l'antre des Cuspna

Je voudrais mourir si cela ne vaudrait mieux que de ramper, de s'avilir et se prostituer
 
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 Quand deux et deux font... trois !

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Drumgray

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MessageSujet: Quand deux et deux font... trois !   Mar 19 Jan - 7:03

La brume avait fait de ses vêtements une masse dégoulinante. Le froid s'insinuait jusqu'à la peau. Le silence contribuait curieusement à exagérer cette sensation d'être enserré dans de la glace. La seule chaleur qui lui restait possible de sentir, c'était celle qui s'échappait des naseaux de son cheval. Le cavalier noir pensa à cet instant, voyant les volutes exhalées par l'animal, à ce qu'il devait endurer, ici. Il pensa à ses paysages de dunes, à ses atmosphères brulantes. Il pensa aux plaisirs violents que son sang pur lui intimait. Et pourtant, malgré la radicalité du changement, Inçi ne manifestait aucune amertume. Il faisait son devoir. Le devoir... Une notion un peu galvaudée, ces temps ci. La preuve en était le jeune imberbe et son incapacité à suivre une directive.

Il fallait stopper pour reposer les chevaux et aussi le marchand qui était la source de cette équipée. L'homme faisait son possible pour tenir en selle, même s'il fallait bien reconnaitre qu'il avait fait d'énormes progrès depuis la première expédition commune vers Lyon. Mais sa personnalité lui commandait de ne rien avouer de ses tracas cavaliers. Albignac décida que la petite clairière était idéale pour une halte salvatrice à tout point de vue. Les chevaux seraient libérés de leurs obligations, le temps pour eux de se débarrasser de cette rigueur équestre qui leur étaient imposées. Les hommes pourraient dormir un peu. Ou non. en fin de compte cela importait peu au cavalier noir, désormais. Cette excursion vers la Bourgogne avait bien mal débutée, et cela n'augurait rien de bon. Perdre un compagnon de route était déjà suffisamment humiliant, pour peu qu'il en fut totalement étranger. Mais son éducation d'un autre âge lui conférait une responsabilité que peu comprenait.

Pied à terre. Les bottes écrasèrent une flaque. Le visage marqué par la fatigue et l'inquiétude pour l'imberbe, Drumgray ôta le filet de sa monture et la laissa divaguer. Il lissa sa cape et ses braies, afin d'en essuyer le maximum d'eau. Le silence, avec lequel il se mit à trouver le bois assez sec pour la flambée du campement, aurait été assourdissant sis ses fers ne le brisaient pas de temps à autre, dans des tintements métalliques. Il était à genou, désormais, aux prises avec un bois humide et réfractaire...
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Vamp

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Mer 20 Jan - 7:12

La jeune femme n'avait pas desserré les lèvres depuis leur départ de Villefranche. Vêtue d'une cape épaisse, son visage étant entièrement occulté dans l 'obscurité du tissu, plongeant ses traits poudreux dans le puits sans fond que semblait être sa capuche. La jeune cavalière aurait très bien put être la personnification de la Faucheuse, errant sur les routes mortes d'hiver, et s'entourant de brume et de brouillard. Son regard était voilé et pour cause, elle ne prenait pas garde, visuellement du moins, à ce qui l'entourait. Certes, la forêt était luxuriante. Certes, les arbres étaient majestueux, puissants, ne demandant qu'à être admirés. Mais la jeune femme avait tout autre chose en tête que d'admirer les oeuvres de dame Nature et le cycle de la vie. Ses autres sens étaient à leur paroxysme, exacerbés dans leur volonté de protéger. Elle sentait l'odeur de cuir de ses gants. Entendait le souffle de son cheval. Concentrée, la jeune femme laissait sa monture se diriger d'elle-même, suivant les deux hommes qui la précédaient.

Ses yeux noirs avaient à peine jeté un coup d'oeil au commerçant, s'en souciant peu. Elle n'était pas là pour le protéger lui, mais plus pour protéger l'homme qui le protégeait.

Sa concentration n'avait pas pour seul but leur protection. Elle l'empêchait de trop penser. De penser à Lin. De penser à son jeu avec la jeune femme brune de la veille. Et surtout de penser à son absence à ses côtés et à sa présence dans la ville où cette même femme brune se trouvait. Cette idée la rendait malade, et pas seulement au sens figuré. La jeune femme passa sa main gantée sur ses traits en fermant les yeux, cherchant à chasser la douleur qui lui enserrait le creux de la poitrine.

L'humidité n'arrangeait rien. Habituée au froid sec, Vamp avait toujours beaucoup de mal avec le climat du pays. Elle avait la désagréable impression de s'amollir avec l'eau, comme si chaque gouttelette était absorbée par son épiderme et l'alourdissait lentement.

La jeune femme sombrait...

Les deux seuls réconforts qu'elle avait sous la main en ce moment ci, était le dos de l'homme qui chevauchait en tête et le cheval sur lequel elle était. Quoi qu'elle disait, quelle qu'était sa réputation ou l'image que la jeune femme reflétait, elle avait besoin de la sécurité que lui procurait certaines personnes. Le cavalier noir en faisait parti. Quand à l'animal qui la portait, il lui apportait un souffle de nostalgie. Le visage de son père s'imposa dans son esprit. Elle l'y chassa fermement. Les sentiments perturbaient la concentration, et cela pouvait leur être fatal.

