Tout va très bien.

Vamp n'était ni coquette ni féminine. Elle n'était pas non plus pudique et se déshabillait toujours (et très vite) devant son barbu sans aucun problème. Mais cette nuit là était différente. Elle savait parfaitement ce que cachait les couches de tissus et il était hors de question que Lin en soit témoin. Mais son homme était têtu.

- Vamp... Ne sois pas idiote. T'as grimacé en passant cette fenêtre. Tu ne grimaces jamais. Laisse-moi y jeter un oeil. S'il n'y a pas besoin, je ne fais rien.

- Y a pas besoin.

Elle lui avait répondu immédiatement et sans réfléchir. Bien trop spontanément pour quelqu'un comme Vamp. D'abord, parce qu'il était rare que Lin dise son prénom et qu'elle avait peur qu'il ne parvienne à la faire flancher par cette tactique. Ensuite, parce qu'elle commençait à paniquer. C'était une première. Elle savait que Lin avait envie d'elle et craignait que l'état de son corps n'altère son désir pour elle. Il fallait qu'elle trouve une solution, et vite.

- Tu sais que je suis plus apte que toi à le déterminer. Tu peux juste trousser ta chemise si le problème est là mais tu ne sortiras pas sans avoir été soignée.

L'agacement du barbu était palpable. Il perdait patience, obligeant Vamp à se redresser pour maintenir ses positions. Ses sourcils sombres se froncèrent. Il avait raison mais il était hors de question de flancher.

- Je sais beaucoup de choses, oui. Et je sais que tu ne verras pas mon corps. Je vais très bien.

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Ven 6 Mar - 16:00

La rudesse de son constat ébranla le jeune homme. Elle était péremptoire. Ce n'était pas une histoire de fierté ou de douleur mais un choix qu'elle avait fait. Elle ne se montrerait pas sous ses yeux, quand bien même fut-ce pour des soins sans arrières-pensées. S'il avait pu la dévêtir à l'ombre d'un désir dévorant, il n'avait aucun droit sur son corps en dehors de pièces exiguës et de coups de sang. Elle n'était pas à lui.

La mâchoire de Lin se contracta en le comprenant et il laissa retomber ses bras le long de son corps. Celui qui lui faisait face lui était désormais interdit et il ne pouvait rien y faire. Un tel choix ne prendrait son avis en aucun cas. Il ne pouvait que s'y plier, même s'il le détestait. Dans un soupir qui en disait long sur son état d'esprit, il leva les mains de part et d'autre de son torse pour exprimer son abandon. Il n'essaierait pas de la toucher. Il avait compris.


Bon. T'as ce qu'il te faut là. Soigne-toi, je regarde ailleurs, rassure-toi.

Il alla s'adosser à la porte d'entrée pour en barrer l'accès et croisa les bras sur son torse alors qu'il détournait le regard vers les escaliers, à l'opposé de la table où les instruments reposaient en attendant d'être utilisés. Il y avait une détermination dans la rigidité de son corps qui trahissait la blessure de son ego. Cette femme qu'il n'avait cessé d'aimer et qu'il pensait avoir retrouvée se refusait cruellement à se dévêtir pour lui laisser accès à sa peau. Pire encore, dans un contexte où il voulait la soigner. Elle ne devait pas lui faire confiance. Pas suffisamment pour s'exposer amoindrie sous ses yeux. Il retint un soupir en se redressant contre le panneau de bois. Soit. Qu'elle se soigne seule. S'il ne pouvait le faire lui-même, il l'obligeait à le faire elle-même. Elle ne sortirait pas sans avoir amélioré sa condition.

Il garda les yeux posés sur les marches usées et traça des sillons imaginaires dans le bois alors qu'il écoutait d'une oreille ce qu'elle faisait. S'il était respectueux de sa volonté d'être soustraite à sa vue, il ne se gênait pas pour percevoir ses gestes par les sens qui lui restaient. Et la perplexité creusa son front à mesure que le temps s'égrenait. Les bruits étaient complètement inattendus et leur enchaînement ne correspondait pas à ce qu'il aurait dû être. Il songea un instant qu'elle était en train de ranger les outils sans même les utiliser.

Il plissa les yeux alors que l'évidence creusait un chemin jusqu'à sa conscience. Elle ne rangeait rien. Elle n'avait juste pas la moindre idée de comment les utiliser. Le léger sourire qui naquit sur les lèvres du jeune homme était narquois. Elle allait créer une catastrophe. Elle était capable d'appliquer de l'onguent sur une plaie où la suture était nécessaire et poser un bandage là où une simple crème aurait fait disparaître le bleu. Ca allait être un désastre. Un nouveau soupir vint mourir contre sa gorge et il tapa du pied pour signifier son impatience. Il n'allait pas attendre toute la soirée qu'elle fasse semblant de se soigner.


Voilà, c'est bon, je me suis soignée. Dis, tu veux pas préparer à manger maintenant ?

Elle avait sûrement compris que sa patience s'effritait et son intervention permit à Lin de se détacher de l'observation absurde de marches qu'il ne voyait plus depuis longtemps. Son regard fureta immédiatement du côté de ce qu'il avait déroulé sur la table pour essayer de comprendre ce qu'elle avait bien pu faire, curieux. Il s'attendait à trouver des bandelettes à moitié utilisées, de la pommade un peu partout et son visage couvert de soins inadéquats.

Pourtant, rien de tout cela ne parvint à ses rétines. Tout était intact. Un peu moins rangé mais intact. Les bandes n'avaient pas été entamées, les pots n'avaient pas été ouverts, les ciseaux à peine déplacés. Les sourcils de Lin se froncèrent à nouveau. Elle ne se serait pas soignée, du tout ? Le doute vacilla devant la certitude et le jeune homme écarquilla les yeux. Elle n'avait strictement rien fait. Il dut prendre sur lui pour ne pas lever les yeux au ciel et dissimula pour le moment le constat qu'il venait de faire.

Presque docile, il alla tirer d'un placard une miche de pain de la veille et quelques bocaux de victuailles entamées. Il plaça le tout sur la table en silence, rapporta de quoi mettre le tout et invita la jeune femme à s'asseoir d'un signe de tête. Il avait poussé les outils d'un large mouvement de bras vers le côté de la table et l'amoncèlement métallique lui apparaissait comme une montagne de reproches à l'encontre de la brune.

Il resta silencieux encore un long moment, feignant d'être absorbé par la préparation d'une tartine de pâté, les mains calmes, trop calmes. Vamp le connaissait bien et il n'avait pas de doute quant au fait qu'elle parviendrait à comprendre que cette application était suspecte. Il la laissa baigner dans le silence encore quelques minutes. Il ne le brisa que lorsqu'il fut à deux doigts de mordre pour la première bouchée dans la tranche de pain garnie. Ses yeux se relevèrent sur le visage blanc, vifs et railleurs. Le ton de sa voix était du même acabit.


Ca va, l'onguent ne colle pas trop ? Sous le tissu, c'est vite désagréable.

Il y avait trop de sérieux au fond de ses pupilles pour que le message ne soit pas clair. Il avait toute conscience que l'onguent qu'il évoquait n'avait pas bougé de son contenant.
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Lun 9 Mar - 15:01

Un léger soupçon creusa le front de la jeune femme. Son regard noir délaissa la miche de pain pour s'intéresser un peu plus soigneusement au barbu qui lui faisait face. Quelque chose n'allait pas. Elle le connaissait assez pour reconnaître un pépin lorsqu'elle en avait un sous le nez. Ses yeux se firent plus attentifs. Lin était beaucoup trop docile, ses gestes beaucoup trop lents et la construction de sa phrase suspecte.

Si Vamp connaissait Lin, Lin la connaissait à la perfection. Si Vamp arrivait à sentir la suspicion, Lin pouvait sans aucun doute flairer l'imposture. Mais la jeune femme poursuivit dans la plus pure innocence.

Elle avait soigneusement entrechoqué les instruments les uns contre les autres pendant qu'il avait le dos tourné. C'était une tactique imparable. Im-pa-rable. Enfin presque...

- Vamp, va prendre ton bain.

- Nan.

- Je ne t'ai pas demandé ton avis.

- Mais p'pa...

- Maintenant.

