l'antre des Cuspna

Je voudrais mourir si cela ne vaudrait mieux que de ramper, de s'avilir et se prostituer
 
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 Le pendu....

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Vamp

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MessageSujet: Le pendu....   Mar 25 Aoû - 8:01

Les iris noires parcouraient les lignes inscrites sur le parchemin. La jeune femme tenait la lettre dépliée entre ses mains blanche, un froid croissant inondant peu à peu son être. Son dos était parfaitement droit, ses épaules suivant la courbe rigide. Le visage impassible, son regard s’arrêta sur la signature en bas de page. Elle en aurait presque rit. Presque. Mais voilà, sur le moment, elle avait plus envie d’égorger quelqu’un. Ou quelque chose. Son regard noir se posa un instant sur la chatte de son compagnon qui ronronnait tranquillement sur le fauteuil. Bonne proie que voilà… Son regard se reporta sur les lignes manuscrites. Elle s’était attendue à recevoir une de ces lettres. Mais pas vraiment de ce genre ci. Quelque chose du genre… « J’ai trouvé une meilleure femme que toi, je te quitte, tu as le droit de garder la Minette pour te consoler de mon départ ». Oui, quelque chose dans le genre. Pas : « On me pend dans un peu plus d’une semaine. Je t’aime, à la prochaine ». On ? C’était qui « on » ? Un peu plus d’une semaine… Il pouvait pas être plus précis ? Elle allait lui faire ravaler son « A la prochaine »… Le front plissé, Vamp ne se demanda même pas comment réagir. Tout ce qu’elle lisait, c’est qu’on allait lui enlever Lin. Ils étaient qui pour faire cela ? C’étaient eux qui allaient venir lui faire son câlin du soir peut être ? Un froid se répandit sur la pâle jeune femme. Lui enlever Lin… Il en était hors de question. Son rôle à elle, c’était de le protéger, tout comme son rôle à lui était de la protéger. Ben oui, qui s’est qui allait la protéger si lui il mourrait ?

Ses doigts blancs se crispèrent sur la lettre, un pli se dessinant entre les sourcils noirs de la jeune femme. Elle s’ordonna le calme, comme on le lui avait apprit et comme elle avait toujours vu son compagnon être. Mais Vamp n’était pas Lin. Si elle restait calme maintenant, elle exploserait plus tard, de façon peut être encore plus violente. La mâchoire contractée, elle se passa une main sur le visage. Qu’est ce qu’elle faisait encore là, à attendre ? Agir n’était que la seule chose à faire. Une dizaine de minutes plus tard, la jeune femme au teint de mort était penchée sur la carte du territoire, le front plissé, ses mèches effleurant la table de bois. Son doigt blanc parcourait les routes imaginaires. Rodez, Clermont, Murat. Polignac peut être ? Le Puy ? Et après ? Tu vas faire quoi, seule ? Vamp bouillonnait. Une demi seconde plus tard, la table était renversée à ses pieds, un bruit de verre brisé et du lait venant éclabousser ses bottes. La minette était partie se terrer sous le fauteuil. Elle aurait put s’arrêter là, mais elle ne serait pas tranquille tant que la tension n’aurait pas lâché. Le carreau d’une des fenêtres se brisa, répandant ses morceaux de verres sur l’herbe. Pourquoi elle ? Pourquoi lui ? Une envie de violence s’empara de Vamp, violence qu’elle avait pourtant jurer de laisser enfouie tout au fond d’elle. Mais voilà, aujourd’hui, c’était à Lin qu’on s’en prenait. Moralité ou pas, elle n’en avait que faire. C’était Lin qui était en jeu, elle était prête à tout. Son regard c’était durcit et elle ramassa la carte dont les coins se déchiraient, imbibés de lait. La pâle jeune femme alla s’asseoir sur le bord de sa couche. Réfléchis… Vers qui te tourner ?


[…]

Il faisait froid. Le temps était dégagé, le printemps approchait, mais la température restait froide. Emmitouflée frileusement dans un col noir, seul le regard sombre de la jeune femme était visible. La végétation l’entourait, mais elle n’y prenait pas garde. Une brise s’éleva, se glissant parmis les feuillages des anciens, s’engouffrant dans les mèches noires de la jeune femme. Son pas était décidé et évitait avec souplesse les racines tortueuses. Une bourrasque de vent lui fit un instant fermé les yeux, les larmes lui montant. Sale temps… Les grilles approchaient. La jeune femme pressa le pas, espérant que l’homme serait là, et surtout, qu’il accepte de l’aider.

Arrivée aux grilles, Vamp se stoppa un instant, laissant son regard s’approprier les lieux. Elle redoutait plus ou moins de tomber sur le loup, ne sachant pas exactement comme l’animal réagirait à son approche. Se mordillant la lèvre supérieure, elle reprit lentement sa marche vers l’édifice qu’elle ne connaissait que peu, attentive au moindre mouvement, regardant par dessus son épaule.