Drumgray stoppa les chevaux dans une petite clairière à l'apparence calme. Murée dans un silence d'impassibilité, la jeune femme passa souplement sa jambe par dessus l'encolure de son cheval à la robe sombre. Elle ne pouvait pas se vanter de nombreuses qualités, mais celle d'être une bonne cavalière en faisant parti. Son père lui avait appris tout ce qu'un homme d'action et de terrain savait. Pour l'amour d'un père qui l'adorait, la petite fille qu'elle avait été s'était promis d'exceller dans ces domaines. Du plaisir de chevaucher avait suivit le plaisir de l'animal. Le talon de sa botte s'enfonça dans une flaque de boue dans un bruit de succion et elle releva les yeux autour d'elle. Voyager avec des gens autre que le jeune barbu ne lui était pas familier, et la jeune femme attendait la nuit avec une anxiété silencieuse qui la rongeait de l'intérieur et hérissait sa fierté. Il était hors de question de dormir cette nuit.

Avec une douceur qu'elle avait à peine pour certain bipède, la pâle jeune femme attira sa monture à elle, lui chuchotant quelques mots auxquels un mouvement d'oreilles lui répondit. Elle retira avec la même douceur et le même soin le mors de l'animal, prenant un soin tout particulier à ne pas entrechoquer le métal sur les dents. La jeune femme au teint de mort s'approcha du cavalier noir tout en passant sa main gantée sur sa nuque. Elle l'observa un instant de dos, immobile avant de retirer sa capuche, savourant l'air frais et humide sur sa peau.


- Dormirons-nous ici ?

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Al Bashir

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Ven 22 Jan - 6:08

Le ciel bouché ne donnait pas d'indications utiles. Les animaux se terraient. S'il arrivait de déranger les seuls encore en chasse, ces derniers ne perdaient pas de temps pour se mettre hors de portée. Ils sentaient. Lui, il se souvenait. Une nuit semblable à celle-ci. Pas d'eau, mais des flocons épars. Le même froid qui serre la peau. Il se souvenait de cette odeur. Il se souvenait du mal qu'il avait eu à suivre ce loup. Il avait cru un moment qu'il s'était perdu... Il se souvenait de la chaleur du sang sur ses mains. Il se souvenait des remerciements de son prince. Et voilà qu'il sentait cette odeur à nouveau !

Les sabots avaient laissé de larges empreintes dans la boue. Facile... Trop, peut-être... L'homme s'arrêta contre un arbre. Il prenait la distance qui les séparait, lui et les cavaliers. Il perça la nuit et avança à nouveau. Ses vêtements de lin étaient trempés, et ses bras nus semblaient durs comme de l'ébène. sa peau de cuivre avait appris à endurer les rigueurs de ce pays, et son esprit avait subi tant que ce désagrément n'était qu'une passade. Il avançait... de temps en temps, il entendait un cheval souffler. Mais aucune parole. Il savaient se tenir discrets, ceux-là. Il allait falloir l'être davantage.
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Drumgray

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Ven 22 Jan - 9:57

Il semblerait, en effet... regardez !

Le menton du cavalier noir pointa la direction du marchand, d'un mouvement ascendant. L'homme avait prit soin de détacher peau et couverture de son cheval et en avait tendu l'ensemble. Une branche de noisetier pliait sous le poids de l'ensemble et offrait par la même un abri de fortune. Le malheureux n'avait guère habitude des campements improvisés et des cavalcades. Il était bien plus à l'aise dans l'ambiance feutrée d'une auberge, riant aux mots d'amis légèrement avinés... Drumgray se tourna dans un mouvement lui aussi ascendant, pour finir par faire face à la femme de marbre. la première flamme léchait, honteuse, les branchages qui s'offraient à sa langue rousse. Sifflements d'un bois encore vert et claquements d'une sève bouillante qui cherche une issue l'accompagnèrent.

S'il dort, c'est qu'il en a besoin. Mais nous... Je crois pouvoir dire, sans me tromper de beaucoup, que notre dernière escapade commune n'avait pas eu raison de notre sommeil.

Drumgray ignora sciemment le fait qu'il avait alors insisté pour que Vampirette dorme, que du moins elle se repose, sous sa veille à lui. Le moment n'était pas à la chicane. Non. La voir face à lui, le visage à peine visible, avec une lueur orangée qui s'accentuait et qui de fait tentait de dégager la noirceur de sa silhouette, et sentir cette odeur qui la caractérisait - elle n'avait pas changé depuis cette première bouffée sur le seuil de sa cabane - lui donnait l'envie de bavarder un peu. d'une main gantée de noir, il l'invita à s'approcher des flammes, espérant qu'elles seraient assez fortes pour sécher un peu leurs vêtements.

Avez vous faim ? Mais peut-être souhaitez vous dormir, vous même...
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Vamp

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Mar 26 Jan - 13:48

Un pli creusant son front, Vamp tourna son regard sur la tierce personne faisant encore partie du voyage. Elle observa les efforts fournis par l'homme avec indifférence. Certes, il n'y avait pas d'encouragement dans son regard, mais l'absence de mépris y était tout aussi visible.

- Mmh...

Reportant son attention sur le cavalier noir, elle s'agenouilla près de l'embryonnaire feu de camp dans un craquement de cuir. L'homme était debout et elle-même s'agenouillait pratiquement à ses pieds. Elle était en pure position d'infériorité, chose que jamais elle n'aurait put accepter si son esprit n'était pas occupé à autre chose qu'à sa fierté. Aurait-elle put croire qu'un jour l'amour d'un homme aurait pris le dessus sur sa fierté et son honneur ? Les flammes dansaient dans les iris de la jeune femme, flammes qui n'étaient pas seulement dues au foyer que Drumgray venait de faire naître. Elle écouta la voix de l'homme, celle-ci même portant le sentiment d'apaisement qui montait dans le creux de sa poitrine, submergeant la douleur qui s'y était installée depuis le matin.