C'était injuste et de la pire des inhumanités. D'abord, il faisait encore jour, ce qui signifiait qu'elle pouvait rejoindre Fenrir pour encore une bonne heure au lieu de perdre ce précieux temps à stagner stupidement dans une eau qui n'avait pour résultat que de lui emmêler les cheveux. Elle regarde son géant de père quitter la pièce en toute confiance. Aussi docile qu'elle peut l'être, elle traverse le couloir pour rentrer dans la pièce où son bain l'attend. Avec une hauteur pleine de dédain, elle congédie l'espèce d'idiote à son service, très fière du haut de son mètre vingt. Cette dernière hésite mais plie sous le regard que Vamp a déjà appris à lancer.

Son bain, elle le prendrait pas. Fenrir, il en prend jamais.

Elle regarde autour d'elle. L'eau fumante n'attend qu'elle. Ses yeux se plissent. Hors de question. Absolument hors de question. Elle veut être une pouilleuse, comme Fenrir. Alors elle pense à tout. Des bruits d'éclaboussures à ceux des vaguelettes contre le rebord de la bassine. Elle va jusqu'à inonder le tapis qui recouvre le sol, comme d'ordinaire lorsqu'elle se baigne. Le tout mis en scène avec le plus grand sérieux. Fallait pas la prendre pour une moutonne hein.

Une bonne demi-heure plus tard, son père entre dans la chambre. Son regard noir observe les dégâts sans broncher. Rien d'anormal. Pourtant sa fille avait obéit un peu trop docilement à son goût. Trop docilement pour Vamp.

- C'bon j'ai pris mon bain. J'peux partir ?

L'attention paternelle se tourne sur la mini-femme qui le défit du regard... et sur ses cheveux noirs parfaitement secs. Le grand roux incline doucement sa tête sur le côté, impénétrable, avant d'hocher pensivement la tête. Vraiment, il plaignait l'homme qui partagerait un jour la vie de sa fille unique.

Vamp jubilait. Elle avait réussi à berner son père et ce, royalement. Elle sortit de la pièce, suintant de condescendance et de supériorité.

La jeune femme cligna des yeux. Oui, elle avait bien roulé son père. Il l'avait laissé jouer ce petit jeu un mois durant. Puis un matin, il l'avait prise par la peau du cou et l'avait plongée de force dans l'eau chaude, frottant ses membres graciles avec une brosse dure et avec une insistance telle, que sa peau en était devenue toute rosée. Elle avait été trop honteuse pour verser la moindre larme.

Vamp garda ses yeux sur Lin un court instant avant d'hausser les épaules avec une décontraction parfaite. Elle se leva sans la moindre grimace pour s'emparer du pot de terrine avant de se rasseoir avec la même désinvolture. Se concentrant au maximum sur son tartinage, la tonalité de sa voix gardait trop de réserve, trop de méfiance pour être réellement celle de Vamp. Mentir au jeune homme ne s'avérait pas si aisé qu'elle ne l'avait pensé.

- Mmh oui... Je n'en ai pas mis beaucoup. Je te l'ai dit, je vais bien. T'aurais pas du miel ?

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Dim 15 Mar - 9:12

Et elle persistait. Il dut prendre sur lui pour ne pas hausser les sourcils sous le coup de la surprise. Elle était bien assise en face de lui, à se tartiner une tranche de pain en lui mentant allègrement. Outre le fait qu'elle le prenait pour une buse, il n'appréciait pas l'aisance avec laquelle elle débitait ses foutaises. Au vu du regard qu'il lui avait lancé, il s'était attendu à ce qu'elle capitule et avoue sa dérobade. Pas à ce qu'elle s'obstine dans l'incroyable. Seul le ton de sa voix laissa croire au jeune homme que la décontraction de ses épaules n'était que feinte. Mais il ne comptait pas en rester là pour autant. La buse était après tout un animal de prédation.

Il tendit le bras vers l'amoncellement d'outils et autres ustensiles nécessaires aux soins pour attraper le pot d'onguent immaculé des traces de doigts de la jeune femme. D'un geste naturel, il le poussa vers elle alors qu'elle demandait du miel, son regard n'ayant pas bougé du visage blanc, fixe.


Voilà. Il est neuf, tu vas avoir la primeur de l'ouverture.

Dans un sourcillement surfait, il feignit de prendre conscience qu'il n'avait pas poussé le bon récipient vers elle alors que son regard passait de Vamp au pot de verre et inversement.

Oh... Mince. J'ai confondu. Difficile de faire la différence entre un pot non entamé et un pot non utilisé.

Il lui adressa un sourire d'excuse qui ne portait rien de la désolation. Dans son regard ne régnait qu'une dérangeante insistance, preuve de son intraitabilité. Il savait et elle ne s'en sortirait pas. Elle serait contrainte jusqu'à ce qu'elle avoue.

Il repoussa l'onguent avec le reste des instruments qu'elle n'avait pas utilisé et se leva avec un calme anormal. Ses mouvements étaient calculés à la seconde près et chacun de ses déplacements trop nets. C'était un véritable édifice d'impatience contenue. Ses doigts crochetèrent le placard pour l'ouvrir et s'enroulèrent autour du pot de miel qu'il vint déposer sur la table avec cette même lenteur exaspérante. Ses yeux reprirent l'inspection des traits blafards alors qu'il poussait le véritable pot vers leur propriétaire.


Tu veux que je te montre comment l'ouvrir ? J'ai peur que tu n'en saches rien.

Si la raillerie sonnait sous ses mots, elle ne cachait qu'à grand-peine l'essoufflement de sa patience. Il y avait quelque chose dans cette absence de soins qui exaspérait Lin au-delà de sa propre conscience. Une réaction bien plus profonde grignotait les capacités d'attente du jeune homme à vitesse grand V et il sentait qu'il n'allait pas tarder à lui rugir de se mettre au clair avec les soins dont elle avait besoin. Sous la table, son pied s'actionna nerveusement, secouant sa cuisse dans un rythme régulier. Son regard n'avait toujours pas quitté le visage de Vamp.
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Dim 15 Mar - 12:44

Vamp était aussi immobile qu'une statue de marbre. Ses membres en avaient la rigidité, figés, les avant-bras appuyés sur le bord de la table, les poignets tendus et la colonne vertébrale crispée. Sa respiration même semblait s'être suspendue. Seules ses pupilles sombres s'animaient, uniques témoins de la vie qui résidait encore sous tout ce marbre blanc. Elles avaient suivi les mouvements du jeune homme en en étudiant le moindre détail. La crispation des doigts de Lin qui lui arrachaient d'ordinaire des frissons jusqu'à la tension de son regard noisette à la souveraineté érotique entendue.

Il était en colère. Elle pouvait en humer les vibrations sans le moindre soucis. Aussi immobile qu'une antilope qui sent le prédateur, Vamp faisait face, cillant à peine de peur de déclencher la tempête.

Elle aurait dû s'en douter. Lin n'était pas stupide. Elle allait royalement se faire savonner. À moins qu'elle ne crache pas le morceau. Si elle n'avouait pas, le jeune barbu pouvait toujours râler, il n'avait aucune preuve qu'elle mentait. Absolument aucune. La tête de Vamp bougea légèrement. Non pas pour baisser les yeux en guise de rémission mais pour relever un peu plus le menton vers Lin. Pleine de défi, elle le dominait du regard, la mâchoire impeccablement digne.

Elle était en tort, le savait, l'assumait, mais ne l'avouerait jamais devant lui. Il pouvait la fusiller du regard autant qu'il le voulait et user de sarcasme aussi bon qu'il lui semblait, rien n'arriverait à fissurer sa détermination.

Le pot de miel trônait entre eux pendant qu'une longue minute de silence s'égrenait. Lin n'attendait pas de réponse et il n'en aurait aucune. La jeune brune n'était pas assez sanguine pour répondre lorsqu'on l'attaquait avec ironie. Le duel silencieux s'épaississait lentement sans que Vamp ne le brise d'un seul raclement de gorge. Elle lui rendait un regard tranquille, infaillible et un brin hautain. Il attendait qu'elle craque. Qu'il attende donc.

Elle craqua.

Parce que derrière la brume impérative qu'elle lisait dans ses yeux et derrière le nuage de fierté qui brouillait les siens, la couleur noisette cristallisa sa volonté en une étoile de sucre. Elle oubliait leur sarcasme pour se pelotonner contre leur couleur si douce et si rassurante.