- Gentil p’tit loup… Tu seras gentil de ne pas me sauter dessus… Hein ? Ou alors d’annoncer ta présence… Sans faire une apparition rocambolesque… Tu sais… Histoire de pas me faire sursauter… Petit, petit…

La jeune femme tourna sur elle même, reculant doucement, le front plissé.

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Altahire

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MessageSujet: Re: Le pendu....   Mar 25 Aoû - 16:37

Le loup était affalé de tout son long sur l’herbe verte derrière la maison de l’assassin. Une première oreille se dressa, puis la deuxième, alors que le son très léger de la grille se faisait entendre. L’animal se retrouva rapidement sur ses pattes et se dirigea vers le devant la bâtisse. En chemin, il perçut le regard de son ami se poser sur lui, il savait aussi…

Fidèle à sa race, il entreprit d’encercler la cible, le maître étant à l’intérieur, il couperait toutes possibilités de fuite à l’intrus. Il ne tarda pas longtemps à justement reconnaître l’odeur de la femelle portée par la brise. Il s’agissait encore de l’une de celle qu’il affectionnait, mais qu’importe, sa confiance en les deux jambes était limité à un nombre très restreint.

Il ne tarda pas, aidé des arbres parsemant le domaine à se retrouver avec la grille derrière lui. Ce n’est qu’à ce moment qu’il se montra, au moment même où elle se retournait. Il posa son postérieur sur les petites pierres et regarda la femelle au teint pâle, ses yeux jaunes scrutant le moindre de ses gestes. Un léger grognement monta dans sa gorge, un simple avertissement puis le silence se fit. Il attendrait la moindre erreur… ou l’autorisation d’aller reprendre sa sieste.

Altahire avait vu, par la fenêtre, son compagnon à quatre pattes partir vers l’entrée, le prévenant ainsi de l’arrivée d’un visiteur. Il attrapa l’une de ses dagues fétiches et marcha d’un pas tranquille jusqu’à la porte. Il ouvrit celle-ci lentement, parfaitement graissée, elle n’émit aucun son. La vision du dos de la femme, même emmitouflée comme elle l’était, lui fit esquisser un sourire et ses rubis brillèrent un bref instant. Il se détendit dans la seconde et la lame dans sa main se retrouva dans une position non agressive. Il ne prit conscience qu’à ce moment-là du froid qui tentait de lui geler les os.

Avec la chaleur dégagée par l’âtre, il n’était vêtu que de ses braies noires, ce qui accentuait encore le blanc laiteux de son buste et de son visage, habituellement caché sous la capuche de sa cape. Quelques cicatrices légèrement rosées parcouraient son torse aux muscles fins, la plus récente se trouvait dissimulée par ses cheveux, blancs comme la neige, qui cascadaient sur ses épaules :


Halò… mo Bachanaraid…
Entre… ne reste pas là… tu vas prendre froid… que me vaut ta visite… ?


Posant ses questions, il s’engouffrait dans la maison sans même attendre qu’elle se retourne.
Cette dernière était des plus silencieuses, Eighy était partie depuis plus de quatre mois maintenant et la petite Colombe avait demandé à passer quelques jours chez la fille du marchand de miel. Le pauvre homme devait angoisser, s’il arrivait quoi que ce soit à la gamine, l’assassin fût clair. Il était même étonné qu’il l’ait quand même prise chez lui.
Il remit sa dague dans son fourreau de cuir qui était posé sur la table, avec son jumeau et la ceinture qui les maintenaient à la taille de l’assassin.

Il se dirigea vers la cuisine de son pas presque lent, son regard n’ayant toujours pas croisé le sien.


J’allais me prendre une tisane… tu en veux… ?
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Vamp

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MessageSujet: Re: Le pendu....   Mar 25 Aoû - 16:49

Son regard noir se posa sur l’animal qui venait de s’asseoir au milieu du sentier, face à elle. Bon, au moins, elle n’avait pas sursauté de peur, son orgueil était sauf. Peur ? Mais pas du tout. C’était de la surprise, pas de la peur. Nuance. La jeune femme regarda le loup qui lui rendit son regard. Elle se doutait qu’elle ne pouvait plus faire demi tour. Une bourrasque de vent lui fit de nouveau fermer les yeux, ses joues rosissant sous le froid. Elle voulait avancer vers l’édifice, mais tourner le dos à l’animal ne l’enchantait pas vraiment. Son orteil tapait contre sa botte, ses dents s’attaquant à sa lèvre quand une voix bien reconnaissable s’éleva dans son dos, amenant un sourire aux lèvres de la jeune femme. Elle se retourna, ayant tout juste le temps de voir la silhouette blafarde disparaître et s’avança vers la porte, la rocaille crissant sous ses bottes. La pâle jeune femme referma doucement la porte derrière elle, appréciant la vague de chaleur qui l’entourait à présent. Elle se tourna vers la pièce, cherchant du regard l’homme qu’elle était venu voir. Son regard tomba sur un dos nu et blanc, qui disparut de nouveau dans la pièce d’à côté.