Son corps réclamait repos. Elle retira son gant et passa sa main sur sa nuque blanche, massant le muscle endoloris. Sans plus de cérémonie, elle s'assit à même le sol, ne prenant pas la peine d'aller chercher une couverture. Aucune étoffe, aucun tissu n'aurait su étouffer le froid qui l'étreignait à cet instant même.


- Mmh non, je ne dormirai pas ce soir... Vous pourrez vous reposer un peu, je prendrai la garde... Et je ne pense pas que mon estomac accepte quoi que ce soit ce soir...

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Drumgray

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Jeu 28 Jan - 4:07

Le campement improvisé était loin de ressembler à ces salons rassurants où on y fait montre de belles manières. Un feu qui dégageait une fumée blanche, presque jaune tant le bois était humide. Rien à voir avec un vaste foyer qui évacuait avec efficacité les fumées vers l'extérieur sans empuantir l'intérieur. Une motte de terre détrempée, par la persistance de cette humidité enveloppante, avait été choisie comme siège. Rien à voir avec un fauteuil flamand, aux pieds élégamment tournés selon la mode batave, et à l'assise confectionnée dans un crin des plus souples. Cette femme, libre de toute considération des codes sociaux. Rien à voir avec ces dames enrubannées et glapissant les plus frappantes vérités sur la vie, l'amour et Dieu, tout en se tenant dans leur rôle d'objet social.

Je ne dormirai pas. Alors n'hésitez pas, s'il vous fallait le faire malgré vous.

Le regard plongeant du cavalier noir s'arrêta sur la peau dénudée de son compagnon de route. Il savait bien qu'elle n'était pas étrangère à ces étiquettes car, malgré son absence de correction, elle dégageait une grâce folle. Sa façon de maugréer, son habitude de faire respecter sa distance vitale, son mépris de la bienséance n'arrivaient pas aux yeux de Drumgray à faire oublier son élégance naturelle. la main découverte pesait sur la nuque. Tentait-elle d'apaiser une tension ? Son manque de répondant n'était-il d'ailleurs pas le signe que quelque chose la dérangeait ? se rendant compte qu'il était toujours là, debout, campé dans cette position si tant virile et ridicule, il plia la jambe gauche pour se mettre au hauteur de la jeune femme. Il posa son coude sur le genou avancé, laissant pendre mollement les gants de cuir noir, encore plus sombre à cause de cette bruine insinuante.

Me diriez vous ce qui ne va pas, si vous étiez dans la peine ? Considéreriez vous que ma personne puisse-t-être d'un réconfort non négligeable ? Et verriez vous comme une insulte à votre indépendance si je vous couvrais de ma couverture ?

Il resta dans la position, cherchant à intercepter ce regard. Ses narines elles s'étaient fixée sur ce parfum...
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Vamp

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Sam 30 Jan - 21:02

Ses lèvres s'entrouvrirent sous la douleur qui lui transperçait le creux de la poitrine. Mouvement infime, le seul qui pouvait témoigner de ce qui se passait en elle. La jeune femme redressa ses épaules à la recherche d'un air qui pourrait peut être soulager ce malêtre. Les paroles de Drumgray résonnèrent dans sa tête comme l'écho résonne contre les parois d'une grotte. Elle leva ses yeux noirs sur l'homme avec un air totalement perdu avant que son regard ne reflète un soupçon de compréhension. Dormir ? Hors de question, même si elle devait s'effondrer dans quelques jours. Elle ne se connaissait que trop bien pour savoir que dans son état actuel, ses cauchemars seraient d'une violence telle qu'ils la hanteraient durant des semaines, voir des mois sans lui laisser aucun répits. La jeune femme secoua la tête.

- Merci... Mais je n'ai pas sommeil Drum...

La jeune femme retira son col en grimaçant, dévoilant un cou blanchâtre. Elle avait la désagréable impression que cette humidité lui collait à la peau. Son regard noir se reporta sur le foyer de chaleur, à la fois racine de vie et de mort. Des flashs d'images s'insinuaient dans son esprit, la tourmentant. Ils rongeaient son âme et sa confiance. La jeune femme était brûlante. Une fine pellicule de sueur recouvrait son épiderme spectral. Elle n'était pas vraiment consciente de son état et s'empara de la gourde d'eau, buvant quelques gorgées du liquide frais. Ce geste la ranima quelque peu, comme une gifle que l'on assène à quelqu'un d'évanouie. Elle posa sur son compagnon de route un regard plus net et plus attentif. Celui-ci s'était accroupi à sa hauteur et semblait chercher son regard. Les paroles de l'homme firent tressaillirent le coin de ses lèvres. Décidément, la jeune femme comprenait lentement qu'elle était vraiment très bien entourée.

Mais aussi bien entourée qu'elle était, et autant d'amitié qu'elle pouvait lire dans les yeux du cavalier noir, certaines portes restaient à jamais verrouillées. Certaines avaient été poussées, toutes par des hommes. Deux hommes. Aucun n'était là. Avec le silence léger qui la caractérisait, la jeune femme fouilla le regard de l'homme.


- Cela dépendrait de la peine que j'éprouve... Mais une femme comme moi n'a pas été conditionnée à éprouver ou à ressentir... Il n'y a donc rien à confier... Quand à votre réconfort, asseyez-vous là, ça ira très bien... Vous avez déjà fait beaucoup sans le savoir...