- D'accord, c'est bon ! C'est bon. T'as gagné.

La statue de marbre avait laissé place à la Honte qui se tortillait maladroitement du haut de sa chaise bancale. Les doigts fébriles, Vamp les laissa tripoter les rebords lisses du pot de miel sans l'ouvrir alors que les mots se bousculaient pour briser le silence.

- Je veux pas que tu m'vois nue. Je sais que tu aimes mon corps quand il est tout blanc. Je sais que tu aimes ma peau. Mais ces enfoirés y ont pas été avec le dos d'la louche. J'ai les côtes couvertes d'hématomes. J'suis même plus noire que blanche à certains endroits. J'veux pas que tu vois ça. Parce qu'après, peut être que tu vas plus vouloir de moi. Et moi j'veux pas prendre ce risque. Parce que j'adore quand tu as envie de moi. Et quand tu me coinces contre un mur ou sur une table. Je veux que tu le fasses encore. Et pour encore très longtemps. Tu vois ? Je veux pas que tu me soignes. Je veux que tu continues à me désirer. J'veux que tu continues à me faire l'amour comme tu l'as fait il y a quelques jours. Parce que j'adore ça. Et que bah. Bah c'était délicieux. Vraiment très... enfin... tu vois... Hm.

Elle en avait peut-être « un peu » trop dit. Elle ne le regardait plus depuis longtemps. Lin et elle n'avaient jamais abordé le sujet depuis qu'ils s'étaient retrouvés. Pas même en plaisantant. Mais, une fois de plus, c'était sorti tout seul. Et c'était pas sa faute, il avait qu'à pas lui lancer ce regard.

Maladroite, Vamp leva les yeux pour croiser le regard de son homme à l'instant où son genou venait effleurer le sien sous la table. Un petit geste, intime et timide, qui soufflait des excuses que ses lèvres et son orgueil ne pouvaient articuler.

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Dim 15 Mar - 14:24

Sa jambe s'immobilisa instantanément au contact de son genou. Le tremblement nerveux qui l'agitait quelques minutes plus tôt était relégué au rang de souvenir et l'immobilité s'empara du corps de Lin un instant. Son regard resta dans le sien alors qu'il prenait conscience qu'elle venait de capituler et l'ombre d'un sourire se dessina dans ses pupilles. Elle aurait été incapable de ne sortir que trois mots d'excuses mais elle venait de lui asséner une tirade sur ses envies sans la moindre pudeur. Le coin des yeux du jeune homme se plissa irrémédiablement. Cette femme était totalement anormale. Au sens strict du terme.

La tension qui se faisait filet sur l'impatience du barbu et rétention de son agacement s'évanouit aussi purement qu'elle était apparue et le contrecoup agita le torse de Lin. Il ne put s'empêcher de sourire largement alors qu'il se détendait entièrement et un rire léger s'échappa d'entre ses lèvres. Elle avait chassé toute la colère qui s'amoncelait entre ses côtes en quelques phrases et l'avait retourné aussi sûrement qu'une crêpe au fond de sa poêle. Elle était irrésistible.

Les traits de son visage se défirent de leur rigidité et un soupçon de tendresse vint s'y substituer alors qu'il parcourait le visage de Vamp de yeux devenus bienveillants. Les changements qu'il percevait chez elle de la plus grande raideur à l'abandon total le gonflaient d'un sentiment à son encontre qu'il ne s'expliquait pas mais qu'il ne se lassait pas d'éprouver. Elle représentait pour lui l'idéal féminin. A l'opposé des standards habituels,  il s'était épris de sa singularité et même autant d'années plus tard, il l'aimait inconditionnellement. Le sourire qui étirait ses lèvres se figea légèrement alors qu'il en prenait conscience et il dut s'ébrouer pour se sortir de l'ébauche de léthargie qui s'invitait dans son torse à ce constat.


Mais quelle idiote tu fais…

Le ton de sa voix ne portait qu'une affection à peine voilée, épurée de l'irritation qu'il avait ressentie un peu plus tôt. S'il avait pu prendre le recul nécessaire pour se regarder, il aurait sans doute été surpris de constater comme il était devenu boursouflé par un sentiment plus puissant que lui en l'espace de quelques secondes à peine.

Il repoussa sa chaise pour se lever et contourna l'étroite table sur laquelle les ustensiles se disputaient la place avec les victuailles. Il vint s'appuyer contre le rebord du meuble du côté de Vamp, face à elle et crocheta ses doigts sur le bois. Il baissa légèrement la tête pour la regarder, assise là sur sa chaise comme une gamine prête à se recevoir un savon et poussa légèrement son assise du bout du pied pour lui faire relever les yeux sur lui.


Si tu ne soignes pas tout ça, ta peau mettra encore plus de temps à redevenir du blanc qui me fait autant d'effet. C'est totalement à l'opposé de ce que tu veux, non ?

Il détacha l'une de ses mains de la table pour venir effleurer l'hématome qui colorait sa joue, le bout de ses doigts dérivant à la plaie qui fendait sa lèvre. Un mince sourire naquit au coin de ses lèvres et il releva les yeux sur les siens.

Ta lèvre est abîmée, ça ne m'empêche pas d'avoir fâcheusement envie de l'embrasser. Voire même, de la mordre. Pas une bonne idée et pourtant…

Il accentua légèrement son sourire  et se courba pour venir s'accouder contre le meuble à côté d'elle, faisant cette fois-ci face à sa place vide, le visage à hauteur de celui de la jeune femme sans la regarder, leurs deux profils parfaitement parallèles.

C'est exactement pareil pour tes côtes et leurs bleus. J'aurais quand même envie de les caresser, de les diriger et de les étreindre. Ce serait même bien plus compliqué de m'en empêcher.

Il perdait son regard dans le vide qu'il avait laissé sur la chaise en face à mesure que des images se créaient sous son crâne, s'illustrant à lui-même les propos qu'il tenait. Le corps même tuméfié de la jeune femme se mouvant devant ses rétines l'absorbait suffisamment pour qu'il en oublie de réfléchir à ce qu'il lui disait.

Bien plus compliqué… Ce ne sont pas quelques gouttes de sang retenues sous ta peau qui vont me faire passer l'envie de la goûter, ouh non… Puis, du noir sur du blanc, tu devrais savoir que je n'y résiste pas… C'est du tout cuit… C'est du…

Il cilla légèrement, la flopée d'images qui se déversait sous ses yeux étant trop attrayantes pour qu'il continue de s'exprimer. Une drôle de chaleur s'empara de ses pommettes à mesure que son esprit s'emballait et il finit bientôt par avoir chaud, son corps réagissant à ce que sa tête lui inventait.

D'un mouvement de tête, il finit par s'extraire de son rêve éveillé et tourna un regard échauffé sur la jeune femme, les pupilles un peu trop larges et la gorge un peu trop sèche. Il revenait d'un monde intérieur où ses barrières habituelles ne trouvaient aucunes prises. Il était troublé.


Je t'aime trop pour que des marques altèrent quoi que ce soit, tu comprends ?
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Lun 16 Mar - 11:42

Sa gorge était anormalement sèche. Le visage de Lin était trop proche du sien, beaucoup trop proche pour qu'elle puisse ignorer ce qu'elle lisait dans ses yeux. Vamp s'y laissa submerger alors qu'une délicieuse tension s'enroulait dans le creux de son ventre. Une faim qu'elle connaissait bien commençait à se frayer un chemin entre ses intestins. La faim de Lin, de sa bouche, de son corps. Une faim qui ne s'évanouirait que lorsqu'elle serait nue dans ses bras, brûlante et haletante.

Vamp resta un long moment sans réagir, aussi immobile que la glace pendant qu'elle couvait le barbu du regard. Les paroles de Lin raisonnaient encore à ses oreilles, gravant ses tempes, les marquant au fer rouge. Et c'était une brûlure délicieuse.

Le regard sombre s'égarait alors que la question du jeune barbu restait sans réponse. Ses yeux longèrent l'arrête du nez avant de détailler la bouche de son homme. S'il ne mordait pas la sienne, elle se ferait un plaisir de commencer le repas.