- Une tisane ?

Un pli se dessina sur son front. Elle n’avait ni bu ni manger depuis quelques heure, mais n’en ressentait nullement l’envie. Elle finit par hausser les épaules.

- Moué… S’tu veux…

La jeune femme s’approcha de l’âtre, gardant son col qui occultait la moitié de son visage. Bien que venant de pays froids, la jeune femme était frileuse comme jamais. Elle laissa un instant ses yeux se perdre dans la danse des flammes, tentant de se remémorer ce qu’elle avait prévu de dire à Alta. Cela s’annonçait plus difficile qu’elle ne l’aurait cru. Vamp n’avait pas l’habitude de venir demander de l’aide, elle aimait son indépendance et se débrouillait toujours pour agir seule. Mais elle savait aussi que là, elle ne s’en sortirait pas seule. Elle avait besoin d’Alta. Un bon coup à son orgueil et à sa fierté ça… La jeune femme fronça son nez blanc et se détacha de la chaleur qui se répandait sur ses cuisses et son visage. Elle s’approcha de la pièce où l’homme avait disparu, s’y approchant lentement, retardant le moment où elle devrait lui demander son aide. Arrivée dans l’encadrement de la porte, elle s’y appuya, posant son regard noir sur Alta, observant ses gestes en silence. Ses iris étudièrent le dos blanc de l’homme, se glissant le long des omoplates et de la colonne.

- Je crois que j’ai besoin de ton aide…

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Altahire

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MessageSujet: Re: Le pendu....   Dim 6 Sep - 7:31

Attentif aux mouvements de la jeune femme derrière lui, L’assassin attrapa deux petits bols en terre cuite sur l’étagère située au-dessus de la table. Il retira ensuite du fourneau à bois la cruche de métal dans laquelle l’eau frémissait à présent. Les feuilles virevoltèrent dans les récipients alors que l’eau s’écoulait en un fin filet à l’intérieur, il laissa le tout reposer alors que Vamp se tenait devant la cheminée.

Lorsqu’il sentit son amie s’arrêter sur le seuil de la cuisine, il retirait les feuilles qui avaient fini d’infuser. Il ne réagit pas à sa presque demande d’aide. En d’autres temps, il aurait pu tenter une approche plus ou moins humoristique, légèrement moqueuse, il s’agissait d’une demande très étrange venant de cette jeune femme. Mais en plus de ne pas être au mieux en ce moment, il avait senti à son ton que ça n’allait pas très fort.
Il se retourna et la regarda tout en allant poser les bols sur la table. Son visage était décomposé, elle n’était en effet pas très bien. Il ne posa aucune question, ce n’était pas son genre et elle allait tout expliquer de toute façon.
Il esquissa un sourire, attrapa le bol de miel sur l’étagère et le posa à côté de la bolée qu’il lui avait attribuée. Il s’assit ensuite et lui indiqua d’un geste lent de faire de même en face de lui.

Ses rubis ne la quittant pas, il prit son bol chaud et l’entoura de ses mains blanches, appréciant la chaleur qui s’en diffusait. Attendant qu’elle prenne place, il avala une gorgée avant de lui souffler :


Je t’écoute… expose ta demande… que je puisse t’aviser de ma réponse…

Ses yeux brillaient d’un vif intérêt ; malgré lui, un sourire carnassier ourla ses lèvres, il espérait un travail. Depuis quelque temps, il se sentait comme un animal en cage. De sombres pulsions s’emparaient parfois de lui, le menant un peu trop loin dans les ténèbres qui l’avaient retrouvé depuis le départ d’Eighy…
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MessageSujet: Re: Le pendu....   Lun 7 Sep - 5:28

Les iris noires suivaient l’ascension de la fumée qui s’élevait des deux bolées. Appuyée contre l’encadrement de la porte, la jeune femme ne prenait pas garde aux faits et gestes de l’homme. Cette situation de parfaite impuissance la mettait hors d’elle, et elle devait prendre sur elle pour ne pas craquer de nouveau. Elle perdait du temps avec son foutu orgueil, n’ayant pas le courage d’accepter de l’aide et encore moins d’en demander, alors que la vie de Lin s’en jouait. La jeune femme se méprisait. A quoi servirait encore sa fierté quand elle sera seule ? Son poing se referma sur sa paume, l’écorchant de ses ongles. L’odeur des herbes la tira cependant de ses pensées troubles, et la pâle jeune femme releva les yeux. Elle aimait bien l’odeur de la maison d’Alta. Pourquoi, elle aurait été bien incapable de le dire. Peut être parce que cette odeur était proche de celle de l’homme.