La jeune femme passa sa main contre sa nuque moite et nue.

- Je n'ai pas très froid en fait, gardez votre couverture... Il vous faut rentrer en pleine forme à Albi... Je crois que si Lin est bien parti ce matin, il devrait nous rejoindre demain au petit matin, s'il ne fait pas de... de pause...

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Al Bashir

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Lun 1 Fév - 10:19

Les voilà ! Deux cavaliers... Non, trois ! Mais deux seulement étaient encore éveillés. Ils discutaient doucement, comme s'ils avaient de lourds secrets. Le premier était accroupi et comme il tournait le dos, on ne devinait qu'une silhouette, dessinée par un halo orangé. Le feu n'était pas le plus efficace que l'ottoman ai jamais vu, mais les flammes étaient assez hautes pour donner l'impression d'une carrure dont il fallait se méfier. L'autre était assis à même le sol. son visage était, d'ici, en partie masquée , mais on devinait un cou dénudé. Surement un damoiseau... Ou un escuyer, sans doute ! Oui, ce devait être cela, à en juger par la voix grave du premier, et la visible soumission du second.

L'extrême vigilance de l'homme à la peau sombre n'était pas vaine. De longues années à se former sur les champs de batailles avait fait de lui une ombre, capable de ce qui répugnerait les plus aguerris de cette contrée. Quiconque croisait son regard se sentait mal à l'aise. Et les nombreuses cicatrices qui déformait ses bras tendait à prouver au moins une chose : son endurance.

Il les observait, du haut d'un promontoire rocheux, coincé entre deux troncs qui finissaient de se rejoindre pour n'en former qu'un. La pierre était couverte d'une mousse épaisse, qui bien que gorgée d'eau, offrait un tapis des plus apprécié pour cette approche. Même s'il bougeait un peu, seul le bruit de la nuit serait entendu. Et il n'était pas pressé. Il sentait le damoiseau qui bataillait. Sa main nerveuse le trahissait. Était-il trop jeune pour suivre son maitre ? Avait-il commis une erreur impardonnable ? Peut-être que la seconde option était la conséquence de la première. En tout cas, l'homme de dos ne semblait pas être fâché contre lui. Mais il était assez clair qu'une retenue se tenait entre eux deux.

L'ottoman décida d'attendre encore. Le troisième homme semblait dormir, mais allez savoir, avec ces voyageurs nocturnes. Lutter à trois demandait de la concentration et la certitude d'être à la hauteur. ce n'était pas encore le cas. Il se méfiait de ces deux là...
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Drumgray

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Jeu 11 Fév - 5:15

Il n'y avait donc rien à faire... Elle refusait, encore. IL voyait pourtant sur son visage des signes. Fatigue ? possible... Mais en regardant plus attentivement, pendant qu'elle se plongeait à nouveau dans les flammes, sa peau commençait à luire. Le cavalier noir estima qu'elle avait le mal en elle, mais que pouvait-il faire ? L'assommer une fois pour toute et la forcer ainsi à écouter un corps qui appelle au secours ? Surement pas... Le regard de la jeune femme se planta à nouveau dans celui de Drumgray, et il eut l'impression de voir un gibier apeuré, mais dont le sang lui intimait l'ordre de se battre, de faire faire au prédateur, quoi qu'il en puisse en couter.

N'en parlons plus... Je suis déjà heureux de vous savoir en confiance avec moi.

IL s'assit donc, à côté d'elle. Si prêt qu'il pouvait sentir son odeur encore plus finement : toujours cette note métallique, mais ce soir, la moiteur visible de sa peau exhalait une saveur plus forte. Le cavalier sentit son corps se pencher encore, au point d'en être enveloppé. ce parfum, sans qu'il puisse l'expliquer, le perturbait. Il s'écarta à nouveau et plongea une buche de plus dans les flammes. Des milliers d'étincelles d'or s'envolèrent, comme une nuée affolée, vers les branches dénudées qui surplombaient le camp. Les claquements qui accompagnèrent ce feu d'artifice improvisé donnèrent à Drumgray l'occasion de reprendre la main sur ses pensées.

Mais en ce cas, accordez moi une ultime faveur... Si je devais, malgré ma volonté, fermer les yeux un instant, voulez vous bien ne pas me lâcher ?

Sa fierté, qui le poussait à donner l'image d'un homme sans sommeil, vacillait. Mais il fallait admettre qu'une dizaine de minutes suffirait à rendre sa force à ce lion fatigué. Ses yeux étaient toujours branchés sur ceux de la blanche, et de temps à autre, les cernes des deux se répondaient.
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Lin
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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Jeu 11 Fév - 14:06