Elle avait envie de lui. Irraisonnablement, une impulsion la poussait à se coller langoureusement contre son torse. Ce n'était pourtant que des mots et un regard. Mais elle le voulait. Elle voulait mordre et savourer.

Sans le moindre contrôle, son corps se pencha lentement vers celui du jeune homme, cherchant le contact du sien, sa reconnaissance et sa souveraineté. Son visage suivit l'impulsion, s'approchant assez près pour que ses lèvres puissent recueillir le souffle de Lin.

Vamp déglutit, surprise et presque effrayée par ce désir qui était à deux doigts d'échapper à tout contrôle. Il fallait qu'elle bouge. Qu'elle dise quelque chose, qu'elle s'éloigne de Lin. La jeune brune déglutit une seconde fois, évacuant le peu de salive qu'il lui restait et cligna des yeux. Elle suspendit in-extremis son geste avant de se redresser avec la même lenteur.

- Je... Je comprends oui. Je comprends très bien. Me soigner. Hm. D'accord. Juste besoin... un bain, avant. Me laver, et après, tu me soignes.

Pas une fois dans toute leur relation Vamp n'avait amorcé un mouvement pour l'embrasser sans aller jusqu'au bout de son geste. Jamais. C'était... bizarre.

C'est bizarre. C'est vraiment pas normal.

Elle se leva, contourna le jeune homme comme on évite un lépreux et lui tourna catégoriquement le dos pendant que ses pas prenaient la direction de l'escalier miteux.

Non, ce n'était pas normal. Vamp ne comprenait pas vraiment ce qui était en train de se passer. Elle était arrivée ici avec la conviction qu'il fallait qu'elle ait plus de retenue envers Lin. Puis elle avait été à deux doigts de se faire royalement engueuler par son homme. Même homme en colère qui avait fini par lui dire qu'il l'aimait. Elle en était là. Elle avait ce désir suave et animal de l'avoir en elle. Et dans la plus absurde des logiques, elle s'éloignait de lui.

Elle était presque arrivée au pied de ces foutus escaliers lorsqu'elle fit brusquement demi-tour. Comme quelqu'un qui vient d'oublier quelque chose, elle revint précipitamment sur ses pas pour retrouver Lin. Emporté par son élan, son corps heurta le buste du jeune homme avec une telle vivacité que le poids des deux carrures élancées fit reculer la table d'une dizaine de centimètres.

Vamp agrippa sa nuque, refermant son poing sur ses cheveux, et l'embrassa comme si elle ne l'avait vu depuis des mois et des mois. La brûlure de son ventre déchira sa chair. Sa langue s'imposa sans courtoisie, éclaboussant bienséance et romantisme pour laisser pleine liberté à l'expression de son désir. Son goût l'enivra assez pour lui arracher un gémissement de plaisir et attiser un peu plus sa soif.

Ses doigts blancs se crispèrent contre le rebord de bois, encadrant involontairement Lin contre la table alors que son instinct l'empêchait raisonnablement de ne pas le toucher de ses paumes. Ce même instinct qui l'arracha à sa bouche. Il lui fallait vraiment un bain d'eau glacée.

- Donc... à l'étage, la salle de bain, hein ? Oui, à l'étage. Hm.

Elle se tapota les lèvres de la main comme seul rempart à l'impétuosité de son corps et grimpa les marches sans se retourner.

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Jeu 19 Mar - 12:34

Et le trouble ne faiblit pas, bien au contraire. Lin était immobile contre le rebord de la table qui s'était vue repoussée de plusieurs centimètres, les ongles enfoncés dans le bois et le coeur galopant dans le torse. Ses lèvres sentaient encore l'assaut de celles de la jeune femme, sa nuque frémissait encore de l'emprise de sa paume. Si l'instant avait été trop brusque pour qu'il ne réagisse, son corps n'avait pas attendu sa conscience et il sentait une chaleur dévorante irradier de son ventre. Celle qui venait de disparaître dans l'escalier branlant avait déclaré un incendie entre ses côtes.

Il y avait quelque chose chez elle d'aussi dérangeant qu'attrayant. Cette façon d'arborer une indifférence parfaite alors qu'elle se consumait ne le laissait pas de marbre. Il adorait se glisser juste au-delà de ses limites pour la voir se rendre finalement et fondre dans la chaleur du désir. Il aimait particulièrement le moment où il parvenait à trouver l'exact mouvement qui la ferait basculer. Ce petit rien qui déclenchait des tornades. Mais il n'avait même pas eu l'occasion d'y songer. Perdu dans ses yeux noirs, il n'avait pas pris conscience qu'elle s'inclinait vers lui et il n'avait pas eu le temps de comprendre qu'elle s'éloignait. Quand l'ébauche d'idée parvint à ses synapses, son épiderme les court-circuita pour en apporter d'autres, bien plus palpables, bien plus délicieuses.

C'était troublant. Inquiétant autant que troublant. Elle avait résisté et finit par abdiquer seule. Il n'avait pas eu à pousser sur une digue ou à crocheter une barrière. Elle s'était battue contre elle-même et s'était battue elle-même. Il n'avait pas déclenché cet accès de folie qui l'avait cloué là contre cette table. Elle s'était embrasée seule. C'était inquiétant. Troublant autant qu'inquiétant.

Un léger froncement de sourcil le sortit de sa torpeur et il s'obligea à se redresser contre le meuble déplacé, toussotant pour essayer de reprendre contenance. Appuyé là, aussi fixe qu'un lapin sous le joug d'un arc, il devait avoir l'air bête. Il fallait qu'il se ressaisisse. Ses yeux se ranimèrent sur l'escalier qu'elle avait déserté et un mince sourire étira ses lèvres.


Un bain, hein… Je t'en foutrais des bains…

Il sourit de plus belle en songeant à la jeune femme immergée jusqu'aux épaules, seule sa nuque émergeant du baquet. Un tressaillement lui descendit le long du dos et il s'ébouriffa les cheveux machinalement. Du calme. Il fallait qu'il se concentre. Si elle était montée, c'est qu'elle acceptait de se faire soigner. C'était son but, après tout. Qu'elle reçoive les soins nécessaires à son état. Pour guérir mieux. Et plus vite. Pour être de nouveau en forme. Pour le travail. Et le reste. Son sourire ne faiblissait pas, insolemment plaqué à ses lèvres. Même absente, elle parvenait à lui faire de l'effet.

Il se retourna vers la table pour récupérer ce dont il aurait besoin pour effectuer ces soins, ramassant parfois un instrument tombé au sol après l'impact de leurs deux corps. C'est qu'elle avait de la force, quand elle s'y mettait. Une force brute qui ne pouvait venir que du fond de ses tripes. Une espèce de désir viscéral. Comme celui qui lui mordait le ventre actuellement. Il secoua la tête. Du calme. De la concentration. Des soins.

Les mains pleines du nécessaire, il tourna les talons pour emprunter le même chemin que celui de la brune et s'obligea à bifurquer dans la pièce voisine à celle où il entendait quelques clapotis diffus. S'il entrait dans la salle d'eau maintenant, ils n'en ressortiraient pas avant un bon moment. Dans un effort conséquent, il poussa la porte de sa chambre et déposa bandelettes et onguents sur le matelas, les ciseaux sur la table de chevet. Il n'avait pas idée de l'ampleur des lésions qui parsemaient le corps immaculé mais il avait l'habitude de soigner des restes de combats. Normalement, il avait tout. Ne manquait qu'elle.

Il prit une profonde inspiration pour essayer de se calmer les sangs et roula sa tête sur ses épaules comme un sportif en préparation. Ne pas perdre contenance. Garder le cap. Elle serait nue, plongée dans un bain. Ses mèches noires seraient sans doute passées sur une de ses épaules. Il aurait pleine vue sur sa nuque, la naissance de son épaule et la vallée qui mène à sa clavicule. Il déglutit. Garder le cap. Ne pas perdre contenance.

Un grognement lui échappa alors que son esprit divaguait à nouveau, élaborant chacun des gestes qu'il pourrait mettre en oeuvre pour l'approcher jusqu'à la toucher. En s'écoutant, il savait qu'il partait vers des contrées plus avancées où l'eau recouvrirait bientôt son propre épiderme. Il secoua vivement la tête en se fustigeant. Du calme ! Là. De la concentration. Bon.