Vamp reporta son attention sur l’homme au teint blanc. Il ne lui avait pas posé de questions. Devait-elle l’en remercier ? Ses yeux dévisagèrent l’assassin avec calme, lui rendant son regard. Lentement, elle s’arracha au mur et vint s’asseoir face à l’homme. Elle sourit intérieurement en avisant le pot de miel, touchée plus qu’elle ne l’aurait cru de son attention. La jeune femme n’avait comprit l’attachement d’Alta pour elle que bien tard. Curieusement, le pot de miel en question lui redonna du courage, lui assurant que si l’homme était si attentionné à son égard pour glisser une sucrerie à sa rencontre, il accepterait sans nul doute de l’aider. Vamp glissa ses doigts blancs contre le bol, réchauffant ceux ci peu à peu. L’odeur était plus que tentante, mais la jeune femme n’était pas tentée, pas plus que sa gourmandise ne se manifesta à la vue du bol de miel. Elle plongea un instant son regard dans la tisane brune, se soustrayant au regard d’Alta. Quelques herbes infimes flottaient encore sur le liquide brun. La jeune femme suivit leur danse du regard un bref instant, avant de se redresser sur sa chaise. Perte de temps ! Ses doigts se resserrèrent contre le bol de terre cuite et son regard se noya dans un océan de rouge cette fois.

La voix de l’homme s’éleva enfin, brisant le silence qui s’était installé entre le couple. Un faible sourire étira les lèvres de la jeune femme et elle finit par plonger, quitte à se fracasser contre les rochers. Elle relâcha le bol et se laissa reposer contre le dossier de sa chaise, ne quittant pas Alta du regard. Vamp ne se doutait pas de ce qu’il pouvait lire sur son visage. De la peur ? De la détermination ? De la gêne ? Une profonde détresse ? Qu’importait… De toute façon, elle avait autre chose à penser que cacher ses sentiments. Sa mâchoire se contracta un instant, avant que sa voix s’éleva à la suite de celle de l’homme.


- Juste un petit problème… Rien de grave en sois… Hum… Enfin disons que… Il semblerait Que… Qu’on… Non, qu’il…

Quelle communication hors du commun. Sa mâchoire se décontracta d’un coup et elle se redressa, massant doucement ses tempes.

- Il semblerait que Lin se fasse pendre dans très peu de temps. Trop peu de temps. J’y arriverais pas seul, il me faut de l’aide… Je ne veux pas de ta pitié, je veux ton aide. Après, je peux comprendre que tu es à t’occuper de Colombe et… de toi… Je compte partir ce soir. Je peux… payer tes services si tu veux…

La tête penchée entre ses mains, la jeune femme fixait les lattes de bois de la table. Chaque veine sombre du bois, chaque imperfection restaient imprimées sur sa rétine. Elle ne voyait pas le visage d’Alta, et n’était pas sûr de vouloir lui faire de nouveau face.

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Altahire

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MessageSujet: Re: Le pendu....   Lun 7 Sep - 8:19

Altahire ne quittait pas son amie des yeux, fouillant son regard plus qu’il ne la dévisageait. Son visage ne laissait rien paraître, mais il avait mal rien qu’à la voir en souffrance. À la lecture de sa figure, il n’y avait aucun doute possible, il lui était arrivé ou il lui arrivait quelque chose de grave. Il attendit patiemment qu’elle parvienne à s’expliquer, ne montrant aucune réaction alors qu’elle bégayait en cherchant ses mots. Il n’en eut aucune envie, pourtant, il ne l’aurait pas loupée en d’autres circonstances.

Elle parvint enfin à dire ce qui la travaillait, il sourit à cette fierté qu’il ne connaissait que trop bien : ne jamais demander d’aide aux autres ! Cela faisait partie intégrante de sa vision des choses. À nouveau, son visage resta de marbre, quels qu’aient pu être ses sentiments, il n’en fit montre d’aucuns. Il n’était pas utile qu’elle précise certaines choses, l’assassin n’était pas du genre à s’apitoyer sur les autres, pas plus que sur lui-même.

Il se leva dans le plus parfait silence et passa à côté d’elle. Il s’arrêta à ses côtés et se pencha pour poser un baiser sur son front, pour ce faire, il dut relever quelque peu la tête de la jeune femme. Ceci fait, il tapota la table près du pot de miel et la tisane, son regard que certains diraient sans âme était explicite : avale ça !
Il reprit son chemin et se rendit dans la pièce principale, il en revint rapidement avec un vélin et de l’encre. En quelques minutes, les mots étaient couchés sur le parchemin. Il se releva, alla ouvrir la porte et sa voix retentit, ferme et ponctuée, brisant le silence qu’il avait laissé s’installer :


Haschischin ! An seo !

Le loup noir arriva en peu de temps et il reprit :

Death ! Tabhair ! Greas ort mo reamhar !