Lin s'avançait sur la route qui reliait la ville qu'il venait de quitter à celle vers laquelle il allait. Il était seul. Seul le bruit de ses pas étouffé contre la terre du chemin l'accompagnait, battant la mesure d'une marche à la cadence vive, sans hésitation. Seuls parfois pouvaient s'entendre quelques écarts de tempo, reflet de son humeur. Grognon. Certainement vexé aussi. Quelle idée avait-il eu de ne pas suivre ? Il était certes habitué à la liberté des grands espaces et n'aimait se laisser dicter sa conduite par personne. Mais il s'était engagé à suivre le groupe et sa main avait bien été au contact de celle de l'homme à la noblesse rigoureuse. Incapable de signer, cet accord avait pourtant la même signification d'acceptation. Pourquoi n'avait-il pas été capable de suivre ?
Des gravillons se défilèrent sous son pied et le barbu sentit sa cheville se dérober sous son poids. D'un réflexe tiré d'un autre temps, il assouplit son mouvement et se déchargea sur son pied libre et stable, accusant le choc dans un grognement perceptible. D'un coup d'épaule, il rajusta la sangle de son sac, sa main remontant machinalement le long du tissu mou. Maintenir le cap aussi vite que possible et rejoindre les deux autres. Il était en retard et il ne se permettrait pas de l'accentuer. S'il devait ne pas dormir, il ne dormirait pas, quitte à voir sa marche effrénée se ralentir. Il préférait ne pas s'arrêter, les pauses pouvaient le faire trop penser. Chose qu'il faisait bien trop déjà.
Seul avec lui-même sur cette route qui lui paraissait ne pas en finir, son esprit avait tout le loisir de vagabonder, se heurtant à des images et des idées qui ne lui laissaient qu'un goût amer dans le bouche, le goût de son propre échec. Ca n'était pourtant pas la première fois qu'il ne suivait pas. Il ne comptait plus le nombre de fois où il s'était fait rabrouer pour son absence à l'appel, toutes ces fois où il avait préféré suivre l'appel de la nature que celui de l'instinct grégaire. Mais cette fois-ci était différente. Ce n'était plus un simple groupe. Il s'agissait de la cohésion de personnes qu'il estimait et même après ses longues heures de marche dans une réflexion profonde, il ne trouvait pas d'explications à sa désertion. Rien ne justifiait le fait qu'il soit resté en ville. Cette agglomérat de personnes n'avait rien de plus que les autres et il désirait depuis quelques temps déjà repartir sur les routes. Plus il y pensait, moins il comprenait.

Ce n'est qu'au sentir d'un vent frais que Lin releva la tête. Si la région était venteuse d'habitude, cette force ne charriait pas d'odeur de bois comme elle le fit à cet instant là. Certes, il ne s'agissait que d'une simple effluve. Rien de déterminant, et il aurait pu s'agir tant d'un feu de camp que d'un embrasement de forêt. Pourtant, le barbu resta à l'affut de cette odeur infime qui avait fait frémir ses narines. Sur des routes si peu fréquentées à cette heure-ci et au vu de la saison, il était plus que plausible qu'il s'agisse d'une flambée d'un groupe de voyageurs. Son groupe ?
Il ne put s'empêcher de pester contre lui-même. Si ça ne l'était pas, il allait se mettre encore plus en retard, et ce, pour rien. Mais si ça l'était, il pourrait se féliciter de les avoir retrouvés, tout du moins se soulager d'un poids. Alors que faire ? Prendre le risque de perdre un temps précieux pour apaiser sa curiosité ? Ou bien rallier sagement la prochaine ville au plus vite pour les devancer et les y retrouver sans crainte ? Ses dents attaquèrent sa joue alors qu'il s'abîmait dans ses pensées, tentant d'y peser le pour et le contre.
Une réaction nerveuse de sa joue le ramena à la réalité, le tirant du bourbier de son esprit. Quelle que soit la nature des voyageurs qui avaient allumé ce feu, il était certainement plus judicieux de s'attarder ne serait-ce que l'espace d'une petite moitié d'heure pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas de son groupe.

Le barbu se décida alors à gravir la légère butte qui vallonnait le paysage sur sa gauche. Peu escarpée et sèche de toute pluie, elle était praticable et était certainement le meilleur moyen de passer de l'autre côté de la forêt, par là où l'odeur s'était faite sentir. Fort de cette pensée, il gravit l'excroissance herbeuse de quelques pas, s'établissant au sommet dans une attitude de prédateur. Il ne cherchait pas à chasser, juste à traquer. Pourtant, dans ce qu'il avait appris, les deux étaient indissociables. Faiblesse ou force, là n'était pas la question désormais. Il devait juste retrouver cette effluve et la suivre jusqu'à sa source. Narines au vent, il noua les sangles de son sac autour de son torse pour ne pas être gêné et partit en direction de l'effluve, écartant branches et brindilles sur son passage, prenant soin de rester aussi silencieux que possible. S'il ne s'agissait pas de ses compagnons, autant qu'il ne soit pas vu. Ca lui éviterait de devoir se justifier de sa présence à cette heure aux alentours d'un camp inconnu.

Il ne s'arrêta que lorsque l'odeur de flambée s'engouffra dans son nez, agressant son odorat. Il n'était certainement plus loin de la source. Il en était même proche. Tendu, le barbu s'avança au travers des arbres, cherchant à percer l'obscurité pour trouver la source de lumière. La noirceur de la nuit allait certainement lui être favorable, le contraste se faisant beaucoup plus net entre les flammes et le ciel d'encre. C'est grâce à cette nuit noire qu'il parvient à repérer une lueur, tapie entre des troncs, à quelques mètres de là. Il s'agissait maintenant de voir sans être vu, de scruter sans être abattu. Les gens étaient sans aucun doute méfiant en pleine nature et un quelconque intrus pouvait prendre une ampleur démesurée dans l'esprit apeuré des voyageurs. Mettant à profit ses divers enseignements, le barbu s'approcha d'un arbre encerclant le feu à bonne distance tout de même et s'y appuya, le souffle court. Depuis combien de temps n'avait-il pas joué à cache-cache avec un adversaire fictif qu'il ne connaissait pas ? Cette tension dans ses muscles témoignait du manque de pratique. Certainement trop longtemps. Il retint un soupir de dépit en prenant conscience de son état et chercha à se calmer. Aucune raison de paniquer, après tout, il n'était pas hostile. Oui, peut être, mais un homme seul et armé dans des bois au milieu d'une nuit noire ayant l'attitude qu'il avait à ce moment là ne pouvait être qu'interpréter comme un pilleur, assassin ou mercenaire. Prenant garde de ne pas être entendu, il tenta de s'approcher plus, inconscient de la présence d'une quelconque garde. Décidé, il retint alors son souffle dans un mouvement superstitieux et alla jusqu'à glisser un oeil vers le campement. Un camp non gardé était synonyme d'impossibilité. S'il n'avait pas encore été repéré, cela ne saurait tardé et il en avait conscience plus que jamais. Dans un effort de concentration, il fixa son regard sur les silhouettes quelque peu à l'écart, cherchant à percer leur identité au plus vite, une certaine angoisse lui nouant le ventre.
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Al Bashir