Il carra les épaules et releva la tête, prêt à attaquer cette pièce avec l'indifférence voulue. Détermination avortée alors que son regard entrait en contact avec la silhouette longiligne qui se découpait sur le battant de la porte déjà refermé dans son dos. Vamp, sa peau humide, ses mèches sombres et une simple serviette enveloppant un corps qu'il n'avait de cesse d'imaginer sous ses mains. Terriblement attirante et dangereusement proche. Il serra les dents. Impossible de se concentrer avec une telle vision.


Tu… euh… le bain…

Il soupira en détournant les yeux. Totalement impossible. Il était torturé entre l'envie de la coincer contre cette porte et celle de la renverser sur son lit. Sa conscience n'était même plus présente pour lui soumettre l'idée de la soigner. Il n'y avait plus que ce corps si finement occulté et son désir aussi peu dissimulé. Il s'obligea à déglutir avant de reprendre, les yeux posés sur les siens pour ne pas se perdre sur la longueur de ses membres dénudés.

Viens t'asseoir, je vais m'occuper de toi.

Il ne prit pas conscience de l'équivoque de ses propos, affirmé par la fixité de son regard et la tension de son corps. Il essayait simplement de se contenir au mieux alors que toute sa personne hurlait à l'abandon, en ne prêtant artificiellement que peu d'attention à ses envies et en se forçant à ne pas dévier de son visage. Si ses rétines imprimaient encore une fois la courbe de son cou, il savait que le corps de Vamp aurait à souffrir la marque d'une autre bataille.
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Mar 24 Mar - 15:14

Vamp n'avait pas pris la peine de chauffer l'eau avant de s'y émerger. Manteau, chemise et braies reposaient en boule sur le sol pendant que son long corps grelottait dans le fond de la baignoire. Elle s'obligea à passer de l'eau glacée contre la peau fine de sa nuque pour calmer ses ardeurs et faire fuir les pensées érotiques qui gangrenaient ses membres. C'était une torture inhumaine. Le goût de la bouche de Lin imprégnait la sienne et la chaleur de sa nuque caressait encore la paume pâle.

D'un mouvement sec, Vamp plongea la main incriminée dans l'eau, éclaboussant son visage de gouttelettes pendant que ses pommettes se coloraient. Il fallait absolument qu'elle se calme et qu'elle reprenne le contrôle sur ses désirs. Elle n'était pas un animal, elle était une femme qui pouvait faire preuve d'un sang-froid sans faille. Et Lin n'était qu'un homme. Un homme plus grand qu'elle, plus large, plus fort et au regard qui la transformait en petite fille balbutiante.

La jeune femme grimaça. Cruel coup porté à son orgueil que d'admettre cela, même dans la solitude de la salle de bain obscure. Elle aimait Lin plus que tout, mais si elle en était consciente, reconnaître l'autorité qu'il avait sur elle et sur sa vie était une toute autre affaire. L'image de Valentin s'imposa à elle. Si jamais il apprenait la place qu'occupait le barbu, il ferait d'elle ce qu'il désirait. Absolument tout ce qu'il désirait.

Vamp ferma les yeux avant de s'immerger complètement. Elle y resta de longues secondes, savourant le silence qui hantait l'eau glacée. Il restait quelques heures avant le lever du soleil et elle était en sécurité auprès de Lin. Valentin pouvait bien attendre les premiers rayons de l'aube.

La jeune femme émergea de l'eau, haletante et frigorifiée. Ses doigts tremblaient de froid et les mèches de ses cheveux gouttaient dans un tempo régulier. Seul le bruit de sa respiration et des gouttelettes brisait le silence et Vamp s'y attacha, reprenant lentement le contrôle. Lin allait la soigner, pommader ses hématomes et l'envelopper de ses bras où elle pourrait enfin s'endormir dans le calme et la tranquillité. Et puis il était super amoureux d'elle.

La jeune brune sourit. Elle pouvait bien se contenter de ça, non ? D'un élan souple, elle se leva dans une symphonie d'éclaboussures et enveloppa son corps glacé d'une serviette en frissonnant frileusement. Le craquement des marches un peu plus tôt lui avait soufflé que Lin l'attendait dans la pièce voisine. Lin et son corps tout chaud... Vamp plissa le nez. Penser à la chaleur qui émanait des membres de son homme n'était pas le meilleur moyen pour rester frigide. Et continuer d'y penser l'assurait que ce bain glacé en plein hiver n'avait servi à rien.

Une ou deux grimaces et insultes personnelles plus tard, Vamp refermait la porte derrière elle. Elle croisa le regard de Lin avant qu'une pointe de fierté ne fasse redresser son dos. Son homme, il était vraiment super séduisant. Et la femme qu'il attendait, là, assis sur le lit, bah c'était elle.

Toute vaniteuse à l'idée que cet homme était à elle, un léger sourire étira ses lèvres alors qu'elle s'asseyait à sa droite. Elle se décala légèrement pour lui offrir ses côtes, le regard égaré sur le mur qui lui faisait face. Mais Vamp perdit vite de sa superbe.

Tout chancela à l'instant même où l'index du jeune homme effleura ses côtes, y laissant une trace infime d'onguent. Elle ne le laissa pas finir son geste. Un bain froid n'avait clairement pas suffit.

Vamp réagit comme si sa peau venait de souffrir la piqûre d'un insecte. En l'espace d'un battement de cil, elle renversa Lin sur le dos, la serviette bien vite reléguée à l'état de souvenir, et s'allongea nue contre lui sans l'ombre d'une pudeur.

Tout se passa très vite et avec une brusquerie d'animal affamé. Si la jeune femme était nue et pas lui, elle ne s'en sentit pas un seul instant en infériorité par rapport à Lin. Son instinct premier fut de lui retirer ses vêtements pour avoir pleinement accès à son corps si chaud et si fort. Quelques coutures craquèrent avant qu'elle ne put blottir son buste gelé contre celui du jeune barbu. Ce ne fut que lorsqu'elle fut tout enveloppée de sa chaleur que Vamp se calma en fondant ses lèvres contre les siennes.

Son comportement changea. Ses longues jambes s'entrelacèrent amoureusement en tendrement à celles du jeune homme pendant que sa tête s'inclinait sur le côté. Elle l'embrassait avec une délicatesse de louve et se blottît contre lui comme le plus câlin des félins. Il n'y avait aucun danger à se faire surprendre ou aucune charge à laquelle retourner au plus vite. Ils avaient encore quelques heures avant le lever du soleil et tout le temps devant eux. Et Vamp n'était que douceur...

Elle garda sa position d’ascendante pendant que ses paumes ondulaient sur le torse du jeune homme. Elle adorait son corps. Elle en chérissait la moindre courbe, le moindre creux, et se l'appropriait sans la moindre gêne. La jeune brune avait autant de plaisir à caresser le corps de Lin qu'à sentir les larges paumes du jeune homme parcourir le sien. Il n'y avait plus de barrière entre eux.

La tendresse les enveloppa de longues minutes avant que l'instinct ne reprenne le dessus.Vamp en voulait plus. Un souffle court répondait au souffle impatient des lèvres voisines. Les mèches sombres se mélangèrent à celles du barbu pendant que la jeune brune tentait de faire chanceler les choses en s'habillant d'un comportement plus dominant.

Mais c'était sans compter le caractère de Lin. Avec un délice bien particulier qui lui arracha un sourire énigmatique, elle sentit le bras protecteur et autoritaire du jeune homme s'enrouler autour de sa taille pour l'allonger sur le dos d'une simple pression. Un léger rire effleura les lèvres de Vamp alors que ses omoplates nues s'enfonçaient moelleusement sur la couche. Elle adorait l'avoir au-dessus d'elle et adorait qu'il la domine de ses larges épaules. Et du regard.

Il avait réussi à la dompter d'un simple mouvement. De nouveau câline, elle trouva sa bouche, ses paumes vallonnant contre le dos brûlant de son amant avec un calme suave. Elle s'abandonna aux désirs de Lin, lui laissant son cou, ses hanches et la moindre parcelle de sa peau blafarde. Elle répondait par des griffures et des ondulations impatientes de hanche. Les doigts de Lin hérissaient sa peau de frissons, ses morsures lui arrachaient des gémissements enivrés. Docile et langoureuse, elle répondait à la moindre caresse.