Le loup émit un grognement avant de se retourner et de partir à la course. Altahire retourna près de sa pâle amie, s’asseyant à nouveau en face d’elle, il jeta un œil à la bolée de tisane et sourit. Il plongea ses rubis, qui luisaient à présent d’une étrange manière, dans ses ébènes. Son sourire s’effaça et sa voix s’éleva à nouveau, ayant retrouvé son ton monocorde :

Six à sept heures… et on pourra y aller… je vais faire comme si… je n’avais pas entendu tes derniers mots… tu n’as pas besoin que je prenne ombrage d’une telle… proposition…
Tu restes là… jusqu’au départ… pas de discussions… et tu vas manger un peu… je travaille seul habituellement… alors pas envie de me trainer un poids… parce que t’as omis de te remplir l’estomac…


Il tendit une main et alla entourer l’une des siennes de ses doigts blancs. Il était content qu’elle ait pensé à lui, ce n’était pas pour son homme, il ne le connaissait pas assez et il n’était même pas sûr de le reconnaître. Mais pour elle, il ferait tout et n’importe quoi… allez savoir pourquoi…
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Vamp

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MessageSujet: Re: Le pendu....   Lun 7 Sep - 9:14

Tripatouillant ses doigts, la jeune femme était en pleine contemplation de la table. Elle sentait le regard de l’homme peser sur elle. C’était pire que d’être la nuit en forêt et de sentir que l’on vous observe. Elle aurait donné cher pour se retrouver autre part, ou du moins, pas sous le regard d’Alta. La jeune femme avait la très net impression d’être une mendiante. Une mendiante demandant l’aumône aux puissants à la sorties des églises. Il n’y avait rien de plus déshonorant. Mais elle n’avait pas le choix, c’était ça ou la vie de Lin. Le jeune barbu allait souffrir lorsqu’elle se vengerait.

La jeune femme au teint de mort ne se rendit compte de la présence de son ami à ses côtés que lorsqu’elle sentit ses lèvres se poser sur son front. Cela voulait-il dire oui ? Le front blanc en question se plissa. Elle avait toujours été étonnée de la chaleur que pouvait dégager le corps de l’homme. C’était idiot. Elle même étant une femme de l’hiver comme on disait par chez elle, Vamp savait parfaitement que sa peau n’était pas froide. Cependant, elle avait toujours cru que pour Alta c’était différent. Un faible sourire étira ses lèvres et ses yeux noirs croisèrent ceux rouges de l’homme. Le bruit des doigts d’Alta sur la table raisonna dans sa tête, brisant le silence pesant qui s’était installé entre eux. En d’autres circonstances, elle se serait sans doute moquée de lui devant l’attention qu’il avait à son égard, mais elle n’avait pas envie de jouer. Alta quitta la pièce sans un mot, la laissant seule devant le pot de miel et sa tisane.

Il ne lui avait pas donné de réponse. La jeune femme grimaça et glissa ses doigts sur les bords de sa bolée, effleurant les extrémités. Elle tenta de percevoir ce qu’il se passait dans la pièce voisine. Il était tout à fait inutile de rester là à attendre tranquillement, si Alta ne l’aidait pas. Sa mâchoire se contracta et elle plongea de nouveau son regard dans la tisane qui refroidissait. Un mélange de peur et de colère enflait au fond de la jeune femme, mélange qui n’allait pas tarder à éclater, tôt ou tard. Quelque chose de brûlant s’écoulait en elle, l’enflammant peu à peu. Vamp ferma les yeux l’espace d’un instant, reprenant le dessus sur ses émotions, au moment où la voix d’Alta s’éleva de la pièce voisine. Tout ce qu’elle put comprendre, c’est le nom du loup noir, ainsi que celui de Death… Death… Un pli se dessina sur le front blanc de la jeune femme. Ce nom ne lui était pas étranger. Pas familier pour autant mais… La jeune femme se tourna légèrement sur sa chaise, et eut tout juste le temps de voir un bout de queue disparaître. Elle finit par hausser les épaules. Après tout, elle avait autre chose à faire que de s’intéresser à un simple nom.

Alta reprit sa place face à elle. La jeune femme releva les yeux et planta ses yeux noirs dans les siens. Elle fallait qu’elle sache, et maintenant. Sa tisane de même que le pot de miel était intact, mais elle n’avait que faire de la politesse. Fouillant le regard de l’homme, droite sur sa chaise, elle attendait un signe, quelque chose. La jeune femme crut percevoir l’espace d’un instant une lueur briller dans ses yeux, mais n’y prit pas garde, prenant cela pour un caprice dut à la fatigue qui la rongeait. La voix de l’homme s’éleva, mettant fin à l’attente de Vamp.

Elle ne sut exactement ce qu’il se passa en elle à ces mots. Il allait l’aider. La jeune femme déglutit et laissa son regard parler pour elle, comme elle le faisait souvent. Elle aurait voulu le remercier, lui faire comprendre sa reconnaissance, mais se doutait aussi que cela était inutile. Vamp hocha imperceptiblement la tête, un peu penaude. Elle se rendait compte à quel point proposer de l’argent à Alta avait put être dégradant pour lui, entachant en un sens l’amitié qu’il pouvait lui porter. Il était vrai qu’elle était perdue, mais cela ne justifiait pas son comportement.