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Mar 23 Fév - 8:42

Les deux hommes se rapprochaient... bizarrement... Et l'ottoman restait à les observer. Son œil noir voyait un cavalier se poser et un écuyer baisser la tête. Surement qu'un long voyage les avait éprouvé. Mais, alors qu'il allait s'avancer davantage, il entendit un bruit à peine audible. La tête de cuivre se baissa et... Encore un autre homme ! Celui-ci avait les traits fins, et une barbe qui démontrait sa jeunesse. Mais comme la jeunesse le laissait présager, son insouciance faisait de lui une proie facile... trop facile ! Ce jeune coq avait choisi d'épier les voyageurs sous lui ! Il en aurait rit, s'il en était capable ! Mais ce chien sentait trop fort pour être honnête. Son attention était toute aux trois campeurs, et cela ne convenait pas. Le pied de l'ottoman descendit d'un cran, et un instant plus tard, le corps trapu et tendu s'abattit sur l'intrus non prévu. Le dos ne fit pas le moindre refus, et Bashir se retrouva, comme une pluie de neige sur un ponton, à cheval sur l'observateur sans scrupule. Le petit stylet de janissaire était déjà à s'appuyer sur cette veine qui portait la vie de cet homme, et dont le cou était ouvert à un châtiment immédiat. IL baissa ses lèvres vers l'homme et murmura, comme dans un rêve.

Un geste... Un seul, et tu retrouves ton Père ! Maintenant, si tu es malin, ne répond qu'avec les yeux...

La lame du janissaire appuya plus fortement sur la carotide du jeune homme, dans un silence convenable à cette rencontre.

Si tu es prêt à mourir, cligne une fois. Si tu pense avoir de l'avenir, cligne deux fois...[i]
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Lin
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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Mar 23 Fév - 16:48

Le barbu forçait ses membre à ne pas bouger, il s'obligeait et s'appliquait à éviter tout tressaillement. Il se sentait observé et avait conscience qu'il n'était pas seul. L'habitude des traques. Pourtant, il ne chercha pas la source de ce regard. Incapable de la déterminer, il avait choisi d'identifier les silhouettes au plus vite plutôt que de chercher à se soustraire à l'attention d'il ne savait qui. Si elles étaient celles qu'il pensait, Lin rejoindrait les deux personnes là-bas et la personne en faction comprendrait vite qu'il n'était pas une menace. Si elle ne l'étaient pas, il déguerpirait aussi vite qu'il était arrivé. Encore fallait-il qu'il parvienne à les démasquer avant que cette présence ne l'attaque. Qu'avait-il comme indices, à part rien ? Tons noirs sur noirs, le barbu ne distinguait que leur masse et encore, de dos. Ca ne lui suffirait pas à les atteindre dans leur identité. Fébrile, il cherchait par tous les moyens à s'accommoder de l'obscurité pour mieux les reconnaître, se déplaçant d'arbre en arbre, se rapprochant des deux figures inconnues. S'il ne s'était pas senti si traqué, il aurait prit une longue inspiration, le temps de se calmer. Il ne parvenait là qu'à haleter en silence, ses côtes se contractant avec la tension allant croissant dans ses membres. L'attention qui lui était portée le déstabilisait.

Dans un mouvement de jambes, il passa au-dessus de racines affleurantes et s'approchait du but. Les silhouettes étaient proches. S'il avait décidé de leur parler, elles l'auraient entendu. Il n'avait plus qu'à prendre l'angle de côté pour avoir leurs visages face à lui. Il n'en eut pas le temps.
C'est alors qu'il amorçait un mouvement pour se décaler que ce garde en faction lui tomba dessus. Un ultime réflexe le fit taire, bloquant le son de surprise qui monta à sa gorge alors qu'il s'affalait au sol. Ne pas bouger. Surtout, ne pas bouger. Il ne sentait que trop bien la lame qui glaçait son sang au niveau de la veine battante. Le moindre mouvement et la lame tournerait d'un quart, le tranchant aurait alors tôt fait d'accueillir le flot de vie jaillissant. Lin supporta sans le moindre bruit le poids de ce qu'il avait identifié comme un homme et attendit patiemment qu'il le retourne pour le mettre face à lui. Déglutissant, le barbu se retrouva face à un homme à la peau tannée. Un professionnel à n'en pas douter. Dans de vieux automatismes relégués aux souvenirs, le jeune homme écouta attentivement celui qui l'écrasait de sa masse, ses yeux fichés dans les siens, neutres. Ne jamais provoquer celui qui avait votre vie au bout de sa lame. Ne jamais lui être soumis pour autant.
Lin avait bien compris les consignes. Attendant que l'autre se taise, il avala sa salive avant de cligner lentement des yeux, deux fois. Pas qu'il pensait avoir un avenir mirobolant. Plutôt qu'il ne désirait pas mourir sous la lame qui oppressait sa jugulaire. Dans l'incertitude la plus certaine, le barbu garda un regard droit fiché dans celui du garde. Maintenant qu'il avait sa réponse, il choisirait de ce qu'il adviendrait. Au moindre faux mouvement de la lame, Lin réagirait. Encore fallait-il qu'un faux mouvement soit décelé.
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Vamp