Il ne manquait pas grand chose pour que le jeune homme ne la possède entièrement. Uniquement l'orgueil de Vamp.

L'orgueil en question se réveilla soudainement, assez agité pour forcer sur les épaules de Lin, cherchant à le renverser. Une légère lutte s'ensuivit. Il entravait ses mouvements alors qu'elle cherchait à le déstabiliser. La jeune brune parvenait à peine à prendre le dessus, l'espace de quelques secondes, que Lin la rallongeait sur le dos avec une facilité qui l'irritait autant qu'il la charmait.

Elle allait presque triompher du jeune homme, il ne lui manquait que quelques centimètres pour le renverser sur le dos, lorsqu'un mouvement mesquin et calculé de ce dernier l'amena en elle. Il s'empara d'elle avec une impétuosité et une autorité qui arracha un son de surprise et de plaisir à la gorge blanche. Elle se rallongea d'elle-même, docile et frissonnante. Vamp s'oublia une longue minute, soumise aux impulsions de son homme, complètement domptée. Elle resta sage, savourant le moindre mouvement, le moindre baiser, jusqu'au moment où un frisson plus aigu ne la ranime, réveillant un désir plus instinctif et primaire.

***



Vamp s'éveilla à peine trois heures après avoir sombré dans le sommeil, épuisée. Elle s'était endormie contre Lin mais se réveillait de son côté du lit. Retrouver le jeune homme et la sécurité qu'il lui assurait était encore trop nouveau pour que son instinct méfiant ne l'assimile totalement, et il était assez surprenant pour Vamp qu'elle aie pu s'endormir aussi aisément durant ces trois longues heures. Sans compter que les nuits complètes étaient rares ces derniers temps.

Ses yeux s'ouvrirent sans précipitation. Elle entendait Lin respirer dans son dos et les courbatures qui lançaient déjà ses longues jambes l'assuraient qu'elle n'avait pas rêvé les événements précédents. Tout était d'un calme reposant. Les draps étaient délicieusement chauds et l'odeur du jeune homme recouvrait ses avant-bras laiteux. Le ciel commençait à s'éclaircir mais la pièce restait dans une pénombre tranquille et veloutée.

La jeune brune se tourna précautionneusement sur le côte en se redressant sur son coude, observant le visage du barbu. Si ses yeux brillaient de fierté, son visage restait impassible. Elle n'était pas sûre qu'il soit endormi et il était absolument hors de question qu'il surprenne un sourire d'amante amourachée étalé sur sa frimousse. Son regard sombre tomba sur les marques qu'elle avait laissées sur les épaules et le cou de Lin.

Intense moment d'arrogance. C'était son œuvre, ça. Un sourire dépourvu de toute culpabilité étira ses lèvres. La nuit avait été délicieuse.

Avec une attention toute soigneuse, elle se pencha sur les lèvres de Lin pour leur voler un léger bisou, lorsqu'un détail important frappa son attention. Un détail assez considérable pour la détourner de la bouche de son barbu. Un trésor.

La veste de Lin, échouée dans un coin. Si moelleuse et si chaude... Si imprégnée de l'odeur de son mâle barbu. Elle y pensait depuis qu'elle l'avait vue sur le dos de son homme, dans la grange.

La jeune brune n'hésita pas. Soudainement désintéressée par le sort de Lin, elle le laissa sous ses couvertures pour quitter souplement la couche. T'façon, il dormait, il avait pas besoin d'elle. Complètement nue, elle s'avança jusqu'à l'objet de son attention, la démarche un peu raidie par ses longues jambes endolories. Comme une enfant le matin de Noël, elle s'appropria l'anodin trésor. Dos au reste de la chambre, toute impatiente, elle passa ses bras graciles dans les manches avant que ses omoplates nues ne se lovent contre le tissu. Vamp sourit. Cette nuit était la plus pure des perfections...

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Dim 29 Mar - 9:28

Il était plongé au milieu d'un entrelacs de ronces sans pics, de lianes terrestres entortillées entre elles qui entravait ses mouvements. Il se sentait bloqué sans être menacé et ses muscles s'échauffaient à mesure qu'il se débattait contre la jungle qui s'étalait partout autour de lui. Excédé par la fatigue qui commençait à ronger ses membres, il leva les yeux vers le ciel bordé de nuages molletonneux avec la subite envie d'aller en étreindre un. D'une impulsion brutale au sol, il s'arracha à l'inextricable pour monter en flèche vers l'océan bleu et blanc qui l'attendait de tout son moelleux. Un simple coup d'oeil lui assura qu'il était bien loin du magma florissant. Un sourire s'étala sur son visage. La liberté des nuages. La splendeur du grand espace. Quelques mouvements de nage l'amenèrent au plus gros cumulus et il se jeta dedans comme dans un océan de couette. Il se pelotonna dans les fibres nuageuses et son sourire s'accentua un peu plus.

Lin venait de se retourner sous les couettes, la tête enfoncée dans l'oreiller comme un bienheureux. Le stupide sourire qu'il arborait dans les bras de Morphée était encore un peu déformé par la marque des draps qui cisaillait sa joue et un léger soupir s'échappa d'entre ses lèvres. Totalement inconscient du monde extérieur, il se prélassait dans son monde intérieur, à cent milles lieues du réveil.

Pourtant, la pression sur ses lèvres secoua son nuage et l'obligea à flotter de nouveau dans le néant. Sans prises et avec une envie nulle de retourner dans les ronces, il était dans une position suffisamment désagréable pour ne pas avoir envie d'y rester. Un grognement de protestation lui échappa alors que ses nuages s'éloignaient et il gigota sous la couette pour tenter de les rattraper. En vain. L'inconfort du vide l'avait détaché du sommeil. Il était temps de reprendre pied dans la réalité. Sa joue se déforma sur le tas de plumes sous sa tête alors qu'il baillait à s'en décrocher la mâchoire et il se recroquevilla l'espace d'un instant, dans une ultime tentative de garder ce qui s'échappait déjà.

Ses yeux s'ouvrirent sur la place vide à côté de lui, encore un peu embrumés. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas dormi aussi profondément, d'un sommeil aussi bénéfique. Tout son corps semblait engourdi par la réparation nocturne et il peinait à s'extraire de ce cocon revigorant. Silencieux, il observa l'oreiller esseulé sans vraiment le voir, le creux dans le matelas sans vraiment en prendre conscience. Il sentait une légère raideur au creux de ses reins qui lui fit froncer les sourcils, pas encore totalement revenu. Sensation qu'il n'avait plus éprouvée depuis… Impossible de s'en souvenir. Il étouffa un nouveau bâillement dans le tas de plumes et s'ébouriffa les cheveux d'une main pour finir de se ré-intégrer.

La place vide face à lui percuta enfin sa conscience et le tiraillement dans son dos s'imposa en complément. Cette fois-ci, un sourire chatouilla le coin de ses lèvres. Le sommeil n'avait pas été le seul facteur du rassérènement qu'il ressentait pleinement. Quelques souvenirs de la nuit écoulée s'échappèrent de sa mémoire pour venir colorer ses rétines et il s'étira dans la douce sensation qu'ils lui procuraient, un sourire muet étirant ses lèvres. Il n'aurait pas pu rêver mieux. Le calme qui était le sien ce matin-là avait une saveur toute particulière et il eut un soubresaut d'affection pour Vamp.

Vamp qui n'était pas à côté de lui alors qu'il avait la furieuse envie de la serrer contre lui. Il retint un grognement de frustration en prenant conscience que la place vide n'était pas simplement marqueur de la présence passée de la jeune brune mais aussi et surtout un marquer de son absence présente. Il fronça les sourcils. Elle n'aurait pas quitté les lieux en douce, tout de même ? Un fer brûlant s'approcha de son ego doublé d'une fourche vers ses sentiments. Elle ne lui aurait pas fait ça. Vaguement inquiet de ce que pourrait confirmer son regard s'il ne la trouvait pas, il tourna prudemment la tête de l'autre côté avec l'espoir muet qu'elle se soit juste levée.