Les paroles qui suivirent cependant, lui firent relever les yeux. Elle l’observa un long moment. Il ne s’apitoyait pas sur elle. Il n’y avait pas de pitié dans ses yeux. Non seulement il l’aidait, mais il l’aidait pour elle, et non par compassion. Il n’aurait jamais put faire plus belle déclaration d’amitié. Vamp entrouvrit les lèvres l’espace d’un instant, cherchant quelque chose à dire avant de les refermer. Elle ne les comprenait pas. Pourquoi s’attacher à quelqu’un comme elle ? Le regard de la jeune femme s’adoucit de même que ses traits. Un timide sourire étira ses lèvres et elle se redressa, le laissant s’emparer de sa main. Alta était l’un des rares qui avait le droit de la « toucher ». Un des rares dont la proximité ne la répugnait pas. Des deux mains liées, elle ne savait laquelle était la plus blanche
.

- Je dois passer chez moi, chercher des affaires… Et j’attends une lettre…

Ses doigts exercèrent une légère pression sur la main qui l’entourait, plus par reflexe que par réel conscience.

- Tu sais, tu… Enfin… Je…

Les remerciements, ce n’était pas son truc. La jeune femme déglutit.

- Je n’ai pas très faim… Je mangerais sur place… Tu préfères partir en fin de journée ? Il faut passer prendre des chevaux…

La jeune femme plissa les yeux d’un air faussement austère.

- Et je ne suis PAS un poids…

Un reflet de sourire s’afficha sur son visage et elle se pencha sur la table, ses lèvres venant effleurer avec légèreté la pommette de l’homme. Elle venait de lui dire merci…

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Altahire

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MessageSujet: Re: Le pendu....   Mar 8 Sep - 16:06

Un léger sourire naquit sur ses lèvres alors qu’elle se remettait à bafouiller après avoir dit devoir repasser chez elle. Une fois de plus, il se retint de tout commentaire, il ne la comprenait que trop bien et les efforts qu’elle venait de faire auraient certainement été impossibles pour l’assassin.
Mais il ne put retenir un sourire moqueur alors qu’elle poursuivait sur sa faim et le poids qu’elle n’était pas. Après un très léger blanc qui fit suite au toucher de ses lèvres, il émit un ricanement pour finalement lâcher :


Pas faim… ? Pas un poids… ? C’est certain… sans manger… tu ne seras plus un poids… enfin… bien moindre…
Mais après tout… si tu veux donner d’autres raisons de t’appeler cadavre… c’est ton affaire…
Pour le départ… j’attends le retour de Haschischin… afin d’être sûr que… Death accepte de s’en occuper… et je préfère voyager de nuit… tu comprendras pourquoi…
Des chevaux… ? Soit… allons-y pour des chevaux…


Il lâcha délicatement la main de la jeune femme et se dirigea à nouveau, de son habituel pas lent et silencieux, vers la pièce principale. Il attrapa une chemise de lin et une paire de braies du même tissu qui reposaient sur le dossier d’une chaise. Ces vêtements devaient être noirs dans le temps, comme l’étaient tous ses habits. Mais dans un passé lointain...
Ils étaient à présent élimés et présentaient les marques de son armure de cuir cloutée. L’albinos les passa sans songer à s’éloigner. Voilà bien une chose qu’il aurait bien été en mal de faire quelques mois auparavant.
Il enfila ensuite l’armure précédemment nommée. Il en avait terni les clous afin d’éviter tout reflet qui aurait pu avoir de bien désagréables effets. Une fois paré de ses atours habituels, il termina par ses bottes.

Il se saisit pour finir de son ceinturon garni des fourreaux et retourna dans la cuisine, pour finalement se réinstaller devant son amie. Il avait pris au passage sa pierre à aiguiser et dans le plus profond silence, avec des gestes lents et précis, il s’était mis à fourbir ses armes encore une fois. Il termina en affûtant les lames, allant jusqu’à rendre leur pointe aussi acérée que possible, pouvant ainsi privilégier tout autant la taille que l’estoc.

Les heures s’égrenèrent, le loup finit par revenir à peine cinq heures plus tard. Il était porteur d’une missive. L’assassin la lut, regarda ensuite Vamp. Un sourire carnassier ornait ses lèvres et ses yeux luisaient d'un doux plaisir malsain :


Alors… on va voir si les gens d’armes de par là-bas ont le sang rouge… ?
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MessageSujet: Re: Le pendu....   Jeu 22 Oct - 19:29

Vamp ferma un instant les yeux. Alors que ses lèvres venaient tout juste de se poser sur la pommette blanche de son ami, elle se laissa étreindre par l'odeur de l'homme. Bien sûr, ce n'était pas l'odeur de Lin, mais Alta avait quelque chose en lui qui parvenait à faire oublier l'anxiété et la torture de l'âme qu 'elle pouvait avoir. Aussi inspira t-elle un court instant l'odeur de l'homme dont elle portait tant d'importance. Tout ceci dura à peine une demi-seconde, un instant très court où une simple odeur était parvenue à la réconforter. Un court instant du moins. La jeune femme élancée reprit sa place dans un léger craquement de bois, avant d'écouter les paroles de l'assassin. Ses propos lui arrachèrent un faible sourire. Elle aurait voulu le remercier, avec franchise et surtout avec des mots, mais cela était au-dessus de ses forces. Demander était déjà bien assez humiliant et elle devait digérer cette simple demande avant de s'étaler en remerciements.