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Mer 24 Fév - 14:47

La jeune femme retira son gant pour passer une main blanche sur son front moite, presque humide. Qu'était-ce donc, ce nouveau mal intérieur qui la rongeait, trahissant la confiance qu'elle avait toujours eu pour son corps ? Ce mal, elle n'y prit pas garde. C'est à peine si elle l'avait remarqué. Elle remarquait à peine la faiblesse extrême dont elle faisait preuve. L'esprit embué, la jeune femme leva les yeux sur son compagnon de voyage.

Les étincelles qui s'élevèrent pratiquement sous son nez la sortirent de sa torpeur. Un sourire nostalgique éclaira un cours instant ses traits, tout comme ces lumières pailletaient sur sa peau blanche. Enfant, alors qu'elle accompagnait fièrement son père sur les routes, elle aimait à se glisser entre ses jambes monstrueuses, calée contre son torse large à observer les fées de feu qui naissaient de l'union du bois et des flammes.

La voix de l'homme la tira de sa contemplation et elle leva son regard obscur sur ses yeux. Un sourire emplit d'une étrange douceur se dessina bientôt.


- J'ai promis à quelques personnes de veiller sur votre personne Drumgray... Je ne promets jamais rien à la légère... Dormez tranquille... Je vous réveillerai ou mourrai avec vous...

Elle le regarda longuement avant de timidement, avec toute la réserve que pouvait avoir une créature farouche à tout contact, lever sa main vers le visage de l'homme. Ses doigts effleurèrent la mâchoire du cavalier, en dessinant la courbe. Il n'y avait rien de répréhensible dans les gestes de la jeune femme. Elle ne cherchait que le contact, ce contact qu'elle pensait avoir perdu en perdant Lin. Elle cherchait le réconfort, et la chaleur d'une simple étreinte. Doucement, elle s'avança, évitant le regard de l'homme pour poser son front contre son torse.

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Al Bashir

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Mer 24 Fév - 14:48

L'homme était à sa merci, et pourtant rien de donnait le signal de la saignée. il savait maitriser sa peur, et cela plut à l'ottoman. IL prit quelques secondes pour sonder ce regard offert... Dans un silence qui laissait surgir les pétarades d'un bois encore vert qui brulait, plus loin. Terrorisé ? Malin ? Difficile à dire. En tout cas, il était à l'écoute. Bashir se pencha encore un peu, prenant soin de faire sentir la position de son stylet. Il allait parler encore plus bas, et il n'avait pas l'intention de crever une paillasse d'homme... du moins, pas encore !

Si tu n'es pas idiot, tu sauras rester calme. Ta vie dépend désormais de ma poigne.

Maniant les pauses avec brio, l'ottoman le lâchait rien. Une ancienne frénésie le prit, et le rappela les plaines d'Anatolie, quand on lui demandait de faire le ménage. Mais cette fois, c'était différent. L'odeur du sang lui était répugnante, et il ne le verserait que s'il en n'avait d'autre recours.

tu es là pour eux ?

Il saurait bien répondre sans bruit, s'il était aussi malin que discret. Ça, il s'en voulait de ne pas l'avoir entendu plus tôt...
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Lin
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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Ven 26 Fév - 9:17

Lin serra les dents. L'homme qui le surplombait semblait maître de ses gestes et il ne faisait aucun doute qu'il ne se tromperait pas de mouvements. Une simple désobéissance de la part du barbu, une simple action, un regard mal placé et la lame s'enfoncerait dans sa chair pour ouvrir le flux sanguin au ciel étoilé. Il fallait être méfiant, mais surtout, rester aussi calme que possible, mesurer chaque geste, chaque parole, chaque regard. Sans quoi il se retrouverait fontaine d'hémoglobine. Inspirant profondément, Lin déglutit avant de tourner précautionneusement la tête d'un quart, éloignant son menton de la lame. Il hocha alors la tête de bas en haut pour répondre à celui qui le maintenait au sol. Réponse positive. Mais est-ce que cela allait lui suffire ? Si ce n'était pas le cas, le barbu n'aurait aucun moyen de réagir. Le garde était bien trop attentif pour qu'il puisse, aussi rapide soit-il, mener sa main à ses poignards et se défendre dignement. Il devait donc être le plus clair possible pour la situation ne dégénère pas.
Il releva les yeux vers l'homme, s'assurant rapidement qu'il avait compris et qu'il ne se fourvoyait pas sur sa réponse. Un hochement de tête était suffisamment significatif pour que l'homme comprenne, mais appuyé de ses yeux totalement dénués d'émotion, il avait plus de chance que le message passe. Il teinta légèrement ses iris d'assurance, montrant à celui qui l'oppressait qu'il savait qu'il avait le droit d'être ici. Incapable de parler, il ne pouvait lui expliquer qui étaient ces personnes pour lui et pourquoi il ne les rejoignait que plus tard.
Déglutissant, Lin pesta intérieurement contre le froid qu'il ressentait sur sa jugulaire. Quand est-ce que l'autre allait arrêter de jouer de sa position de force ? Il était assez désagréable comme ça d'être relégué au plan de simple proie pour ne pas l'accentuer avec la menace d'une mort imminente. Le silence qui le environnait reflétait l'état de tension des deux corps. L'un s'assurait de la légitimité de l'autre qui tentait de la prouver.
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Drumgray