L'image qui parvint à lui chassa instantanément toute forme d'inquiétude. Non seulement les mèches brunes étaient présentes au-dessus d'un corps parfaitement blanc, mais elles s'étalaient aussi sur le col d'une veste qu'il connaissait bien. Veste qui s'arrêtait juste au-dessus de formes appétissantes. Les fesses de la jeune femme n'étaient pas couvertes par le tissu. Elles étaient laissées libres dans l'atmosphère environnante, à la merci du regard énamouraché du barbu. Enamouraché et gourmand. Il se passa une main dans la barbe qui commençait à manger ses joues, en fin connaisseur. C'était un appel à la dégustation, ça.

Il repoussa les couettes d'un mouvement de bras et posa ses pieds au sol le plus discrètement possible. Il ne s'était plus réveillé accompagné depuis de longues années et celle qui remettait la chose au goût du jour était la seule qui pouvait lui faire quitter des draps chauds pour un sol frais. Prenant soin de ne pas faire craquer les lattes du plancher branlant, il s'avança jusqu'à elle, se glissant dans son dos sans le moindre bruit. Il glissa ses mains sur la courbe de ses fesses pour s'emparer des muscles tendres et inclina légèrement le visage pour poser ses lèvres au creux du cou laiteux, passant la barrière du col laineux. Sa voix était encore un peu ensommeillée, légèrement plus rauque mais l'intonation railleuse n'en était pas moins décelable.


Dites donc jolie brune…

Il lui grignota le lobe de l'oreille avant de continuer, incapable de se restreindre quand il s'agissait du corps immaculé.

Vous comptez retourner dans votre petite cellule des geôles de la maréchaussée ? C'est du vol en flagrant délit ça.

Ses mains avaient quitté ses fesses pour remonter à sa taille et ses hanches, ses paumes encore chaudes du lit s'égarant sur la peau blanche sans aucune restriction.

Je crains que je ne doive vous dénoncer…

Il affermit brusquement ses prises sur elle pour la faire pivoter entre ses bras et s'avança d'un pas pour la bloquer contre le mur, un léger sourire flottant au coin de ses yeux, le reste du visage impassible, presque navré.


Je ne vois pas d'autres alternatives.

Emprisonnée entre ses bras, il lui interdisait toute fuite bien que ses mouvements restaient libres. S'il disait ne pas voir d'autres solutions, il voyait clairement l'épiderme qui l'attirait tant. Les yeux du jeune barbu parcoururent les traits du visage blanc avant de se perdre sur la ligne de son cou, la naissance de ses clavicules et la courbe de ses seins qu'il devinait se noyer sous le tissu de sa veste. Il déglutit dans un effort de contrôle mais ses mains déjà éveillées peinèrent à rester sages. Attiré, il glissa de nouveau ses doigts sous le tissu pour retrouver sa peau, décrédibilisant quelque peu son personnage.
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Vamp

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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Lun 6 Avr - 16:02

La veste avait un pouvoir tel sur Vamp qu'elle était parvenue à l'arracher à la chaleur des couettes malgré la frilosité légendaire de la grande brune. Le tissu était moelleux, délicieusement chaud et confortable. Orgueilleuse, Vamp redressa son dos, ses épaules se carrant légèrement. Il fallait absolument qu'elle aille réveiller Lin pour lui montrer combien elle était belle. Elle rajusta soigneusement le col, tout comme le faisait le jeune homme, avant d'esquisser une grimace. La veste ne lui donnait pas la prestance qu'elle donnait à Lin lorsqu'il l'avait sur le dos... et qui lui donnait la furieuse envie d'abuser encore et encore de son grand corps de mâle.

Vamp fronça le nez. C'était injuste.

Elle amorça un mouvement pour retirer la veste à regret tout en se retournant, lorsque des mains s'approprièrent ses fesses. Elle n'eut pas un sursaut ni le moindre réflexe impulsif comme elle l'aurait eu d'un touché nouveau et intrusif sur sa peau. Son corps reconnaissait le contact de Lin. Caresse qui provoqua une onde chatoyante de désir et qui ondula jusqu'au creux de son ventre.

Vamp ferma les yeux pendant que son corps se redressait contre celui du jeune homme, sa tête s'inclinant pour lui laisser son cou, sa jugulaire, son oreille, sa peau, tout. Elle était encore bien trop enveloppée dans le cocon du sommeil pour avoir envie de jouer à résister. Les paroles de Lin lui arrachèrent un sourire pendant qu'elle savourait la tiédeur de ses mains câlines.

Toutes les nuits de ces trois dernières années avaient été un enfer pour la jeune femme. Être séparée de Lin l'avait vidée de toute sensibilité, l'avait dépossédée de toute chaleur sentimentale pour ne laisser qu'un grand vide où les vestiges de son bonheur se comparaient aux quelques touffes d'herbes sèches qui craquaient dans une toundra désertique. Jamais elle n'aurait imaginé se retrouver nue dans la chaleur des bras de Lin. Jamais elle n'aurait imaginé qu'il aurait encore voulu d'elle après un tel abandon. Or autant de sensualité, de plaisir et d'érotisme en l'espace de quelques heures la plongeait dans une léthargie proche d'une brume narcotine.

Les mains de Lin étaient délicieusement tièdes et tentatrices. Pas une seule seconde Vamp ne pensa à résister. Et lui faire face souffla sur les volontés orphelines qui auraient éventuellement pu naître.

Il était dangereusement séduisant, encore un peu embrumé par le sommeil, les cheveux en bataille et les pupilles avides. Séduisant et un tantinet attendrissant. Il l'aurait été complètement s'il ne l'avait pas acculée contre le mur. Il avait envie d'elle, elle n'en avait pas le moindre doute. Un sourire taquin effleura les lèvres de la jeune brune.

- Me dénoncer... ? Je suis persuadée que l'on peut trouver un arrangement qui nous convienne... à tous les deux.

Mais le sourire taquin s'était envolé bien avant la fin de sa phrase. Ses mains avaient accompagné ses paroles pour se poser sur le torse nu du jeune homme. Nu, oui, Lin l'était, sous ses yeux, sous ses paumes et sous ses doigts. Les événements antérieurs, s'ils n'avaient pas été démunis de tendresse, s'étaient enchaînés dans la précipitation de la faim et de l'assouvissement. Ainsi que dans la semi obscurité... Là, le jeune homme baignait dans la lumière matinale, et Vamp n'en perdait pas une miette. Il avait changé. Son corps était plus ferme, plus imposant et plus sculpté. Elle ne le regardait plus dans les yeux, son regard sombre caressant la peau du barbu avec une concupiscence de louve. Elle avait faim. Ses yeux ne s'arrêtèrent pas à la ligne de sa taille mais s'égarèrent volontiers plus bas. Elle avait vraiment faim.

Vamp déglutit et leva les yeux sur le jeune homme, toute trace de taquinerie ayant déserté ses traits blancs. Ils ne se concertèrent pas de vive voix. Ils s'étaient compris d'un simple regard. Ni l'un ni l'autre ne s'essaya à une argumentation qu'ils savaient tous deux avortée. Elle l'embrassa avec envie alors que le jeune homme s'inclinait vers sa bouche.

Elle allait le pousser vers le lit mais Lin avait pris les choses en main avant même qu'elle ne réagisse. Il la retourna face au mur. Une seconde de perplexité creusa un pli entre les fins sourcils noirs avant que la chaleur ne l'enveloppe. La veste du jeune homme tomba à ses pieds sans la moindre résistance et la tiédeur de son torse recouvrit aussitôt les omoplates blanches.

C'était une sensation nouvelle. Le corps de Lin appuyé contre son dos et ses mains qui recouvraient généreusement le reste de ses membres. Sans réfléchir un seul instant, elle s'abandonna. Le chatouillement de sa barbe effleura l'angle de son épaule jusqu'au creux de son cou, lui arrachant un tressaillement d'envie. Déjà, elle en réclamait plus.

Elle voulut se retourner pour lui faire face, grisée par le contact de son corps nu contre la rondeur de ses fesses et par le souffle qui serpentait derrière son oreille. Vamp n'était satisfaite qu'une fois le barbu en son entière possession, une fois qu'il s'était sensuellement logé en elle et qu'elle l'avait entre ses bras. Pourtant une légère pression sur ses hanches l'empêcha de se retourner pour lui faire face. Instinctivement, elle voulut forcer contre ce nouvel obstacle mais une subtile douleur l'électrisa. Lin venait de la mordre, pinçant délicatement la peau de sa nuque entre ses dents. Elle n'eut pas le temps de sourire sous ce petit plaisir qu'il s'était subtilement glissé en elle.