La main blanche de l'homme quitta la sienne alors qu'il se levait. Vamp ne put empêcher un sentiment de déception se couler en elle. Qu'elle que fut sa fierté, et qu'elle que fut la force dont elle s'estimait maîtresse, elle ne pouvait pas se mentir à elle-même. Elle avait besoin de certaine personne. La jeune femme inspira profondément, gonflant sa poitrine d'air. La solitude ne l'avait jamais autant pesée. Le silence s'installa, non pas lourd, mais presque reposant. Elle aimait Alta pour sa conversation hors du commun. Avec lui, le silence était loin d'être pesant, car il était tout simplement naturel. Frottant sa pommette de la paume de sa main, la jeune femme se retourna en toute innocence, pour tomber sur un corps à la blancheur parfaite et à l'épiderme parfaitement nu surtout. Celui de la jeune femme passa de blanc à rouge en l'espace d'une demi-seconde. Les joues et les oreilles en feu, elle se concentra sur le mur, observant la moindre fissure, la moindre imperfection. Se frottant de nouveau la pommette, de gêne cette fois, la jeune femme se leva pour s'éloigner, laissant à l'homme une intimité dont il n'avait visiblement pas besoin. Postée près de la fenêtre, elle appuya son épaule contre le mur, le regard perdu dans le paysage calme et reposant. Son esprit vagabonda, toujours centré sur Lin et sur ce qui s'y rapprochait. Elle attendait avec impatience de rentrer à la Cabane, voir si Drumgray avait répondu à sa lettre, et surtout positivement. S'il répondait par l'affirmative, ils seraient déjà trois et ne manquerait plus que Lui, dont elle ne doutait pas de l'aide. Loin d'avoir chassé l'anxiété liée à la perte de Lin, cette nouvelle calma un peu la jeune femme au teint de mort.

Alta pénétra dans la pièce, plus... présentable. La jeune femme se retourna pour étudier son ami, empêchant à grande peine un sourire de naître sur ses lèvres. Elle retourna à sa place après s'être détachée de la fenêtre. L'ambiance était lugubre, transpirant de mort mais avait quelque chose de paradoxalement chaleureux pour Vamp. L'anxiété transparaissait dans le comportement de la jeune femme. Le talon de sa botte claquait à un rythme régulier contre le pied de la chaise. A peine un quart d'heure plus tard, c'était le bruit convulsif de l'ongle de son index contre le bois de la table. Droite, le visage fermé, elle restait immobile, attendant le retour du loup noir. Mais le plus représentatif était les bras de la jeune femme. Ses ongles s'étaient inconsciemment attaqués à la chair blanche, la frottant sans vergogne. La peur la rongeait, matérialisée par les plaques rouges qui étaient apparues sur ses avants-bras. Enfin le loup arriva, avec la réponse. Toujours aussi droite, Vamp se leva de sa chaise, rencontrant le regard de braise de son ami. Un sourire qui ne ressemblait pas à la blanche dame s'afficha sur le visage de Vamp. On ne touchait pas à Lin.


- Soit allons-y...




Le vent était froid, s'engouffrant dans les capes et les soulevant dans l'air. Vamp marchait, aux côtés de l'assassin, d'un pas décidé qui se calquait sur celui de son compagnon. Les deux silhouettes sombres traversaient Murat en direction du premier vendeur de chevaux sur lequel ils tomberaient. Les bottes claquaient contre les ruelles pavées. Emmitouflée dans son col qui lui cachait la moitié du visage, la jeune femme ressemblait à l'un de ces nomades vivant dans les déserts qu'elle avait rencontrés une des rares fois où son père l'avait emmenée avec lui dans ses voyages. Une bourrasque de vent lui fit fermer les yeux et cligner des paupières. Quelques regards curieux se tournèrent vers le couple, mais elle n'y prit pas vraiment garde. L'habitude sans doute. Elle se contenta d'un simple regard d'avertissement à un petit garçon qui la regardait avec un peu trop d'insistance à son goût avant de bifurquer dans une ruelle.