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Lun 8 Mar - 9:08

Elle était déroutante, et le cavalier noir laissa faire, sans bouger. Ses sens avaient toute liberté, cela dit... et il ne les priva pas de se repaitre de ses présences à elle. Il sentait son front peser sur sa poitrine,e t reprit malgré lui cet historique qui les faisaient ne pas se quitter. ce matin froid, où il avait poussé la porte de cette cabane indigne d'elle. et la claque de ce parfum sans odeur ! et là, il avait droit de retrouver ce plaisir purement personnel !
Il sentait sa chaleur... Il sentait sa moiteur... Il la sentait... Et il n'osait pas bouger, pour ne pas rompre ce cadeau qu'elle lui faisait, elle qui aurait préféré se crever un œil, en ricanant, plutôt que d'accepter un contact avec un homme ! Mais elle était là, contre lui, abandonnée. et cet abandon inquiétait Albignac. Il leva finalement une main et la posa sur cette tête offerte, sans résistance. comme le gant le gênait, il l'ôta d'un coup de dent rapide et remisa cette main avide sur ce crane brulant. Il pencha son visage vers elle et murmura, en lui caressant lentement la chevelure, comme un père l'aurait fait un soir d'orage, pour rassurer son enfant. Ses lèvres pouvaient sentir les courbes de ses oreilles.

Vampirette... ma nuit est désormais derrière moi, en fin de compte. Et je vous sens... Je vous sens ! Et je m'inquiète...

Bêtement, il posa un baiser sur les cheveux de la jeune femme au teint cadavérique. IL sentit la brulure moite de sa peau et s'inquiéta encore un peu.

j'ai une faveur à vous demander. Vous devez veiller sur moi, c'est entendu. Mais si vous comptez le faire dans cet état, c'est simplement une insulte à ceux qui vont ont mandatés pour cela. donc si vous mourrez, ce sera parce que votre morgue aura eu raison de ma patience !

Sans lâcher cette curieuse étreinte, il souffla un sourire d'ange par ses narines, sur ses oreilles.

Si vous avez cette envie de mourir pour moi, faites en sorte de me laisser voir ce que je peux faire, d'abord, pour vous. Ensuite, je vous promet, ce sera révérence à votre supériorité et ma simple vassalité sur cette route... Sommes nous d'accord ? Dites moi ce qui vous ronge, mon amie... dites moi, je vous en conjure !
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Vamp

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MessageSujet: Re: Quand deux et deux font... trois !   Lun 15 Mar - 12:38

Que faisait-elle là ? Qu'est ce qui lui prenait ? Une partie de son être criait sa rage d'être ainsi soumise, d'être ainsi faible au point de tomber dans les bras de n'importe qui. N'importe qui ? Ou un homme qui avait gagné sa confiance ? Son inconscient gémit. Même dans la plus grande solitude qu'était son âme, elle se rendit compte qu'elle n'était pas seule. Sa mère, l'être abject, la chair dans laquelle la jeune femme au teint blanc avait grandi, ses bras maternels qui l'avaient conditionnée de haine et non d'amour, cette femme dont Vamp était le portrait craché excepté du regard, s'était trompée. Elle n'était pas seule. Et elle ne mourra pas seule. Aussi la jeune femme s'abandonna t-elle dans les bras du cavalier noir.

Aussi stupide que pouvait paraître la scène à une tierce personne, l'ancienne meurtrière se calma bientôt sous les attentions de l'homme. Autant la jeune femme avait largement dépasser l'âge de telles caresses de réconfort, autant elle comprit que certaines choses n'ont pas d'âge et ont le pouvoir de passer bien au dessus de certaines frontières. Qu'importe qui était Drumgray. Son ami, son amant, son père... Tout cela n'avait aucun intérêt. Il avait réussi à la percer et elle à s'ouvrir. Il n'était plus question de réflexion mais d'acceptation. Accepter le fait que Drumgray puisse la « voir ».

Bien que la jeune femme avait fait le premier pas vers son compagnon de voyage, elle ne fit pas un geste de plus. Seul son front immaculé touchait le torse de l'homme. Elle écouta les paroles du cavalier sans un mot, et un long silence s'établit entre eux avant que la voix de la jeune femme brise ce délice d'Aristote qu'est le silence. Sa voix, habituellement froide, indifférente ou joueuse, était ici emplie d'incertitude et surtout de peur.


- Ce... C'est... C'est cette femme Drumgray... En taverne hier... Elle était vraiment très jolie et... Et Lin, il a pas cessé de jouer avec elle, sans même s'intéresser à moi, pas une seule fois... Et quand elle est partie, il lui a dit « à bientôt » et elle a répondu la même chose en souriant... Et ce matin, il n'est pas parti avec nous... Je suis sûre qu'il... Et puis elle était très...

Des flashs d'images passèrent devant les paupières closes de la jeune femme. Elle gémit de détresse et son poing se referma sur la manche de l'homme. Deux corps enlacés, deux corps qui se mouvaient en une danse parfaite. L'un était celui du jeune homme. Elle le connaissait par coeur pour l'avoir regardé avec orgueil de nombreuses fois. L'autre était celui d'une véritable déesse, dont le corps était anormalement parfait, déformé par la peur de la jeune femme. Rien ne lui était plus insoutenable que cette vision, le jeune barbu dans les bras d'une autre.

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