Le mordillement associé à cette sensation nouvelle lui arracha un gémissement de plaisir. C'était inaccoutumé, nouveau et surprenant. Et c'était bon. Beaucoup trop bon. Vamp sentit sa volonté et ses forces s'envoler. Son seul objectif était de restée debout pour que Lin poursuive ce qu'il avait commencé. Et qu'il ne s'arrête surtout pas. Jamais elle n'avait été si passive. Les yeux clos, sa nuque se reposait contre la courbe de son épaule pendant qu'elle subissait avec délice ce que le jeune homme lui imposait.

Rien ne parvenait à l'atteindre, ni ses jambes qui commençaient à fatiguer, ni le souffle rauque du barbu. Pas même les éclats de voix qui lui parvenaient des rues commerçantes tout juste éveillées pendant que Lin la possédait dans son dos.

Sa nuque était moite de désir et ses tempes brûlantes d'un plaisir qui l'ébranlait. Ses orteils se crispèrent sur le sol de bois, comme pour garder ancrage avec la réalité. Un frisson plus intense l'obligea à tendre le bras pour s'appuyer contre le mur qui lui faisait face. Les doigts crispés contre la pierre, Vamp atteignit les limites de la jouissance avant de les franchir, secouée par un spasme qui griffa délicatement ses phalanges sur la roche. Les mouvements de Lin lui avaient arraché un gémissement proche de la supplication et elle en frissonnait encore. Il n'y avait plus rien de la jeune femme froide et hautaine.

À bout de souffle, le corps brûlant, Vamp reprit subitement contact avec la réalité. Le corps de Lin contre son dos, un éclat de rire dans la rue et ses jambes qui se dérobaient de fatigue sous son poids. Elle chancela mais le bras du jeune homme s'enroula autour de sa taille pour l'empêcher de chuter. Épuisée, un sourire dont seul le mur était témoin aux lèvres, elle laissa son front s'appuyer contre la pierre froide, reprenant lentement son souffle et ses esprits.

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Lin
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MessageSujet: Re: Le grand presque-blond avec la jeune femme aux cheveux noirs   Jeu 9 Avr - 15:10

Son souffle brûlant inondait la rondeur de l'épaule blanche alors qu'il laissait reposer son front contre les mèches brunes de la jeune femme, moite de sueur. Il avait étendu un bras pour se soutenir contre la pierre murale, la paume bien à plat sur la rugosité du matériau. Ses genoux s'étaient bloqués pour éviter à ses jambes de succomber à l'appel du repos et son second bras entourait la taille de Vamp tant pour la soutenir que pour la maintenir contre lui. Immobile, il baignait dans une torpeur bien particulière qui étira un sourire sur ses lèvres sèches.

La sensation était divine. Elle coulait dans ses veines comme un vin chaud dans la gorge d'un bienheureux au milieu d'un froid glaçant. C'était tout à la fois vivifiant et apaisant. Chaque pulsation de son coeur renvoyait le message sanguin à ses tempes et l'entêtant brouhaha le maintenait dans un état proche de la léthargie. Il sentait le parfum de la jeune brune qui l'enveloppait délicieusement, sa chaleur qui communiait avec la sienne et le poids de son corps appuyé juste là, devant lui. Rien n'aurait pu le distraire d'elle à ce moment-là. Pas même le léger filet d'air qui s'infiltrait sous la porte à chaque mouvement dans le couloir. Elle accaparait toute son attention sans même la réclamer.

D'un faible mouvement, il redressa le visage pour glisser son nez entre les mèches sombres, son sourire irrésistiblement allongé par l'odeur qui s'en dégageait. C'était parfaitement Vamp. Il s'avança d'un pas pour la presser doucement contre le mur, libérant ainsi son bras. Caressante, sa main retrouva les contours qu'elle avait parcourus avec avidité quelques instants auparavant, traçant ci et là des chemins imaginaires du bout de l'ongle. Le contact de sa peau était addictif. Il ressentait l'impérieux besoin de ne pas s'en éloigner et chaque frôlement, loin de satisfaire sa gourmandise, l'attisait. L'arrondi d'une hanche, le plat d'une côte, le creux de son sternum rivalisaient de tentation sous les doigts du jeune homme. Il glissa ses doigts sur chaque parcelle offerte à lui, enroba les reliefs découverts de ses paumes brûlantes. Il pressait parfois l'épiderme au creux de ses mains quand un regain d'émotion courait le long de ses nerfs fatigués, lui rappelant combien il aimait sentir son corps en sa possession.

Il n'eut qu'à avancer à peine le visage pour glisser sa joue le long de la sienne en une lente caresse rugueuse alors que son torse se soudait à ses omoplates dans une chaleur enveloppante.


J'ai entendu tes plaintes…

Le sourire qui occupait ses lèvres courut le long de la joue blanche alors qu'il passait le bout de son nez sur la pommette de la jeune brune.

… mais je n'ai pas saisi un seul mot.

Il redressa le visage pour venir grignoter le relief osseux. Le goût de l'épiderme légèrement salé par l'effort électrisa sa langue. Attisée, elle dévia le long de la joue  immaculée, difficilement rasatiable. L'avoir aussi étroitement en sa possession grisait Lin et il se perdit dans ses caresses, en oubliant ce qu'il déblatérait. Le front de Vamp reposait contre son bras tendu et elle restait offerte à ses paumes, à sa bouche, à son corps sans esquisser le moindre geste pour s'y dérober. Et le corps de Vamp n'était pas une drogue dont Lin savait se sevrer aussi aisément.

Il ne parvint à redresser la tête que lorsque le soleil baigna la nuque blanche, exacerbant la trace rouge que lui avaient imprimée ses dents. Une certaine fierté gonfla sous le pectoral du jeune homme alors qu'il finissait enfin par se redresser. La pulpe de son pouce effleura la morsure d'un simple mouvement avant que ses lèvres ne la recouvre. Ca n'avait été qu'instinctif mais l'évidence n'échappa pas au barbu. Cette nuque était à lui. Il sourit de nouveau contre elle et se décida à tourner la tête vers la fenêtre, ébloui par le soleil déjà bien avancé au-dessus des clochers.


Dis...

Une certaine résignation pouvait s'entendre dans son ton, mêlée d'une douceur qu'il n'avait plus eue à l'égard de quiconque depuis de nombreuses années. Il passa une main légère le long de son dos jusqu'au creux de ses reins et s'empara de sa taille à nouveau pour la faire pivoter entre ses bras. Ses yeux retrouvèrent les siens aussi naturellement que ses mains avaient pris ses hanches mais un semblant d'embarras vint voiler les pupilles masculines. Et ce n'était pas seulement parce qu'il fallait lui annoncer qu'il était l'heure de partir travailler.

Il libéra une de ses mains pour se la passer sur la nuque alors qu'il détournait les yeux malgré lui, une légère gêne dans le regard. Jamais il ne lui avait imposé quelque chose comme il l'avait fait là. L'autorité dont il avait fait preuve n'avait pas semblé déranger la jeune femme alors qu'elle bouillonnait entre ses bras mais il n'était pas tout à fait sûr qu'elle ait apprécié l'instant autant que lui. Ses dents s'actionnèrent machinalement sur l'intérieur de sa joue et il se racla la gorge pour essayer de garder contenance alors qu'il se forçait à relever le regard sur les deux yeux sombres levés vers lui.


Pourtant, saisi par ce regard qui le perturbait comme aucun autre, il ne parvint pas à finir sa phrase et dévia l'impulsion de sa gorge pour éviter de passer pour un idiot.

… t'as faim ?

Comme pour justifier l'absurdité de sa demande, il embraya sans réfléchir.

Ca va être l'heure de s'y mettre, mieux vaut avaler quelque chose avant. 'fin, je pense. La journée risque d'être longue.

Son esprit pensa plus vite que ses lèvres et un "Très longue" suivit alors que l'idée de passer autant de temps sans la voir après ça se frayait un chemin jusqu'à sa conscience. D'autant plus qu'il allait devoir passer voir Larson. Ce qui rallongeait encore le moment avant qu'il ne puisse retourner la voir. Un léger soupir lui échappa.

Vraiment très longue.
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