Sans un mot, elle poussa la barrière de l'éleveur de sa main gantée et pénétra sous le petit auvent de paille et de bois. Un jeune homme s'avança vers eux, à peine plus âgé qu'elle. Vamp lui accorda un rapide coup d'oeil négligeant, histoire de savoir à qui elle avait à faire. L'homme lui fit un sourire éclatant, sourire de séducteur et de commerçant qui cherche à vendre de la camelote. Impassible, la jeune femme passa devant lui, son regard sombre parcourant les différents équidés. Elle ne vit pas l'air décontenancé de l'homme ni le regard interrogateur qu'il lança à Alta. La jeune femme passa parmi les boxes, observant rapidement les quelques chevaux qui s'y trouvaient. Elle s'imprégna de l'odeur caractéristique des chevaux, odeur qui portait en elle une foule de souvenirs nostalgiques. Vamp se surprit à sourire avant de choisir deux équidés et de les prendre par le licol. Les tirant doucement par leur lien, elle les sortit avec douceur sous le auvent. Le jeunot était toujours là, n'ayant pas bougé d'un pouce et à la regarder comme si elle était une lépreuse. Ce comportement exaspérait Vamp. Soit il attaquait et combattait, soit il fuyait, mais qu'il ne reste pas là à la regarder comme un crétin de première. Agacée, la jeune femme haussa un sourcil.


- Est-ce donc la première fois que vous voyez une jolie femme ?

Elle tendit les rênes à l'assassin avec douceur, un sourire énigmatique aux lèvres.

- Je te laisse la jument...

Lui décochant un clin d'œil bien à elle, la jeune femme se détourna pour sceller son cheval baie, ses mains s'activant rapidement sur les différentes sangles. Ce n'est que lorsqu'elle eut le dos tourné que le jeune gringalet osa enfin s'approcher d'elle. Peut être la présence d'une femme le rassurait-il plus dans ce couple blafard. Aussi s'avança t-il avec ce petit air que tout les jeunes gens arboraient lorsqu'ils pensaient avoir le monde à leur pied, caractéristique de leur jeunesse. Vamp avait assez vu du monde pour que l'envie lui passe de l'avoir sous son contrôle. Elle sentait parfaitement la présence de l'homme dans son dos, ainsi que son regard peser sur sa nuque. Elle n'aurait pas relevé, si elle n'avait senti le mouvement du commerçant.

- Si j'étais vous, je ne ferai pas cela...

Le ton de sa voix baissa, tout juste un murmure. Elle aurait put s'arrêter là, mais son état d'esprit était bien peu disposé pour laisser cette âme tranquille. Elle aurait put le tuer, ou Alta aurait put, bien sûr, mais elle n'en aurait pas été satisfaite. Une étrange lueur dans le regard, la jeune femme se retourna vers le jeune homme, une main posée sur l'encolure de son cheval, attendant que l'assassin ait finit de préparer le sien.

- Ne vous mettez pas en travers de notre route... C'est en amie que je vous parle... L'intelligence qui brille dans votre regard m'alerte, je peux donc user de franchise avec vous... Je n'en doute pas une seule seconde... Observez cet homme... Avez-vous déjà vu pareil blancheur ? Pareil magnificence ? N'avez vous pas peur ? Vous êtes sûr ? Je sais à quoi vous pensez à cet instant...

Manipuler les gens par la peur. Les tourmenter. Les ronger par eux même.

- ... des anges... Oui mon ami, vous ne rêvez pas, des anges envoyés par Aristote, anges vengeurs venus réclamer les âmes égarées du droit Chemin...

Pousser la perversité de l'instant.

- Dites moi, mon ami, n'avez vous donc rien à vous reprocher ? Quelque chose qui puisse pousser les Anges à venir frapper à votre porte ce soir ?

Tous ont quelque chose à ce reprocher.

- Prenez garde mon ami... Voyez ce regard-ci... Ce flamboiement... Les flammes du Lieu Maudit... Il n'est que fumée... Il n'est qu'ombre... Sous le tressaillement de la flamme d'une bougie, vous ne verrez que l'Ombre furtive s'insinuer sous la porte de votre chambre, avant de plonger dans les puits que sont ces yeux incandescents... Pour ne jamais y revenir...

La jeune femme retira son gant de cuir noir, dévoilant des doigts fins et blancs qui juraient parfaitement avec la noirceur de sa cape. Lentement, elle avança sa main vers le visage de l'homme, s'approchant du front.

- Fuyez... Et craignez cette nuit de voir apparaître dans votre chambre, la caresse vengeresse de l'Ombre... Car à ce moment ci, vous...

Le jeune homme détalla avant même que la paume de Vamp ne rentre en contact avec son front. Un sourire de satisfaction perverse aux lèvres, la jeune femme se redressa. Impassible, elle se retourna vers son cheval, empoignant les rênes et croisa le regard d'Alta. Haussant les épaules, une réponse emplie d'innocence s'échappa de ses lèvres.

- Tu fais peur à tout le monde Alta...

La jeune femme glissa le bout de sa botte dans l'étrier avant de passer souplement sa jambe de l'autre côté de la selle. Empoignant les rênes, elle se pencha tout en flattant l'encolure de l'animal et lui chuchota quelques mots. Ramenant l'épaisse capuche de sa cape sur son front et après un léger coup de talon, les deux Anges reprirent la route vers la forêt, s'enfonçant silencieusement dans les bois rassurant que la nuit enveloppait de ses ailes veloutées.

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